BONJOUR
Vous trouverez ci-dessous un texte que j'ai traduit de l'anglais à partir d'un ouvrage dont les références sont citées en fin de traduction.Il s'agit d'un livre paru en 2003.
On peut citer cet ouvrage parmi la liste des autres livres cités dans le fil de cette discussion.
Je ne connaissais pas auparavant ce Père Iakovos , le plus intéressant est qu'il s'agit d'une personne témoin vivant de l'orthodoxie à notre époque. Certes , nous avons tous entendu parlé du P. Sophrony.
Certainemant qu'il y a aujourd'hui d'autres personnes doués d'un charisme semblable .
Dans cet ouvrage ( de 200 pages ) on cite également les pères suivants:
Amphiloque de Patmos , Epiphanios d'Athènes , Joseph l'hésychaste , Paisios l'Athonite , Philothéos de Paros , Porphyrios de l'Attique , George de Drama.
Tous ces saints contemporains ont grandi dans des familles très pieuses , je ne connais pas la Grèce mais je prie le Seigneur qu'il y ait toujours dans ce pays de nombreux ouvriers pour Sa moisson.
A.B.
IAKOVOS TSALIKIS DE L’ILE D’EVIA EN GRECE
Le starets Iakovos Tsalikis d’Evia est né le 5/11/1920 à Livisi en Asie Mineure d’une famille qui a comporté 7 générations de moines ou prêtres. Au baptême il a reçu le nom de Iakovos comme son grand’père. Sa famille a souffert des turcs ; son père ayant été capturé et contraint à des travaux forcés à Trésibonde. Par la suite tout le village a du fuir et se regrouper dans l’île d’Evia . Son père ne le savait pas mais , Dieu aidant , il a pu par la suite retrouver sa famille à Evia. Plus tard le starets se rappellera de ces moments traumatisants , en particulier lors de l’arrivée au Pirée , il raconte : « nous avons entendu pour la première fois quelqu’un blasphémer , alors ma grand’mère dit , comment se fait-il que nous soyons ici ? Il aurait mieux valu rester chez les turcs et être tué plutôt que d’entendre de telles choses . Jamais en Asie Mineure nous avons rencontré un tel pêché ».
Le starets se rappellera de sa famille , très pieuse , en particulier sa mère , comme ayant l’âme monastique. Il respectait tout sa parenté , et enfant , avant d’aller communier , qu’il préparait par un jeûne strict , il embrassait (ainsi que les autres enfants) la main de ses parents et des personnes âgées de sa famille.
Déjà tout petit , Iakovos ressentait la présence de Dieu et il marquait une différence de comportement avec les autres enfants de son âge .
Leur première demeure en Grèce était un hangar avec d’autres réfugiés. Il encensait sa famille …et les soirs il allait à une chapelle avec sa grand’mère pour les vigiles. Sa grand’mère lui parlait des saints et des prêtres ou moines de sa famille. A 6 ans il connaissait déjà la Divine Liturgie par cœur.
L’école était située près d’une petite église consacrée à Ste Parascève où il se rendait très souvent. Un soir , alors qu’il avait 8 ou 9 ans Ste Parascève lui apparut telle qu’elle était sur les icônes. Il prit peur et s’enfuit chez lui mais elle lui apparut quelques jours plus tard . Il garda son calme. Elle lui apparut par la suite de nombreuses fois et ils s’entretenaient dans l’église.
Les gens sentaient que Iakovos était proche de Dieu et ils venaient demander son conseil.
Dès qu’il sut lire il apprit les livres liturgiques . Il avait reçu des charismes et il lui arrivait de voir les anges lors de la divine liturgie.
En 1940 , Ste Parascève lui apparut encore pour l’avertir de l’imminence de la guerre en Grèce .
Le sort des réfugiés s’aggrava lors des occupations par l’armée italienne et allemande. A cette époque , Iakovos prit l’habitude de jeûner ( par périodes ) du dimanche soir au samedi matin. Le samedi après la communion il mangeait du pain et quelques olives , le dimanche il mangeait normalement , puis rien jusqu’au samedi matin.
Parfois même ( durant la guerre ) il ne mangeait pas le dimanche pour donner sa part à des gens affamés.
Ce jeûne le fit souffrir , il perdait parfois connaissance mais il a pu continuer son travail en général.
Avant d’entrer au monastère il devait effectuer son service militaire ; en 1947 il le fit au Pirée. Au début ses camarades de régiment se moquèrent un peu de lui mais peu à peu ils apprirent à le respecter. Plus tard , certains lui rendirent visite au monastère.
A la fin de son service , il s’occupa de sa sœur Anastasie pour la marier , son père étant décédé. Il. s’occupa également à restaurer les petites églises ( ou chapelles ) de son village.
Dès que sa sœur s’est mariée , il décida d’entrer dans un monastère , mais avant , il souhaita effectuer un pèlerinage en Terre Sainte. Et avant de commencer son voyage , il entreprit de se rendre au monastère de St David d’Evia pour lui demander son intercession . Lorsqu’il s’approcha du monastère il lui parut entièrement transformé : le monastère était tout beau , magnifique …Un vénérable starets se tenait à l’entrée : c’était St David d’Evia . Alors Iakovos lui demanda : comment se fait-il que ce soit si beau ? Je n’ai jamais vu cet endroit ainsi ! Le saint lui répondit : « c’est la république des ascètes , chacun a sa maison » .
Iakovos lui demanda alors s’il lui était possible d’avoir lui aussi sa maison , et St David de répondre : « si tu restes ici , c’est oui , mais tu venais juste pour demander une intercession et puis t’en aller ».
Iakovos répondit : « je reste ! ».
Alors Iakovos entra dans le monastère , et lorsque la porte se referma , tout redevint tel que c’était : la république des ascètes avit disparu , à la place il y avait une forêt , le monastère était délabré …Il y avait des bergers qui s’y étaient installés , et dans tout le monastère il n’y avait que 3 moines. Sa présence n’était pas souhaitée : ni par les moines , ni par les bergers qui ont même essayé de le tuer par la suite. Iakovos était déconcerté mais il comprenait que la volonté de Dieu est qu’il reste ici. L’higoumène du monastère , Nikodémos , avait été incapable de redresser la situation mais avec l’aide de Iakovos il renvoya les bergers , reprit le cycle des offices quotidiens , et il tonsura Iakovos le 30 novembre 1952 , et avant la fin de 1952 l’évêque de Chalkis l’ordonna prêtre.
Iakovos pouvait célébrer la liturgie tous les jours . Les dimanches il se rendait dans les villages avoisinant pour la liturgie.
En 1953 , il se mit à la recherche de la grotte où St David priait et il la trouva. Mais il ne pouvait s’installer dans la grotte à cause de ses charges , cependant il y allait aussi souvent que possible durant les nuits.
Etant de nature douce et réservé , Iakovos était un peu effrayé par le noir . Aussi il demanda à St David de lui tenir compagnie dans la grotte dans une forme qu’il puisse reconnaître sans être effrayé. Sa requête fut exaucé et le Saint lui apparaissait avec la silhouette de l’higoumène Nikodémos.
Une nuit , durant la prière , la grotte s’est trouvée envahie par des scorpions. Iakovos comprit qu’il s’agit d’une tentation du malin. Se sentant fort de sa foi au Christ , il leur ordonna de ne pas se rapprocher de lui , et prenant un caillou , il traça un cercle autour de lui les enjoignant de ne pas franchir ce cercle. Il put continuer sa prière et aucun scorpion ne franchit la limite fixée.
Une autre fois , vaincu par la fatigue , il s’endormit . Alors St David lui apparut pour le conforter . A son réveil , il était envahi par le sentiment d’amour envers Dieu et ses saints , étonnés de leur douceur et attention envers lui.
Généralement , Iakovos rentrait à temps pour les prières du matin.Il lavait son visage et ensuite faisait sonner les cloches de l’église.
Iakovos se tint à cette règle , mangeant et dormant peu. Il effectuait de nombreuses prosternations les nuits.
Mais le diable l’attaque plus fortement : en octobre 1954 , alors qu’il nettoyait une pièce , une horde de démons l’attaqua. Il essaya de faire le signe de croix et d’invoquer la Théotokos mais à chaque fois un démon l’en empêchait. Ils le battaient sans pitié .A la fin il put faire le signe de croix et alors les démons s’enfuirent mais le laissèrent épuisé. Ce genre d’évènements se produisit plusieurs fois.
Iakovos avait des problèmes de santé : enfant , il avait des problèmes de dos. Le mauvais état de sa santé était exacerbé par son ascétisme strict et les attaques démoniaques , longtemps il refusa tout soin , mais en 1967 , à 47 ans , il s’évanouit à cause de ses douleurs. On l’amena à l’hopital , on pensait l’opérer pour une appendicite mais son état s’est révélé plus grave . Juste avant de sombrer dans l’anesthésie , St David et St Jean le Russe lui apparurent. Il devait par la suite effectuer d’autres séjours à l’hôpital notamment pour troubles cardiaques.
Avec les années , son état empira et les médecins ainsi que les moines plus jeunes de son monastère l’incitèrent à diminuer la rigueur de son ascétisme ce qu’il refusa tout en appréciant leur amour et sollicitude .
Sa vertu augmenta et beaucoup de gens venaient à lui comme à une source dans le désert.
Il avait reçu le charisme d’être un père spirituel : il écoutait les confessions des gens jusqu’à la limite des ses forces physiques.
On lui demandait conseil , on le cherchait pour guérir les malades ou effectuer des exorcismes.
Il lui arriver de prier devant une personne malade , puis faisant le signe de croix et tenant le crâne de St David d’Evia , on voyait le malade se lever et guérir sur le champ . Iakovos se prémunit de la tentation de la vaine gloire en attribuant les guérisons à la relique de St David.
D’ailleurs la relation entre Iakovos et St Davis était très proche , ils conversaient ensemble et Iakovos lui demandait conseil et intercession.
Ayant reconstruit le monastère de St David , choisi son successeur et apporté réconfort et guérison pour des milliers de personnes , Iakovos était prêt pour le départ de ce monde. Il demanda à St David d’accompagner son âme et il dit à ses disciples qu’il partirait comme un oiseau.
Le 21 novembre 1991 , ayant célébré la fête de l’Entrée de la Théotokos dans le Temple , et après avoir confessé ses enfants spirituels , son âme partit paisiblement.
Dès que la nouvelle de son décès a été connue , des milliers de personnes vinrent pour l’accompagner à ses funérailles. La route au monastère était bouchée par les voitures et la police a dû intervenir pour mettre un minimum d’ordre dans la circulation.
A la fin de la cérémonie , la foula cria : « un saint ; tu es un saint ».
Depuis sa mort , Iakovos continue à intercéder en faveur des fidèles et manifeste par des signes divins sa proximité de Dieu.
Traduction partielle à partir de l’anglais de l’ouvrage :
« PRECIOUS VESSELS OF THE HOLY SPIRIT » The lives & Counsels of Contemporary Elders of Greece
H. Middleton.
Protecting Veil Press (
www.protectingveil.com)