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En Afrique

Publié : lun. 06 déc. 2004 19:12
par Jean-Serge
Yiannis a écrit : A propos du "métropolite" Cyprien de Phyli, qui est le chef des vieux-calendaristes modérés, je voudrais vous informer qu'il s'est bien mêlé dans la nouvelle Eglise Orthodoxe d'Afrique, en admettant comme membre de son synode des membres du clergé africain de qualité fort douteuse.
J'ignore à peu près tout de la situation de l'Orthodoxie en Afrique. Toutefois, j'en ai eu un écho (en provenance du Cameroun), par le biais de la revue du Hiéromoine Cassien(revue 100 ou 101 en ligne sur son site). Il semblerait que des choses douteuses se passent aussi dans l'Eglise canonique : sacrifices sanglants... Bref des "traditions" locales viendraient se mêler à l'orthodoxie... J'espère que cela sera surmonté avec succès car ce mix entre les traditions locales et une nouvelle religion (christianisme ou islam) ets très fréquent en Afrique

Publié : lun. 06 déc. 2004 21:28
par Yiannis
Je sais bien qu'en Afrique il y a des prêtres Orthodoxes, soit Grecs soit Africains, qui ont entrepris une oeuvre d'évangélisation immense, avec très peu de moyens, toujours sous l'égide du patriarcat d'Alexandrie. A côté d'eux, il y a des missionnaires protestants ou catholiques bien soutenus financement. Chez les Orthodoxes, cette oeuvre lméconnue (heureusement) est soutenue en premier lieu par les fidèles de l'Eglise de la Grèce et, en deuxième lieu, par des Orthodoxes des Etats-Unis, du Canada et de l'Australie. Les prêtres en Afrique sont pauvres et sont obligés de parcourir des dizaines de kilomètres sur des routes très mauvaises en bicyclette, et ceci pour célébrer une liturgie. Si quelques nouveaux convertis font des sacrifices sanglants, c'est quelques chose que j'ignore. Il est pourtant bien dommage d'avoir une attitude tellement négative vis-à-vis de nos frères là-bas et, permettez-moi de le dire, d'écrire des choses diffamatoires. Il y a des missionaires qui ont été enterrés en Afrique durant les dernières années laissant derrière eux un souvenir d'hommes saints. Il faut regarder la mission en Afrique avec un peu plus de respect et d'humilité.

Je ne diffame pas

Publié : mar. 07 déc. 2004 12:53
par Jean-Serge
Inutile de vous énerver : je ne diffame pas, je rapport juste des choses inquiétantes que j'ai entendues en signalant mes sources (le bulletein du Hiéromoine Cassien)... Je n'ignore en rien les efforts qui sont consentis, ayant lu des témoignages sur internet et autre... Mon attitude n'est pas négative, je m'inquiète, c'est tout et je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Mon inquitéude est motivée par le fait qu'il convient de faire attention à ce que ne se produise pas une "orthodoxisation superficielle" qui cohabiterait avec des pratiques "douteuses". En aucun cas je n'ai mis dans le même sac tout le monde; j'ai juste parlé de témoignages venant du Cameroun... Mais je crois qu'il y a un Camerounais sur ce forum non?

La situation actuelle de l'Eglise orthodoxe

Publié : mer. 08 déc. 2004 11:46
par P.Maxime Doyon
Je voudrais tout d'abord apporter quelques précisions quant aux "vieux calendaristes" roumains. J'ai eu l'occasion lors de nombreux séjours en Roumanie avec mon épouse, de me rendre compte de la situation ecclésiale du pays. J'ai rencontré aussi bien des membres de l'église patriarcale que des anciens calendaristes. Les vieux calendaristes ont, avant la prise du pouvoir par les communistes, été sauvagement persécutés par l'église oifficielle au moyen du bras séculier. Après la chute du communisme, les vieux calendaristes se sont rapidement repris et développés. Ils ont pu construire de nombreuses églises et monastères. Ils sont, selon leur propres chiffres, beaucoup plus que 100'000. J'ai aussi pu constater à quel point ils sont haïs par le clergé de l'église patriarcale. Même des personnes comme le P. Staniloé, considéré comme un grand spirituel, s'est montré franchement haineux à l'égard des vieux calendaristes, ce qui nous a très choqué.
En ce qui concerne la situation ecclésiale des vieux calendaristes de tout bord, il y a chez beaucoup de personnes, même très instruites au niveau théologique, une confusion grave. Les vieux calendaristes n'ont pas créé "d'église parallèle". Pour reprendre les paroles de S. Maxime le confesseur , qui été évoqué dans ces pages, "le Christ notre Seigneur nomme l'église catholique, celle qui proclame la vraie confession de la Foi. C'est pour cette confession quil appelle bienheureux l'apôtre Pierre et déclara qu'il deviendra fondement de l'Eglise par cette même confession". S. Maxime àvait séparé ses responsabilité de l'église de Constantinople pour rejoindre l'église de Rome tenante de la vraie Foi. C'est pour cela qu'il a été si cruellement persécuté. Et l'évêque Theodose (délégué du patriarcharche de Constantinople) le lui a reproché en ces termes:" ...parce que vous ne voulez pas entrer en communion avec nous".
Il y a un non sens à vouloir refusé l'hérésie de l'oecuménisme et de rester en communion avec les patriarcats hérétiques. C'est de la pure schizophrénie! Je suis étonné de la difficulté qu'ont les orthodoxes occidentaux à comprendre la véritable ecclésiologie orthodoxe Ce n'est pas la structure humaine qui fait l'Eglise mais la confessiond de la Foi comm l'affirme S. Maxime. Quant aux zélotes de la sainte Montagne, ils ont souvent payé de leur vie leur fidélité à la vraie Foi. Je connias persionnellement de nombreux zélotes de la sainte montagne et ils ne font mention d'aucun évêque vu que les vieux calendaristes sont divisés mais ils les traitent tous également comme des frères en Christ. La canonicité ne dépend üpas seulement d'une hypothétique transmission apostolique mais surtout au fait de confesser la vraie Foi et de respecter les canons de l'Eglise.

Publié : mer. 08 déc. 2004 14:17
par Claude le Liseur
Père Maxime,

Je suis moi aussi allé à Slatioara, le monastère où siège le synode vieux-calendariste roumain. J'étais en compagnie d'un prêtre du patriarcat de Roumanie. Les membres du clergé vieux-calendariste (évêque et moines) avec qui nous avons discuté nous ont dit que les relations sont très variables avec le clergé de l'Eglise de Roumanie, et que, par exemple, il y avait un prêtre du patriarcat qui leur amenait de temps en temps des cars de pélerins quand il emmenait ses fidèles en pélerinage vers les monastères de Moldavie et de Bucovine.

Il y a eu des discussions voici quelques années entre le métropolite Daniel de Jassy et de Moldavie et le synode vieux-calendariste.

Vous auriez pu aussi parler des paroisses "sauvages" ouvertes par des juridictions vieilles-calendaristes grecques pour nuire au synode de Slatioara.

Les vieux-calendaristes roumains n'ont jamais revendiqué avoir plus de 130 paroisses et aucune estimation ne leur accorde plus de 100'000 fidèles. Et encore, cela dénoterait une extraordinaire progression par rapport au recensement de 1992 où ils étaient quelque 30'000. Ces chiffres ont été expliqués sur le forum et il vous suffit d'utiliser la fonction "rechercher" pour retrouver le fil où il y avait eu discussion à ce propos.

Pour arriver à un chiffre supérieur à 100'000, il faut ajouter aux vieux-calendaristes roumains trois juridictions ethniques qui suivent l'ancien calendrier: les quelque 25'000 Lipovènes, Vieux-Croyants russes installés dans le delta du Danube, les quelque 30'000 fidèles du vicariat orthodoxe serbe de Timişoara qui relève du patriarcat de Belgrade (les deux patriarcats de Belgrade et de Bucarest ayant chacun, depuis un accord qui remonte à l'époque de la Petite Entente, un diocèse sur le territoire de l'autre) et les quelque 30'000 fidèles du vicariat orthodoxe ukrainien de Sighet, qui se trouve sous la juridiction du patriarcat de Bucarest. Aucune de ces trois juridictions n'est en communion avec le synode de Slatioara et deux d'entre elles sont d'ailleurs en communion avec le patriarcat roumain.

Au cours de mes voyages en Roumanie, je n'ai jamais entendu parler de paroisses ou de communautés vieilles-calendaristes en dehors de la Moldavie, de Bucarest et du département d'Alba Iulia. La plupart des Roumains de tous horizons que j'ai pu rencontrer, y compris dans le Maramureş si fervent, ne savent même pas qu'il existe une Eglise vieille-calendariste dans leur pays. Donc, il ne faudrait pas rêver d'une Roumanie comptant des centaines de milliers de vieux-calendaristes. Le mouvement vieux-calendariste roumain reste un phénomène très localisé à la Haute-Moldavie, où il y a en effet des villages entiers qui sont à très forte majorité vieille-calendariste, avec des communautés plus petites dans le reste de la Moldavie, à Bucarest et autour d'Alba Iulia, la présence vieille-calendariste dans cette dernière région étant sans doute due à l'action de Mgr Euloge (Ota) dans le passé.

Quant à l'ecclésiologie de zélotes de la Sainte Montagne qui ne commémorent plus aucun évêque, même vieux-calendariste, elle me paraît stupéfiante: il me semblait pourtant que "là où est l'évêque, là est l'Eglise", et que le prêtre agissait en délégation de l'évêque?

Pour revenir à un autre sujet de discussion, je vous serais très reconnaissant si vous pouviez nous raconter ce qu'il est advenu du synode vieux-calendariste que présidait Mgr Maxime de Céphalonie, le successeur de Mgr Auxence.

Publié : mer. 08 déc. 2004 14:57
par Glicherie
Pour poursuivre le propos de lecteur Claude, il faut préciser qu'il y a quelques temps, le Patriarche Théoctist a proposé à Mgr Vlassié (VCO) d'entrer en communion, gardant son synode, leur hiérarchie, et même le calendrier, faute de quoi l'Eglise Roumaine serait obligée de considérer qu'il s'agit d'un schisme.
En effet, au sein de l'Eglise Orthodoxe, il y a des Eglises suivant le calendrier réformé (Grèce, Roumanie,...) et d'autre l'ancien (Russie, Serbie...). Comme il ne s'agit pas d'un dogme, la communion ne pose aucun problème.

Mais le synode de Slatioara a refusé catégoriquement.

Quant à l'histoire des zélotes athonites qui ne commémorent personne je suis surpris. En effet, même à Esphigmenou certains Patriarches sont commémorés, je crois ceux de Jérusalem, Alexandrie, Serbie, et certains skites aussi Moscou.
Et le fait de rester au calendrier julien ne fait pas d'eux des VCO au sens institutionnel de ce mouvement, la plupart tout en partageant les mêmes idées ne sont pas séparés de l'Eglise canonique.

Publié : mer. 08 déc. 2004 16:11
par Jean-Louis Palierne
Je suis bien d’accord avec Glicherie que la question du calendrier ne devrait pas fournir matière à un schisme. Mais il faut bien comprendre que s’il y a eu schisme, c’était parce qu'un certain nombre de fidèles ont bien pressenti que derrière le nouveau calendrier il y avait une tentative de prise de pouvoir dans l’Église par des éléments qui essayaient d’imposer beaucoup plus qu’un calendrier, mais aussi toute une conception prétenduement “rénovée” de l’Église. Il s’agissait de faire des Églises orthodoxes nationales dans divers pays et capables d’être des facteurs d’organisation et de stabilité nationale, aussi bien, du moins croyait-on, de l’Église catholique chez elle.

La conscience du peuple orthodoxe en a été blesssée, et certains éléments ont tenté de reconstruire des Églises traditionnalistes à partir de zéro.

Il y a bien eu sur le mont Athos des moines qui ont cru pouvoir se passer de faire mention d’un évêque. Ce qui d’ailleurs prouve qu’ils dépendaient eux aussi d’une ecclésiologie non traditionnelle, où on pense que le “sacrement” peut posséder la Grâce ex opere operato. [Je ne sais pas où en est cette question aujourd’hui.] Non : c'est dans l'Église (donc en communion avec un évêque canonique) que les saints Mystères donnent la Grâce.

Question naïve.

Publié : ven. 10 déc. 2004 11:03
par Jeanne Saint Gilles
Nous savons tous dans quelles conditions le nouveau calendrier a été adpté : franc maçonnerie de Meletios, en Bulgarie, pression du pouvoir politique etc... La question n'est donc pas pourquoi les anciens calendéristes ne reviennent pas dans les églises canoniques mais plutôt pourquoi les Eglises canoniques neo-calendéristes ne retournent-elles pas au vrai calendrier?

Pourquoi donc?

Publié : ven. 10 déc. 2004 14:01
par Yiannis
Je suis tout-à-fait d'accord avec Jean-Louis Palierne: le probleme n'est pas le calendrier, le problème est la mentalité qui a emmené au changement du calendrier. Le calendrier grégorien révisé n'est pas mauvais en soi et le calendrier julien n'est pas le "vrai calendrier". Je crois que l'Eglise de la Grèce a prouvé que le changement du calendrier n'emmène pas nécessairement à l'écumenisme. Je ne connais aucun évêque de l'Eglise de la Grèce qui est écuméniste et qui soutient directement ou indirectement les "prières" communes et le relativisme théologique (comme le font un très grand nombre d' évêques de Constantinople et d'Antioche). C'est pourquoi d'ailleurs, les vieux-calendaristes grecs (de toutes les branches!) n'attaquent pas directement l'Eglise de la Grèce mais le patriarcat de Constantinople. Il est vrai que ce dernier ne semble vraiment s'intéresser qu'à sa survivance dans son siège actuel à tout prix.

Re: Question naïve.

Publié : ven. 10 déc. 2004 16:38
par Claude le Liseur
Jeanne Saint Gilles a écrit :Nous savons tous dans quelles conditions le nouveau calendrier a été adpté : franc maçonnerie de Meletios, en Bulgarie, pression du pouvoir politique etc... La question n'est donc pas pourquoi les anciens calendéristes ne reviennent pas dans les églises canoniques mais plutôt pourquoi les Eglises canoniques neo-calendéristes ne retournent-elles pas au vrai calendrier?

Pourquoi donc?
Sauf que Mélèce Métaxakis n'était plus patriarche de Constantinople quand les Eglises de Constantinople, de Roumanie, de Chypre et de Grèce ont révisé leur calendrier. Il était déjà mort quand les Eglises d'Antioche, de Bulgarie ou d'Amérique ont fait de même. Il n'a été l'artisan de la révision du calendrier que pour le patriarcat d'Alexandrie.


Nous avons déjà à maintes reprises parlé de cette question sur le forum. Je ne vois pas en quoi le calendrier ancien serait le "vrai calendrier".

Je rappelle à ceux qui l'auraient oublié que le concile de Nicée, premier oecuménique (325), s'est permis de déplacer la date de l'équinoxe du 25 mars au 21 mars parce que la date de l'équinoxe prévue par le calendrier de Jules César et de Sosigène ne coïncidait plus avec la date réelle.

Il me semble donc peu logique d'approuver le concile de Nicée d'avoir fait une première correction du calendrier pour le faire coïncider avec les données astronomiques et de reprocher à la conférence de Constantinople d'avoir fait une deuxième correction.

Et le jeune des Apôtres

Publié : sam. 11 déc. 2004 12:06
par Jean-Serge
lecteur Claude a écrit : Nous avons déjà à maintes reprises parlé de cette question sur le forum. Je ne vois pas en quoi le calendrier ancien serait le "vrai calendrier".
Certains reprochent au nouveau calendrier de faire disparaître certaines années le Jeûne des Apôtres? Je ne trouve plus l'article le plus complet à ce sujet mais j'ai celui-ci sous la main. N'est-ce pas un problème?
An especially egregious violation perpetrated by the introduction of the New Calendar concerns the observance of the Apostles' Fast. The conclusion of this Fast is determined by the immovable cycle of Feasts, for it always ends on June 28 (Old Style), i.e., the day before the Feast of the Holy Apostles Peter and Paul; its first day, however, is dependent upon the movable cycle of Feasts, for, while it always begins on the Monday after the Feast of All Saints (the First Sunday after Pentecost), this day can fall anywhere between May 18 (Old Style) and June 21 (Old Style), inclusively. Thus, the Holy Church has established that the Apostles' Fast should last from eight to forty-two days. For the New Calendarists, this Fast is either severely curtailed or entirely abolished. (See Addendum 1, "The Late Celebration of Pascha in 1983.") Those who violate the Fast in this way would do well to heed Canon 219 of the Nomocanon: "If any monastic, save for the case of illness, should fall into pride and violate the fasts established for common observance by the Church, and providing that he is in charge of his mental faculties, let him be anathema." What kind of person would knowingly invoke an anathema upon himself?

SOURCE : http://www.orthodoxinfo.com/ecumenism/calsci_ch9.aspx

Je propose la traduction suivante :
Une violation particulièrement insigne perpétrée par l'introduction du Nouveau Calendrier a trait au respect du Jeûne des Apôtres. La fin de ce jeûne est déterminé par les cycles des Fêtes fixex; il prend toujours fin le 28 juin (ancien style) c'est à dire, la veille de la fête des Saint Apôtres Pierre et Paul; le début du jeûne, cependant, dépend du cycle des fêtes mobiles; ainsi il débute toujours le lundi qui suit la fête de Tous les Saints (le premier dimanche après la Pentecôte); ce jour peut tomber n'importe quand entre le 18 mai (ancien style) et le 21 juin (ancien style); ces deux jours compris. Ainsi, la Sainte Eglise a établi que le Jeûne des Apôtres durerait de 8 à 42 jours.

Pour les néo-calendéristes, the Jeûne est soit sévèrement amputé soit entièrement aboli. Ceux qui violent le jêune de cette façon ferait bien de méditer le Canon 219 du Monocanon : "Si un moine, excepté en cas de maladie, venait à tomber dans l'orgueil et à violer les jeûnes etablis pour l'usage commun par l'Eglise, et pourvu qu'il soit sain d'esprit, qu'il soit anathème." Quel type de personne appellerait en toute connaissance l'anathème sur sa propre personne?

Publié : sam. 11 déc. 2004 12:59
par Jean-Louis Palierne
La disparition du jeûne des Apôtres est imputable au fait que ceux que l’on appelle les “néo-calendaristes” continuent à respecter la date de Pâques calculée selon l’ancien calendrier, ce qui permet à tous les orthodoxes, vieux-calendaristes comme néo-calendaristes, de célébrer la Pâque le même jour.

C’est ce désaccord interne dans la pratique des néo-calendaristes entre deux calendriers différents, l’un utilisé pour les fêtes fixes (hors Pâques et son cycle), l’autre pour le Cycle de Pâques (du Carême à la Pentecôte), qui provoque l’écrasement du carême des Apôtres.

Si les néo-calendaristes célébraient Pâques, comme le veut la Tradition la plus authentique de l’Église, le dimanche qui suit la première pleine lune de Printemps (et puisque le calendrier cosmique imposé par le Créateur aux astres fixe le Printemps au 21 mars), le jeûne des Apôtres retrouverait sa place traditionnelle après la Pentecôte.

La date de Pâques dans “l’Ancien calendrier” est calculée en utilisant une date erronée de l’équinoxe de Printemps (21 mars du calendrier julien qui tombe maintenant le 3 avril solaire), ce qui fixe Pâques à une date trop tardive du calendrier cosmique. Claude a rappelé que “l’Ancien calendrier” avait déjà apporté une correction au calendrier julien en rappelant que l’équinoxe de printemps tombe le 21 mars, et non le 25.

Grâce à Dieu les néo-calendaristes n’ont pas aggravé le désordre calendariste qu’ils avaient provoqué en hésitant à toucher à la date de Pâques, au prix de l’introduction d’un désaccord interne dans le “Nouveau Calendrier”. Mais il faudra bien qu’un jour l’Église orthodoxe décide, dans la conciliarité de son corps catholique (universel) de revenir à la date qu’elle avait fixée dès ses origines pour célébrer la Fête de Pâques, date qui n’est pas la date actuellement commune à “l’Ancien” et au “Nouveau” calendriers, et qui est appelée usuellement “Pâques orthodoxe”, mais qui devrait être depuis toujours le dimanche suivant la première pleine lune de Printemps et après la Pâques des Juifs.

La situation acrtuelle de l'Eglise

Publié : mar. 14 déc. 2004 11:23
par P.Maxime Doyon
Tout ce qui a été dit ne change rien au fait que l'on a à faire aujourd'hui à une grave hérésie qui n'est pas celle du nouveau calendrier mais de l'oecuménisme avec la théorie des branches qui lui est afférente. Nous vivons dans une époque différente de celle de nos Pères dans la Foi qui eux ont été persécuter physiquement et la possibilité d'un nouveau concile était toujours présente, ce qui d'ailleurs s'est passé. Aujourd'hui un concile pour condamner l'oecuménismen'est pas à l'ordre du jour pour la bonne raison que tous le patriarcat sont contaminés et qu'il n'y a plus d'empereur orthodoxe pour convoquer un tel concile. Ceux qui séparent leurs reponsabilités des oecuménistes en sont réduit à s'organiser entre eux dans la résistance à cette hérésie. Ils ne forment pas une église parallèle mais sont l'Eglise vivante qui confesse la vraie Foi. Je connais bien les vieux calendaristes en Grèce et leur problème de divisions. Par ses divisions ils font le jeu des oecuménistes qui ne peuvent que se réjouir de ces divisions. C'est une triste affaire et il convient de dénoncer cette attitude irrésponsable. Il n'en demeure pas moins qu'il est du devoir de tous les vrais orthodoxes qui refusent l'hérésie de l'oecuménisme de séparer leurs resposabilités des oecuménistes comme l'ont fait tant de nos Pères dans le passé comme par exemple s.Maxime le confesseur qui avait fuit l'église de Constantinople tombée dans l'hérésie pour rejoindre l'église de Rome qui confessait la vraie Foi. Il a été cruellement persécuté parce qu'il refusait d'entrer en communion avec le patriarche de Constantinople. Quelle est cette nouvelle ecclésiologie qui veut que l'on refuse l'hérésie de l'eocuménisme et que l'on reste en communion avec les hérétiques?! Ne nous faisons pas d'illusion, les saints nous enseignent que la condition sine qua non à la vie spirituelle est la confession de la vraie Foi. Les Pères de la sainte Montagne qui refusent de commémorer le patriarche de Constantinople ne sont pas tombés dans le "piège du zélotisme" mais font ce que des générations de saints moines ont fait avant eux. Ils ont tous été cruellement persécutés et certains l'ont payé de leur vie (voir le livre sur les persécutions des moines zélotes de l'Athos publié par le P. Patrick Ranson).

Re: La situation acrtuelle de l'Eglise

Publié : mar. 14 déc. 2004 12:17
par Jean-Serge
P.Maxime Doyon a écrit : Quelle est cette nouvelle ecclésiologie qui veut que l'on refuse l'hérésie de l'eocuménisme et que l'on reste en communion avec les hérétiques?
Je suis conscient -tout le monde l'est- du problème que vous soulevez et je me le suis moi-même posé au moment de choisir ma juridiction. Ce qu'il faut voir d'abord c'est que toutes les Eglises canoniques ne sont pas oecuménistes. L'Eglise serbe ne l'est pas particulièrement. Les Eglises géorgiennes et bulgares ont déserté le COE. On n'est pas non plus oecuméniste parce qu'on reçoit un envoyé du Pape en visite et qu'on l'a retenu à dîner le soir. Il me semble que l'oecuménisme militant est plutôt l'oeuvre de certaines juridictions... qui semblent disposer d'un bon service de presse (à moins qu'elle n'use de celui du Vatican). Donc, il existe des endroits sain(t) s dans les Eglises canoniques... A Paris, on a la chance de pouvoir choisir sa juridiction, comme quoi une situation anticanonique (plusieurs évêques sur un même territoire) a aussi ses avantages...

Re: La situation acrtuelle de l'Eglise

Publié : mar. 14 déc. 2004 13:35
par Claude le Liseur
P.Maxime Doyon a écrit : Aujourd'hui un concile pour condamner l'oecuménismen'est pas à l'ordre du jour pour la bonne raison que tous le patriarcat sont contaminés et qu'il n'y a plus d'empereur orthodoxe pour convoquer un tel concile.
Je ne suis pas d'accord avec cette idée qui me semble singulièrement césaro-papiste que l'on ne puisse pas réunir de concile parce qu'il n'y a pas d'empereur orthodoxe. Le modèle de la conciliarité orthodoxe reste le concile des Apôtres (Jérusalem 49), si bien analysé par le père Nicolas Dură, professeur à la faculté de théologie de Bucarest, dans son remarquable livre en français complètement passé sous silence, à l'exception d'une recension de Jean Besse dans Le Messager orthodoxe et de la publication du chapitre sur le concile des Apôtres dans La Lumière du Thabor: Le régime de la synodalité selon la législation canonique, conciliaire, oecuménique du Ier millénaire. Or, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'empereur qui régnait en ce temps-là n'était pas orthodoxe.

L'absence d'empereur orthodoxe n'a pas empêché l'Eglise de réunir les conciles décisifs du XVIIème siècle qui ont confessé la foi orthodoxe face à la Réforme qu'avait ralliée le patriarche oecuménique Cyrille Loukaris. On ne peut quand même pas nier l'oeuvre des conciles de Jassy et de Jérusalem. Le connaisseur de la Roumanie que vous êtes pourrait certes me rétorquer que, dans le cas de Jassy, c'est Basile Lupu qui faisait office d'empereur orthodoxe. Alors, pour prendre un cas encore plus éclatant, le concile de Constantinople, qui a condamné en des termes définitifs l'hérésie du phylétisme, a pu se réunir et prendre des décisions de portée panorthodoxe (puisque toutes les Eglises l'ont suivi dans sa condamnation du schisme bulgare) dans un pays où le chef de l'Etat était musulman.

L'Eglise a prééexisté à l'Empire chrétien et elle lui a survécu. Je ne vois pas en quoi elle serait liée à une forme politique particulière au point de ne pas pouvoir prendre elle-même la décision de réunir des conciles.

Et dans l'exemple que vous avez cité à deux reprises dans ce fil, à savoir celui de saint Maxime le Confesseur (cf. messages du 8 et du 14 décembre), l'Eglise devait précisément faire face à une hérésie d'origine impériale, qui n'avait pas eu d'adeptes avant d'être inventée pour des raisons politiques par l'empereur Héraclius. Pas du tout comme l'arianisme, par exemple, qui avait eu des partisans avant d'être endossé par certains empereurs: le monothélisme était vraiment une pure création du pouvoir politique.