Prier un saint d'une autre confession religieuse

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Sylvie
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Prier un saint d'une autre confession religieuse

Message par Sylvie » lun. 01 août 2005 3:00

Lu dans la discussion à propos des stigmates
Ces discussions étaient en partie liées à des discussions sur François d'Assise, premier stigmatisé de l'Histoire, dont on sait avec quel acharnement certains veulent à tout prix introduire la vénération dans l'Orthodoxie.
D'abord, sachez que je suis Catholique Romaine. J'espère que cela ne fait pas obstacle à ce que je participe sur votre forum.

Dans la citation que j'ai lue, il me semble qu'il y a beaucoup de craintes d'introduire dans la dévotion un saint qui a été canonisé dans une église sœur. Pourtant, il y a beaucoup de saints que nous avons en commun avant le schisme qui a séparé nos deux églises.

Dernièrement, j'ai lu l'entretien de Saint Séraphim de Sarov avec Motovilov. J'ai trouvé que c'était d'une grande richesse et cela m'apporte beaucoup dans ma vie spirituelle. Alors je ne comprends pas cette crainte. Si une personne est déclarée sainte soit dans une ou dans l'autre des confessions Chrétienne, il me semble que nous pouvons avoir confiance que cette personne peut être un modèle pour nous aider à atteindre une plus grande union à Dieu et ainsi atteindre la sainteté.


Qu'en pensez-vous ?

Avec respect

Sylvie

GIORGOS
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LES SAINTS...

Message par GIORGOS » lun. 01 août 2005 5:23

Chère Sylvie,
Soyez bienvenue au Forum.
Je suis comme vous un simple membre du Forum et n’ai ici responsabilité aucune.
Si j’ai lu votre message et en vous réponds c’est pourquoi mon éloignement géographique me permet de vous lire a une heure où les autres membres sont dans le lit.
Mais je suis bien sur d’exprimer dans cette bienvenue l’opinion des autres membres.

Evidemment vous pouvez prier a tous les saints orthodoxes chrétiens pour qu’ils vous guident et vous éclairent avec son intercession face à Dieu, et surtout et en premier lieu a la Toute Sainte Mère de Dieu.

N’ayez crainte de lire les œuvres des saints comme l’avez fait avec Saint Séraphim de Sarov et ayez confiance qu’une personne reconnu comme sainte dans l ‘Eglise Orthodoxe Chrétienne est un modèle a suivre pour nous aider a atteindre une plus grande union à Dieu et la sainteté, comme vous l’avez perçu.

L’Eglise Orthodoxe se reconnaît à elle-même comme l’Eglise du Symbole de Foi ( Credo) : l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique, et elle soutient que la véritable sainteté n’est pas dissocié d’une correcte confession de foi. C’est pourquoi a l’orthodoxie doctrinal s’associe l’orthopraxis de conduite et, donc, la vision de la Gloire de Dieu est le lot des saints.
C’est pourquoi nous pouvons trouver dans le sein de l’Eglise tous les éléments de sainteté et n’avons pas besoin aucune de chercher rien hors de son enceinte.
Si il n y a pas jugement de l’Eglise sur ceux qui n’appartiennent pas à son sein, beaucoup moins, et a fortiori, pouvons nous attribuer la sainteté a quelqu’un étranger a Elle.

Vous n’êtes pas la première personne d’une autre confession religieuse que s’inscrit ici. Il n’y a pas obstacle aucun a votre participation au forum mais sans oublier qu’il est un lieu de discussion pleinement orthodoxe où vous pouvez en utilisant la fonction « Rechercher » trouver la réponse a plusieurs de vos préoccupations.

Finalement, je vous recommande de ne pas faire demandes d’éclaircissements sans avoir préalablement cherché dans les archives du Forum sur les thèmes que vous intéressent. Il est le meilleur.
Giorgos
SEÑOR JESUCRISTO, HIJO DE DIOS, TEN PIEDAD DE MÍ PECADOR.

Antoine
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Message par Antoine » lun. 01 août 2005 11:37

Sylvie, en ce qui concerne Séraphim de Sarov, vous avez raison de le prier le plus souvent possible. Vous trouverez effectivement dans l'Eglise orthodoxe une sainteté qui ne s'est jamais éteinte.
Les orthodoxes ne prient pas ceux qui n'ont pas une confession juste de la foi. La sainteté n'est pas séparable de la vérité dogmatique, comme vous le dit très justement Giorgos, car les dogmes sont l'expression de la foi de l'Eglise. On ne peut considérer comme saints des personnages, aussi pieux soient -ils, qui confessent une Trinité qui s'écarte de la Révélation, ou qui suivent une ecclésiologie qui s'est éloignée considérablement de la Tradition de l'Eglise entraînant ainsi une spiritualité faussée. La vie vertueuse et ascétique ne suffit pas à la sainteté. Il faut aussi qu'elle soit tendue de Vérité.
On ne peut fixer une date arbitraire qui permettrait de décider brutalement qu'à partir de 1054 tous les membres rattachés à Rome sont déchus de l'Eglise. L'hérésie de Rome commence avant et met plusieurs siècles pour se répandre sur tout l' occident. C'est ainsi que les orthodoxes s'en tiennent à leur synaxaire.
Puisque vous avez choisis de prier St Séraphim de Sarov et que la prière est tout autre qu'un sentimentalisme religieux, demandez lui qu'il vous éclaire sur la vraie foi qu'est la sienne .

Vous trouverez ci-dessous à votre intention deux textes importants qui figurent déjà sur le forum. Cela afin de ne pas vous épargner de les rechercher.
Vous devez manier avec prudence l'emploi que vous faites de la terminologie "Eglises soeurs".

Voici donc des extraits de ces deux documents:

- Le premier émane de Rome . Il est une Note récente de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur l'expression « Églises sœurs ».

Cette clarification montre que pour Rome (qui s'auto proclame église Mère) il n'est pas question de considérer toute autre église que les églises particulières catholiques romaines comme églises sœurs. Pour Rome seules celles qui reconnaissent sa suprématie son t considérées comme sœurs. Alors qu'est-ce qu'une Eglise qui n'est pas sœur? Il est évident qu'elle n'est pas une Eglise. Il y a Eglise Mère et églises sœurs. Ecclésiologiquement Eglise tout court n'a pas de sens sauf à globaliser Eglise Mère + Eglises sœurs catholiques romaines. Vous verrez ainsi qu'il y a un double langage permanent de JP II et que l’œcuménisme n'est qu'un leurre.

- Le deuxième document est constitués d'extraits empruntés au "Document de l'Assemblée extraordinaire jubilaire de l'Église orthodoxe russe sur le dialogue oecuménique " publié en août 2000.

Seule l'Eglise orthodoxe est l'Eglise et que nous ne considérons pas les hétérodoxes comme appartenant à l'Eglise. Pour ma part, je les appelle toujours "communautés". Il y a ainsi des communautés chrétiennes qui ne sont pas dans l'Eglise et cette situation est une véritable souffrance pour tout orthodoxe. Surtout dans un pays comme le nôtre ou cette souffrance est encore accentuée par sa dimension familiale. Ne pas pouvoir communier avec le reste de sa famille qui est chrétienne hétérodoxe n'est pas quelque chose de facile à vivre.


Vous remarquerez que ce document parlent de "l'unité des Chrétiens" mais jamais de "l'unité des Eglises" car cette terminologie n'a aucun sens.

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Premier Document

Sur l'usage approprié de l'expression « Églises sœurs »
Note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur l'expression « Églises sœurs »


Avant la publication du document Dominus Iesus, le 5 septembre dernier, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait fait parvenir, fin juin, une note aux évêques du monde entier sur l'usage approprié de l'expression « Églises sœurs ». Ce document devait rester confidentiel et de fait n'a pas été rendu public par le Saint-Siège. Cependant, dans plusieurs pays, à partir d'une version anglaise publiée fin août par l'agence américaine CNS, cette note, signée par le cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et Mgr Tarcisio Bertone, Secrétaire, a été l'objet de nombreux commentaires.
Cette introduction ci-dessus n'est pas de moi mais de la Documentation Catholique

10. En effet, au sens propre, les Églises sœurs sont uniquement les Églises particulières entre elles (ou les regroupements d'Églises particulières, par exemple les Patriarcats entre eux ou les Provinces ecclésiastiques entre elles) (7). Il doit toujours rester clair, même quand l'expression Églises sœurs est utilisée dans ce sens propre, que l'Église universelle, une, sainte, catholique et apostolique, n'est pas la sœur, mais la mère de toutes les Églises particulières (8).

11. On peut aussi parler d'Églises sœurs, au sens figuré, en référence à des Églises particulières catholiques et non catholiques ; et donc même l'Église particulière de Rome peut être dite sœur de toutes les Églises particulières. Mais, comme rappelé ci-dessus, on ne peut dire, au sens propre, que l'Église catholique soit sœur d'une Église particulière ou d'un groupe d'Églises. Il ne s'agit pas seulement d'une question de terminologie, mais surtout du respect d'une vérité fondamentale de la foi catholique : celle de l'unicité de l'Église du Christ. Il existe, en effet, une unique Église (9), et le pluriel Églises ne peut se référer qu'aux Églises particulières.
Par conséquent, il faut éviter l'usage de formules comme « nos deux Églises », parce qu'elles sont sources de malentendus et de confusion théologique : elles insinuent, si elles sont appliquées à l'Église catholique et à l'ensemble de l'Église orthodoxe (ou à une Église orthodoxe), une pluralité non seulement au niveau des Églises particulières, mais à celui de l'Église une, sainte, catholique et apostolique, proclamée dans le Credo, dont l'existence est ainsi offusquée.
Joseph cardinal RATZINGER
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Deuxième document



PRINCIPES FONDAMENTAUX RÉGISSANT LES RELATIONS
DE L'ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE AVEC L'HÉTÉRODOXIE

Document de l'Assemblée extraordinaire jubilaire de l'Église orthodoxe russe sur le dialogue oecuménique

Sur convocation du Patriarche Alexis II, les 148 évêques, avec le responsable de l'Église autonome du Japon, se sont retrouvés à Moscou, du 13 au 16 août 2000, pour un Synode exceptionnel de l'Église orthodoxe russe. Ils représentaient les pasteurs de millions de fidèles, membres des 19 417 paroisses, et les 545 monastères.[…]. Lors du Synode, un très important document a été approuvé et publié pour énoncer " les fondements de la conception sociale de l'Église orthodoxe russe " qui définit ainsi le nouveau statut de l'Église vis-à-vis de l'État (DC 2000, n. 2233, p. 848). La Commission théologique a rédigé un deuxième document sur l'unité des chrétiens et sur les relations que l'Église orthodoxe russe établit et entretient avec les autres Églises et communautés chrétiennes : " Principes fondamentaux régissant les relations de l'Église orthodoxe russe avec l'hétérodoxie " :


1. L'unité de l'Église et le péché des divisions humaines

1.1. L'Église orthodoxe est la véritable Église du Christ, fondée par notre Seigneur et Sauveur lui-même, l'Église que l'Esprit Saint a établie et qu'il remplit, l'Église dont le Sauveur lui-même a dit : " Je bâtirai mon Église et les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle " (Mt 16, 18). Elle est l'Église Une, Sainte, Catholique (2) et Apostolique, gardienne et dispensatrice des Sacrements saints dans le monde entier, " colonne et fondement de la vérité " (1 Tm 3, 15). Elle porte en plénitude la responsabilité de diffuser la Vérité de l'Évangile du Christ, de même que la plénitude du pouvoir de témoigner de la " foi, transmise aux saints une fois pour toutes " (Jd 3).

1.2. L'Église du Christ est une et unique (s. Cyprien de Carthage, De l'unité de l'Église). L'unité de l'Église - corps du Christ - consiste en ceci qu'en elle il y a une seule Tête - le Seigneur Jésus-Christ (Ep 5, 3) et qu'agit un seul Esprit Saint, vivifiant le Corps de l'Église et unissant tous ses membres au Christ comme à sa Tête.

1.3. L'Église est l'unité de " l'homme nouveau dans le Christ ". Par son incarnation, le Fils de Dieu fait homme " a de nouveau ouvert une longue lignée d'êtres humains " (s. Irénée de Lyon), en fondant un peuple nouveau, un peuple comblé de grâce, descendance spirituelle du Second Adam. L'unité de l'Église surpasse toute unité humaine et terrestre, elle est donnée d'en haut, comme un don parfait et divin. Les membres de l'Église sont unis dans le Christ, par Lui-même, unis comme les sarments de la vigne, enracinés en lui et rassemblés dans l'unité de la vie éternelle et spirituelle.

1.4. L'unité de l'Église surmonte les barrières et les frontières, y compris celles que mettent les races, les langues, les classes sociales. La bonne nouvelle du salut doit être annoncée à tous les peuples, afin de les amener en un seul tout, de les unir par la force de la foi, par la grâce du Saint Esprit (Mt 28, 19-20 ; Mc 16, 15 ; Ac 1, 8).

1.5. Dans l'Église l'hostilité et l'ostracisme sont surmontés et l'unité dans l'amour de l'humanité divisée par le péché s'accomplit, à l'image de la Trinité Unisubstantielle.

1.6. L'Église est l'unité de l'Esprit par le lien de la paix (Ep 4, 3), la plénitude et le règne sans fin de la vie de la grâce et de l'expérience spirituelle. " Là où est l'Église, là est l'Esprit de Dieu, et là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce " (s. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, L. 3, ch. 24). Dans l'unité de la vie de la grâce réside la base de l'unité et l'invariabilité de la foi ecclésiale. Toujours et invariablement " l'Esprit Saint enseigne l'Église par la médiation des saints Pères et Docteurs. L'Église universelle ne peut pécher, ni errer et confesser le mensonge au lieu de la vérité : car le Saint Esprit, qui agit sans cesse à travers les fidèles Pères et Docteurs de l'Église, la protège de tous errements (Encyclique des Patriarches Orientaux).

1.7. L'Église a un caractère universel. Elle existe dans le monde sous la forme d'Églises locales distinctes, mais l'unité de l'Église n'en subit aucune diminution ; éclairée par la lumière du Seigneur, elle diffuse ses rayons par le monde entier ; mais la lumière partout répandue est une et l'unité du corps reste indivis. " Par toute la terre elle étend ses branches chargées de fruits, ses eaux abondantes courent vers des espaces lointains, et néanmoins la tête reste unique, unique le principe, unique la mère, riche de la profusion de sa fécondité " (s. Cyprien de Carthage, De l'unité de l'Église).

1.8. L'unité ecclésiale se trouve en lien indissoluble avec le sacrement de l'Eucharistie, dans lequel les fidèles, par la communion à l'unique Corps du Christ, sont rassemblés authentiquement et effectivement en un corps un et universel, dans le sacrement de l'amour du Christ et la force transfigurante de l'Esprit. " Car si "nous avons part à un seul pain", alors tous nous formons un seul corps (1 Co 10, 17), car le Christ ne peut être divisé. C'est pourquoi l'Église est appelée Corps du Christ et nous des membres distincts, selon la conception de l'apôtre Paul (1 Co 12, 27) " (s. Cyrille d'Alexandrie).

1.9. L'Église Une, Sainte et Catholique est l'Église Apostolique. Par le sacerdoce divinement institué les dons du Saint Esprit sont communiqués aux fidèles. La succession Apostolique de la hiérarchie depuis les saints Apôtres est la base de la communion et de l'unité de la vie de grâce. Se séparer de la sainte hiérarchie c'est se séparer du Saint Esprit, du Christ lui-même. "Suivez tous l'évêque comme Jésus-Christ suit son Père et suivez les prêtres comme les Apôtres. Les diacres, honorez-les comme les commandements de Dieu. Sans l'évêque, que personne ne fasse rien touchant l'Église. [...] Où sera l'évêque, là doit être le peuple, de même que là où est le Christ, là aussi est l'Église universelle " (s. Ignace d'Antioche. Smyrn. 8).

1.13. Au long de l'histoire chrétienne se sont séparés de l'Église orthodoxe non seulement des chrétiens individuels, mais des groupes chrétiens entiers. Certains d'entre eux ont disparu au fil de l'histoire, d'autres se sont conservés au long des siècles. Les scissions les plus substantielles du premier millénaire, qui se sont maintenues jusqu'ici, se sont produites par suite du refus d'une partie des communautés chrétiennes de recevoir les décisions des IIIe et IVe Conciles oecuméniques. Il en résulte que se sont trouvées en état de séparations des Églises qui subsistent jusqu'à ce jour : l'Église assyrienne orientale, les Églises préchalcédoniennes copte, arménienne, syro-jacobite, éthiopienne, malabare. Au second millénaire, à la sécession de l'Église romaine ont fait suite les divisions internes du christianisme occidental liées à la Réforme et aboutissant à un processus incessant de formation d'une multitude de dénominations chrétiennes qui ne sont pas en communion avec le siège de Rome. Sont apparues aussi des ruptures d'unité avec les Églises orthodoxes locales et entre autres avec l'Église orthodoxe russe.

1.14. Les erreurs et les hérésies apparaissent comme la suite d'une auto-affirmation et d'un isolement égoïstes. Toute scission, tout schisme conduisent à un degré ou à un autre à déchoir de la plénitude ecclésiale. La division, même si elle ne provient pas pour des raisons de nature doctrinale, est une atteinte à la doctrine de l'Église et en fin de compte conduit à des altérations dans la foi.

1.15. L'Église orthodoxe affirme par la bouche des saints Pères, que le salut ne peut être atteint que dans l'Église du Christ. Mais en même temps, les communautés déchues de l'unité avec l'Orthodoxie, n'ont jamais été considérées comme totalement privées de la grâce divine. La rupture de la communion ecclésiale conduit inéluctablement à la dégradation de la vie de grâce, mais pas toujours à sa complète disparition dans les communautés séparées. C'est à cela que se rattache la pratique de la réception dans l'Église orthodoxe de personnes venant de communautés hétérodoxes, pas uniquement par le sacrement du baptême. Malgré la rupture de l'unité, il reste une certaine communion incomplète, qui agit comme le gage de la possibilité du retour à l'unité dans l'Église dans la plénitude et l'unité catholique.

(Note d'Antoine: C'est pour cela que plusieurs fois j'ai commenté la citation "L'Esprit saint souffle où il veut" non pas comme étant une affirmation scripturaire de la façon dont s'exerce la grâce mais comme signifiant que "l'Esprit souffle où il veut" pour amener tout homme à l'Eglise, seul lieu en lequel il recevra la grâce. Dire qu'il n ya plus de grâce dans telle ou telle communauté revient à dire que Dieu aurait abandonné les personnes qui constituent cette communauté. Cela est impossible; mais en aucun cas ce souffle de l'Esprit-qui-ramène-le-troupeau au sein de l'Orthodoxie n'est à confondre avec la grâce sacramentelle.)

1.16. La situation ecclésiale des séparés ne se prête pas à une définition univoque. Dans le monde chrétien divisé, il y a un certain nombre de signes qui l'unissent : ce sont la Parole de Dieu, la foi au Christ comme Dieu et Sauveur venu dans la chair (1 Jn 1, 1-2 ; 4, 2, 9) et une piété sincère.

1.17. L'existence de divers modes de réception (par le Baptême, par la Chrismation, par la Pénitence) montre que l'Église orthodoxe a une approche différenciée des autres confessions. Le critère est la mesure dans laquelle ont été conservées la foi et les institutions ecclésiastiques, ainsi que les normes de la vie spirituelle chrétienne. Mais en établissant divers modes de réception, l'Église orthodoxe ne porte pas de jugement sur le degré de conservation ou d'altération de la vie de grâce dans l'hétérodoxie, estimant que c'est le secret de la Providence et du jugement divin.

1.18. L'Église orthodoxe est la véritable Église, dans laquelle sont conservées inaltérées la Sainte Tradition et la plénitude de la grâce salvatrice de Dieu. Elle a conservé dans leur totalité et dans leur pureté l'héritage des Apôtres et des saints Pères. Elle reconnaît l'identité de sa doctrine, de sa structure liturgique et de sa pratique avec la prédication apostolique et la Tradition de l'Église Ancienne.

1.19. L'Orthodoxie n'est pas un " attribut national et culturel " de l'Église d'Orient. L'Orthodoxie est une qualité interne de l'Église, la conservation de la vérité doctrinale, de la structure liturgique et hiérarchique et des principes de la vie spirituelle demeurant sans interruption ni changement dans l'Église depuis les temps apostoliques.



2. Efforts pour rétablir l'unité


2.1. Le but le plus important des relations que l'Église orthodoxe entretient avec l'hétérodoxie est le rétablissement de l'unité des chrétiens (Jn 17, 21), qui entre dans le dessein divin et appartient à l'essence même du christianisme. C'est une tâche d'importance primordiale pour l'Église orthodoxe à tous les niveaux de son existence.

2.2. L'indifférence face à cette tâche ou son rejet constitue un péché contre le commandement divin de l'unité. Selon les paroles de saint Basile le Grand " ceux qui travaillent en sincérité et vérité pour le Seigneur doivent uniquement appliquer leurs efforts à ramener à l'unité de l'Église ceux qui sont divisés entre eux en tant de fractions ".

2.3. Néanmoins, tout en reconnaissant la nécessité de rétablir l'unité chrétienne détruite, l'Église orthodoxe affirme que l'unité authentique n'est possible que dans le sein de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Tous les autres " modèles " de l'unité sont irrecevables.

2.4. L'Église orthodoxe ne peut admettre la thèse selon laquelle, en dépit des divisions historiques, l'unité de principe, l'unité de fond des chrétiens n'aurait soi disant pas été détruite et que l'Église doit être comprise comme coïncidant avec l'ensemble du " monde chrétien ", que l'unité chrétienne existerait par dessus les barrières dénominationnelles et que la division des Églises n'affecte que le niveau imparfait des relations humaines. Selon cette conception, l'Église demeure une, mais cette unité se manifeste insuffisamment dans des formes visibles. Dans ce modèle d'unité la tâche des chrétiens est comprise non comme le rétablissement d'une unité perdue, mais comme la manifestation d'une unité subsistant d'une manière inamissible. Dans ce modèle se répète la doctrine apparue dans la Réforme de " l'Église invisible ".

2.5. Absolument inacceptable et liée avec celle qui vient d'être exposée est la théorie dite " des branches ", qui affirme comme normale et providentielle l'existence d'un christianisme en forme de " branches " distinctes.

2.6. Pour l'Orthodoxie est inacceptable l'affirmation selon laquelle les divisions des chrétiens sont une imperfection inévitable de l'histoire chrétienne, qu'elles n'existent qu'à la surface de l'histoire et qu'elles peuvent être guéries ou maîtrisées moyennant des accords de compromis entre dénominations.

2.7. L'Église orthodoxe ne peut reconnaître l'" égalité des dénominations ". Ceux qui ont déchu de l'Église ne peuvent lui être à nouveau unis dans l'état où ils se trouvent actuellement ; les divergences dogmatiques existantes doivent être surmontées et pas seulement contournées. Cela signifie que le chemin de l'unité est un chemin de repentance, de conversion et de renouveau.

2.8. Elle est inacceptable, la pensée que toutes les divisions sont des malentendus tragiques, que les désaccords ne paraissent inconciliables que par manque d'amour mutuel, par refus de comprendre, qu'en dépit de toute la différence et de toute la dissemblance il y a une unité et un accord suffisants " dans l'essentiel ". Les séparations ne peuvent pas être ramenées à des passions humaines, à l'égoïsme, ni à plus forte raison aux circonstances culturelles, sociales ou politiques. Est également inacceptable l'affirmation selon laquelle ce qui distingue l'Église orthodoxe des communautés chrétiennes avec lesquelles elle n'est pas en communion sont des questions d'un caractère secondaire. On n'a pas le droit de réduire toutes les divisions et les désaccords à divers facteurs non théologiques.

2.9. L'Église orthodoxe rejette également la thèse selon laquelle l'on ne peut restaurer l'unité du monde chrétien que par la voie d'un service du monde accompli en commun par les chrétiens. L'unité chrétienne ne peut pas être rétablie par une entente sur des questions séculières, grâce à laquelle les chrétiens apparaîtront unis sur le secondaire et continueront comme devant à diverger sur l'essentiel.

2.10. Il est inadmissible de limiter l'accord dans la foi à un cercle étroit de vérités nécessaires, pour concéder au delà la " liberté dans les choses douteuses ". L'attitude de tolérance à l'égard des divergences en matière de foi est de soi inacceptable. Ceci dit, il ne faut pas confondre l'unité de la foi et les modes de l'exprimer.

2.11. La division du monde chrétien est une division dans l'expérience de la foi et pas seulement dans les formules doctrinales. Il faut atteindre l'accord plein et sincère dans l'expérience même de la foi et non seulement dans son expression formelle. L'unité formellement confessée dans le credo n'épuise pas l'unité de l'Église, encore qu'elle en constitue l'une des conditions nécessaires.

2.12. L'unité de l'Église est avant tout unité et communion dans les sacrements. Mais l'authentique communion dans les sacrements n'a rien de commun avec la pratique appelée " intercommunion ". L'unité ne peut se réaliser que dans l'identité de l'expérience et de la vie dans la grâce, dans la foi de l'Église, dans la plénitude de la vie sacramentelle dans l'Esprit Saint.


3. Le témoignage orthodoxe face au monde hétérodoxe


3.1. L'Église orthodoxe est la gardienne de la Tradition et des dons de grâce de l'Église ancienne ; aussi considère-t-elle comme sa tâche principale dans ses relations avec l'hétérodoxie de porter un témoignage permanent et insistant qui amène à découvrir et à accueillir la vérité exprimée dans cette Tradition. Comme il est dit dans la décision de la Troisième Conférence pré conciliaire pan orthodoxe (1986) : " L'Église orthodoxe dans sa conviction profonde et sa conscience ecclésiale d'être la porteuse et le témoin de la foi et de la Tradition de l'Église une, sainte, catholique et apostolique, croit fermement qu'elle occupe la place centrale dans l’œuvre de promotion des chrétiens vers l'unité dans le monde contemporain... La mission et le devoir de l'Église orthodoxe est d'enseigner dans toute sa plénitude la vérité contenue dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition, et qui confère à l'Église son caractère universel... Cette responsabilité de l'Église orthodoxe, de même que sa mission oecuménique touchant l'unité de l'Église, ont été exprimées par les Conciles oecuméniques. Ils ont particulièrement souligné le lien entre la droiture de la foi et la communion dans les sacrements. L'Église orthodoxe s'est toujours efforcée d'attirer les diverses Églises et confessions chrétiennes à la recherche en commun de l'unité perdue des chrétiens, afin que tous parviennent à l'union dans la foi... ".


4. Dialogue avec l'hétérodoxie


4.4. Du point de vue des orthodoxes, pour l'hétérodoxie le chemin du retour à l'unité est un chemin de guérison et de transfiguration de la conscience dogmatique. Sur ce chemin doivent être de nouveau pris en compte les thèmes qui ont été examinés à l'époque des Conciles oecuméniques. Dans le dialogue avec l'hétérodoxie apparaît comme importante l'étude de l'héritage spirituel et théologique des saints Pères, interprètes de la foi de l'Église.



5. Dialogues multilatéraux et participation au travail des organisations inter-chrétiennes


5.2. Sur la question d'appartenance aux diverses organisations chrétiennes en qualité de membre, il convient de se tenir aux critères suivants : l'Église orthodoxe russe ne peut prendre part à des organisations chrétiennes internationales (régionales ou nationales) dans lesquelles
a) la charte, les règles ou la procédure exigent que l'on s'écarte de la doctrine ou des traditions de l'Église orthodoxe,
b) l'Église orthodoxe n'a pas la possibilité de témoigner d'elle-même comme de l'Église Une Sainte Catholique et Apostolique,
c) le mode de prise de décision ne prend pas en compte la conscience ecclésiologique que l'Église orthodoxe a d'elle-même,
d) les règles et la procédure présupposent le caractère obligatoire de l'" opinion de la majorité".


5.5. Tout en soulignant la priorité du dialogue théologique, l'étude des normes de la foi, de l'institution ecclésiale et des principes de la vie spirituelle, l'Église orthodoxe russe, de même que d'autres Églises locales orthodoxes, estime possible et utile de prendre part au travail de diverses organisations internationales dans le domaine du service du monde - la diaconie, l'action sociale, l'action en faveur de la paix. L'Église orthodoxe russe collabore avec diverses dénominations chrétiennes et diverses organisations chrétiennes internationales pour la cause d'un témoignage commun face à une société sécularisée.

Sylvie
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Message par Sylvie » lun. 01 août 2005 14:09

Cher GIORGOS et cher Antoine,

Merci pour votre accueil.

Je vais suivre le conseil d'utiliser la fonction rechercher avant de poser des questions sur les termes que je ne connais pas dans vos interventions. Il y en a quelques uns.

Je ne suis qu'une simple Catholique Romaine de naissance. Je suis pratiquante mais ignorante de toute l'histoire de l'Église. Je sais qu'il y a eu des schismes, mais pour quelles raisons, je l'ignore. Aussi je ne suis pas théologienne.

Vos interventions me font comprendre que la division est plus profonde que je pensais, aussi, je vais faire attention de ne plus dire Églises sœurs ou nos deux Églises.. Mais toutes deux se croient dans la Vérité, toutes deux se croient Église mère.

Dans la nature, nous savons bien qu'il ne peut y avoir qu'une seule mère. À qui appartient l'enfant ? Qui est la vrai mère de l'enfant ? C'est quasiment l'histoire de Salomon qui pour trouver la vrai mère avait demandé qu'on coupa l'enfant en deux, ainsi la vrai mère s'était manifestée.

Pour ma part, je crois en Dieu et je cherche Dieu de tout mon cœur, alors je pense que même si je me trompe de mère, car je ne sais pas qui a raison, Dieu sait que je Le cherche dans la Vérité et qu'Il prendra pitié de moi.

Je m'excuse d'avance si j'emploie encore des termes qui pourraient vous offusquer. Ce n'est pas mon intention. Si cela arrive, croyez que ce n'est pas volontaire et corrigez moi.

Avec tout mon respect

Sylvie

Sylvie
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Message par Sylvie » lun. 01 août 2005 15:31

Chers amis,

Je lis avec intérêt la discussion sur le dialogue de l'Eglise Orthodoxe et les hétérodoxes.

Il est question du Filioque. Je ne sais pas ce que c'est au juste. Il me semble que cela à un rapport avec la Très Sainte Trinité et la compréhension de ce Mystère.
J'ai relu la discussion au complet ce matin. J'ai lu ce que disait Antoine Lun 01 Aoû 2005 :

Non , vos récits de songe restent au titre de l'édification mutuelle. Mais simplement nous ne poursuivons pas d'entretien sur ce sujet. Les effacer serait un manque d'attention envers ceux qui ont pris la peine de vous répondre à votre demande.
Alors je replace le récit de mon songe de 1988 là où il était.


Songe de la Très Sainte Trinité

Ce songe s'est étalé sur trois nuits consécutives. À chacune des nuits la Trinité avait le même aspect. Elle était entourée de nuages gris pâle. Le Fils était à gauche, le Père à droite et l'Esprit Saint au centre. L'Esprit-Saint avait une silhouette lumineuse comme le soleil. De par sa grandeur Il était égal au Père et au Fils.

La première nuit

Le Père et le Fils se regardaient. L'Esprit-Saint était d'une lumière éclatante. Il a dit : "Je suis un Dieu d'Amour".

Deuxième nuit

Le Fils regardait toujours Son Père et le Père me regardait.

Le Père m'a dit : "C'est vers mon Fils que tu dois aller pour venir jusqu'à Moi"

Troisième nuit

Le Père regardait Son Fils. Jésus me regardait, Il a dit : " Plus tu prieras, plus tu feras de sacrifices, plus tu te rapprocheras de moi, et plus tu seras sainte"

Amicalement

Sylvie
Dernière modification par Sylvie le mar. 16 août 2005 16:46, modifié 2 fois.

Jean-Serge
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Qu'en pensé-je?

Message par Jean-Serge » lun. 01 août 2005 15:51

Note d'Antoine.
Le message de Jean serge ci-dessous répond au récit d'un songe qu'aurait fait Sylvie au cours d'une session sur la prière du cœur dans un groupe catholique. Nous regrettons qu'elle ait effacé le récit de ce "songe" suite aux messages des intervenants du forum auxquels elle demandait ce qu'ils en pensaient. Ce songe répété trois fois lui aurait fait apparaître la Trinité sur fond de nuages, le Père s'adressant à l'Esprit avec le Fils au milieu en trait d'union. Puis un message lui aurait été délivré lui enjoignant :
" Plus tu prieras, plus tu feras de sacrifices, plus tu te rapprocheras de moi, plus tu seras sainte."

________________________________________________________________________________________________________________________

Il est d'usage dans l'orthodoxie d'ignorer les rêves et autres visions et j'en passe... car ce sont les portes ouvertes à l'illusion spirituelle...

En revanche pour savoir ce qu'est le Filioque et l'histoire, vous devez trouver des sources intéressantes gratuites sur internet.
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

Claude le Liseur
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Re: Qu'en pensé-je?

Message par Claude le Liseur » lun. 01 août 2005 16:01

Jean-Serge a écrit :Il est d'usage dans l'orthodoxie d'ignorer les rêves et autres visions et j'en passe... car ce sont les portes ouvertes à l'illusion spirituelle...

Non, ce n'est pas vrai d'une manière aussi absolue. Tout ce qui nous apparaît en songe ne vient pas de Dieu, loin s'en faut, mais on ne peut pas écrire "qu'il est d'usage dans l'Orthodoxie d'ignorer les rêves et autres visions". Pour donner deux exemples concrets très récents, c'est par des apparitions en rêve (et aussi à l'état de veille) que l'on a pu découvrir les reliques et apprendre l'histoire des saints nouvellement apparus à Mytilène, Nicolas, Raphaël et Irène (mémoire le 9 avril) ou de saint Ephrem le Nouveal-Apparu (mémoire le 5 mai).

Le kondakion V de l'acathiste à saint Ephrem le Nouvel-Apparu (texte original grec de 1981; traduction française par le monastère Saint-Antoine-le-Grand, Saint-Laurent-en-Royans, 1995) le rappelle:

"Par des miracles étonnants et de nombreuses apparitions, tu révèles à tous, en songe ou en état de veille, la gloire que tu reçus jadis de Dieu, ô Saint; c'est pourquoi, admirant ta splendeur, nous crions à Dieu:

Alléluia."

Pour des exemples plus anciens, on pourrait citer ce que saint Cyprien de Carthage, l'aigle de l'ancienne Eglise orthodoxe d'Afrique du Nord, écrivait à l'occasion de l'entrée de Célérinus dans le clergé (Lettre XXXIX I:2).

Texte original latin:

Qui cum consentire dubitaret, ecclesiae ipsius admonitu et hortatu in uisione per noctem compulsus est ne negaret, nobis suadentibus.

Traduction française du chanoine Bayard (Saint Cyprien, Correspondance, Les Belles Lettres, Paris 1962, p. 98)):

Comme il hésitait à accepter, l'Eglise elle-même, dans une vision nocturne, l'a forcé à ne pas opposer de refus à nos instances.

Saint Cyrille de Jérusalem déclare que la Providence daigne parfois, dans nos songes, soulever un coin du voile qui nous cache l'avenir (Homélie sur le Paralytique, XVI).

(Les passages mis en gras l'ont été par moi.)
Dernière modification par Claude le Liseur le lun. 01 août 2005 19:00, modifié 2 fois.

Sylvie
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Message par Sylvie » lun. 01 août 2005 16:18

Pourquoi je suis ici sur ce forum ?

J'espérais y voir clair.

Sylvie
Dernière modification par Sylvie le lun. 01 août 2005 20:26, modifié 1 fois.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 01 août 2005 16:30

Sylvie a écrit :Je ne m'intéresse pas à la signification des rêves comme le font dans les sciences occultes. Mais là, je ne sais pas. Si vous dîtes que les Orthodoxes ne prennent pas cela au sérieux, je laisse tomber mes démarches.

Qu'en pensez-vous ?

Amicalement

Sylvie
Non, je vous en prie, lisez mon message précédent. Parfois les rêves viennent de notre propre inconscient (et peuvent parfois avoir une utilité de ce seul fait). Parfois ils ne sont qu'illusion. Mais parfois, Dieu nous parle à travers les rêves, comme le montrent, parmi des dizaines d'autres, les exemples que j'ai cités dans le message précédent.
Avez-vous fait trois fois de suite exactement le même rêve?
Dernière modification par Claude le Liseur le lun. 01 août 2005 23:14, modifié 1 fois.

Sylvie
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Message par Sylvie » lun. 01 août 2005 16:40

...
Dernière modification par Sylvie le lun. 01 août 2005 20:27, modifié 1 fois.

Antoine
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Message par Antoine » lun. 01 août 2005 18:48

Note d'Antoine.
Les messages ci-dessous répondent au récit d'un songe qu'aurait fait Sylvie au cours d'une session sur la prière du cœur dans un groupe catholique. Nous regrettons qu'elle ait effacé le récit de ce "songe" suite aux messages des intervenants du forum auxquels elle demandait ce qu'ils en pensaient. Ce songe répété trois fois lui aurait fait apparaître la Trinité sur fond de nuages, le Père s'adressant à l'Esprit avec le Fils au milieu en trait d'union Puis un message lui aurait été délivré lui enjoignant :
" Plus tu prieras, plus tu feras de sacrifices, plus tu te rapprocheras de moi, plus tu seras sainte."

___________________________________________________________________________________________________________________

Sylvie a écrit :nos deux Églises.. Mais toutes deux se croient dans la Vérité, toutes deux se croient Église mère.
Sylvie vous avez mal lu; Eglise mère n’est pas un concept orthodoxe. L’Eglise orthodoxe ne connaît que des Eglises sœurs. La nuance est de taille.


Concernant votre rêve.
Ce n’est pas sur un forum public que vous devez traiter ce sujet. Le forum ne peut se permettre d’entrer d’une façon ou d’une autre dans votre relation intime à Dieu. Le seul fait que vous ayez cette démarche rend déjà votre rêve suspect. Lorsqu’on fait un tel rêve on se le garde pour soi dans le secret du cœur parce qu'on ne se sent pas le droit de le partager ou on le partage au mieux avec un Père spirituel et on essaie de l’approfondir dans la prière. Cette envie passionnelle de le divulguer en montrerait une source qui n'est pas divine. Si vous chercher un Père orthodoxe nous pourrons hors forum vous en indiquer.

Puisque vous avez avez malgré tout mis ce rêve sur le forum nous voyons qu'il n'est pas du même ordre que les exemples mentionnés par Claude qui renvoient eux, à quelque chose de "vérifiable" comme des inventions de reliques ou autres, ou des relations avec d'autres saints, ce qui n'est pas le cas du votre qui vous met directement en avant scène.
Une phrase me fait beaucoup tiquer :
" Plus tu prieras, plus tu feras de sacrifices, plus tu te rapprocheras de moi, et plus tu seras sainte"
Cette notion sacrificielle me gêne énormément et me semble très colorée de théologie de la satisfaction. Le "sacrifice" n'est pas une source de sainteté. L'ascèse est une expression et non pas un moyen qu'il suffit d'employer pour se "rapprocher" de Dieu.
Et surtout le final « plus tu seras sainte » me semble aussi appartenir davantage à l’univers de l’illusion spirituelle. Ces termes sont très suspects. Peut-être reformulez vous mal ce qui s'estompe au réveil. Je vous demande en tout cas de ne pas poursuivre ce fil.
Vous trouverez sur le site du forum (aller au Site en haut de la page) une liste d'ouvrage classés par thème , vous devriez y jeter un coup d'oeil.

Sachez qu'il n'existe pas de retraite d'apprentissage de la "prière de Jésus". C'est une énorme connerie à la mode incompatible avec cette prière. Ce type de retraite vous plongera directement dans l'illusion spirituelle. Je ne suis pas étonné que ce type de retraite fasse naître en vous ce type de rêve.
Dernière modification par Antoine le lun. 01 août 2005 22:01, modifié 1 fois.

paraclésis
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Message par paraclésis » lun. 01 août 2005 19:47

Sylvie, je partage amplement l'avis d'Antoine.

On ne transmet que ce que l'on vit. la prière de Jésus lors d'une retraite de silence, euh, j'ai bien peur que vous soyez tombé dans un lieu où sans aucune filiation, on s'improvise donneur de conseils...Grande prudence.
Cela a déclenché en vous des rêves, extrême prudence sur le plan psychologique (jeûne, silence et conseils ont pu vous déstabiliser) et tout autant sur le plan spirituel (les 2 étant liés, Cf Larchet dans son dernier livre).

Vous avez souhaité en parler, raconter, c'est peutêtre l'instinct de survie !
Car rester avec cela sur la patate, peut vous faire disjoncter.
Donc, la chose ayant été dite, (ce n'est pas vraiment le bon lieu dans ce forum, mais tant pis, cela vous fut peutêtre une nécessité de survie, je pèse mes mots), laissez cela, vous n'avez peutêtre pas de quoi discerner et personne a vos côtés pour vous y aider, laissez.

Nos anciens disent que l'on ne devient pas "saint" à la force du poignée, même si beaucoup d'effort nous sont nécessaires, mais c'est bien plutôt sur le mode passif, de la réception, que l'Esprit nous transforme. Etre transformé, être transfiguré, recevoir et garder l'Esprit, voilà ce qui différencie la démarche commune des orthodoxes de tout ces lieux, bien intentionnés certes, mais très maladroit ou l'un pense pouvoir guider l'autre..

Bonne route, mais prudence, prudence.
en-arké-o-logos

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » lun. 01 août 2005 20:06

Je suis d'accord avec Antoine qu'il aurait été plus judicieux de réserver le récit de ce rêve au prêtre que vous avez demandé à rencontrer. Ce type d'expérience intime ne gagne jamais rien à être mis sur la place publique. Mais je serai moins raide car je sais aussi que parfois, quand une expérience est troublante, on a besoin d'un regard extérieur. J'ose espérer que le chercher sur un forum au lieu de demander à un prêtre ou un père spirituel n'est qu'une maladresse de votre part.
Cela dit, tout me gêne dans votre récit. La théologie sous-jacente me paraît très filioquiste : l'Esprit qui serait "amour" comme ça, suspendu à des pinces à linge sans fil, entre le Père et le Fils qui se renvoient la balle, c'est exactement la théologie des chartreux, celle qui a explicité toute l'hérésie du filioque.
Si vous prenez tous les textes bibliques, l'AT comme les Evangiles, vous verrez que le mot "amour" n'est jamais employé sans un complément précis. Il est question d'aimer Dieu, ou que Dieu aime les hommes, d'aimer son prochain, d'aimer ses frères dans la foi, d'aimer ses ennemis. Pas d'amour vide.
J'ai la même critique qu'Antoine sur le sacrifice et la sainteté. Mais en plus c'est exactement la doctrine du concile de Trente: les offenses à Dieu qu'il faut "satisfaire" (le vocabulaire du duel d'honneur !) par des sacrifices, la sainteté comme "héroïcité des vertus".
Le Fils comme chemin vers le Père, oui mais c'est à peu près tout ce qui reste de juste dans la vision romaine de la Trinité. Mais dans le contexte où le Père renvoie au Fils seul, où le Fils attire à lui sans renvoyer au Père et où l'Esprit reste en suspension, c'est le christocentrisme qui déséquilibre aussi la théologie romaine.
Vous dites que vous n'êtes pas théologienne, Sylvie, mais vos trois rêves mettent en image avec une exactitude étonnante la théologie catholique romaine dans ce qu'elle a de plus faussé, dans ce qui a entraîné des catastrophes spirituelles, psychologiques et même civilisationnelles en occident.
Alors qui vous l'a inspiré, ce rêve ? Votre subconscient nourri de notions théologiques hélas tordues ? Le poids psychique de l'Eglise romaine ?
Je vous conseillerais, pour ma part, d'arrêter les pratiques de type stage de prière, la focalisation sur les phénomènes spectaculaires sinon miraculeux comme les stigmates, etc. Tout cela, c'est un piège spirituel que tous les saints ont balisé.
Et puis, si vous sentez une attirance vers l'orthodoxie comme vous le laissez entendre, faites très simplement ce que nous avons tous fait un jour ou l'autre : venez écouter une liturgie, si possible dans une paroisse francophone, présentez vous au prêtre et prenez rendez vous pour parler avec lui de ce vos questions et de vos expériences.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Sylvie
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Message par Sylvie » lun. 01 août 2005 20:19

Vous avez raison. J'ai été imprudente.

Je vais effacer mes messages précédents.
Ce serait peut-être mieux de détruire ce fil. Je le demande au responsable de ce forum.
Amicalement
Sylvie

Antoine
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Message par Antoine » lun. 01 août 2005 22:09

Non , vos récits de songe restent au titre de l'édification mutuelle. Mais simplement nous ne poursuivons pas d'entretien sur ce sujet. Les effacer serait un manque d'attention envers ceux qui ont pris la peine de vous répondre à votre demande.

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