sainte genevieve

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olivier gerard
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sainte genevieve

Message par olivier gerard » dim. 29 janv. 2006 13:22

bonjour.
je me suis trompé j'ai envoyé la question de ce message à la suite d'un autre sujets. je recommence donc la manip.
J'ai trouvé une petite image, représentant Sainte Genevieve, protéctrice de Paris, est-elle une sainte orthodoxe?
l'icône avait des caractères russes/slavons.
je voudrais bien la connaitre.
que me conseillez vous?
ol.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 29 janv. 2006 22:48

Bonsoir, voici un renvoi vers un excellent site russe où vous trouverez des informations sur sainte Geneviève de Paris; n'hésitez pas à demander des informations supplémentaires sur ce forum si vous avez encore des questions après la lecture de cet article.

http://la-france-orthodoxe.net/fr/saint/genevieve

olivier gerard
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Message par olivier gerard » lun. 30 janv. 2006 0:21

merci, claude.
a bientot.
ol.

augustin717
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Message par augustin717 » lun. 30 janv. 2006 1:05

Il est tres vraisembable que vous connaissez deja ces sonnets de Peguy sur Ste.Genevieve:
Comme elle avait gardé les moutons à Nanterre,
On la mit à garder un bien autre troupeau,
La plus énorme horde où le loup et l’agneau
Aient jamais confondu leur commune misère.

Et comme elle veillait tous les soirs solitaire
Dans la cour de la ferme ou sur le bord de l’eau,
Du pied du même saule et du même bouleau
Elle veille aujourd’hui sur ce monstre de pierre.

Et quand le soir viendra qui fermera le jour,
C’est elle la caduque et l’antique bergère,
Qui ramassant Paris et tout son alentour

Conduira d’un pas ferme et d’une main légère
Pour la dernière fois dans la dernière cour
Le troupeau le plus vaste à la droite du père.

hilaire
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Message par hilaire » lun. 30 janv. 2006 13:48

Sainte Geneviève de Paris
3 janvier

Tropaire ton 1.

Tes larmes abondantes
ont arrosé et fécondé le désert des coeurs stériles,
tes prières et tes soupirs
ont produit du fruit au centuple.
Prie pour ta cité, ô sainte Geneviève,
et pour ceux qui vénèrent avec amour ta sainte mémoire.

Kondakion ton 2.

Pour l'amour du Seigneur, ô sainte Geneviève,
tu as pris en haine le désir de repos,
ayant éclairé ton esprit par le jeûne,
car tu as vaincu les bêtes avec force.
Mais par tes prières tu as écrasé l'agitation des ennemis.

hilaire
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Message par hilaire » lun. 30 janv. 2006 13:52

un lien pour le moleben à Ste Geneviève qui vous en apprendra plus que Peguy:

http://ndjasg.club.fr/MolebenSG.html

hilaire
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Message par hilaire » lun. 30 janv. 2006 13:55

ainsi qu'une vie de Sainte Geneviève par A. Vasiliev:

Sainte Geneviève (Genovefa) naquit en Gaule, l'actuelle France. Conquis en 52 avant Jésus-Christ par Jules César, ce pays devint une provinces romaines, et sa population indigène – les Celtes et les Gaulois – se mêla aux Romains qui avaient apporté leur culture, leurs coutumes et leurs croyances. Les villes gauloises furent entourées, comme toutes celles de Rome, de murailles en pierre flanquées de tours, on y trouvait des théâtres, des arènes et des temples païens. Telle fut la ville de Lutèce, aujourd'hui Paris, non loin de laquelle naquit sainte Geneviève et où elle vécut pendant plus de 70 ans.


Dès le I siècle, le témoignage chrétien fut apporté sur le territoire de l'actuelle France. En l'an de grâce 96, un évêque chrétien vint en Gaule avec un groupe de missionnaires. Il s'agissait de Denys l'Aréopagite, disciple de l'apôtre Paul et auteur de nombreux ouvrages théologiques. Après avoir nommé évêques certains de ses compagnons dans sept villes (Reims, Poitiers, etc.), il s'arrêta à Lutèce accompagné du prêtre Rustique et de l'archidiacre Eleuthère. Et ce fut bien ici qu'ils fondèrent l'Eglise orthodoxe de Gaule. Saint Denis et ses compagnons s'installèrent hors de la ville. L'office divin était célébré dans le souterrain où vivait le premier évêque de Paris. Mais comme partout à cette horrible époque, saint Denis et ses compagnons furent accusés de propagande contre les autorités romaines, emprisonnés et puis décapités hors de la ville, sur une colline boisée au sommet de laquelle se trouve le sanctuaire de Mercure. Aujourd'hui c'est Montmartre (c.-à-d. mont des Martyrs) où s'élève la basilique du Sacré-Cœur rejointe par la rue des Martyrs, nommée ainsi en l'honneur des illustres martyrs parisiens – son premier évêque et ses compagnons.

Les persécutions des chrétiens en Gaule comme partout durèrent jusqu'en 312, mais la Rome païenne ne parvint jamais à exterminer le Christianisme. La fameux légion de Thèbes fut anéantie pour avoir refusé de massacrer les chrétiens habitant dans l'embouchure de la Marne. En dépit des persécutions, l'Eglise Orthodoxe de Gaule continuait à s'élargir numériquement et à se perfectionner spirituellement. Elle donna à l'époque nombre de martyrs et saints d'importance autant œcuménique que locale. Parmi eux saint Irénée de Lyon, fondateur de la théologie de tradition orientale, saint Denys l'Aréopagite, saint Rustique et saint Eleuthère, illustre combattant de l'arianisme, saint Hilaire et l'apôtre de la Gaule saint Martin de Tours, saint Marcel et beaucoup d'autres. La patronne de Paris sainte Geneviève a aussi sa place parmi les saints qui s'illustrèrent au sein de l'Eglise Orthodoxe de Gaule.




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Sainte Geneviève naquit en 423 (selon d'autres sources – en 420) à la fin du règne de l'empereur Honorius. Peu avant sa naissance, l'empereur Théodose II partagea l'Empire romain entre ses deux fils : Arcadius reçut l'Orient, Honorius – l'Occident. La jeunesse de sainte Geneviève se passa sous Valentinien III. Elle vit les 9 derniers empereurs se succéder sur le trône romain et fut témoin de l'arrivée au pouvoir de Clovis, chef des Francs qui avait conquit toute la Gaule. Celui-ci, fondant la dynastie mérovingienne, devint ensuite roi de France et se convertit au christianisme. Le baptême de Clovis eut, pour le destin de la France chrétienne, la même signification que celui de l'empereur Constantin pour l'Empire romain et celui de saint Prince Vladimir pour la Russie. Cet évènement ouvre une nouvelle ère pour l'Occident.


Sainte Geneviève était originaire de Nanterre – un petit bourg qui se situait sur la Seine à sept milles de Lutèce et dont les habitants étaient des pêcheurs et des agriculteurs. Les parents de Geneviève – Séverus et Gerontia – étaient chrétiens et possédaient à Nanterre un petit lot de terrain sur lequel, selon la coutume d'alors, leur fille faisait paître les moutons. Une chronique ancienne du XI siècle dit: Elle ne fut issue ni des comtes ni des rois, mais elle fut la fille d'un citadin, cette demoiselle. Quand elle eut douze ans, saint Germain, évêque d'Auxerre et saint Loup, évêque de Troyes firent halte dans sa ville natale. Geneviève et ses parents étaient parmi la foule accueillant les saints évêques sur le quai. Tout le monde se dépêchait de saluer les saints pasteurs et de recevoir leur bénédiction. Soudain, saint Germain remarqua Geneviève, l'appela, l'embrassa sur le front et prédit aux parents le glorieux futur de leur fille. Geneviève répondit à cela qu'elle ne voulait aucun autre avenir que de se consacrer au Christ et de garder sa virginité. Puis les évêques et le peuple se dirigèrent à l'église car il était temps pour none et vêpres. Pendant toute la célébration saint Germain tint sa main sur la tête de la petite Geneviève et à la fin de l'office il demanda à son père de l'amener à lui le lendemain. Après cela les pasteurs se restaurèrent et laissèrent partir le clergé et les paroissiens. Au lendemain, lorsque Séverus amena Geneviève à l'église, saint Germain lui demanda si elle se rappellait ce qu'elle lui avait dit la veille. La petite fille lui répondit: Je me rappelle, ô saint père, que je promis à toi et au Seigneur de passer ma vie, avec l'aide de la grâce divine, dans la pureté de la chair et de l'esprit. – Vas-y, mon enfant, si tu fondes courageusement ta vie sur ta foi, le Seigneur Lui-même sera ta forteresse et ta force. En s'entretenant ainsi avec la fillette saint Germain aperçut par terre près de ses pieds une pièce romaine en cuivre portant le chrisme. Voici, tiens ce don du céleste Epoux – lui dit-il – porte-le toujours en mémoire de moi et que nul autre bijou ne décore jamais ni ton cou, ni tes doigts car si ton âme se laisse séduire par les trésors éphémères de ce monde, le rayonnement des trésors éternelles et célestes deviendra à tout jamais inaccessible pour toi. Ensuite, après avoir béni Geneviève, les deux pasteurs reprirent leur route vers la Grande Bretagne pour y lutter contre l'hérésie de Pélage.

Après le départ des saints évêques, Geneviève fréquenta les offices d'église avec encore plus d'ardeur. En raison de ceci, elle eut bientôt un conflit avec sa mère qui exigeait que sa fille passât plus de temps à la maison pour l'aider au ménage. Un jour, au moment d'aller à l'église Gerontia interdit à sa fille de la suivre. Mais Geneviève, tout en larmes, talonna sa mère en disant qu'elle devait tenir sa promesse de fréquenter l'église pour se rendre digne de devenir l'épouse du Christ. Ces paroles courroucèrent tant la mère que celle-ci donna une gifle à sa fille et devint aveugle sur le coup. La cécité dura vingt et un mois. Finalement, ce malheur la fit prendre conscience de ce qu'elle avait fait. S'étant souvenu de ce que saint Germain avait dit de Geneviève, Gerontia comprit qu'elle s'opposait à la volonté de Dieu et décida de demander pardon à sa fille. Elle pria Geneviève de lui apporter de l'eau. La fillette, éprouvant de profondes souffrances pour sa mère, en puisa et après s'être assise sur le rebord du puits pria pour elle avec plus d'ardeur que jamais. Ses larmes tombaient dans l'eau. Après avoir regagné la maison, elle traça, à la demande de sa mère et suivant l'usage de l'époque, le signe de la croix sur l'eau, puis elle la fit se laver. Gerontia leva ses bras au ciel et pria Dieu de lui pardonner. Puis elle lava ses yeux et commença à voir un peu. Ayant lavé ses yeux encore trois fois, elle recouvra la vue parfaitement. Ce fut le premier miracle qui s'accomplit grâce aux prières de sainte Geneviève. Dès lors la mère ne l'empêcha plus de se consacrer au Seigneur seul.

A l'époque, les chrétiennes désirant se trouver parmi les «vierges» devaient subir deux épreuves ou une sorte de noviciat. D'abord, elles devaient promettre simplement de se consacrer au Dieu. Puis il était temps pour une épreuve plus longue pendant laquelle les demoiselles s'exerçaient aux actes de foi et aux bonnes œuvres et s'éprouvaient afin que les pasteurs et les fidèles pussent juger de la fermeté de leur intention. Après avoir subi cette épreuve, la postulante faisait vœu de célibat, et l'évêque qui la consacrait lui remettait un petit bandeau rouge ou violet (flammeum). Ce dernier servait de distinction des vierges consacrés à Dieu et à partir de ce moment-là devait toujours couvrir la tête de la consacrée. Sainte Geneviève passa aussi par ce chemin. Sitôt qu'elle eut 14 ans, Geneviève fut considérée comme digne d'être consacrée car elle s'illustra par la sainteté de sa vie. Trois vierges vinrent en même temps chez le saint évêque Marcel. Sainte Geneviève, la moins âgée vint la dernière. Mais saint Marcel dit : Que celle qui est derrière s'approche la première car il plut à Dieu que la cause de sa perfection fût si finement avancée et portât des fruits si rapidement. Et elle fut déjà consacrée par le ciel. Accepte ce bandeau, mon enfant, et porte-le immaculé jusqu'au Jugement Dernier du Seigneur. Et sainte Geneviève fut consacrée la première. Dès lors elle mena la vie d'une vierge consacrée à Dieu.

Bien qu'en Gaule il existât déjà plusieurs monastères de femmes, la plupart des vierges restaient dans le monde. Elles vivaient dans leurs familles, entretenaient des relations avec les laïcs, disposaient de leur propriété à leur gré et avaient toute liberté pour régler leur emploi du temps suivant l'esprit de piété et de miséricorde. C'est pour cela que sainte Geneviève vivait toujours chez ses parents à Nanterre.

Ce fut une épidémie qui ôta ses parents à la fillette. Selon la coutume, les vierges consacrées à Dieu après la mort de leurs parents devaient être confiées à la tutelle des femmes âgées et réputées pour leurs piété et bon sens, et saint Geneviève déménagea de Nanterre chez sa marraine à Lutèce.




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En ce temps-là, Lutèce (l'actuelle Paris) se situait sur l'île de la Cité reliée aux rives du fleuve par deux ponts. La ville était dominée par la magnifique cathédrale Saint-Etienne. Sur la rive est, il y avait l'église de Notre Dame et tout près du pont, s'élevait un baptistère dédié à saint Jean-Baptiste. C'est justement à côté de ce baptistère que se trouvait la maisonnette de la marraine de sainte Geneviève. A peine installée à Lutèce, la sainte fut atteinte d'une horrible maladie semblable à une paralysie générale, qui lui causait d'atroces souffrances. Pendant trois jours, elle resta couchée, pâle et immobile, on la croyait morte. Mais après avoir repris des forces, elle dit à sa marraine qu'un ange l'avait emmenée sur les lieux de la béatitude des justes et qu'elle avait vu en partie ce que le Seigneur avait préparé pour ceux qui L'aiment : Cette béatitude est telle que les incroyants ne me croiraient pas si je la racontais.

Par la suite, sainte Geneviève reçut le don de clairvoyance et révélait à certaines personnes leurs vices secrets.

La juste vie de la jeune Geneviève s'enflammait de plus en plus vivement. Depuis l'âge de quinze ans, elle ne prit le repas que le jeudi et le dimanche. Et ce repas ne comprenait que du pain d'orge et des fèves cuites à l'huile végétale. Ce n'est qu'à la cinquantaine, qu'obéissant à l'évêque, elle atténua ce jeûne si strict et se permit du lait et du poisson. Sa prière quotidienne était longue et s'accompagnait de larmes. Habituellement, Sainte Geneviève priait toute la nuit du samedi au dimanche, et entre l'Epiphanie et le Jeudi Saint, elle s'enfermait dans sa cellule pour prier, ne sortant nulle part et ne voyant personne.

Par la suite, les gens se mirent par envie à parler de sainte Geneviève comme d'une trompeuse et hypocrite dont la vie juste et austère n'était qu'une feinte. Ce ne fut que saint évêque Germain, si vénéré par les chrétiens et même par les païens, qui, étant arrivé à Lutèce, mit fin à la diffamation de sa fille spirituelle. Toute la ville alla à la rencontre de son pasteur bien-aimé qui s'enquit tout de suite de sainte Geneviève. Parmi ceux qui vinrent saluer saint Germain, il y avait non seulement des admirateurs de la sainte mais aussi des calomniateurs qui se mirent à assurer l'évêque que Geneviève ne méritait pas son souvenir et n'était pas digne d'une opinion si haute. Mais saint Germain, comme une légende ancienne le raconte, ne prêtant aucune attention à leurs paroles, à peine entré à la ville, se dirigea immédiatement vers la maison de la sainte. Sa déférénce pour Geneviève ébahit tout le monde. Après avoir fait sa prière, le pasteur entra dans la cellule de la juste et montra aux personnes présentes le plancher couvert de larmes de ses prières. Ayant répété sa louange envers sainte Geneviève et l'ayant confiée aux habitants de Lutèce, le prélat reprit son chemin.

Lors de cette rencontre saint Germain commit sainte Geneviève à la direction des vierges désirant suivre son exemple et faire vœu de célibat. Par la suite, la fille et la sœur du roi Clovis furent également du nombre des amies spirituelles cadettes de sainte Geneviève et, avec la permission de celle-ci, devinrent toutes les deux vierges consacrées à Dieu.

Sainte Geneviève révérait beaucoup saint Denys l'Aréopagite, apôtre de la Gaule. Elle allait souvent en pèlerinage à Cattulliacus, lieu où étaient enterrés l'évêque de Paris, le prêtre Rustique et l'archidiacre Eleuthère. Et elle s'affligeait beaucoup de ne voir qu'un misérable oratoire en bois là où reposaient les reliques des saints martyrs. Mes augustes pasteurs du Christ, je vous supplie de penser à la possibilité de construire une basilique en l'honneur de saint Denis, – s'adressa-t-elle enfin au clergé de Paris. Mais les prélats lui répondirent que cette bonne intention ne pouvait être accomplie car pour construire une basilique, il fallait de la chaux vive, ce dont on manquait. Alors le visage de sainte Geneviève s'illumina, et elle dit: traversez le pont puis revenez et racontez-moi ce que vous y entendrez. Les pasteurs lui obéirent et s'étant retrouvés sur la rive gauche boisée de la Seine ils entendirent deux porchers se raconter être tombé sur deux grandes fosses remplies de chaux (ou fours à chaux) que personne n'avait utilisées jusqu'alors. Transportés de joie, les prêtres remercièrent Dieu, demandèrent aux porchers de leur indiquer l'emplacement de ces fours à chaux, après quoi ils se hâtèrent vers la ville, chez sainte Geneviève. Après avoir écouté leur récit, elle se mit à pleurer de joie et pendant toute la nuit elle remercia le Seigneur et Le pria de bénir son dessein. Ayant préposé le prêtre Genèsse à la gestion de l'édification de la basilique, elle commença la quête, et les Parisiens furent si enthousiasmés par son appel que la somptueuse basilique fut bientôt érigée.

Ce ne fut pas par hasard que sainte Geneviève se donna beaucoup de peine pour bâtir une basilique en l'honneur de saint Denys l'Aréopagite, illuminateur de la Gaule et premier évêque de Paris. Dès le Ier siècle après J.-C. ce dernier avait posé les fondements de la doctrine orthodoxe sur la grâce. [note : N. V. Lossky dans sa « Théologie mystique de l'Eglise d'Orient » dit: "Denis et les Pères appellent "les énergies" comme "les rayons de divinité" qui transissent l'univers créé. Saint Grégoire Palamas les appelle tout simplement "divinités", "lumière non créée" ou "grâce"]. Cette doctrine liée à celle de la sainte Trinité fut mise en évidence par tous les Pères d'Orient et, en particulier, par saint Grégoire Palamas au XIVe siècle dans sa dispute avec les adeptes orientaux de la théologie occidentale de Thomas d'Aquin sur «la lumière non créée de Thabor». Cette théologie des Pères d'Orient est inséparable d'une expérience mystique intérieure – c'est pour cela que l'on peut l'appeler "théologie mystique" par opposition à la théologie scholastique purement intellectuelle apparue en Occident au XIe siècle. L'expérience intérieure de la "lumière", de la prière de Jésus passa de l'Athos ancien à notre pays et prospéra surtout chez les saints moines russes. "L'acquisition de l'Esprit saint" de saint Séraphin de Sarov qui vécut au XIX siècle dans les forêts de la région russe de Tambov, et l'expérience intérieure de la "lumière impérissable", de la prière cordiale de Jésus de saint Siméon le Nouveau Théologien (XIe siècle), de saint Grégoire Palamas et des moines athonites constituent la même tradition orthodoxe, ou "doctrine mystique de la grâce". La vénération partculière de saint Denys l'Aréopagite par sainte Geneviève nous révèle la pureté de sa foi et nous lie à elle comme à une sainte orthodoxe.

Déchiré par des dissensions intérieures, l'Empire romain, réputé indestructible, commença à se défaire et ne pouvait plus défendre ses frontières menacées par des tribus germaniques et par les Huns: tout le Ve siècle fut marqué en Gaule d'incessantes invasions barbares. Les tribus germaniques avec femmes et enfants quittaient leurs régions habituelles tentant d'échapper aux Huns qui déjà au Ier siècle après J.-C. étaient sortis des profondeurs de l'Asie et au Ve siècle, après s'être retrouvés sur les rives de la Danube, se ruèrent par torrents impétueux vers l'Occident. La deuxième horrible invasion fut l'œuvre des Huns eux-mêmes qui en 451, franchirent le Rhin, Attila à leur tête.




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A ce moment Geneviève avait vingt huit ou vingt neuf ans. Attila se dirigeait vers Orléans, et son chemin passait par Paris. Pris d'horreur, les Parisiens avaient l'intention de fuir avec leurs biens vers des lieux moins dangereux. Mais sainte Geneviève les persuada de ne pas quitter la ville, disant que Paris serait épargnée et que les lieux où ils s'apprêtaient à fuir, seraient, au contraire, détruits. Elle exhortait les femmes à suivre l'exemple de Judith et d'Esther, qui avaient détourné le péril tout proche par la pénitence et la prière. Les femmes lui obéirent et en se rassemblant avec sainte Geneviève au baptistère, elles prièrent Dieu jour et nuit afin d'épargner la ville. Mais leurs maris que les femmes persuadaient d'obéir à la sainte et de ne pas partir de la ville, ne furent qu'enragés par ces paroles. Face au danger manifeste, la ferme foi de la sainte leur paraissait aberrante. "Elle s'est vendue à l'ennemi, cette fausse prophétesse et menteuse, elle veut nous empêcher de nous sauver et de sauver nos biens, elle séduit nos femmes – lapidez-la! Jetez-la dans le fleuve!". Sainte Geneviève fut traînée du perron et jetée par terre, et on décida laquelle des deux morts choisir pour elle. Mais à ce même moment, un archidiacre auxerrois Sédulius apparut dans la foule furieuse. "Citoyens! – s'exclama-t-il – ne vous avisez pas de noyer celle dont saint Germain disait qu'elle avait été choisie par Dieu déjà dans le sein maternel". Et il montra à la foule le cadeau que l'évêque défunt avait ordonné de remettre à sainte Geneviève [note : pours les habitants de Paris de l'époque, saint Germain était l'homme le plus vénéré, et chacun connaissait la femme qu'il estimait si hautement]. Le nom de saint Germain apaisa la foule, et dans toutes les églises s'éleva une prière unanime pour le détournement du péril. Soudain, Attila rebroussa chemin et s'approcha d'Orléans, ayant fait un grand détour autour de Paris. La ville fut sauvée grâce aux prières de sainte Geneviève. Un an après, Attila apparut en Italie. Tout près des murs de Rome, il fut arrêté par le pape saint Léon. Ses paroles et son apparence frappèrent le païen à un tel point, que ce dernier, pris de terreur, s'enfuit pour regagner la Hongrie [note : Attila racontait à son entourage qu'à côté de saint Léon se tenait quelqu'un portant des vêtements resplendissants et le menaçant d'un glaive]. Un an après Attila médita une nouvelle campagne contre la Gaule, mais après être tombé subitement malade, il mourut dans l'obscurité. Après sa mort le royaume des Huns se désintégra.




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Toute la longue vie de sainte Geneviève fut marquée de maints évènements miraculeux associés à l'expression de son amour et de sa pitié envers les gens. Les esclaves, les prisonniers, les captifs,tous les misérables et opprimés eurent en elle une protectrice et un intercesseur. Son influence sur les rudes païens était telle que ceux-ci ne pouvaient résister à ses demandes. "Les mots m'échappent – dit le chroniqueur – pour décrire à quel point le roi Childéric fut dévoué à sainte Geneviève". L'évènement suivant en témoigne : étant entré à Paris le roi ordonna de verrouiller les portes de la ville, de peur que sainte Geneviève ne vînt de nouveau lui demander de faire grâce aux captifs qu'il allait mettre à mort, et qu'à nouveau il ne pût le lui refuser. Mais la sainte, ayant entendu parler de ce que le roi projetait, se hâta en ville. A peine toucha-t-elle la porte fermée que celle-ci s'ouvrit devant elle, et la sainte se dirigea vers le palais. On ne trouva pas de raisons pour ne pas laisser sainte Geneviève entrer chez Childéric, et il ne lui resta plus qu'à se résoudre à céder à ses prières.

Un maître sévère, chrétien, malgré les prières de sainte Geneviève ne désirait pas pardonner à son esclave coupable d'une faute. "En tout cas, si tu rejettes ma prière Quelqu'un y consentira car Il est bon et ami des hommes" – dit la sainte au maître entêté. Mais à peine rentré chez lui, il tomba malade atteint de fièvre chaude, maladie presque incurable à l'époque [qui se transforma ensuite en influenza, devenue aujourd'hui la grippe virale et simple]. Il souffrit pendant toute la nuit et au matin il se rendit chez sainte Geneviève. Il se jeta à ses pieds pour la supplier de lui pardonner de ne pas avoir eu pitié la veille. Ce jour-là deux miracles se produirent: un esclave fut excusé et un maître rcçu le pardon.

Une fois, une femme pénétra dans la cellule de sainte Geneviève et vola ses souliers. Mais sitôt rentrée chez elle, la voleuse sentit qu'elle perdait la vue. S'étant rendu compte que le Seigneur la punissait pour le vol, elle retourna à Geneviève ce qu'elle avait volé et, tombée à ses pieds en larmes, elle la suppliait de lui rendre la vue. La sainte sourit, la fit se lever, traça le signe de croix sur ses yeux, et la femme recouvra la vue aussitôt.

Une autre femme avait bien envie de savoir ce que la sainte faisait dans sa cellule. Mais dès qu'elle se mit près de la porte de sa cellule, elle devint aveugle aussi. Cela eut lieu pendant le Carême, et celle qui fut punie pour une curiosité impie, dut attendre le Jeudi saint jusqu'à ce que la sainte sorte de sa reclusion et la guérisse en traçant le signe de croix sur ses yeux.

L'hagiographe de la sainte dit qu'elle aimait à voyager et faisait des pèlerinages fréquents. Elle allait très souvent à Saint-Denis (ainsi avait été rebaptisé le village de Cattulliacus après qu'une basilique y fut édifiée pour abriter les reliques de saint Denys l'Aréopagite) pour vénérer les reliques du saint, à Tours où elle fut attirée par le grand thaumaturge de l'Occident, apôtre de la Gaule du IVe siècle et évêque de cette ville, saint Martin, à Orléans où reposait saint Aignan. Ces pèlerinages furent aussi accompagnés de miracles.

Une fois, sainte Geneviève se rendant à Reims chez l'évêque Rémi s'approchait de la ville de Laon. Parmi la foule qui vint à sa rencontre, se trouvaient les parents d'une fille paralytique âgée de neuf ans. Ils suppliaient la sainte de visiter leur fille. Après s'être rendue au chevet de l'adolescente et ayant fait une prière, sainte Geneviève lui ordonna de se lever de son lit, de mettre ses chaussures et de s'habiller. La miraculée fit tout de suite ce que la sainte lui prescrivait et se rendit à l'église sans aucune difficulté. Quand sainte Geneviève quitta la ville, les habitants prirent congé d'elle en louant Dieu avec joie.

La sainte était à Orléans et priait devant les reliques de saint Aignan lorsqu'une femme nommée Fraterne se jeta à ses pieds ; sa fille à la mort : "Madame Geneviève, rendez-moi ma fille, rendez-moi ma fille" – répétait la mère en larmes. "Ne t'afflige plus – ta fille est en bonne santé" – répondait la sainte. Et la fille guérie sortit à la rencontre de sa mère qui rentrait avec Geneviève de l'église à la maison.

D'après la légende relatée par l'hagiographe, sainte Geneviève se serait illustrée auprès du peuple par nombre d'exploits et de miracles qui témoignent qu'elle était le vase de la grâce divine et le siège de l'Esprit-saint. C'est pour cela que sa prière apaisait les tempêtes et chassait les démons. Tout comme le cierge allumé dans sa main pendant la prière, son cœur brûlait devant Dieu.

A cette même époque, en Orient, vivait dans le désert près d'Antioche le grand homme apostolique Siméon le Stylite (surnommé ainsi parce qu'il passa quarante ans sur une colonne). Des patriarches demandaient son conseil lors de leur lutte contre les hérésies, et des foules nombreuses venaient à lui, d'autant plus que le chemin de l'est à l'ouest passait non loin de la colonne au sommet de laquelle il se tenait. Tout en exhortant ses visiteurs, saint Siméon se renseignait sur la vie de l'Eglise du Christ. Et chaque fois que des marchands de Paris le visitaient, il s'enquérait auprès d'eux de sainte Geneviève, lui transmettait ses salutations et sa demande de prier pour lui. Que le saint homme apostolique d'Orient vît par son esprit clairvoyant une fille gauloise consacrée à Dieu resplendir de sa sainteté ou que la rumeur de la sainte vînt à sa colonne, n'importe pas dans ce cas-ci. C'est bien une liaison d'esprit et de prière entre le grand anachorète d'Orient et une simple fille consacrée à Dieu et vivant parmi les laïcs dans une grande ville d'Occident qui témoigne de la foi unique au Christ qui avait cours à l'époque en Orient et en Occident, et ceci malgré une telle différence entre le type de sainteté de Geneviève et le chemin apostolique de saint Siméon.




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Clovis, fils du roi Childéric, était conquérant et diplomate. En écartant progressivement les Romains et les tribus barbares qui s'apprêtaient à prendre leur place, il devint maître de toute la Gaule. Bien qu'il fût païen, il faisait preuve de tolérance vis-à-vis des évêques et respectait ces derniers car leur infuence dans le pays qu'il venait d'occuper était extrêmement forte. Le siège de Paris en 486-487 fut une des étapes de la lutte que menait Clovis pour chasser les Romains hors de la Gaule. Voici ce que nous en raconte l'hagiographe de sainte Geneviève: "Pendant le siège de cinq ans que firent les Francs devant Paris, beaucoup de ses habitants mouraient de faim. Alors sainte Geneviève décida d'organiser un convoi de navires vers Arcis-sur-Aube et de s'y procurer des vivres. A peine fut-elle arrivée dans cette ville que le tribun Pascivius lui demanda de visiter sa femme qui était immobile et paralysée depuis quatre ans. Sainte Geneviève traça un signe de croix sur elle et lui ordonna de se lever. La femme de Pascivius fut aussitôt guérie et se leva de son lit".

Après avoir chargé ses compagnons de recueillir du blé, sainte Geneviève se rendit à Troyes où une grande foule vint à sa rencontre. Ayant exaucé les supplications des habitants, elle y guérit miraculeusement un grand nombre de personnes. C'est bien dans cette ville que sainte Geneviève, invoquant la Sainte Trinité, rendit la vue à un homme et guérit une fillette aveugle-née. Un sous-diacre qui fut témoin de ces miracles et dont le fils souffrait d'une forte fièvre depuis déjà 10 mois, amena ce dernier à la sainte. Elle prit de l'eau et après l'avoir bénie en fit boire au malade qui se rétablit tout de suite. Les pauvres, pleins de foi, arrachant des lambeaux du vêtement de la sainte et les possédés priant pour la guérison – tous reçurent un soulagement à leurs souffrances.

Ensuite, sainte Geneviève rentra à Arcis-sur-Aube. Pendant les quelques jours qu'elle y passa, la femme miraculée du tribun ne la quitta pas d'une semelle et l'accompagna vers le bateau. Un nouveau danger attendait sainte Geneviève et ses compagnons sur le chemin du retour. Le vent commença à pousser les bateaux vers les arbres et les écueils. Ils chavirèrent et prenant eau étaient sur le point de couler. En voyant ce désastre, sainte Geneviève leva les mains et invoqua le Sauveur. Le Seigneur entendit sa prière, et les onze bateaux remplis de blé furent sauvés. Lorsqu'un des participants à ce voyage, le prêtre Bessus, effrayé, comprit qu'ils avaient échappé au danger, il ne put retenir sa joie et se mit à chanter: "Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ?". Les autres se joignirent à lui et chantèrent la louange à Dieu à haute voix.

La sainte regagna Paris saine et sauve et se mit, avec les filles qui étaient sous sa direction spirituelle, à répartir les provisions. Elle faisait tout son possible pour en distribuer à tout le monde, mais fut surtout soucieuse des pauvres qui souffraient le plus de la famine. Ses filles-disciples arrivant de bon matin à la boulangerie, s'aperçurent maintes fois qu'il manquait des pains (qu'elles cuisaient elles-mêmes). Mais les pauvres qu'elles rencontraient dans les rues et qui emportaient chez eux des pains encore fumants en bénissant sainte Geneviève, étaient l'explication de ses disparitions mystérieuses.

Clovis prit Paris. Il avait même plus de respect et d'amour pour sainte Geneviève que son père et ne pouvait rien lui refuser. Ainsi, les condamnés à mort étaient au dernier moment libérés par le roi à la demande de la sainte patronne de la ville dont il venait de s'emparer. Cette ville devait bientôt devenir la capitale de la France chrétienne. Vers ce temps-là, la plus grande partie de la Gaule était envahie par l'hérésie d'Arius. Seules les provinces occupés par les Francsavaient échappé à la contagion, et les évêques gaulois conduits par saint Rémi de Reims priaient Dieu avec sainte Geneviève pour la conversion du roi des Francs, espérant trouver en lui un défenseur et un combattant de la vraie foi. Leurs cœurs furent remplis de joie lorsqu'il épousa en 493 Clotilde, fille du roi de Bourgogne qui était non seulement une chrétienne ardente mais la seule championne de l'Orthodoxie dans sa famille arienne.

La jeune reine Clotilde entourée de païens à la cour de Clovis était, d'après le chroniqueur, "comme une brebis parmi les loups", mais c'est sainte Geneviève qui lui prêta appui, consolation et direction spirituelle. Et ce fut bien à cette époque qu'une amitié spirituelle se noua entre elles, une amitié qui ne put ne pas influencer la destinée de la France. Clovis permit à Clotilde de faire baptiser ses fils. La mort du premier d'entre eux ébranla sa décision de se convertir à la foi de sa femme. Mais après la guérison de son deuxième fils Clodomir, et la victoire sur les ariens remportée grâce aux prières de Clotilde, il s'affermit dans sa résolution. En 496 (ou 498, selon d'autres sources), saint Rémi administra le sacrement de baptême au roi Clovis et à sa troupe de fidèles. Cet évènement qui eut lieu à la cathédrale de Reims, fit de Clovis un fils dévoué et un fervent organisateur de l'Eglise.

En 501 Clovis, dans le but d'éradiquer l'arianisme, suivit le conseil de saint Rémi et rassembla les évêques à Lyon. Désirant rendre grâce à Dieu de sa guérison miraculeuse survenue à lui après ce concile, il décida de chasser de la Gaule les Wisigoths ariens qui occupaient, avec le roi Alaric à leur tête, l'Aquitaine et le Poitou [d'après quelques sources, cela eut lieu en 507]. Sainte Geneviève priait Clovis d'édifier sur la colline de Leucotitius une église dédiée aux saints apôtres Pierre et Paul car elle voulait placer la capitale de France sous leur patronage. Voilà ce qu'en dit le chroniqueur: "Clovis en se promenant avec Clotilde sur la colline peu avant sa campagne contre Alaric jeta loin sa massue pour marquer l'espace qui devait être reservé à la future église majestueuse et s'exclama: "Qu'une église aux saints Pierre et Paul soit édifiée si je rentre sain et sauf de la campagne contre les ariens." – telle fut la foi qui brûlait dans le cœur de ce néophyte. Et il ne se borna pas à la promesse d'ériger cette église après sa campagne dangereuse : cette même année il en jeta les fondations. La victoire sur Alaric fut complète, et la France fut entièrement libérée des ariens".

L'influence et l'autorité spirituelle de sainte Geneviève furent si fortes que la fille et la sœur de Clovis firent vœu de célibat et, à l'exemple de sainte Geneviève, et sous sa direction, devinrent filles consacrées à Dieu. Etant en communication permanente, saint Rémi, sainte Geneviève et la reine Clotilde furent les conseillers du roi dans l'organisation de l'Etat chrétien et de l'Eglise. En 511, il convoqua de nouveau un concile local à Orléans dont les canons établirent le droit d'asile dans l'Eglise et les processions religieuses. Mais cette même année, le roi mourut et fut enseveli dans l'église encore inachevée des saints Pierre et Paul [note : après la révolution de 1789 sa sépulture fut transférée à l'abbatiale Saint-Denis]. Sainte Geneviève ne lui survécut que de quelques semaines: elle mourut le 3 janvier 512 à l'âge de 89 ans et fut enterrée dans une ancienne crypte située sous le maître-autel de l'église des Saints-Apôtres [note : selon d'autres sources sainte Geneviève mourut avant Clovis, vers l'an 500]. Et voilà que reposaient l'un près de l'autre, celui qui créa la France chrétienne et celle qui fut son ange gardien. La reine Clotilde continua et acheva la construction grandiose entreprise par son époux et y fut ensuite inhumée elle aussi. Mais la piété populaire rebaptisa bientôt l'église St-Pierre-St-Paul en basilique Sainte-Geneviève car ses reliques y étaient conservées. Et la colline où se trouvait cette basilique est appelée jusqu'à nos jours Montagne Sainte-Geneviève."L'entrée de la basilique était couronnée d'un triple portique avec l'effigie des patriarches, prophètes, martyrs et confesseurs que nous connaissons par l'Ecriture sainte et la Tradition ainsi que par les vies de saints" – écrit l'hagiographe de sainte Geneviève.

Au cours de sa longue vie sainte Geneviève protégea, pacifia et instruisit par sa sainteté la Gaule encore à moitié païenne. Mais les dernières années de sa vie se passèrent dans le premier Etat chrétien d'Occident – la jeune France. Comme saint Serge en Russie pour le prince de Moscou, elle fut une sage conseillère du roi Clovis dans l'organisation de l'Eglise du Christ. Tout comme saint Serge, elle est la patronne de tous les élèves. Sur la place du Panthéon où s'élevait autrefois sa basilique se trouve la magnifique Bibliothèque Sainte-Geneviève. Et sur le pont reliant l'île de la Cité à la Rive gauche, ou Quartier latin, au-dessus de la Seine qu'elle sillonnait tant de fois et au-dessus de la ville où elle vécut si longtemps, se dresse sa statue, au cœur même de Paris et au cœur même de la France. Nous allons finir ce récit de la vie de la sainte gauloise orthodoxe par les paroles de l'hagiographe: "Nous autres, confessant le Père, le Fils et le Saint-Esprit, la Trinité Consubstantielle et Indivisible prierons toujours sainte Geneviève pour qu'elle nous obtienne auprès de Dieu le pardon de nos péchés et que nous louions de notre cœur pur notre Sauveur Jésus-Christ régnant et vivant dans les siècles des siècles. Amen".

A. Vasiliev

excusez moi mais j'avais enregistré ce texte il y a un moment, et j'en ai perdu la référence internet.

hilaire
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Message par hilaire » lun. 30 janv. 2006 13:58

sans compter les indications du Synaxaire de ce présent site qu'il n'est pas interdit de consulter !

Ste GENEVIÈVE, ou GENOVEFFA (german., de "geno", race et "wifa",dame - égalt. Guenièvre, fam. Ginette ) : née à Nanterre en 420, d'une famille noble, elle était déjà connue de saint Germain d'Auxerre à l'âge de 7 ans, et reçut le voile de ses mains à 15 ans ; elle avait une grande dévotion pour saint Denis et devenue higoumène, elle fut à l'origine de la basilique qui lui est dédiée ; quand Paris fut occupée par les Franks païens, puis menacée par Attila et les Huns en 451, elle encouragea les Lutéciens à résister et à ne pas quitter la ville ; Attila fut détourné de Paris par ses prières. Elle sauva une nouvelle fois Paris assiégée par les Franks, réussit à sortir de la ville en remontant la Seine jusqu'à ARCIS-SUR-AUBE et à en rapporter des vivres (422-502, ou 505, ou 510, ou 512 ?)
L'abbaye ST PIERRE ET ST PAUL créée par Clovis en 508 fut rebaptisée SAINTE-GENEVIEVE au IXème siècle, de même que la colline contre laquelle elle s'adossait ; ses reliques y étaient déposées ; elles ont été brûlées en place de Grève par les Révolutionnaires en 1793. Sa châsse est conservée dans l'église St-Etienne-du-Mont. L'église St-Denis-de-la-Chapelle occupe l'emplacement d'une chapelle où elle venait entendre la messe. Elle a toujours été considérée comme la protectrice et la patronne de Paris, qu'elle protégea encore de l'invasion allemande en 1914.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mar. 31 janv. 2006 19:21

Sainte Geneviève, patronne de Paris, fête le 3 janvier.

Le mieux est que je colle ici le texte encore en phase de travail pour la révision du synaxaire de janvier.

Née à Nanterre de parents nobles, Sévère et Gerontia, remarquée et bénie par saint Germain d’Auxerre lors de son premier voyage en Britannia en 429 alors qu’elle avait environ 7 ans, vierge consacrée vers 440 ou 442, elle se rend alors à Paris chez sa marraine dont nous ignorons tout. Les recherches les plus récentes ont montré que sa famille, en partie d’origine franque, étroitement apparentée au préfet militaire des Gaules, était redevable des responsabilités curiales à Paris. Fille unique et donc seule héritière de ces responsabilités à la mort de ses parents, son installation à Lutèce même et non dans les domaines familiaux de Nanterre et de Meaux s’explique par le fait qu’elle devait de par la loi romaine prendre une part active à la gestion de la cité. Sa fonction était l’équivalent de celle d’un maire actuel, mais obligatoirement héréditaire depuis le IIIe siècle. C’était une situation exceptionnelle : obligée d’une part de veiller sur les biens familiaux et d’administrer une capitale provinciale, elle était en même temps moniale et tendue vers une vie d’ascèse et de prière. On comprend ainsi la réserve et même la grogne méfiante des habitants à son égard, la nécessité de la protection visible de l’évêque métropolitain d’Auxerre dont Paris dépendait canoniquement par Sens, saint Germain puis son successeur. Une jeune moniale de 20 ans à la tête d’une cité en déclin mais dont Julien l’Apostat avait fait autrefois une capitale impériale, cela ne pouvait que faire jaser. Et la plus riche héritière du pays choisissant la virginité consacrée, c’était bien du dépit pour des hommes cupides. On comprend aussi pourquoi son injonction aux Parisiens de ne pas quitter la ville au moment où la rumeur publique s’affolait de l’avancée d’Attila en 451 fut mal vécue par les familles riches : ce n’était pas simplement le conseil spirituel d’une ermite locale mais les ordres de la plus haute autorité civile du lieu. Si les prières des femmes qu’elle avait réunies dans le baptistère n’ont pas bouleversé les plans de conquête d’Attila, elles ont sans nul doute fortement contribué à protéger la ville des bandes errantes qui, à l’époque, sévissaient au pourtour des armées régulières, surtout en contexte mongol encore tribal et empêché les hommes, malgré leur panique, de se jeter dans les périls en croyant les fuir.
Elle parvint à convaincre le clergé local de construire une basilique sur le tombeau des saints martyrs Denys, Rustique et Eleuthère, apôtres de la cité et trouva miraculeusement les ressources nécessaires au chantier malgré les difficultés dues au contexte de guerre civile et d’effondrement des structures impériales. Plus tard, lors d’une famine due à la rupture des communications commerciales entre Paris et le reste du monde, elle organisa une expédition fluviale à Arcis sur Aube, dont elle prit elle-même la tête et parvint ainsi à rétablir le ravitaillement en blé des habitants. Son biographe raconte qu’elle fit à cette occasion payer le pain aux riches tandis qu’elle le distribuait gratuitement aux pauvres.
Sa vie ascétique s’accompagna du don des larmes et d’un don de thaumaturge dont témoigne sa Vie écrite à peine dix-huit ans après sa mort, donc avec les récits de témoins oculaires, selon la méthode imposée à Tours par l’évêque saint Grégoire. Sa réputation de sainteté grandit à Paris même et se répandit jusqu’en orient puisque saint Syméon, le stylite d’Antioche, lui envoya son salut par des marchands de passage. (vers 422-502)
L'abbaye St-Pierre-et-st-Paul créée par Clovis en 508 fut rebaptisée Ste-Geneviève au IXe siècle, de même que la colline contre laquelle elle s'adossait ; on y conservait son tombeau et des reliques déposées dans une châsse transportable. Cette châsse était portée en procession lors de grandes calamités, en particulier le raid viking de 885 et l’épidémie du mal des ardents qui avait fait 14000 morts en 1130. Lors de cette procession, 300 malades transportés dans la cathédrale Notre-Dame furent guéris immédiatement lorsque la châsse y pénétra. Une fête fut instaurée au 26 novembre pour commémorer ce que l’on appelle le Miracle des Ardents. Ces reliques ont été brûlées en place de Grève par les Révolutionnaires en 1793, il ne reste donc d’elle que des fragments d’os envoyés en diverses régions d’Europe. Une châsse est conservée avec quelques reliques récupérées clandestinement ou rassemblées, ainsi que son tombeau vide, dans l'église St-Etienne-du-Mont. L'église St-Denis-de-la-Chapelle occupe l'emplacement d'une chapelle où elle venait entendre la messe. Elle a toujours été considérée comme la protectrice et la patronne de Paris, qu'elle protégea encore de l'invasion allemande en 1914.
Références :

En latin :
Vita sanctae Genovefae, écrite quelques années seulement après sa mort, donc lorsque des témoins oculaires étaient encore vivants, ce qui en fait un des textes hagiographiques les plus fiables de l’époque mérovingienne. Publié dans les Monumenta Germaniae Historica, serie Scriptores rerum merovingicarum (MGH-SRM), 1885-1920. On ne le trouve qu’en bibliothèque de type universitaire.
Historia Francorum de Grégoire de Tours. Il en existe plusieurs traductions accessibles en librairie, dont une assez classique aux Belles-Lettres et une nouvelle version nous a été signalée récemment sur le forum.


En français :

Il existe un assez bon résumé de sa vie dans la revue Sources Vives n°11, novembre 1986, consacrée aux Saints de Paris, publiée par la communauté de Jérusalem.

Et les incontournables :

HEINZELMANN (Martin) et POULIN (J. Cl.), Les vies anciennes de sainte Geneviève de Paris, études critiques, Honoré Champion, Paris, 1986. Un texte essentiel pour effacer le légendaire tardif (du XVIe siècle !) et revenir à la réalité historique.

DUBOIS (dom Jacques) et BEAUMONT-MAILLET (Laure), Sainte Geneviève de Paris, Beauchesne, Paris, 1982. Destiné à accompagner une exposition de l’Hôtel de Ville de Paris, ce livre donne une bonne paraphrase de la Vie latine et des explications historiques bien faites.

Le livre d’Heinzelmann et Poulin doit encore être disponible, au moins sur commande en librairie, car Honoré Champion maintient très longtemps son catalogue, étant un éditeur de référence universitaire. Pour le dom Dubois, il faut voir dans les librairies cathos, sans grand espoir à la Procure dont le turn over est ahurissant, plutôt chez les tradis ou en province. J’ignore si Beauchesne l’a maintenu à son catalogue.

Sans doute les autres intervenants ont-ils répondu de manière plus complète que moi, mais boulot oblige, je n'ai pas pu le poster plus tôt.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

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