Commémoration des morts et sacrifice non sanglant

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NicolasII
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Commémoration des morts et sacrifice non sanglant

Message par NicolasII » dim. 26 mars 2006 12:37

Bonjour,

je voudrais savoir s'il est possible de demander la commémoration des morts non orthodoxes lors d'une panichide?

Si ce n'est pas possible, j'aimerai en connaître la raison.
A la prothèse je comprends bien que ce n'est pas possible, mais lors d'une panichide les connaissances me manquent.

Nicolas.

Claude le Liseur
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Re: Commémoration des morts

Message par Claude le Liseur » dim. 26 mars 2006 14:23

NicolasII a écrit :Bonjour,

je voudrais savoir s'il est possible de demander la commémoration des morts non orthodoxes lors d'une panichide?
Cela se fait.


Dans le fil "Requiem for Non-Orthodox", j'ai aussi cité le cas d'un lecteur d'Eglise fusillé par les communistes en Russie début 1919 parce qu'il avait dit les prières de requiem pour un soldat du corps expéditionnaire français.

En plus de la pannychide, il faut signaler qu'il existe même un office orthodoxe pour l'inhumation de défunts chrétiens hétérodoxes qui n'ont pas voulu ou pas pu être assistés par un ministre de leur confession et qui ont souhaité qu'un prêtre orthodoxe les accompagne au cimetière. Cet office existe depuis 1869, mais, à ma connaissance, seulement au sein du patriarcat de Constantinople et de l'Eglise de Grèce. Il est pratiquement tombé en désuétude.
Dernière modification par Claude le Liseur le lun. 29 mai 2006 7:16, modifié 1 fois.

NicolasII
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Message par NicolasII » dim. 26 mars 2006 21:47

Merci. Nicolas.

Cadoudal
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Message par Cadoudal » lun. 27 mars 2006 12:53

Etant catholique traditionaliste(rite Saint-pie 5 et non celui Vatican 2)qu'est-ce
pannichyde veut-il dire,S.V.P?Merci.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » lun. 27 mars 2006 14:54

Une pannichyde, c'est un office de prière et d'intercession pour un ou des défunts.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Antoine
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Message par Antoine » lun. 30 oct. 2006 10:15

On ne peut pas accuser la métropole Roumaine dirigée par le métropolite Joseph en France, membre de l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, d’être composée d’orthodoxes intégristes ou « ultra ».
Sur le site du Monastère des Saints Elie et Elisée, SAUVAGNAC 87340 ST LEGER LA MONTAGNE,
http://monastere-orthodoxe.chez-alice.f ... meset.html
nous trouvons à la rubrique "Prières diverses" la recommandation suivante :
PRIÈRES POUR LES DÉFUNTS EN DEHORS DE L'EGLISE

Le Staretz Joseph d'Optino, interrogé un jour sur la manière dont on pouvait prier pour les hétérodoxes, suggéra d'employer la prière qu'avait composée le Saint Staretz Léonide pour ceux qui se sont suicidés :

O Dieu très miséricordieux, aie pitié, s’il est possible, de l’âme de ceux qui ont rejoint la vie éternelle en dehors de l’Eglise Orthodoxe et, en particulier de (…). Grande est Ta miséricorde, insondable sont Tes jugements. Ne considère pas cette prière comme un péché, mais que Ta Sainte Volonté soit faite. Amin.
Peut-être ce texte disparaîtra-t-il du site du monastère après sa publication sur le forum orthodoxe et une lecture scandalisée des autorités romaines ou de leurs fidèles trompés par leur clergé. Toujours est-il que le staretz Joseph d'Optino assimilait ainsi l'hérésie à une sorte de suicide spirituel, tout en gardant à l'esprit la pratique des Pères: "il faut haïr l'hérésie et aimer l'hérétique."
Dans sa pratique liturgique l'Eglise orthodoxe trace une ligne bien définie entre les chrétiens orthodoxes qui sont dans l'Eglise et les chrétiens hétérodoxes qui ne le sont pas. L'Eglise ne connaît pas l'union, elle ne connaît que l'Unité. L'appartenance à l'Eglise n'est pas une question de simple appartenance partisane: la consubtantialité est déterminante sur le plan des fins dernières.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » lun. 30 oct. 2006 17:28

Cadoudal,

Une chose difficile à comprendre pour ceux qui viennent de l'Église catholique, c'est que l'Église orthodoxe ne dit pas de "messe d'enterrement", ni de "messe des défunts", mais un office de prières appelé "pannychide" (ou d'autres noms). De plus il y a dans toute Liturgie une commémoration des défunts lors de l'office de la Prothèse (l'office où l'on prépare le pain et le vin avant la Liturgie) et lors de l'Anaphore eucharistique elle-même (c'est alors l'équivalent du Mémento des défunts de la messe latine).

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Jean-Louis Palierne
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hilaire
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Message par hilaire » dim. 19 nov. 2006 21:17

extrait de "ma vie en Christ" St Jean de Cronstadt:

La Sainte Eglise Orthodoxe, en mère attentive, élève des prières quotidiennement, lors de chaque office divin, pour tous ses enfants partis dans le pays d'éternité. Voici comment : à l 'office de minuit sont lus les tropaires et les prières pour les défunts, et il est fait mémoire d 'eux lors la litanie finale,. De même aux complies. Aux matines et vêpres, lors de la litanie appelée "ardente " : « aie pitié de nous, ô Dieu ...» Au cours de la liturgie ils sont commémorés trois fois : à la prothèse, à la litanie après l 'Evangile, et après la sanctification des Saints Dons, au moment de l 'hymne : « Il est digne en vérité ... »
Ainsi la Sainte Eglise prie d 'elle-même sans interruption, et d 'une façon générale, pour tous nos ancêtres, pères, frères et sœurs, qui nous ont précédés. Mais notre sainte obligation à nous, est de nous préoccuper nous-mêmes du salut de l 'âme de nos propres défunts qui ne peuvent, dans la vie d 'outre tombe, rien faire de bon pour eux-mêmes, pour les péchés qu 'ils ont commis sur terre. Ils espèrent en nous et attendent notre aide, à nous qui sommes leurs proches, leurs parents, ou qui les avons connus.
Voici cette aide que nous pouvons leur apporter : notre prière offerte avec foi et amour, dans les temples de Dieu et dans les maisons privées; les œuvres bonnes que nous accomplissons en leur mémoire; mais le principal et le plus efficace pour obtenir la miséricorde divine à l'égard des défunts, c 'est la liturgie pour les morts, ou l 'offrande du sacrifice non sanglant pour leur salut. Là, le Seigneur Lui-même est secrètement immolé sur l 'autel, et par cela, amène la miséricorde divine à pardonner au défunt ses péchés, pour lequel intercède le plus Grand des Intercesseurs, et est apporté le plus Saint et le plus Puissant Sacrifice. Saint Cyrille de Jérusalem dit : « Prions pour tous les défunts pour lesquels est offert sur l 'autel le Sacrifice saint et terrible, dans la foi que ces âmes en reçoivent un immense profit. » Les parcelles retirées des prophores à la mémoire des âmes des défunts, au cours de la Divine Prothès, sont plongées dans la Sang Vivifiant du Christ, cependant que le prêtre prononce : "Lave, Seigneur, par Ton Sang Précieux et les prières de Tes Saints, les péchés de ceux dont il est fait ici mémoire ". Voilà l 'immense signification qu 'a pour les défunts, au moment de la Divine Liturgie, l 'offrande de prosphores et les diptyques portant leurs noms.
La Sainte Eglise accomplit à notre demande, un office particulier à la mémoire de chacun de nos parents ou proches défunt, aux jours de leur commémoration; mais surtout aux dates importantes après leur repos, qui sont le troisième, le neuvième, le quarantième jours, et le jour anniversaire. La commémoration en ces jours-là vient de la tradition apostolique, instituée pour les raisons suivantes:
Au troisième jour, parce que le défunt a été baptisé au nom de Père, du Fils et de l 'Esprit Saint, Dieu Unique en la Trinité; ensuite parce qu 'il a conservé les trois vertus théologales, qui sont la base de notre salut, c 'est-à-dire, la foi, l 'espérance et l 'amour, troisièmement parce qu 'il y avait dans son être intérieur trois forces, la raisonnable, la sensible et la volontaire, par lesquelles, tous nous péchons et, comme les actes de l 'homme s 'expriment de trois façons : action, parole et pensée, en commémorant le troisième jour, nous prions la Sainte Trinité de pardonner au défunt tous les péchés qu 'il a commis par ces trois forces en action.
Au neuvième jour, pour que l 'âme du défunt soit rendue digne de l 'union au cœur des Saints par les prières et l 'intercession des neuf ordres angéliques.
Au quarantième jour, en référence à la tradition des Apôtres, qui ont donné force de loi dans l 'Eglise du Christ à la coutume ancestrale des juifs de pleurer les morts pendant quarante jours, la Sainte Eglise depuis les temps les plus reculés a édifié comme règle de faire mémoire des défunts pendant quarante jours et tout particulièrement le quarantième.
Ainsi que la Christ a vaincu Satan, étant resté quarante jours dans le jeûne et la prière, exactement de même la Sainte Eglise, offrant durant quarante jours des prières, des dons, et des sacrifices non sanglants en l 'honneur du défunt, demande pour lui au Seigneur la grâce de vaincre l 'ennemi, le subtil prince des ténèbres, et de recevoir en héritage le Royaume céleste.
La commémoration des défunts au bout d 'un an à partir du jour de leur mort, et chaque années suivante, s'accomplit afin de renouveler notre amour pour eux par des prières et des œuvres bonnes. Le jour de leur fin est en quelque sorte leur seconde naissance, pour la vie nouvelle éternelle. La Sainte Eglise a institué de plus des jours particuliers, qu 'on appelle "ancestraux ", pour une commémoration solennelles et universelle de tous ceux qui sont morts dans la vraie foi. Tels sont :
- Le samedi de carnaval, c'est-à-dire le samedi précédant la "semaine des laitages " (ce jour-là sont commémorés en priorité tous les défunt par mort non naturelle, à l 'exception de ceux qui se sont suicidés).
- Trois samedis du Grand Carême : le second, le troisième et le quatrième.
- Le lundi ou le mardi de la "semaine de Thomas " (qui suit la "semaine radieuse " de Pâque) appelés "Radonitsa "
- Le samedi précédant la Pentecôte, c 'est-à-dire, la veille de la fête de la Sainte Trinité.
- Le samedi précédant le 26 octobre, ou samedi de Dimitri, institué par le Grand Prince Dimitri Ioannovitch Donskoï, pour la mémoire éternelle des guerriers tués sur le champ de bataille de Koulikovo (le 8 septembre 1380).
- Le 29 août, jour de la décollation de Saint Jean le Précurseur.
« Efforçons-nous - dit Saint Jean Chrysostome - d'aider les défunts autant que possible : au lieu de larmes, au lieu de sanglots, au lieu de tombeaux somptueux : nos prières pour eux, des œuvres bonnes et des dons, afin qu 'ainsi, et eux et nous, nous recevions les bontés promises ».
Chacun de nous aspire à ce qu 'après notre départ de cette vie nos proches ne nous oublient pas et prient pour nous. Pour que ceci s 'accomplisse, nous devons nous-mêmes aimer nos proches défunts. « On se servira, pour vous mesurer, de la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré » (Luc, 6 : 38), dit la Parole de Dieu. C 'est pourquoi, Dieu, et aussi les hommes, se souviendront, au moment de sa mort, de celui qui aura commémoré les défunts.
Prie le Seigneur pour le repos de tes ancêtres, pères et frères défunts, quotidiennement, matin et soir, et que la mémoire de la mort vive en toi, et que l 'espérance d 'une autre vie après la mort ne s 'éteigne pas en toi, et que ton esprit s 'humilie chaque jour à la pensée de la rapidité avec laquelle passe ta vie.
L 'homme mort est un être vivant : "Dieu n 'est pas le Dieu de morts, mais des vivants, car tous sont vivants devant Lui" (Luc. 20: 38). L 'âme volette invisiblement auprès du corps, et des lieux où elle aimait se trouver. Si elle est morte dans le péchés, elle ne peut se défaire de leurs liens et a un grand besoin des prières des vivants et surtout de l 'Eglise, la très sainte épouse du Christ.
Ainsi donc, prions sincèrement pour les morts, cet immense bienfait est pour eux plus grand que la bienfaisance pour les vivants.
Frères ! Quel est le but de notre vie sur terre ? C 'est, suite à notre épreuve dans les afflictions et les malheurs terrestres, et après un perfectionnement progressif dans les vertus avec l 'aide des dons bienheureux reçus dans les sacrements, de reposer en Dieu à notre mort : le repos de notre esprit. Voilà pourquoi nous chantons pour les morts : « Fais reposer, Seigneur, l 'âme de Ton serviteur ». Nous désirons pour le défunt le repos, terme de tout désir, et nous prions Dieu pour cela. N 'est-il pas déraisonnable alors, de s 'affliger énormément à propos des morts ? « Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et Je vous donnerai le repos » (Mat. 11,28), dit le Seigneur. Voici nos défunts, qui se sont endormis dans une fin chrétienne, ils arrivent à cet appel du Seigneur, et se reposent. Pourquoi alors, s 'affliger ?


Qu 'est donc notre vie ? Une bougie qui brûle. Il suffit seulement à Celui qui l 'a donnée, de souffler dessus, et elle s 'éteint. Qu 'est-ce que notre vie ? La marche du voyageur : arrivé à une certaine limite, les portes s 'ouvrent devant lui, il quitte son vêtement de pélerin (son corps) et son bâton, et entre dans sa maison. Qu 'est-ce que notre vie ? Une guerre longue, sanglante, pour la conquête de la vraie patrie et de la vraie liberté. La guerre est terminée : vous êtes vainqueur, ou vaincu, vous êtes appelé du lieu de la bataille, vers celui du salaire, et vous recevez du Trésorier, soit la récompense et la gloire éternelle, soit le châtiment et la honte éternels.
La prière , c 'est le lien en or du chrétien, voyageur et étranger sur terre, avec le monde spirituel dont il fait partie, et surtout avec Dieu; l 'âme est venue de Dieu, et c'est vers Dieu qu 'elle retourne toujours à travers la prière. La prière apporte un grand bienfait à celui qui prie : elle apaise l 'âme et le corps, elle donne le repos non seulement à l 'âme de celui qui prie ( Je vous donnerai le repos - Mat. 11 : 28), mais aussi à celles de nos ancêtres, pères, frères et sœurs, déjà arrivés.
Voyez l 'importance de la prière !
Ainsi que la fumée du bois qui brûle monte vers le ciel, ainsi l 'âme hors du corps, livré à la corruption qui le consume.

Signification du "Kolivo", de l 'encensoir et des bougies.

Le "kolivo " ou "koutia " consiste en du blé cuit avec du miel. Le blé signifie ici que les morts ressusciteront hors de leurs tombeaux au jour de la Résurrection générale. Ainsi que le grain de blé semé en terre pourrit d 'abord et semble mourir, puis renaît et apporte du fruit. Le Sauveur Lui-même a dit à Ses disciples : « Amen, amen, Je vous le dis : si le grain tombé en terre ne meurt, il demeure seul, mais s 'il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12: 24).
Le miel adoucissant le blé désigne les délices dont sera comblé le défunt pour l 'éternité.
L 'encensoir matérialise le parfum des prières élevées pour le mort, ainsi que le dit le psalmiste : Que ma prière s 'élève, comme l 'encans devant Toi (Ps.140).
Les bougies sont l 'image de ce mystère : celui qui a vécu selon la loi de Dieu, dans la Lumière de la foi Orthodoxe, est transféré de la vie sombre d 'ici-bas, vers la Lumière Céleste.

Steve G
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Message par Steve G » lun. 20 nov. 2006 12:15

Quelqu'un pourrait-il me dire en quoi le sacrifice offert (à qui, à quoi) amène Dieu a pardonner des morts qui n'ont pourtant plus accès au corps et au sang du Christ ?
Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pêcheur.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » lun. 20 nov. 2006 18:10

À notre mort les dés sont jetés, nous cessons de vivre dans ce monde transitoire où nous avons erré à tâtons et si nous n’avons pas consenti au piège tendu par l’ennemi du genre humain, nous entrons dans le mondes des réalités définitives, nous gagnons notre vraie liberté, celle de nous purifier nous-mêmes. À braucoup d’entre nous il reste cependant la tâche difficile de nous délivrer des passions dont nous n’avons pas su totalement nous affranchir, et les démons viennent nous demander de rendre compte de tout ce qu’ils croient avoir acquis en nous. La très-sainte Déipare, Mère de la Vie, c’est-à-dire la toujours-vierge qui a tissé de son sang la chair du Dieu-homme venu s’humilier pour notre salut, vient à notre aide dans cette épreuve difficile, avec tous les Anges et tous les Saints, mais il y faut aussi l’accompagnement de nos prières, car le combat que doivent alors mener les âmes des défunts nous concerne tous, et nous menons ce combat avec eux, solidairement.

Nous aspirons au monde des certitudes véritables, au règne où Dieu se souvient éternellement de nous parce que nous nous souvenons éternellement de nous. Mais un premier temps d’épreuves nous a été accordé en ce temps illusiore, provisoire et transitoire, pour que nous puissions percevoir l’immensité de la condescendance divine. Une seconde étape nous est accordée à l’entrée dans l’autre monde, afin que nous achevios de nous détacher de nos passions. nous les vivants, nous ne sommes qu’un bataillon d’arrière garde dans ce trajet d’initiation à la pureté des saints. Les Saints sont l’avant-garde : Nous ne prions plus pour eux, nous les prions, et les défunts non encore purifiés de même que les saints prient ensemble pour nous. Nous sommes tous solidaires.

Le jour viendra où le Seigneur, le Dieu-homme, venant en gloire, nous convoquera tous devant son trône pour attribuer à chacun la couronne qu’il mérite. Mais cette couronne sera celle de la plénitude de notre être humain, tant de notre corps que de notre âme. Redevenus des êtres humains complets, devenus des saints, ce qui était notre vocation initiale, nous monterons inlassablement de perfection en perfection vers la parfaite perfection de Dieu.

L’erreur de beaucoup de bons chrétiens est de croire que la rectitude de notre vie sur terre suffit à nous accorder un statut éternel et immuable. Ce qui revient à donner à la morale une valeur surestimée, et faire de la rémission des péchés obtenue à la confession un passeport pour l’éternité. Mais ce qui nous est demandé est d’acquérir la véritable liberté de l’esprit en nous libérant de nos passions et de nos illusions.

Quand un chrétien hétérodoxe à la manière occidentale entre pour la première fois dans une église orthodoxe, il est surpris, non seulement par la quantité de prières faites pour les défunts, comee si on croyait qu’ils vivent encore, mais aussi par le caractère très concret, voire (pense cet hétérodoxe) trop matériel de ces prières. Mais c’est qu’en vérité oui, les morts vivent encore, ils luttent pour se purifier et attendent que viennent le jour où tous ensemble nous récupérerons la réalité concrètde de nos corps. C’est pour quoi nous allumons des flammes en leur honneur, nous offrons le parfum de l’encens et même nous mangeons avec eux. La coutume antique voulait que nous mangions sur la tombe des morts des gâteaux de grains de blé non cuits, mais en germination, en sumbole de la vie qui ne cesse de sourdre même cachée par l’ombre de la mort.
Jean-Louis Palierne
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hilaire
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Message par hilaire » mar. 21 nov. 2006 0:14

Saint Jean de Cronstadt a aussi donné de précieux eseignement sur la prière "pour les vivants", je me permet de laisser cette précieuse catéchèse:

A tout vrai chrétien sont indispensables : une foi brûlante et la prière soutenue. Il criera vers Moi, et Je l 'exaucerai; je serai avec lui dans la tribulation, Je le délivrerai et le glorifierai. Je la rassasierai de longs jours et Je lui ferai voir Mon salut (Ps. 90).
Ne pas prier, c 'est être sans Dieu, sans espérance, sans la Grâce, ne pas avoir d 'espoir ! Prie d 'une foi ferme et remets à Dieu toute ta peine ! Prie dans l 'isolement, ayant fermé la porte de ta chambre, prie avec les tiens, édifiant ta petite église familiale; prie dans le temple de Dieu, t 'efforçant de ne pas manquer la Divine Liturgie précéleste, le dimanche et les jours de fête.
Comme il ne convient pas d 'être dans la vie un égoïste endurci, il en est de même dans les prières : te préoccupant de ton âme, de ton bien-être, de ton salut, ne laisse pas dans l 'oubli tes autres frères et sœurs en Christ ; prie aussi de fond du cœur pour tes parents, tes proches et ceux que tu connais.
Durant la Divine Liturgie, il faut faire une "offrande ", aussi bien pour les défunts que pour les vivants, parents, proches et bienfaiteurs, en remettant pour mémoire leurs noms, ainsi que des prosphores, dont le prêtre retire des parcelles au moment de la prothèse, en priant pour leur santé et le repos de leur âme. A la fin de la Liturgie, il dépose ces parcelles dans le saint Calice, en prononçant ces paroles grandioses et vivifiantes : « Lave de Ton Sang précieux, Seigneur, les péchés de tous ceux qui sont ici nommés, par les prières de Tes Saints! »
Quand tu pries pour la rémission des péchés des autres, fais-le comme tu le fais pour la rémission des tiens propres quand, frappant ton âme d'affliction et d'angoisse, ils te poussent à supplier Dieu, dans la douleur, le cœur contri et les larmes, de t 'être miséricordieux. Fais-en de même pour les autres, comme s 'il s 'agissait de toi. Si tu y parviens, et que cela te devienne habituel, tu recevras alors du Seigneur une richesse de dons spirituels, dons du Saint Esprit, Qui aime l 'âme compatissante aux autres, car Lui-même, l 'Esprit Saint, désire nous sauver tous de quelque façon, pourvu que nous ne nous rebellions pas contre Lui, ne durcissions pas nos cœurs : L 'Esprit Lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables (Rom. 8,26).
Prie assidûment pour les autres, sans paresse, à leur demande et de toi-même, et avec eux, tu recevras toi-même une miséricorde de Dieu : Sa grâce dans le cœur, qui t 'adoucira et te renforcera dans la foi et l 'amour envers Dieu et ton prochain. Ces paroles sont véridiques, elles proviennent de l 'expérience. Habituellement nous prions pour les autres sans trop d 'empressement, plutôt par nécessité ou par habitude, sans une complète participation du cœur; il faut s 'obliger à prier de tout son cœur, avec une très grande foi, un grand zèle, et nous recevrons alors une grande et pleine grâce de notre Dieu généreux et riche en dons. Mais qu 'il demande avec foi, sans hésiter, car celui qui hésite est semblable au flot de la mer, agité et ballotté par le vent (Jacques, 5 : 16). Vois-tu combien est agréable à Dieu et efficace la prière de l 'un pour l 'autre !
Ne laisse pas passer les occasions de prier pour une quelconque personne, à sa demande, ou à celle des siens, ses amis, ses admirateurs, ou de ceux qui la connaissent. Le Seigneur jette un regard bienveillant sur la prière de notre amour et de notre zèle devant Lui. En outre, la prière pour les autres est très utile à celui-là même qui prie pour eux, elle purifie le cœur, affermit la foi et l 'espérance et réchauffe l 'amour pour Dieu et le prochain. Lorsque tu pries, dis : « Seigneur ! Tu peux faire ceci et cela pour Ton serviteur, fais-le lui, car tel est Ton Nom : Bon et Ami de l 'homme et Tout Puissant. Si donc nous, qui sommes mauvais nous savons donner de bonnes choses non seulement aux enfants mais aussi aux étrangers, combien plus Toi, accordes-Tu tous les bienfaits possibles à ceux qui Te les demandent (Mat. 7,11) .»
Lorsque tu pries pour les autres, que ce soit à voix haute ou en toi-même, par exemple pour ceux de ta maison, ou pour des étrangers, bien qu 'ils ne te l 'aient pas demandé, fais-le pour eux avec la même ferveur que pour toi. Souviens-toi du commandement de la Loi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mat. 19,19).
Ne triche pas devant le Seigneur "qui sonde les reins et les cœurs" (Jér. 11,20) afin qu 'Il ne dédaigne ta prière comme étant vaine et fausse.
Pourquoi notre prière sincère l 'un pour l 'autre a-t-elle une grande force sur les autres ? Parce que, m 'unissant à Dieu par la prière, je deviens un seul esprit avec Lui, et que j 'unis à moi ceux pour lesquels je prie avec foi et amour, car l 'Esprit de Dieu, agissant en moi, agit en même temps aussi en eux, comme emplissant tout. Nous sommes en un seul corps tout en étant plusieurs (I Cor. 10 : 17). Un seul corps, un seul esprit (Eph. 4 : 4)

Prière pour la santé et le salut de nos parents et de nos proches.

« Aie pitié Seigneur, et sauve Tes serviteurs, mes parents (noms), mes supérieurs, mes bienfaiteurs, ceux qui m 'aiment et ceux qui me haïssent, et tous les chrétiens orthodoxes; accordes-leur le salut de l 'âme et la santé, et la grâce de Ton aide en tout, car Tu es Bon et Ami de l 'homme. Amen ! »

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 25 déc. 2006 17:27

Steve G a écrit :Quelqu'un pourrait-il me dire en quoi le sacrifice offert (à qui, à quoi) amène Dieu a pardonner des morts qui n'ont pourtant plus accès au corps et au sang du Christ ?
Au fond, vous posez une importante question, qui est celle des sacrifices.
Il faudrait plusieurs longs messages pour aborder le sujet. En plus, nous nous heurtons au limite du discours; comme on l'a déjà souvent souligné ici, η Ορθοδοξία βιώνεται (l'Orthodoxie se vit), et j'ai bien peur de parler pour parler et que ces paroles ne vous soient de nulle utilité. Je sais que vous appartenez à une religion qui donne peu d'importance à la pratique par rapport au discours scolastique, et qui, par là même, a de plus en plus tendance à devenir adogmatique: en effet, les dogmes ne peuvent y jouer le rôle de garde-fous garantissant la validité de l'expérience, puisque l'expérience elle-même n'est plus recherchée. Mais vous devez comprendre le fait que, dans l'Orthodoxie, c'est différent, et que la pratique y a une plus grande importance que le discours. Vous noterez d'ailleurs que, si vous aviez assisté à une liturgie orthodoxe, vous ne poseriez pas la question en ces termes, puisque vous sauriez que la parcelle de pain utilisée pour la commémoration des morts n'est pas celle qui est offerte lors de la célébration eucharistique - si toutefois j'ai bien compris votre question, ce qui n'est pas certain. On voit donc une fois de plus que le présent forum ne peut pas offrir le dixième d'informations de ce qu'offrirait la participation à une seule liturgie.

Toutefois,

1. Je ne vois guère de religion sans sacrifices. (Dans le judaïsme, les sacrifices sont simplement suspendus en attendant la reconstruction du Temple).

2. La plupart des religions ont des sacrifices sanglants. Il n'y a que quatre religions, à ma connaissance, qui ont en abomination les sacrifices sanglants: le christianisme (ou les christianismes?), le bouddhisme (ou les bouddhismes?), le manichéisme (cf. le texte ouïghour que j'ai cité dans le fil sur l'ancienne présence orthodoxe en Asie centrale viewtopic.php?p=13611#13611 ) et le Bön / Bönpo / Peumpo. (Ce sont d'ailleurs les Bönpo qui ont appris aux bouddhistes, en certaines régions, à remplacer les sacrifices sanglants par des offrandes de tormas, ainsi qu'ils l'avaient eux-même appris de Tonpa Shenrab Miwo, cf. Fabrice Midal, Mythes et dieux tibétains, Le Seuil, Point Sagesses n° 152, Paris 2000, p. 116.) L'opposition entre les religions à sacrifices sanglants et à sacrifices non sanglants est beaucoup plus importante qu'on ne pourrait le penser, parce qu'en pratique, c'est cela qui va conditionner le dégoût et la répulsion entre les adeptes des religions à sacrifices sanglants et les adeptes des religions à sacrifices non sanglants. Une actrice française a expérimenté voici quelques années quelles étaient les limites de la liberté d'expression au "pays des droits de l'Homme" pour avoir exprimé ouvertement la répulsion que lui inspiraient les sacrifices de moutons à l'occasion de certaines fêtes musulmanes. Je suppose qu'à l'aune des critères de la République française, la Suisse est dès lors un affreux Etat nazi, puisque la loi suisse interdit l'abattage rituel des animaux (article 20 alinéa 1 LPA, RS 455: "L’abattage de mammifères sans étourdissement précédant la saignée est interdit"). Il me semble pourtant qu'après seize siècles de christianisme majoritaire, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'une actrice française ou le législateur suisse éprouvent de la répulsion à l'égard des sacrifices sanglants.
Ce qui est moins connu, c'est que les adeptes des religions à sacrifices sanglants éprouvent la même répulsion à l'égard des sacrifices non sanglants; certains hindouistes voient dans la disparition des sacrifices non sanglants dans le bouddhisme le signe certain que celui-ci est une fausse religion. C'est ainsi que certains textes shivaïstes s'en prennent très violemment au bouddhisme, présenté comme la religion d'Arihat parce qu'il refuse les sacrifices sanglants: "Ils se mirent à proposer la plus absurde des doctrines. Dans un monde né du Sacrifice où rien ne peut survivre qu'en dévorant la vie, ils proclamaient: il ne faut tuer nulle créature vivante et se nourrir seulement de végétaux comme si les plantes n'étaient pas des créatures vivantes. (...) "Il est essentiel de sacraliser le sacrifice. L'homme ne vit qu'en sacrifiant la vie; qu'il soit végétarien ou carnivore, il tue. Il doit considérer cet acte comme un acte sacré. " (Alain Daniélou, Le Destin du Monde d'après la tradition shivaïte, Albin Michel, Paris 1992, pp. 24 et 197.) Il y a pourtant certaines écoles hindouistes qui ignorent absolument les sacrifices sanglants.

3. Il est évident que le remplacement des paganismes par le christianisme comme religion dominante en Europe a eu pour conséquence évidente la disparition des sacrifices sanglants. Les églises ont remplacé les mithraea (il reste un très bel exemple de mithraeum à Martigny en Valais) et le sacrifice non sanglant a succédé au taurobole. Inutile de dire que ce fut une révolution religieuse, culturelle et sociologique de première importance, en particulier dans des régions où la consommation communautaire de l'animal sacrifié était l'acte cultuel par excellence. Souvenons-nous du cas du paganisme scandinave: "On dira la même chose des grandes fêtes religieuses. Qui reviennent toujours, semble-t-il, à un blót, à un sacrifice d'animal, dont le sang, hlaut , a une valeur toute particulière." (Régis Boyer, Le Christ des Barbares, Le Cerf, Paris 1987, p. 54.) Est-il besoin de préciser que blót est par ailleurs la même racine que Blut ou blood et relie ainsi le sacrifice au sang? Faut-il signaler que si, en Scandinavie, encore de nos jours, on ne trouve en principe pas de boucheries chevalines, c'est la conséquence d'un tabou lié à la christianisation parce que l'acte cultuel par excellence du paganisme nordique était la consommation de viande de cheval?

4. Il n'y a à ma connaissance qu'un seul peuple chrétien à avoir conservé des sacrifices sanglants, c'est le peuple arménien. Citons un savant arménologue français: "Le sacrifice d'animaux (matagh) a une vénérable antiquité. Il semble une solennité païenne, un rite de fertilité, que Grégoire l'Illuminateur a réinstauré. Considéré comme une prière, le sacrifice est célébré en l'honneur de la Résurrection du Seigneur; aussi sa pratique est-elle admise les jours des fêtes dominicales et tous les jours des fêtes des saints et des martyrs. Ce rite est l'un des plus vivaces, particulièrement en Arménie où souvent baptême, mariage et tout pélerinage s'achèvent par un matagh. L'animal est "purifié" au préalable par du sel béni et amené dans un endroit spécialement aménagé près de l'église, jamais dans son enceinte. Le canon comprend des psaumes (Ps 31,33, 50 et 64), ensuite des lectures (Lv 1, 1-17; 1 R 6, 17.19; Is 46, 7-10; He 10-17; Lc 14, 12-16). Ensuite le prêtre rappelle l'Ancienne loi et l'interdiction des holocaustes par la Nouvelle: "Mais nous, pécheurs et indignes que nous sommes, nous nous prosternons devant votre miséricorde et implorons la bonté dont vous avez usé envers vos pères qui vous ont été si chers. Ne refusez pas, Seigneur, notre offrande et recevez-la de nos mains comme des hosties de moutons et de taureaux, et de milliers de gras agneaux... Seigneur, nous vous le demandons par l'intercession des saints apôtres, des prophètes et des bienheureux martyrs qui ont versé leur sang pour vous, exaucez la prière de ceux qui vous offrent ce sacrifice et pardonnez-leur leurs péchés. Augmentez aussi les moutons, bénissez les champs et tous les biens de vos serviteurs. Répandez la pluie sur nos terres et donnez-nous des récoltes rémunératrices. Rendez nuls les pièges du démon, afin qu'après avoir vécu ici-bas selon votre bon plaisir, nous méritions de paraître devant vous en état de grâce au jour terrible où vous reviendrez pour rendre à chacun selon ses oeuvres..." La viande est cuite et distribuée aux pauvres. " (Krikor Beledian, Les Arméniens, Brepols, Turnhout 1994, pp. 149 s.)
On le voit d'après ce texte du professeur Beledian, le matagh (je suppose que ce mot doit dériver de la même racine indo-européenne que matanza, le massacre en castillan) est strictement encadré dans l'Eglise apostolique arménienne, ce qui n'empêche pas que cette forme de sacrifice sanglant, unique dans le monde chrétien, suscitait dès l'Antiquité la plus vive réserve de la part des peuples chrétiens orthodoxes voisins des Arméniens monophysites. C'est ainsi que le canon 99 du concile In Trullo (Quinisexte, 692) contient, à l'usage des nombreux Arméniens qui rejoignaient l'Eglise orthodoxe (saint Grégoire de Narek aurait été l'un d'entre eux), ce qui me semble une allusion au matagh: "(...) nous ordonnons qu'il est interdit à tout prêtre d'accepter des morceaux déterminés de viande de la part de ceux qui les offrent, mais se contenter des morceaux que l'offrant voudra bien leur donner, à condition que l'offrande se fasse hors de l'église" (traduction du RP Pierre-Périclès Joannou).

5. Et, en effet, on peut se demander quel est l'intérêt de maintenir des sacrifices sanglants, alors que Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ a appris à Son Eglise orthodoxe répandue à travers l'univers à célébrer le "culte spirituel et non sanglant".

6. Pour le reste, je voudrais vous demander de préciser le sens de votre question, car, en l'état, je ne suis pas sûr de bien comprendre où vous voulez en venir.
Votre message semble en effet faire suite à un message d'Hilaire qui citait un texte de saint Jean (Serguiev) de Cronstadt (1829-1908) à propos des parcelles retirées de la cinquième prosphore lors de la commémoration des morts au moment de la prothèse. Au passage, il est à noter que, pour des raisons que j'ignore, la prière dite à cette occasion est considérablement plus développée dans la version roumaine de la divine Liturgie que dans l'original grec ou dans les autres versions; ce texte n'ayant à ma connaissance jamais été traduit en français, il faudra bien que je fasse cette traduction à un moment ou à un autre.
Je ne comprends donc pas l'articulation entre les parcelles retirées au moment de la prothèse et le fait que les défunts ne peuvent pas communier, fait qui n'a d'ailleurs pas toujours été évident pour tout le monde puisque le concile Quinisexte contient un rappel à l'ordre sur ce point:
"Que personne ne donne la sainte eucharistie en communion au corps des défunts; il est en effet écrit: "Prenez et mangez"; or les cadavres des morts ne peuvent ni prendre ni manger." (Canon 83 du concile trullien.)
Une fois ces évidences rappelées, quel est exactement le sens de votre question?

Steve G
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Précision

Message par Steve G » mer. 27 déc. 2006 11:15

Je vais essayer de reformuler:

pourquoi le sacrifice offert du Fils entrainerait-il Dieu à pardonner les morts puisque ce sacrifice n'est ni un sacrifice de justice, ni un sacrifice offert au diable et qu'il est offert sous forme de nourriture aux hommes vivants ?

En quoi le Père a-t-il besoin du sacrifice du Fils pour pardonner les pécheurs ? Et donc en quoi la réitération du sacrifice à travers la consécration du pain et du vin ferait le salut des morts ?

Il me semblait que le sacrifice servait, une fois le pardon accordé, à laver des souillures du péché puis à diviniser, qu'il était aussi un sacrifice offert pour la gloire de Dieu et enfin le moyen de vaincre le diable.
Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pêcheur.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mer. 27 déc. 2006 18:46

Lors de la Liturgie eucharistique leDieu-homme, le Fils et Verbe de Dieu qui s’est fait l’Un d’entre nous, le Fils de l’homme, s’offre Lui-même en sacrifice non sanglant. Il est Lui-même offert et se communique aux hommes comme Pain de la Vie éternelle et comme Vin de l’éterrnelle Alliance. Nous qui participons à ce sacrifice non-sanglant, nous participons ainsi à un Banquet, le Banquet des noces de l’Agneau, où nous recevons les prémices de la Vie éternelle. Nous n’avons pas, dans notre pauvre vocabulaire humain, de mots capables d’exprimer cette réalité plus réelle que nos réalités terrestres. C’est à la fois un sacrifice, un banquet, une source de vie, une communion qui forme un corps multipersonnel, le Corps du Christ. Nous devenons, et ses frères, et ses co-héritiers, et ses co-participants, et les membres de son Corps, dont il est la Tête. Nous sommes englobés dans l’étreinte réciproque (la “périchorèse”: la danse en rond) des trois Personnes du Dieu tri-unique.

Comment peut-on parler alors d’un “besoin” qu’aurait Dieu du sacrifice ? C’est nous qui avons besoin de la fontaine intarissable de cette coupe sans cesse débordante.

Le péché des Ancêtres, la souillure (partielle) de l’Image divine, la réalité (provisoire) de ce temps intermédiaire, le pardon accordé, le rachat et le salut sont à la fois une immense tragédie et un accident dérisoire. l’homme, ce fils prodigue du Père, fait un pas vers Dieu, et à peine a-t-il seulement même tourné son regard vers l’espérance des choses promises, que le Père se précipite au-devant de lui et le revêt de la plus belle robe.

Morts ou vivants ? Les défunts n’ont plus de possibilité de choisir (mais ce choix n’a peut-être été pour eux, dans leur vie, qu’un soupir, un souffle de nostalgie du Paradis perdu), mais ils poursuivent leur route purificatrice. Ils sont effrayés des obstacles démoniaques qu’ils recontrent sur leur route, mais la solidarité des saints et des Liturgies offertes en ce monde leur permet de se rire des obstacles. Car nous vivons tous, tant morts que vivants, d’une seule vie : celle du Seigneur, et d’un seul souffle : celui de l’Esprit.

Vous écrivez :
Il me semblait que le sacrifice servait, une fois le pardon accordé, à laver des souillures du péché puis à diviniser, qu'il était aussi un sacrifice offert pour la gloire de Dieu et enfin le moyen de vaincre le diable.
Disons plutôt que le sacrifice est d’abord offert (par Celui qui offre et qui est offert) pour la gloire de Dieu, et c’est pourquoi il est pour nous, morts et vivants réunis, source de vie.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

Antoine
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Message par Antoine » jeu. 28 déc. 2006 10:47

Steve G a écrit :pourquoi le sacrifice offert du Fils entrainerait-il Dieu à pardonner
ou comme vous l'avez formulé plus haut :
en quoi le sacrifice offert [...] amène Dieu a pardonner
En formulant les choses de cette façon vous vous enfermez dans cette odieuse théologie latine de la justification. A savoir: le Père ayant été offensé d'une façon infinie par la chute, il fallait alors un sacrifice infini à la mesure de son courroux infini pour effacer l'outrage infini. D’où le sacrifice infini de la personne infinie du Fils.
La crucifixion n’est en rien la finalité de l’incarnation.

Pour répondre à votre question ou plus exactement pour vous aider à en sortir, il faut d’abord affirmer que Dieu « n’a besoin » (selon votre terminologie) de rien pour pardonner. Nous sommes déjà pardonnés. Saint Isaac le Syrien nous dit que « le péché est une goutte d’eau dans l’océan de la miséricorde divine ».
Vous parlez «d’entraînement». C’est nous qui devons nous entraîner à accueillir la miséricorde de Dieu et cela n’est pas aussi facile. Accepter le pardon de Dieu demande une grande pratique du repentir, un abandon de sa volonté propre. C’est cette volonté propre qui est la chute elle même : décider seul de ce qui est bien ou mal, substituer sa volonté à celle de Dieu.

Le mystère eucharistique n’est pas un besoin du Père mais il est le mystère par lequel nous participons à la vie éternelle. Par le corps et le sang nous devenons concorporels au Christ. Nous sommes assimilés à son corps, nous devenons un seul corps avec Lui.

Nous sommes inévitablement indignes de communier mais nous pouvons communier indignement dans la dignité ; sinon attention aux phénomènes de rejet sanguin si je puis dire. Si nous communions en toute indignité nous communions pour notre perdition. Il y a la vie éternelle et la mort éternelle.

Les vivants comme les morts se doivent d’accéder à ce mystère, non pas «pour» accéder à la vie éternelle mais parce qu’il est en soi la vie éternelle. La vie éternelle n’est rien d’autre que notre participation au mystère eucharistique. Cette liturgie se réalise aussi bien sur Terre qu’au Royaume. Notre liturgie terrestre est une participation à la liturgie céleste. Comprendre ce mystère demande l’éternité parce qu’il est l’éternité.
Le Christ dans sa prière sacerdotale prie son Père de la façon suivante :
« La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » Jn 17,3
Osty dans ses notes précise que par connaissance, il s’agit d’une connaissance pleine et entière qui implique la possession de l’objet .
C’est par l’eucharistie qu’il nous est donné de «posséder» Dieu.Par la liturgie terrestre nous permettons aux morts d’accéder à la liturgie céleste et d’en approfondir les mystères. Non pas pour que Dieu leur pardonne, mais pour que eux acceptent et puissent vivre de la miséricorde divine.

Vous voyez, pas une seule fois je n'ai employé, dans ma réponse, le terme de "sacrifice". Vous devriez chasser ce mot de votre vie spirituelle.

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