Millénarisme

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Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève »

C'est très simple : Elie et Enoch sont les deux figures de l'A.T. dont il est dit qu'ils furent enlevés au ciel (sur un char de feu) sans passer par la mort. C'est pourquoi on les nomme ensemble, comme s'ils avaient été "mis en réserve" par Dieu pour un destin futur.
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Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos »

Merci Anne-Geneviève!

Avec une recherche plus approfondie sur le net, j'ai trouvé un texte issu d'un site catho qui m'a l'air tout-à-fait correcte :

"Que sont devenus Élie et Hénoch ?

Énoch, ou Hénoch, fils de Jared, est un des premiers patriarches de l’humanité. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, fils de Caïn, petit-fils d’Adam. Le Hénoch dont nous parlons est le sixième descendant d’Adam, né 622 ans après la création de l’homme. Il est père de Mathusalem – mort à 969 ans – et bisaïeul de Noé.

Il ne faut pas penser que la manière de compter les ans était alors différente de la nôtre : l’année a toujours été le cycle des quatre saisons. Seulement, la race humaine était plus près de ses origines et donc plus vigoureuse ; de plus, Dieu maintenait l’homme en vie si longtemps pour que la tradition primitive soit transmise et que la terre se peuple rapidement. Après le déluge, la durée de la vie humaine s’est mise à décroître régulièrement pour se stabiliser rapidement.

Hénoch vécut 65 ans, engendra Mathusalem, puis vécut encore 300 ans. « Il marcha donc avec Dieu et il disparut, parce que Dieu l’enleva », dit le livre de la Genèse [V, 24]. Il n’est donc pas mort, et ce fait est confirmé par le livre de l’Ecclésiastique [XLIV, 16] : « Hénoch fut agréable à Dieu, et il fut transporté dans le paradis, afin de prêcher la pénitence aux nations ». Saint Paul enseigne très nettement la même chose : « C’est par la foi qu’Hénoch fut enlevé, pour qu’il ne vît point la mort, et on ne le trouva plus parce que Dieu l’avait transporté ; car avant son enlèvement il reçut le témoignage d’avoir plu à Dieu » [Heb. XI, 5]. Hénoch a donc survécu au déluge.

Le même sort fut réservé au prophète Élie. Après la mort de Salomon, fils de David, Israël est partagé en deux royaumes [vers 936 avant Jésus-Christ] : d’un côté les tribus de Juda et de Benjamin forment le royaume de Juda ; les dix autres tribus se constituent en royaume d’Israël de l’autre côté.

Dans ce royaume d’Israël, sous le règne d’Achab et de Jézabel, vers 890 avant Jésus-Christ, Élie fut suscité par Dieu pour s’opposer à l’idolâtrie comme un mur d’airain : les souverains avaient en effet introduit le culte de Baal. Après une vie de lutte et de pénitence, Élie fut enlevé sur un char de feu, ainsi qu’il est rapporté dans le quatrième livre des Rois [II, 11] : « Et lorsqu’Élie et Élisée poursuivaient leur chemin et que, marchant, ils s’entretenaient, voilà un char de feu et des chevaux de feu qui les séparèrent l’un de l’autre ; et Élie monta au ciel dans le tourbillon ». Le livre de l’Ecclésiastique rapporte aussi ce fait dans son éloge d’Élie [XLVIII, 9] : « Vous qui avez été reçu dans un tourbillon de feu, dans un char conduit par des chevaux de feu... »

Selon toute la tradition catholique, Élie et Hénoch sont les deux témoins annoncés dans le livre de l’Apocalypse [XI, 3-7] qui doivent venir au temps de l’Antéchrist et mourir martyrs : « Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser pendant mille deux cent soixante jours, revêtus de sacs […] et quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera, et leurs corps seront gisants sur la place de la grande cité. »

Cette tradition s’appuie, pour Hénoch, sur l’annonce que celui-ci doit revenir prêcher la pénitence aux nations [Eccli. XLIV, 16]. Quant à Élie, le prophète Malachie [IV, 5] annonce : « Voici que je vous enverrai le prophète Élie, avant que ne vienne le jour du Seigneur, le grand et terrible jour ». En saint Matthieu [XVII, 11] Notre Seigneur lui-même le confirme : « Élie reviendra et il rétablira toutes choses ».

En attendant de reparaître à la fin du monde pour payer le tribut que chaque homme doit à la mort, Élie et Hénoch ont été transportés dans une partie inconnue de l’univers, semblable au paradis terrestre ; là, ils ne voient pas Dieu face à face comme les élus, mais ont recouvré un état analogue à celui d’Adam et Ève avant le péché originel. Affranchis des conditions actuelles de la vie humaine, ils attendent, dans une grande paix du corps et de l’âme et dans un bonheur qui dépasse toute joie de la terre, le moment de revenir pour confesser Jésus-Christ et de verser leur sang en témoignage de la foi catholique. C’est là le sentiment commun des Pères de l’Église.

Le rappel du destin d’Élie et d’Hénoch doit entretenir en nous l’espérance théologale : l’histoire humaine est tout entière dominée par la souveraine Providence de Dieu. La véritable histoire est cachée."


Lien : http://www.quicumque.com/article-1635190.html
Stephanopoulos

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève »

J'adore la façon dont on comble les silences de l'Ecriture avec une uchronie. Transportés dans un lieu qui ressemble au paradis terrestre ? Qu'est-ce qu'il en sait ?
Pas confondre avec le petit-fils de Caïn ? Ben si, justement. C'est le même et c'est beaucoup plus intéressant si c'est le même vu par deux regards opposés.
Pour ce qui est du décompte des années, c'est peut-être tout bêtement une erreur des scribes davidiques quand ils ont recopié les tablettes archaïques, lisant comme du phénicien des nombres sumériens. Ils s'écrivent pareil mais n'ont pas la même valeur. Mais ces nombres font sens aussi dans le cadre d'une parabole, cette grande parabole qui forme l'essentiel des premiers chapitres de la Genèse.
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Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos »

Merci encore Anne-Geneviève pour vos précieuses interventions! C'est un enrichissement!
Stephanopoulos

Stephanopoulos
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Message par Stephanopoulos »

XB

J'ai trouvé, par hasard, sur le site "pagesorthodoxes.net" une présentation d'un ouvrage d'Alexandre Men intitulé "Au fil de l’Apocalypse" (Traduction du russe par Françoise Lhoest Postface de Maxime Egger). Je n'ai pas encore acheté ce livre, mais je le porte à votre connaissance si toutefois l'un ou l'autre des lecteurs de ce forum serait intéressé par le thème abordé dans ce fil de discussion.

Voici le lien et le texte d'introduction de l'ouvrage sus-mentionné :
http://www.pagesorthodoxes.net/ressourc ... -cadre.htm

« Ne tiens pas secrètes les paroles de ce livre, car le temps est proche », dit l’Ange du Seigneur à Jean de Patmos. Fort de cette injonction, le père Alexandre Men (1935-1990) descelle le rouleau de l’Apocalypse, éclaire ce qui semble obscur et hermétique, mais sans en réduire le mystère. Avec sa profonde connaissance de l’Ancien Testament, il traverse symboles et tableaux pour aller droit à leur signification cachée, spirituelle.

L’Apocalypse n’est pas une prédiction du futur, mais une révélation mystique. Dieu y dévoile le sens intérieur et la finalité ultime de l’histoire du monde et de l’Église : l’avènement de la Cité céleste, la Nouvelle Jérusalem. Il en montre aussi le chemin, tissé de cataclysmes, fléaux, persécutions et combats de tous ordres. Souffrances et luttes inévitables, car jusqu’à la fin, la croissance du royaume de Dieu ira de pair avec celle du royaume de l’Ennemi. Cela dans le monde, le cœur de chacun et jusque dans l’Église, fécondée par le sang des martyrs et la persévérance des saints, mais aussi gangrenée par la tiédeur, l’autosatisfaction ou la quête de pouvoir.

À chaque époque, la Bête prend des visages différents et suscite d’autres maux et malheurs. La nôtre n’y échappe pas, avec ses folies d’empire, ses idolâtries, ses gnoses douteuses, ses catastrophes sociales et écologiques. Pour le père Alexandre, l’Apocalypse, écrite pour tous les temps, s’adresse à chacun de nous.

Le mal, l’injustice et les forces démoniaques n’ont pas fini de régner. Immolé depuis la fondation du monde, l’Agneau sera en agonie jusqu’à la consommation des temps. Mais à la fin, la Lumière l’emportera sur les ténèbres, le Christ vaincra par le glaive de sa Parole et la puissance de son amour. Alors, la Divine liturgie, qui célèbre déjà ce triomphe dans les cieux, s’étendra à toute la terre transfigurée. Cette espérance est le cœur de l’Apocalypse. Ce qui en fait, selon le père Alexandre, le livre le plus lumineux du Nouveau Testament.

La tâche de chaque être humain est de participer, dès maintenant, à cette transfiguration de l’histoire et de la création. En se repentant, restant fidèle à l’Évangile, purifiant sa foi au feu de l’Esprit, mais surtout en répondant à l’appel du Seigneur qui « vient », frappe à notre porte et nous invite à son festin de noces avec l’Église.
Stephanopoulos

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