Mgr Innocent suspend sa participation à l'AEOF ?

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Glicherie
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Mgr Innocent suspend sa participation à l'AEOF ?

Message par Glicherie » lun. 26 mars 2007 15:23

Lu sur orthodoxie.com:

Une déclaration de l’assemblée du doyenné français du diocèse de Chersonèse
Le samedi 24 mars 2007 une assemblée du doyenné français du diocèse de Chersonèse, présidée par Mgr Innocent, s’est tenue à Paris. Après avoir écouté le rapport de l'archevêque Innocent sur la situation au sein de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, elle a décidé d'approuver le communiqué du diocèse de Chersonèse publié le 1er mars 2007 et de rédiger une déclaration. Dans celle-ci, elle recommande à Mgr Innocent et aux responsables de l'Eglise orthodoxe russe de suspendre provisoirement la participation de l'Eglise orthodoxe russe au travail de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France jusqu'à la résolution des difficultés survenues au sein de l'Assemblée.


La déclaration est la suivante:

Déclaration du clergé et des laïcs de l’Église orthodoxe russe en France
Nous, prêtres, diacres, moines et représentants des laïcs des paroisses de l’Église orthodoxe russe en France, réunis le 24 mars 2007 à Paris, avons entendu l’exposé de l’archevêque Innocent de Chersonèse sur les phénomènes négatifs apparus dans le travail de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et sur leurs conséquences néfastes pour la coopération entre orthodoxes et pour l’ensemble du monde chrétien de France. Après avoir délibéré de tous les aspects de cet exposé nous déclarons notre soutien à la position du diocèse de Chersonèse exprimée dans le communiqué du 1er mars de cette année. Ce communiqué fait part de l’inquiétude du diocèse pour les tendances centralisatrices qui se sont manifestées au sein de l’Assemblée, dont la présidence est assurée par les représentants du Patriarcat de Constantinople, et qui font obstacle à l’activité conciliaire fructueuse de cette organisation. Il exprime aussi l’espoir que les difficultés survenues seront rapidement surmontées.

Aujourd’hui, nous constatons avec grand regret qu’au cours du mois dernier la situation non seulement ne s’est pas améliorée, mais n’a fait que s’aggraver, malgré notre désir sincère d’éviter une crise qui pourrait porter atteinte à l’unité orthodoxe et à la collaboration fraternelle entre les Églises orthodoxes locales en France.

Les tentatives de bloquer les initiatives de l’Église orthodoxe russe en France se poursuivent ; elles concernent tout spécialement notre coopération fraternelle avec l’Église catholique romaine. On continue à véhiculer une image négative de l’Église orthodoxe russe. Les affirmations inamicales à l’égard de notre Église et de ses responsables ne cessent d’apparaître dans le SOP qui prétend être l’organe de presse de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France.

Nous sommes profondément inquiets de la situation actuelle. Nous tous, orthodoxes, devons réfléchir à la façon dont nous pouvons continuer à vivre ensemble. Nous sommes tous responsables pour l’avenir de l’orthodoxie en France. Par cette déclaration nous voulons attirer l’attention non seulement du monde orthodoxe, mais aussi de tous les chrétiens de France avec qui nous devons témoigner ensemble des valeurs du christianisme dans le monde contemporain.

Prenant tout cela en considération, nous recommandons de suspendre provisoirement la participation du diocèse de Chersonèse au travail de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France jusqu’à la résolution des problèmes existants. Nous prions l’archevêque Innocent de transmettre à la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe la position du clergé et des représentants laïcs des paroisses du diocèse de Chersonèse en France
.

Je ne suis pas des diocèses dont il est question, et je me demande donc ce qu'il en est de ces problèmes inter-russes ? C'est au départ de l'évêque Basile, aux problème de propriété des églises russes en France que la déclaration fait allusion?

Cela ne met il pas en cause sérieusement le rôle de l'AEOF ?
Que pensez-vous de cette situation ?

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 26 mars 2007 16:18

Ce que je trouve le plus tristement révélateur de la situation actuelle de l'Eglise (pas seulement dans les pays francophones), c'est le passage suivant:
Les tentatives de bloquer les initiatives de l’Église orthodoxe russe en France se poursuivent ; elles concernent tout spécialement notre coopération fraternelle avec l’Église catholique romaine.
Ainsi, la "coopération fraternelle" avec la Papauté semble se passer mieux que les relations avec d'autres Eglises locales. Et, en effet, Constantinople semble s'entendre mieux avec l'ECAR qu'avec Moscou, et Moscou avec l'ECAR qu'avec Constantinople. Où est le plérôme, là-dedans? Où est l'Eglise une, sainte, catholique-concilaire et apostolique du Credo? Où est le Christ?

Coopération, un mot inattendu dans le vocabulaire ecclésiastique... Après tout, la France a bien hérité du néocolonialisme foccartien un "ministère de la Coopération", alors coopérons, coopérons. Même si cette coopération me semble poursuivre des objectifs bien illusoires (cf. déclaration des monastères du Mont Athos du 30 décembre 2006).
Je ne comprends pas pourquoi les Eglises locales poursuivent des chimères d'interventions dans le jeu diplomatique ou politique, au lieu de se consacrer exclusivement à leur mission spirituelle. C'est une attitude qui me surprend d'autant plus qu'elle repose sur une appréciation bien naïve de la situation. Quand on voit le déclin du catholicisme romain dans la société en France, au Québec, en Espagne, aux Pays-Bas, etc., depuis les années 1960, je ne comprends pas que l'on puisse se tourner vers le Vatican pour poursuivre des objectifs plus politiques que religieux de reconstruction d'une chrétienté qui n'a peut-être jamais existé, de réorientation de l'Europe vers ses "racines chrétiennes" et de prêchi-prêcha moralisateur contre les méchants partis politiques laïcisants en oubliant que c'est au triomphe du camp libéral-radical (ou radical-libéral, comme vous voudrez) que l'on doit de pouvoir exercer librement son culte dans toute l'Europe. Toute cette politisation ne ramènera bien sûr pas un seul non pratiquant dans les églises des uns ou des autres, ni ne conduira un seul musulman au baptême.

Pour paraphraser Hervé Bazin dans Vipère au poing, nous ne sommes plus au temps des zouaves pontificaux, ni même au temps des saints triomphes du MRP...

Lors de la guerre du Sonderbund, le camp libéral et radical (c'est-à-dire les partis politiques qui défendent en gros l'idéologie que le Vatican ou l'archevêché d'Athènes ne cessent de dénoncer dans leurs diverses déclarations - car, si l'on parle ici de la situation du patriarcat de Moscou, il faut noter que l'archevêché d'Athènes a depuis quelque temps la même attitude de "coopération fraternelle" dans des questions politico-diplomatiques bien éloignées de la foi chrétienne) a triomphé par les armes du camp catholique-conservateur béni par Pie IX et armé par les Habsbourg et qui avait imprudemment déclenché une guerre civile qu'il fut incapable de gagner. La première conséquence de cette victoire a été que les radicaux ont rétabli la liberté de culte qui avait été supprimée en Valais et brûlé les instruments de torture que les catholiques-conservateurs avaient rétablis dans la procédure pénale à Fribourg. A Saint-Maurice, les recrues que les catholiques-conservateurs avaient voulu embrigader au service du Sonderbund défilaient dans les rues en criant: "A bas les Jésuites! A bas le Sonderbund! Vive la Confédération!"

Enfin, quand j'écris le "camp libéral et radical", freiheitlich und freisinnig, je pourrais tout aussi bien dire le camp libéral, radical et nationaliste, car c'était un tout, il s'agissait de défendre la liberté et les libertés contre l'ennemi intérieur et contre l'ennemi extérieur qui l'armait et le finançait.

A la cruauté de ceux qui avaient déclenché la guerre civile et qui torturaient les soldats fédéraux qui tombaient entre leurs mains, le camp libéral, radical et nationaliste a répondu par la clémence et l'humanité du général Dufour, Helvetiorum Dux. Au règne de l'ignorance, de l'obscurantisme et de la terreur, les libéraux, radicaux et nationalistes ont opposé l'instruction, la prospérité et la liberté même pour leurs adversaires.

Veut-on vraiment nous ramener en arrière?

Et ce fut la fondation d'un Etat moderne qui serait probablement en mesure de donner quelques leçons en matière de développement économique, culturel et social à beaucoup de prélats qui se permettent d'édicter des directives relatives à ce genre de questions sans avoir ni les compétences requises, ni des exemples très glorieux à citer dans les pays qui ont été ou sont sous leur influence.

Cela déplaît peut-être à nos Excellences, mais quand Elles font de grandes déclarations communes contre la sécularisation de l'Europe, ce que cela évoque pour un Suisse, c'est qu'Elles s'attaquent au camp qui a supprimé la torture et établi la liberté de culte. Nos Excellences ne trouveront bien sûr pas grand'monde pour les suivre sur ce terrain. Et, à force de politiser leur discours, Elles courent fort le risque de convaincre une grande partie du public que, si elles parlent tant de politique, c'est peut-être qu'elles n'ont pas grand'chose à dire sur le plan spirituel.

Si les lecteurs veulent un exemple français, qu'ils méditent sur le vote de 1877 contre le "gouvernement des curés" de Mac-Mahon, Broglie, Fourtou, Reille et autres représentants de l'"inséparatisme".


De tels exemples auraient dû vacciner à jamais tout épiscopat - orthodoxe, catholique romain, vieux catholique ou protestant - de se mêler de questions purement politiques. Mais non, depuis quelques années, on nous remet ça, et en plus, dans le cadre d'une complète confusion adogmatique qui n'existait pas en 1847 ou en 1877. Les mêmes fautes conduiront naturellement aux mêmes conséquences, aggravées par le fait que les Européens contemporains ont une soif de vérité spirituelle à laquelle les représentants officiels de l'Eglise, obnubilés par leur jeu politico-diplomatique, refusent absolument de répondre.

Ne nous y trompons pas. La déclaration des moines de l'Athos du 30 décembre 2006, en rappelant la primauté du spirituel et en appelant les primats des Eglises locales à se consacrer à leur travail spirituel plutôt qu'à des manoeuvres politico-diplomatiques, a suscité dans le monde catholique romain des réactions d'une extrême hostilité, comme celle que je relève aujourd'hui sur un forum catholique francophone (ici: docteurangelique.forumactif.com/Theologie-spirituelle-f1/Les-moines-de-l-Athos-contre-la-visite-de-Benoit-XVI-t2716.htm ): "Comme quoi la vie monacale elle aussi peut conduire à la suffisance, l'orgueil et le refus de charité".

Je ne m'étalerai pas sur le fait que l'auteur d'une phrase aussi stupide dans ce contexte ne doit sans doute pas être dépourvu de suffisance (et d'insuffisances) et je me concentrerai sur les raisons qui expliquent, sans le justifier, un pareil degré de violence et de haine à l'égard des saints Pères de l'Athos.

Et je vous épargne ce que j'ai pu trouver sur l'Internet catholique anglo-saxon, bien sûr plus virulent à l'égard de tout ce qui est orthodoxe.


Or, cette déclaration des moines athonites du 30 décembre 2006 a été traduite par M. Jean-Louis Palierne sur le présent forum (ici: viewtopic.php?t=2149 ). Prenons ce passage:
Par la Grâce de Dieu la Sainte Montagne, comme le peupe orthodoxe du Seigneur restent fidèles à la foi des saints Apôtres et des saints Pères, et aussi à l’amour dû aux hétérodoxes qui sont surtout aidés quand les orthodoxes, fermes dans leur position, mettent en exergue l’étendue de leur maladie spirituelle [la maladie des hétérodoxes] et la façon dont ils peuvent en être guéris.


Quand on lit de tels passages de la déclaration des Pères de la sainte Montagne, entièrement empreints d'amour du prochain et de charité, on mesure l'absurdité sur le plan logique d'invectives "fraternelles" comme celle que je viens de citer, osant parler de "refus de charité".

Mais nous ne sommes plus sur le plan de la logique.

En effet, ce sont bien deux conceptions du monde, deux conceptions du christianisme, deux conceptions de la conscience qui s'affrontent.

Le monde comme symphonie de l'Eglise et de l'Etat ou le monde comme théocratie.

Le christianisme comme voie de guérison et fidélité au dépôt que le Christ a laissé une bonne fois pour toutes à l'Eglise orthodoxe, ou le christianisme comme dictature des esprits.

La liberté des enfants de Dieu, ou le principe de soumission à une autorité dont on ne se demande pas si elle est légitime ou non.


Je cite encore un passage éclairant de la déclaration des monastères du Verger de la Toute-Sainte:

C’est pour cette raison qu’il est important d’affirmer l’humilité du comportement de l’Orthodoxie et de rappeler les racines réellement chrétiennes de l’Union européenne, qui étaient celles de l’Europe des premiers siècles, à l’époque des catacombes et des sept Conciles œcuméniques. Il faut souhaiter que l’Orthodoxie ne se charge pas des péchés d’autrui et plus encore qu’elle ne donne pas aux Européens qui ont abandonné le christianisme par réaction aux errances du christianisme occidental, l’impression que l’Orthodoxie lui est identique en oubliant de témoigner qu’elle est la seule Foi authentique en Christ et l’espoir des peuples de l’Europe.
Voilà une affirmation bien argumentée, et à laquelle on ne peut guère répondre que par des invectives. Bien sûr, il n'y a que la vérité qui blesse. Nous sommes une fois de plus confrontés à un combat entre la vision symphonique du monde et la vision théocratique. Mais le problème ici n'est pas celui de certains catholiques romains qui n'arrivent pas à se libérer eux-mêmes et qui s'accrochent à la vision théocratique que l'on a imposée par la contrainte à nos ancêtres, et qu'ils confondent avec une tradition. Je me souviens de ce catholique romain qui m'écrivait qu'il était fier que ses ancêtres aient été fidèles à une erreur. C'est une attitude curieuse, mais ce n'est pas là le problème. Le problème est bien l'attitude des orthodoxes.


Il est en effet déplorable que tant d'évêques et de "théologiens" orthodoxes se rallient aujourd'hui à la vision théocratique, ce qui est d'autant plus absurde qu'elle ne correspond même pas à un héritage historique et qu'elle n'a plus aucune chance de triompher sous une forme chrétienne ou pseudo-chrétienne. Les moines de l'Athos, eux, rappellent la séparation du temporel et du spirituel, insistent sur le fait que l'action de l'Eglise s'inscrit dans le spirituel, et signalent que tous ces rêves de domination théocratique s'effondreront. Ils ne peuvent donc que susciter des réactions extrêmement violentes de la part des tenants de la théocratie médiévale.

Mais nous ne sommes plus au temps d'Innocent III.

Je reviens maintenant à la paraphrase d'Hervé Bazin à laquelle je me livrais ci-dessus. Si certains orthodoxes se rêvent en zouaves pontificaux ou en militants du MRP ou de la DC fanfanienne, ou d'une forme orthodoxe de tout cela, je leur laisse bien volontiers ce douteux honneur.

Pour ma part, je constate que la guerre du Sonderbund recommence maintenant avec d'autres méthodes, et que certains prélats orthodoxes prennent parti dans une querelle qui ne les regarde pas et qui est complètement étrangère à l'ethos orthodoxe.
Qui plus est, il n'est pas besoin d'être grand clerc pour deviner que cette nouvelle guerre du Sonderbund ou ce nouveau coup du Seize-Mai se termineront comme les précédents.

Il vaudrait peut-être mieux servir le Christ et l'Eglise voulue et fondée par Lui, n'est-ce pas?

Sur le fond, à savoir le communiqué de soutien à Mgr Innocent de Chersonèse, je note que le diocèse de Chersonèse s'estime brimé, calomnié et attaqué. Il n'y a dès lors rien de surprenant à ce qu'il défende ses droits, comme tout un chacun. Je ne suis cependant pas trop inquiet.

A mon avis - mais je peux me tromper -, tout le monde se réconciliera assez vite. L'avantage chez nous, c'est que tout finit par des réconciliations. Il faut au moins nous reconnaître ce mérite. Je pense donc que tout cela ne remettra pas en cause le rôle de l'AEOF, et que cela ne sera que quelques vagues à la surface d'une mer calme.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » lun. 26 mars 2007 22:37

Merci de votre réaction, Claude, vous avez dit ce qui me brûlait non les lèvres mais les doigts (avides de taper sur le clavier) et mieux que je n'aurais pu le faire car l'histoire suisse offre des exemples moins ambigus que l'histoire de France.
Je n'ajouterai qu'une remarque. Les Français convertis dispersés dans toutes les juridictions n'ont rien à défendre ni rien à espérer de ces querelles de patriarcats, autre manifestation du tribalisme dont parlait Claude sur un autre fil. Pour ma part j'oscille entre lassitude et colère, oui, une certaine colère devant ces comportements de gamins sur le tas de sable.
Criailleries de Bandar-log, aurait dit Kipling. Mais que des hiérarques orthodoxes, gardiens de la révélation divine, se conduisent avec un tel enfantillage est navrant. C'est ça, le témoignage, à quelques jours de la Semaine Sainte ?
La tentation du pouvoir est vraiment difficile à surmonter...
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Antoine
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Message par Antoine » lun. 26 mars 2007 23:36

La déclaration de l’assemblée du doyenné français du diocèse de Chersonèse a écrit :Aujourd’hui, nous constatons avec grand regret qu’au cours du mois dernier la situation non seulement ne s’est pas améliorée, mais n’a fait que s’aggraver, malgré notre désir sincère d’éviter une crise qui pourrait porter atteinte à l’unité orthodoxe et à la collaboration fraternelle entre les Églises orthodoxes locales en France.
L'expression "les Églises orthodoxes locales en France" est déjà en soi une négation de toute l'ecclésiologie orthodoxe. Il ne peut y avoir en France qu'une seule Eglise orthodoxe locale et non pas des Eglises locales.

"L'AEOF n'est qu'un club de rencontre" disait publiquement feu l'archevêque Serge lors d'un passage en Mayenne au château de Bois Salair.
Les évêques jouent aux apprentis sorciers en remplaçant l'institution sacrée du Synode par une assemblée étrangère à tout canon (dont le président est imposé et n'est même pas élu par ses pairs). L'AEOF n'est pas l'Eglise et ne peut en aucun cas se substituer à l'Eglise. Pour que l'AEOF soit l'Eglise il faut qu'elle se constitue en synode.

Il n'y a qu'une seule solution possible offerte à l'implantation de l'Eglise orthodoxe en France: constitution d'un synode et répartition territoriale avec un seul évêque par diocèse. Tout succédané est systématiquement voué à l'échec car contraire à l'Ecclésiologie et à la Tradition de l'Eglise; toute conciliation avec des hiérarchies pseudo ecclésiastiques étrangères à l'Eglise ne sera qu'une entrave à cette implantation.

Sans synode nous n'irons que d'apostasie en apostasie car il n'existe pas d'Eglise sans synode et pas de foi sans Eglise. L'AEOF, en tant qu'institution, est déjà en soi une apostasie eclésiologique, fruit véreux de l'oecuménisme.

Etonnant également cette position:
Prenant tout cela en considération, nous recommandons de suspendre provisoirement la participation du diocèse de Chersonèse au travail de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France jusqu’à la résolution des problèmes existants.
A-t-on déjà vu une assemblée décider de la participation ou non de son evêque au synode auquel il appartient? Là il s'agit de tout autre chose: de la "participation d'un diocèse". L'AEOF n'est donc pas une assemblée d'evêques mais une assemblée de diocèses. Belle innovation! Une conception nouvelle d'un système qui n'a rien d'ecclésiologique. Vraiment on court à la catastrophe. La lettre d'Alexis II appelant les paroisses de "Tradition Russe" était déjà un non sens ; la constitution des "diasporas" en "assemblées d'évêques" était encore antérieurement un non sens ecclésiologique. On en voit le résultat aujourd'hui: La destruction de l'unité de l'Eglise et donc de l'Eglise elle même. Il n'y a pas d'autre solution de redressement que de se constituer en synode et de restaurer l'Eglise locale dans laquelle doit se fondre toute diaspora (concept d'essence anti orthodoxe) jusqu'à disparition complète.

La citation de P Schmemann extraite de l'Orthodoxie "Juridiction et canonicité en Occident " faite par Ploscaru Mihaela le Sam 10 Mar 2007 9:25 à la rubrique "Saint Grégoire de Narek - Eglise en Arménie"
Trouve ici hélas toute son illustration :
Si la "canonicité" n'est pas autre chose qu'une autosatisfaction pharisaïque et légaliste, si elle a quoi que ce soit à voir avec l'esprit du Christ et la Tradition de Son Corps, l'Église, nous devons ouvertement proclamer que la situation dans laquelle nous vivons est non-canonique à l'extrême, quelles que soient les justifications et raisons que chacun trouve pour sa "position." Car rien ne saurait justifier la cruelle vérité : notre Église est divisée. Certes, il y a toujours eu des divisions et des conflits entre Chrétiens. Mais pour la première fois dans l'histoire, la division appartient à la structure même de l'Église, pour la première fois, la canonicité semble étrangement déconnectée de son "contenu" fondamental et de son but – assurer, exprimer, défendre et accomplir l'Église en tant qu'Unité divinement donnée – en d'autres termes, pour la première fois, on semble trouver normal une multiplicité de "juridictions."
Ce devrait être la tâche essentielle de nos évêques que de revoir cette situation de toute urgence, et cela en âme et conscience, en suivant les charismes reçus lors de leur sacre et non pas en se fiant à leurs assemblées clerico-laïques auxquelles ils font endosser des responsabilités qui ne sont pas les leurs, se dédouanant ainsi de leur propre charge épiscopale.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mar. 27 mars 2007 9:19

Comment s'étonner, dans cette pétaudière, que croissent dans ses marges ecclésioles et groupes divers ? Entre le mal-être généré par ces disputes de diaspora où l'on attend des missionnaires et une véritable Eglise locale et les gratouillis d'indépendance de tel ou tel, encouragé par le manque de repères réellement canoniques...
Une assemblée de diocèses ! Y a-t-il un évêque dans le diocèse ?
Et s'ils savaient à quel point leurs "diasporas" s'en fichent... Avant la chute du mur de Berlin, j'ai connu des Bulgares qui fréquentaient soit l'ECOF (à la bonne époque) soit la crypte de Daru pour ne pas éveiller l'intérêt des espions communistes et ne pas mettre en danger leur famille restée en Bulgarie. Même chose pour des Roumains qui préféraient ne pas être non plus catalogués "hors frontière" pour les mêmes raisons. J'ai vu en province des orthodoxes de toute origine dans les mêmes paroisses, parce que géographiquement plus pratiques. Cela ne facilite pas toujours la vie de la paroisse mais, bon an mal an, elle parvient à se construire.
Faudra-t-il que le peuple reprenne les fourches et les barres à mine pour ramener les évêques sur la voie de la canonicité ?
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Claude le Liseur
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Re: Mgr Innocent suspend sa participation à l'AEOF ?

Message par Claude le Liseur » mar. 27 mars 2007 9:52

Glicherie a écrit :Lu sur orthodoxie.com:

Une déclaration de l’assemblée du doyenné français du diocèse de Chersonèse
Le samedi 24 mars 2007 une assemblée du doyenné français du diocèse de Chersonèse, présidée par Mgr Innocent, s’est tenue à Paris. Après avoir écouté le rapport de l'archevêque Innocent sur la situation au sein de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, elle a décidé d'approuver le communiqué du diocèse de Chersonèse publié le 1er mars 2007 et de rédiger une déclaration. Dans celle-ci, elle recommande à Mgr Innocent et aux responsables de l'Eglise orthodoxe russe de suspendre provisoirement la participation de l'Eglise orthodoxe russe au travail de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France jusqu'à la résolution des difficultés survenues au sein de l'Assemblée.


La déclaration est la suivante:

Déclaration du clergé et des laïcs de l’Église orthodoxe russe en France
Nous, prêtres, diacres, moines et représentants des laïcs des paroisses de l’Église orthodoxe russe en France, réunis le 24 mars 2007 à Paris, avons entendu l’exposé de l’archevêque Innocent de Chersonèse sur les phénomènes négatifs apparus dans le travail de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et sur leurs conséquences néfastes pour la coopération entre orthodoxes et pour l’ensemble du monde chrétien de France. Après avoir délibéré de tous les aspects de cet exposé nous déclarons notre soutien à la position du diocèse de Chersonèse exprimée dans le communiqué du 1er mars de cette année. Ce communiqué fait part de l’inquiétude du diocèse pour les tendances centralisatrices qui se sont manifestées au sein de l’Assemblée, dont la présidence est assurée par les représentants du Patriarcat de Constantinople, et qui font obstacle à l’activité conciliaire fructueuse de cette organisation. Il exprime aussi l’espoir que les difficultés survenues seront rapidement surmontées.

Aujourd’hui, nous constatons avec grand regret qu’au cours du mois dernier la situation non seulement ne s’est pas améliorée, mais n’a fait que s’aggraver, malgré notre désir sincère d’éviter une crise qui pourrait porter atteinte à l’unité orthodoxe et à la collaboration fraternelle entre les Églises orthodoxes locales en France.

Les tentatives de bloquer les initiatives de l’Église orthodoxe russe en France se poursuivent ; elles concernent tout spécialement notre coopération fraternelle avec l’Église catholique romaine. On continue à véhiculer une image négative de l’Église orthodoxe russe. Les affirmations inamicales à l’égard de notre Église et de ses responsables ne cessent d’apparaître dans le SOP qui prétend être l’organe de presse de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France.

Nous sommes profondément inquiets de la situation actuelle. Nous tous, orthodoxes, devons réfléchir à la façon dont nous pouvons continuer à vivre ensemble. Nous sommes tous responsables pour l’avenir de l’orthodoxie en France. Par cette déclaration nous voulons attirer l’attention non seulement du monde orthodoxe, mais aussi de tous les chrétiens de France avec qui nous devons témoigner ensemble des valeurs du christianisme dans le monde contemporain.

Prenant tout cela en considération, nous recommandons de suspendre provisoirement la participation du diocèse de Chersonèse au travail de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France jusqu’à la résolution des problèmes existants. Nous prions l’archevêque Innocent de transmettre à la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe la position du clergé et des représentants laïcs des paroisses du diocèse de Chersonèse en France
.

Je ne suis pas des diocèses dont il est question, et je me demande donc ce qu'il en est de ces problèmes inter-russes ? C'est au départ de l'évêque Basile, aux problème de propriété des églises russes en France que la déclaration fait allusion?

Cela ne met il pas en cause sérieusement le rôle de l'AEOF ?
Que pensez-vous de cette situation ?




Ce n'est pas la première fois qu'un diocèse orthodoxe s'estime bafoué et attaqué par un communiqué publié dans le SOP.
Des faits relativement proches de ceux qui ont poussé le diocèse de Chersonèse à manifester son mécontentement se sont produits il y a déjà huit ans, et c'est Mgr Luka, alors administrateur du diocèse serbe d'Europe occidentale dont il est par la suite devenu l'évêque diocésain, qui avait dû publier une mise au point.
On sait que Mgr Luka a été le seul évêque orthodoxe présent en France depuis saint Jean Maximovitch à prendre position en faveur d'une Orthodoxie autochtone. Il avait dès lors reçu dans l'Orthodoxie un nombre assez conséquent de Gascons et de Languedociens. Cela lui avait valu en retour un communiqué critique publié dans le SOP. Je reproduis ici la réponse claire et nette qu'avait donnée Mgr Luka à l'époque.


"A propos du communiqué adopté par "l'Assemblée des évêques orthodoxes de France" et publié par la revue mensuelle SOP en mai 1999, nous tenons à apporter les précisions suivantes:

1. L'Assemblée des évêques orthodoxes de France est constituée sur la base des "recommandations de la Commission interorthodoxe préparatoire au saint et grand Concile".
2. Dès que l'Eglise orthodoxe serbe a eu connaissance de ce texte, elle a récusé la signature de ce document par ses représentants à Genève, et son concile local annuel a confirmé le refus de l'Eglise orthodoxe serbe de reconnaître la validité de ce texte.
3. Le même concile a interdit à tous les représentants de l'Eglise orthodoxe serbe de signer quelque document que ce soit, sans avoir obtenu préalablement et expressément l'accord de l'Eglise orthodoxe serbe réunie en concile. Le concile a réaffirmé la position de l'Eglise orthodoxe serbe selon laquelle toute signature non autorisée au préalable doit être confirmée par le concile.
4. Ainsi, pour l'Eglise orthodoxe serbe, l'association appelée "Comité interépiscopal" ou "Assemblée des évêques" peut avoir un rôle consultatif, mais non normatif.
5. L'Assemblée des évêques orthodoxes de France, n'ayant jamais été reconnue par l'Eglise orthodoxe serbe, n'est aucunement fondée à se prononcer sur les actes sacerdotaux de l'Evêque de l'Eglise orthodoxe serbe en France.
6. En dehors du cadre de l'association "Assemblée des évêques orthodoxes de France", nous tenons à assurer chacun des évêques orthodoxes appartenant aux Eglises orthodoxes sœurs, ayant juridiction sur le même territoire où nous exerçons la nôtre, de notre entière reconnaissance canonique et liturgique ainsi que de notre amour fraternel en Christ.
7. Nous en profitions pour porter à la connaissance des représentants des Eglises orthodoxes sœurs qu'après une étude approfondie, une observation longue et attentive sur le terrain, après préparation et consultation des personnes compétentes, nous avons reçu dans l'Orthodoxie, par les sacrements du Repentir, de la Confession et de l'Ordination, au sein de notre Diocèse, les personnes suivantes:


[suit une liste nominative de quatre prêtres, quatre diacres, un sous-diacre et cinq lecteurs]

Nous avons également reçu un certain nombre d'autres personnes qui, dans une démarche personnelle, ont exprimé leur désir d'intégrer l'Eglise orthodoxe. Ces personnes ont été admises en tant que simples fidèles.

Nous prions toutes les communautés orthodoxes et toutes les autorités orthodoxes en France d'en prendre bonne note.

A Paris, le 6 mai 1999
Luka
Evêque d'Australie et de Nouvelle-Zélande
Administrateur plénipotentiaire du Diocèse de France et d'Europe occidentale de l'Eglise orthodoxe serbe
"

Extrait de Foi transmise et sainte Tradition, n° 104, Lavardac 1999, p. 5


Chacun pourra dès lors faire la comparaison avec les événements évoqués dans le récent communiqué du doyenné de France du diocèse de Chersonèse.

hilaire
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Message par hilaire » mer. 28 mars 2007 8:06

Anne Genneviève a écrit :Faudra-t-il que le peuple reprenne les fourches et les barres à mine pour ramener les évêques sur la voie de la canonicité ?
ainsi vous plaidez pour la Sainte Insurrection ? pourquoi pas, en ce temps de Carême...

sur le fond je rejoins l'ensemble des réactions, et je trouve que ce que relève Antoine est particulièrement illustrant des limites de l'assemblée, liées à son caractère complètement hors des canons.

Anne Geneviève avait évoqué la fameuse "église bocal". gageons que dans nos bocaux respectifs (ici l'étiquette russe, là la roumaine, ailleurs autre chose), nous sommes là de passer pour des cornichons, d'autant que pour bien les conserver il faut les tremper dans le vinaigre. .. d'où en retour ou par voie de conséquence l'amertume ou l'aigreur (légtime) de certains !

s'agissant des jugements des ultramontains forumesques sur les saints moines de l'Athos, ben nous n'avons qu'à garder les fouches et barres à mine du début, pour un retour à la canonicité de l'ensemble tant qu'on y est !

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » mer. 28 mars 2007 9:29

Je me garderais bien de prêcher la Sainte Insurrection même si quelquefois la main me démange et si je prendrais volontiers un hiérarque pour taper sur l'autre quand ils nous sortent des énormités. J'avais simplement en tête quelques situations historiques où le peuple a rappelé les mitres à une conception plus juste de l'Eglise.
Les fourches et les barres à mine étaient les arguments musclés des moines de l'ancienne et de la nouvelle Laure durant leurs disputes nocturnes sur la christologie, lors des querelles qui suivirent la condamnation de Nestorius. On les a retrouvées avec quelques bâtons et frondes dans la défense des icônes de Constantinople par les simples gens des quartiers populaires. Et j'ai de vagues souvenirs, Claude me corrigera au besoin, que ce type d'argumentaire ne fut pas étranger au soutien apporté par les Grecs "de base" à saint Marc d'Ephèse contre les signataires de l'union de Florence-Ferrare.
Mon cher Hilaire, je partage vos analyses quant au sort des cornichons que nous sommes, semble-t-il, aux yeux de certains.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Glicherie
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Message par Glicherie » jeu. 29 mars 2007 11:29

Lorsque on lit ce qui suit, on peut se demander à quoi cela rime pour les français de se convertir à la vraie foi orthodoxe, puisque pour Monsieur Clément l'Eglise locale est celle Catholique romaine, dont la succession apostolique est reconnue, et qu'il convient juste de confesser ensemble, comme suite aux accords (pseudo-accords) de Balamand "ensemble", après quelques légères mises au point, ladite foi orthodoxe.

Décidément, Constantinople n'est plus une référence stable d'Orthodoxie, préocupée qu'elle semble avant tout par ses tractations diplomatiques avec Rome, pourtant moribonde. Heureusement, la Sainte Communauté du Mont Athos reste un repère fiable pour nous tous, rejettant toute complaisance avec le monde au profit de la Vérité (qui est quelqun, le Christ).

Dieu fasse que les autres Patriarcat ne sombrent pas dans de telles fausses analyses.


lu sur orthodoxie.com, interview d'Olivier Clément:
(extrait)

Une telle solution d'attente permettrait de constituer une Église orthodoxe semi-autonome de manière tout à fait originale, dépendant de plusieurs Églises autocéphales à la fois, mais une Église locale " provisoire " dans l'attente du retour à l'unité avec Rome.Cependant cela ne peut se faire qu'avec l'accord des différentes Églises mères et l'initiative doit venir du patriarche oecuménique dans le respect des prérogatives du service d'unité et de coordination que lui reconnaît la Tradition orthodoxe.


" Il serait irresponsable que les Églises


se concurrencent entre elles "


— N'y aurait-il pas dans un tel projet un motif d'inquiétude pour l'Église catholique ? L'orthodoxie ne serait-elle pas alors en mesure de la concurrencer sur son propre territoire canonique ?


— Sur ce point, en effet, la démarche orthodoxe doit être sans ambiguïté. Le renforcement de l'unité orthodoxe ne peut aller contre la recherche patiente de l'unité des chrétiens dans laquelle notre Église est totalement engagée. Aujourd'hui, à l'ère de la sécularisation et de la résurgence d'un religieux diffus, souvent ambigu, parfois même anti-ecclésial, il serait suicidaire et irresponsable que les Églises se concurrencent entre elles : c'est pourquoi l'Église orthodoxe en France n'a jamais prôné le prosélytisme, bien au contraire, et les passages d'une autre Église vers la nôtre, s'ils sont acceptés par nos pasteurs, le sont parfois avec réticence, toujours avec prudence et avec l'assurance que ces personnes quittent sans hostilité leur Église d'origine. Depuis trente ans (je me souviens du congrès orthodoxe d'Europe occidentale, à Amiens, en 1977), je répète que l'orthodoxie en Occident ne peut avoir que des " structures d'attente ", en prévision du retour à l'unité avec l'Église catholique – l'Église locale de ce pays, en principe – avec laquelle nous ne sommes pas encore en totale communion, mais dont nous reconnaissons la succession apostolique, et aussi avec les Églises protestantes qui sont pour nous une part incontestable du christianisme de cette région du monde.

— Comment une Église orthodoxe de France unifiée pourrait-elle avoir une attitude non concurrentielle envers l'Église catholique ? Ne pourrait-on alors lui reprocher de réaliser ici ce que l'Église gréco-catholique ukrainienne effectue depuis des siècles sur le dos de l'Église orthodoxe en Ukraine ?


— Les contextes sont très différents. Ici, les orthodoxes sont micro-minoritaires, et ils ne célèbrent pas selon le rite et les traditions latines de l'Église catholique. De toute façon, nos deux Églises sont maintenant convaincues, depuis l'accord de Balamand, en 1993, qu'il ne s'agit pas de convertir l'autre, mais de confesser de nouveau ensemble la foi apostolique. Cela étant, pour souligner ce caractère discret et non-concurrentiel de l'orthodoxie en France, il serait important, dans ce projet d'une Église canoniquement unifiée, de continuer à préserver une disposition importante de nos Églises mères : le fait que, symboliquement, elles ne nomment ici aucun évêque orthodoxe avec une titulature locale. C'est à dessein que les évêques orthodoxes en diaspora ont pour titre soit le nom du pays où se trouve leur diocèse soit le nom d'une cité orientale, mais pas d'une ville de nos contrées. Il existe malheureusement des anomalies : l'archevêque Simon " de Bruxelles " et l'évêque Hilarion " de Vienne " (en Autriche), tous deux du patriarcat de Moscou, dont les titres témoignent, à mon avis, d'un manque de conscience oecuménique. Ces inconséquences doivent rester l'exception, si nous voulons être fidèles à l'ecclésiologie des Apôtres et des Pères ; sinon nous ne sommes pas crédibles, et nos récriminations envers les missionnaires catholiques qui travaillent en Russie ne sont pas fondées.


Note: le dernier paragraphe est à hurler!
Mais comme le disent les Saints Canons et les Moines de l'Athos: ou l'Eglise de Rome est orthodoxe et nous n'avons pas à faire d'autre Eglise ici,
Ou elle ne l'est pas, donc n'a pas de "succession apostolique", ses titulatures locales sont donc vacantes, et la seule Eglise du Christ est l'Eglise Orthodoxe, vers laquelle doivent venir tous les chrétiens.
Jusqu'a preuve du contraire, la primauté papale, le filioque, le dogme de l'Immaculée conception, la "grâce créee", les indulgences etc...ne sont pas conformes à la foi orthodoxe.

De quoi nous parle t'on, et se moque t'on de nous ?

Monique
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Message par Monique » jeu. 29 mars 2007 12:19

Quand je lis les propos d’O. Clément, j’ai envie de dire « vive l’ECOF » qui avait du temps où j’y étais un discours beaucoup plus canonique. Et qui n’a pu survivre aussi longtemps qu’à cause de ces discours eocuménisant qui nient nos conversions à l’orthodoxie pourtant si douloureuses.
Je me demande pourquoi O C reste dans l’Eglise Orthodoxe, son choix est la négation même de ce qu’il dit.

Dans la même optique il y a l’article : « Trois tentations de l’orthodoxie contemporaine par le père Pierre Zouev, recteur de l’église Sainte Catherine à Kiev » dans orthodoxie.com qui dit :

« Le troisième défi est celui de l’identité théologique et ecclésiale. Comment enrichir notre théologie et notre vie ecclésiale par l’expérience de l’Occident chrétien et rester orthodoxe dans la manière de vivre et de penser ? Comment assimiler l’expérience d’une autre Eglise et d’une autre pensée théologique, sans trahir sa propre tradition »

La réponse est qu'on ne peut pas, et que rien que poser la question note une déviation de la pensée théologique.

On dirait que les orthodoxes sont devant les confessions occidentales comme des papillons de nuits devant la flamme d’une bougie ; ils vont malheureusement se brûler les ailes.

Heureusement qu’il y a des antidotes à ces discours fallacieux comme le livre de A.S KHOMIAKOV : « L’Eglise latine et le Protestantisme au point de vue de l’Eglise d’Orient »
Je m’en régale.

Monique
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Message par Monique » jeu. 29 mars 2007 13:22

Je complète mon mesage par la citation suivante du livre de Khomiakov:

"Sera-ce à nous de descendre de la hauteur contemplative à laquelle l’Eglise nous élève, dans les bas-fonds du rationalisme et de ses doctrines utilitaires, fabriquées par le schisme ? nos frères d’occident oseront-ils nous y convier ? non, ils n’es feront rien. Eux-mêmes, ils nous, ils nous arrêteraient si nous pouvions tomber dans uns pareille folie ; ils sentiraient que si nous abandonnions le roi de l’Eglise, nous déshériterions toute l’humanité de sa plus glorieuse espérance, et nous lui enlèverions pour toujours la possibilité même de la foi."

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » jeu. 29 mars 2007 15:22

L'ensemble de l'interview d'Olivier Clément m'a fait pleurer, par une telle négation de la théologie, de la vie spirituelle, de la liberté d'avoir une religion et de changer de religion, et même des faits historiques (les Gaules "territoire canonique" de Rome? à défaut de lire des théologiens orthodoxes comme le RP Nicolas Dură, Monsieur Clément pourrait peut-être lire Mgr Duchesne, qui fut prélat de Sa Sainteté Léon XIII...).

Il y a toutefois un passage de l'interview qui m'a plongé dans une grande et bienfaisante hilarité:
Olivier Clément a écrit :De toute façon, nos deux Églises sont maintenant convaincues, depuis l'accord de Balamand, en 1993, qu'il ne s'agit pas de convertir l'autre, mais de confesser de nouveau ensemble la foi apostolique.

Faut-il rappeler ce que Sa Béatitude le patriarche Alexis II de Moscou a déclaré le 1er mai 2006 à propos des accords de Balamand, qui, à en croire Olivier Clément, ont "convaincu" l'Eglise orthodoxe:
S.B. Alexis II, patriarche de Moscou a écrit :Что касается так называемого «Баламандского соглашения», то это – рабочий документ смешанной богословской комиссии, направленный, прежде всего, на предотвращение прозелитической деятельности униатов. Этому тексту никогда не придавалось догматического значения. К сожалению, документ так и не стал для католиков препятствием для насаждения унии и продолжения экспансии на восток.

C'est-à-dire, traduit en français par moi, chétif:
S.B. Alexis II, patriarche de Moscou a écrit :En ce qui concerne le prétendu "accord de Balamand", il s'agissait d'un document de travail d'une commission mixte de théologiens, dans le but, avant tout, d'éloigner les activités prosélytes des uniates. On n'a jamais donné à ce texte une signification dogmatique. Malheureusement, ce document n'a pas été un obstacle pour les catholiques dans leur implantation de l'uniatisme et dans la continuation de leur expansion vers l'Est.
(Cf. ici viewtopic.php?t=1878 pour le rappel du contexte de cette déclaration patriarcale.)


Donc, en clair, version Olivier Clément = "les accords de Balamand ont convaincu l'Eglise orthodoxe", version du patriarche de Moscou = "on n'a jamais donné à ce texte une signification dogmatique".

Peut-être que le professeur Clément fait un peu vite abstraction du patriarche de Moscou quand il prononce des jugements au nom de toute l'Eglise (et même de toutes les confessions, tant qu'on y est). Bref, il va un peu vite en besogne quand il prétend parler au nom de "nos deux Eglises".

Et comme on peut supposer que le public à qui s'adresse l'interview de M. Clément dans le SOP n'ira pas forcément lire la déclaration en russe du patriarche de Moscou, on n'entendra ainsi en pays francophone qu'un seul son de cloche. Mais c'est de l'information, ça, coco!

D'où la première question qui s'impose: le SOP s'exprime-t-il au nom des évêques de France de la même manière que M. Clément s'exprime au nom de "nos deux Eglises"?

hilaire
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Message par hilaire » jeu. 29 mars 2007 15:37

quand le lis les propos d'Olivier Clément, je comprend pourquoi il est à la mode chez les hérétiques !

l'orthodoxie en Occident ne peut avoir que des " structures d'attente ", en prévision du retour à l'unité avec l'Église catholique – l'Église locale de ce pays, en principe – avec laquelle nous ne sommes pas encore en totale communion, mais dont nous reconnaissons la succession apostolique, et aussi avec les Églises protestantes qui sont pour nous une part incontestable du christianisme de cette région du monde.

ben voyons, et aussi l'ECOF l'Eglise celtique, les mormons, et aussi tout ce qui se réfère au Christ tant qu'on y est de près ou de loin !

pour la deuxième partie de développement que je reprend, mes commentaires sont entre parenthèse dans le texte:

De toute façon, nos deux Églises sont maintenant convaincues (celle là c'est la meilleure !!! il a la mémoire sélective ce monsieur), depuis l'accord de Balamand, en 1993, qu'il ne s'agit pas de convertir l'autre, mais de confesser de nouveau ensemble la foi apostolique. Cela étant, pour souligner ce caractère discret et non-concurrentiel de l'orthodoxie en France, il serait important, dans ce projet d'une Église canoniquement unifiée, de continuer à préserver une disposition importante de nos Églises mères : le fait que, symboliquement, elles ne nomment ici aucun évêque orthodoxe avec une titulature locale (en gros l'orthodoxie doit rester un truc d'étranger, pas indigène...). C'est à dessein que les évêques orthodoxes en diaspora ont pour titre soit le nom du pays où se trouve leur diocèse soit le nom d'une cité orientale, mais pas d'une ville de nos contrées. Il existe malheureusement des anomalies : l'archevêque Simon " de Bruxelles " et l'évêque Hilarion " de Vienne " (en Autriche), tous deux du patriarcat de Moscou, dont les titres témoignent, à mon avis, d'un manque de conscience oecuménique (il y a aussi une autre anomalie un Monsieur Clément fait croire à tout le monde qu'il est LE théologien de l'orthodoxie, une forme de césaro papisme théologique..sûrement un gage d'obédience à la chimère de l'église bipulmonaire). Ces inconséquences doivent rester l'exception (et vos propos des anomalies), si nous voulons être fidèles à l'ecclésiologie des Apôtres et des Pères (taisez vous et vous le resterez vous aussi !); sinon nous ne sommes pas crédibles, et nos récriminations envers les missionnaires catholiques qui travaillent en Russie ne sont pas fondées (si si complètement, dans un cas les orthodoxes maintiennent l'Eglise à l'Occident, dans l'autre les schismatiques vont en terre orthodoxe).

ce que je trouve regrettable pour ma part c'est cette obstination à vouloir baisser son froc devant les papistes, ça m'énerve !! c'est pas parce qu'on souhaite que l'orthodoxie soit maintenue en France qu'en retour on doit s'autoriser à laisser s'exporter l'hérésie en terre orthodoxe, c'est un glissement intellectuel sévère, pour ne pas dire que c'est une belle c....rie !

alors effectivement quand on a ce genre de propos tenus par des personnes qui s'inventent une légitimité théologique pour s'autoriser à raconter des âneries (et je dirais qu'orthodoxie.com n'a peut être pas vocation à donner de l'écho à ce genre d'aberrations, sauf à les conspuer)
et que de l'autre côte on trouve des hiérarques qui ne sont pas fichus de s'entendre au nom du Christ, les pauvres cornichons de l'église bocal sont pas aidés !

Si Monsieur Clément voulait faire voeux de silence sur un monastère de la Sainte Montagne...

Ploscaru Mihaela
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Message par Ploscaru Mihaela » jeu. 29 mars 2007 17:54

je le croyais, Olivier Clément, maintenant trop agé pour avoir une expression cohèrente...mais enfin il ne l'est pas encore assez car il garde une cohèrence avec lui et ne change pas...pourtant il devrait songer maintenant à se taire et plus à se tourner vers Dieu...enfin bon je ne préjuge pas de nos échéances mais la sienne n'est pas si loin quand mêmme ...du moins assez proche pour le silence.. Mihaela

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Message par Ploscaru Mihaela » jeu. 29 mars 2007 17:58

car maitre Yoda du mal assez il en a fait et dit " suggère le ptit Jedi

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