Funerailles de Jean-Louis Palierne

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Antoine
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Inscription : mer. 18 juin 2003 22:05

Funerailles de Jean-Louis Palierne

Message par Antoine » dim. 11 nov. 2007 15:30

Les funérailles de Jean-Louis auront lieu mardi à 10 h à l'église serbe 30 r du Simplon, en présence de Mgr Luka, père André Fyrillas, père Serge Sollogoub et père Jivko. Elles seront précédées d'une liturgie à partir de 9h.

Catherinaga
Messages : 6
Inscription : jeu. 01 nov. 2007 21:13

Funérailles de Jean-Louis

Message par Catherinaga » jeu. 15 nov. 2007 15:12

Les funérailles de Jean-Louis furent lumineuses.

Témoin de son itinéraire dans l'orthodoxie, Jean-Louis a rassemblé, à l'église serbe saint Sava de Paris, des fidèles de toutes nationalités : français de souche, grecs, serbes, français d'origine russe, un macédonien...

Les messages qui me sont parvenus sont également nombreux. Ils proviennent de personnes qui n'ont pu se déplacer, d'Athènes, de Thessalonique, de Tartu (Estonie), de Belgrade, de Livry-Gargan, de Bruxelles, de Mercuès, de Ladornac, de Nice etc.

L'Oraison funèbre a été écrite par Mgr Athanase Jevtitch. En voici le texte :

« Oraison accompagnant notre frère Jean-Louis (Palierne)

Bienheureux est le chemin que tu empruntes aujourd’hui, car il prépare pour toi la place du repos, disait tout à l’heure le prokimenon.
Bienheureux est, frère Jean-Louis, le chemin qu’emprunte aujourd’hui ton âme et bienheureuse est la voie que suit ton corps.
C’est le chemin que tu as choisi ou, plus exactement, que le Seigneur t’a montré et donné sur la route de ton existence dans la fugacité de ce monde et de cette vie, pour parvenir à l’éternité du monde et de la vie, le chemin du Seigneur pour lequel le Prophète dit : « Ô Dieu, ton chemin est sainteté ! Ton chemin est parfait – la Parole du Seigneur. C’est la voie sainte, le lieu de ton repos, le lieu de Sa tente » (Ps 77 :14 ; Ps 18 : 31 ; 2 Samuel 22 : 13 ; Ie. 35 :8).
Ton chemin est Celui qu’Il a dit pour Lui : « Je suis le chemin et la vérité et la vie » (Jn 14, 6). C’est le Seigneur et notre salut dans Jésus-Christ, l’éternelle Parole de Dieu, Parole qui est le Seigneur même – l’éternel Logos divin, par lequel tu es créé, et toi et nous tous, et tout ce qui existe, et qui existera éternellement, et par lequel est délimité notre chemin de la vie et celui de la mort, notre venue ici puis notre départ d’ici.
C’est Celui qui est entré dans notre chemin de vie, dans nos chemins de vie à tous, et qui nous a appelés, nous qui voulons croire en Lui pour la vie éternelle (1Tim :1,16), à unir nos routes de vie à Lui, à nous identifier à Lui comme l’unique chemin de la vérité éternelle et de la vie éternelle, le chemin du Salut, le chemin du repos éternel et bienheureux, repos qui est une éternelle existence vivifiante, une éternelle installation dans le Saint des saints, dans Sa skènè, comme on dit en grec, où toi aussi, vivant, tu t’installes aujourd’hui, selon la parole du prophète que nous avons déjà mentionnée.
Pour ce repos, pour cette skènè, tu es parti aujourd’hui avec ton âme mais aussi avec ton corps, car Lui, comme homme, Il est passé personnellement par notre chemin de vie et de mort, et de nouveau de résurrection et de vie éternelle, et comme Dieu-homme Il nous a envoyé ce chemin – « par cette voie qu’ Il a inaugurée pour nous, nouvelle et vivante, à travers le voile (=skènè), c’est-à-dire Son corps » (Héb.10,20). Car ce voile, cette skinija, ce corps c’est Lui, le Même – Christ incarné et fait homme, qui s’est installé en nous, c’est-à-dire qu’Il « S’est fait chair » (Jn.1,14), qu’Il est devenu un véritable corps et une véritable âme, un véritable homme fait d’âme et de corps afin de pouvoir nous incorporer à Lui, nous installer éternellement dans Son corps (Sa skènè), que l’Eglise des premiers-nés aux Cieux (Héb. 12,23) a rassemblé, concentré, unifié, incorporé à lui, comme Fils unique engendré de Dieu, qui est en même temps le Premier-né parmi nous, Ses frères (Rom. 8,29).
Pour cette raison, nous disons et chantons en t’accompagnant : bienheureux est le chemin que tu empruntes aujourd’hui par l’âme et le corps, car tu vas avec le Christ, vers le Christ, tu vas t'installer dans le Christ, qui va t’accueillir avec ton âme dans Son repos, dans Sa céleste skènè, et accueillir ton corps dans sa terre d’où il ressuscitera le dernier et glorieux Jour de son arrivée, de sa Parousie, qui, pour toi et pour nous, a déjà commencée ici sur terre, dans ce monde et cette histoire, quand nous sommes entrés par l’âme et le corps dans son Église – véritable, apostolique, catholique, orthodoxe.
Mais, cher frère Jean-Louis, pourquoi parler de ce que tu as connu mieux que nous, quand, conduit par l’Esprit Saint consolateur, tu as été introduit dans l’Église orthodoxe du Christ, dans la demeure du Père céleste, et quand tu as trouvé en elle des enseignants et des guides capables de te diriger vers le Christ, comme le père Justin (Popovitch) de bienheureuse mémoire, dont tu as traduit admirablement les œuvres en français. Tu as traduit ainsi l’étude inspirée « L’homme et le Dieu-homme » dans laquelle est magistralement présenté et décrit le chemin de l’homme dans le monde et l’histoire, dans notre siècle, de l’homme à Dieu, de l’homme au Dieu-homme, du pécheur au christophore, de l’éphémère à l’éternel, du mortel à l’immortel.
Ton âme s’est réjouie et ton corps aussi quand tu as traduit ces paroles données par Dieu et que le père Justin a écrites dans sa Dogmatique : « Cheminant du non-être vers le tout-être, l’homme marche à travers les merveilleux mystères de Dieu, revêtu des habits enchanteurs de la matière et de l’esprit. Plus il s’éloigne du non-être, plus il s’approche du tout-être, et plus il a soif d’immortalité et d’éternité ».
Tu as continué à suivre le père Justin et tu es arrivé au terme du dernier volume de la Dogmatique : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, sauf la personne du Dieu-homme, le Christ. Elle est la seule chose nouvelle, éternellement nouvelle (...) Et parce qu’elle est éternellement nouvelle et jeune dans sa perfection, la personne du Dieu-homme ne peut être ni échangée ni remplacée. Elle est toujours identique et fidèle à Elle-même. L’Evangile est donc toujours et partout le même, pour les hommes sur la terre comme pour les Anges dans le ciel. Et le Dieu-homme, le Christ, est le Verbe unique, l’Intellect unique, la signification unique de l’homme et de la création. Sans lui, on ne pourrait admettre la moindre théodicée, la moindre justification de Dieu, pour un monde comme le nôtre et pour un homme comme nous le connaissons. D’un point de vue profondément ontologique, le Dieu-homme n’est pas un miracle, c’est une nécessité pour un tel monde et pour un tel homme. C’est pourquoi il est dit dans l’Évangile que Dieu le Verbe incarné est venu chez les Siens (Jn. 1,11). Quel élément peut bien faire que les hommes soient pour Dieu les Siens, sinon leur âme créée à l’image de Dieu? (...) Et lorsque nous confessons le Dieu-homme, nous confessons indirectement l’homme à l’image de Dieu, l’origine divine de l’homme, la grandeur divine de l’homme, et par là la valeur divine et le caractère sacré de la personne humaine.(...) Le combat pour le Dieu-homme est essentiellement un combat pour l’homme. Ce ne sont pas les humanistes, ce sont les hommes de la foi et de la vie divino-humaines qui combattent pour l’homme véritable, l’homme à l’image de Dieu, et à l’image du Christ ».
Pour cet homme, tu as combattu sur ton chemin de vie. Et tu as tenu ce combat jusqu’à la fin. Pour cette raison, bienheureux est aujourd’hui ton chemin vers le Christ et dans le Christ.
Cher Jean-Louis, frère dans le Christ, en accompagnant ton âme du sanctuaire de Saint Sava au sanctuaire céleste, et ton corps dans la terre où il reposera jusqu’à la résurrection des corps, nous prions et nous croyons et nous espérons avec confiance : que là-bas tu rencontreras et saint Sava, et saint Irénée de Lyon, et saint Germain de Paris, et le saint père Justin panorthodoxe, et que le Seigneur t’installera dans la lumière de Sa face, dans Son Royaume, le Royaume du Père, du Fils et du Saint Esprit, de la Trinité de même nature et indivisible, à laquelle reviennent la gloire et la gratitude. Et à toi, notre frère dans le Christ Sauveur, paix à l’âme et au corps et mémoire éternelle dans le Royaume de Dieu, pour lequel nous nous préparons tous et dans lequel nous espérons nous rencontrer bientôt et chanter ensemble : Christ est ressuscité !
Le jour de saint Arsène le Serbe, 2007. »

Chantons avec le onzième Kondakion de l'acathiste pour les défunts :
Maître de Tout Bonté, que s’ouvrent au défunt les portes ensoleillées du Paradis, que viennent à sa rencontre dans l’allégresse les assemblées des justes et des saints, la foule de ses proches et de ceux qui l’aiment, que se réjouissent pour lui Tes Anges porteurs de lumière, qu’il voit aussi Ta Mère, pour toujours Bienheureuse, là où résonne victorieusement : Alleluia !

Catherine Palierne

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