Suite de l'interview donnée par Mgr Nicolas du Banat

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Claude le Liseur
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Suite de l'interview donnée par Mgr Nicolas du Banat

Message par Claude le Liseur » ven. 06 juin 2008 16:32

Suite de la transcription de l'interview du métropolite Nicolas (Corneanu) du Banat sur le site http://www.razbointrucuvant.ro/2008/06/ ... -pare-rau/ .


- Inaltpreasfintia Voastra, dupa ce emotia a trecut, va pare rau pentru acest gest?
- Sincer sa spun, nu-mi pare rau, doar ca regret ca am dat prilej la comentarii din cele mai felurite si, majoritatea, destul de negative. Ar fi trebuit sa calculez foarte bine gestul care l-am facut atunci, dar a fost un gest spontan si, sa zic asa, o comuniune in Hristos pe care am simtit-o, alaturi de ceilalti crestini, pentru ca sunt cu adevarat crestini si ei. Nu ne desparte in fond nimic decat pe plan jurisdictional - acceptarea primatului papal, pe care, sigur, noi o privim cu alti ochi si din alt punct de vedere - dar incolo nu este nici un fel de deosebire intre noi, ne asemanam si ne indentificam din toate punctele de vedere.


Ma traduction:

- Votre Éminence, maintenant que l'émotion est passée, regrettez-vous ce geste?
- À dire vrai, je ne le regrette pas, mais je regrette d'avoir donné l'occasion de commentaires de toute sorte, assez négatifs en majorité. J'aurais dû calculer très bien le geste que j'ai fait, mais c'était un geste spontané, et, pour ainsi dire, une communion que j'ai éprouvé en Christ, entouré par d'autres chrétiens, parce que ce sont eux aussi de vrais chrétiens. Au fond, rien ne nous sépare en dehors de l'aspect juridictionnel – l'acceptation de la primauté pontificale, que nous, nous regardons assurément avec d'autres yeux et un autre point de vue – mais, au-delà, il n'y a aucune différence entre nous, nous nous ressemblons et sommes identiques à tous points de vue.

Mon commentaire:

C'est aussi un passage très intéressant, au point de vue spirituel, de l'interview du métropolite Nicolas Corneanu. Ces réflexions, qui apparaissent comme un vrai petit exposé de spiritualité œcuméniste, me permettent de mieux comprendre des événements vécus des années en arrière, pourquoi je rencontrais des orthodoxes œcuménistes que je n'entendais jamais parler de rien d'autres que de "juridictions". Leur obsession juridique était d'autant plus étonnante que ces gens n'avaient en général que mépris pour le droit civil, comme pour le droit canonique. J'étais étonné de rencontrer ces gens qui n'arrêtaient pas de vous demander à quelle "juridiction" vous apparteniez, qui roulaient des grands yeux terribles en vous parlant des "non canoniques" qui devaient être une espèce de loup-garou à leurs yeux, et qui jamais, jamais, ne parlaient de quoi que ce soit qui fût spirituel ou même religieux.
Je comprends mieux maintenant. Je comprends aussi à quel point l'union est déjà faite entre les néo-uniates du style du métropolite Nicolas du Banat et les néo-catholiques – ce catholicisme contemporain réduit à la seule question de l'autorité du Pape, ce catholicisme prêt à accepter n'importe qui et n'importe quoi pourvu que fût reconnue l'autorité du pontife romain, bref cet anglicanisme à la sauce vaticane, et pas le catholicisme traditionnel qui avait ses dogmes, sa scolastique, sa spiritualité propre, sa façon de voir et de vivre le monde. En effet, les propos de Mgr Nicolas apparaissent comme un reflet de cette pensée devenue prédominante depuis quarante ans à peu près. Mgr Nicolas mentionne comme seule divergence la primauté pontificale. Il n'évoque ni le Filioque, ni les sacrements, ni la conception de la nature de l'Église, ni la question de l'indissolubilité du mariage, ni l'immaculée conception, ni la grâce créée, ni la distinction essence / énergies, ni le purgatoire, ni les caractères particuliers de la vie spirituelle orthodoxe, ni la déification, ni la question du péché originel, ni la synergie, rien de tout cela.
Il est évident que, dans ces conditions, je comprenne que Mgr Nicolas se fasse uniate, mais je crains aussi de ne plus comprendre cette conception de la religion. Il est évident qu'il est beaucoup plus important pour moi de savoir de quelle manière je dois prier, qu'il existe une possibilité de déification en ce monde et quel sera le sort de mon âme après la mort que de savoir qui est le chef de l'organisation administrative à laquelle cette idéologie réduit l'Église. Le Pape plus important que la Trinité, il fallait le faire! Je suis désolé d'avoir fait passer la soif de la Lumière incréée avant les joies de l'organisation politico-administrative. L'Orthodoxie que nous propose Mgr Nicolas Corneanu ne laisse en effet guère de place pour le mode de vie hésychaste. Je crois même que l'Orthodoxie corneanienne n'est plus la même religion que l'Orthodoxie traditionnelle, et, dans ces conditions, son union avec le Vatican est chose naturelle.

La seule question que je me permettrais de me poser cum grano salis, c'est si un catholique romain digne de ce nom se sentirait vraiment plus à l'aise que moi dans une religion réduite à ça.

Et oui, je suis passé à côté de beaucoup de choses. J'aurais dû comprendre que le chemin du ciel passait par l'examen des passeports juridictionnels. J'espère au moins que le métropolite Nicolas du Banat considère aussi que rien ne le sépare de la petite communauté des vieux-calendéristes de Slătioara.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » ven. 06 juin 2008 20:44

Comme j’ai très peu de temps à dispositions – inutile de rappeler mes obligations professionnelles, je ne peux pas traduire d’un seul coup ce véritable manifeste de l’œcuménisme que représente l’interview donnée par le métropolite Nicolas du Banat. En plus, le texte est difficile à traduire, avec certains archaïsmes ; chacun est le bienvenu pour me faire ses remarques et ses corrections, mais je suis sûr de rendre correctement le sens de ces propos extraordinaires à tous les sens du terme.

Transcription de l'interview:

• Danion Vasile:
- Deci Sfintia Voastra, considerati ca v-ati impartasit cu Trupul si Sangele lui Hristos…?
- Da, da!
- …conform documentului pe care l-ati invocat…
- Da.
- Mitropolitul Hierotheos Vlachos, ca multi alti ierarhi de seama ortodocsi contesta documentul respectiv. Mitropolitul Hierotheos Vlachos afirma: „Papistasii nu au preotie, nici taine. Vaticanul nu este biserica, ci un sistem politico-economic situat in afara Bisericii. Iar Papa, cu toti clericii Vaticanului, nu sunt urmasi ai apostolilor. Nu au predania si succesiunea apostolica.” Preasfintia Voastra, ati afirmat despre greco-catolicism, in interviul pe care l-ati dat”Formulei As”: „Crearea Bisericii Greco-catolice a fost o necesitatede ordin istoric pentru romani”. Sfintia Voastra considerati ca a fost necesitate, in timp ce Sfintii Bisericii Ortodoxe au spus cu totul altceva. De exemplu, Sfantul…
- Eu pun problema din punctul de vedere al Ardealului si al romanilor ardeleni, care aflandu-se sub ocupatie straina au vazut in Roma un fel de salvare a originii noastre latine si latino-dacice.
- Perspectiva Sfintiei Voastre, ma iertati, e diferita de perspectiva traditionalista, ortodoxa. Sf Paisie Velicicovski spunea asa: „Uniatia e o aschie desprinsa de la Sfanta Biserica a Rasaritului si unire cu necredincioasa, ca sa nu-i zic biserica, rimeneasca. Uniatia este inselaciunea diavolului si-i vaneaza pe cei nesocotiti intru pierzanie…“. Intrebarea: Cum va raportati la invatatura Sfintilor care sunt foarte categorici? Tocmai a fost canonizat Sfantul Atanasie Todoran, care l-a oprit pe fiul sau sa primeasca Impartasania apostata, intrucat Sfintii Parinti spun ca impartasirea de la eretici este partasie cu diavolul?
- Aceasta a fost, sa zicem, pozitia unora din credinciosii ardeleni care identificau catolicismul, nu atat greco-catolicismul, ci catolicismul cu maghiarismul. Si pentru ca exista ocupatia maghiara care, cunoastem, a avut consecinte negative in constiinta romanilor ardeleni, ei au identificat catolicismul, la vremea respectiva, cu maghiarismul. Dar lumea a evoluat si la ora actuala, iata noi avem relatii foarte bune si cu Ungaria si cu alte comunitati care nu sunt, sa zicem,… romanesti. Lumea a evoluat, istoria a evoluat si cred ca la ora actuala nu ne mai putem intoarce la, sa zicem, perceptiile care le-au avut oamenii in momentul cand istoria era cu totul alta decat cea de astazi.


Ma traduction :

• Danion Vasile:
- Donc, Votre Éminence, vous considérez que vous avez communié au Corps et au Sang du Christ ?

-Oui, oui !

-… conformément au document que vous avez invoqué…

- Oui.

- Le métropolite Hiérothée Vlachos, comme de nombreux autres hiérarques orthodoxes contestent le document en question. Le métropolite Hiérothée Vlachos affirme : « Les papistes n’ont ni sacerdoce, ni sacrements. Le Vatican n’est pas l’Église, mais un système politico-économique situé en dehors de l’Église. Mais le Pape, avec tous les clercs du Vatican, ne sont pas les successeurs des Apôtres. Ils n’ont pas la tradition ni la succession apostolique. » Votre Éminence, vous avez affirmé à propos de l’uniatisme, dans l’entretien que vous avez accordé à « Formula As » : « La création de l’Église gréco-catholique a été une nécessité d’ordre historique pour les Roumains. » Votre Éminence, vous considérez que cela a été une nécessité, alors que les saints de l’Église orthodoxe ont dit tout autre chose. Par exemple, saint…

- Moi, je pose le problème du point de vue de la Transylvanie et des Roumains de Transylvanie, qui, se trouvant sous occupation étrangère, ont vu en Rome une sorte de salut de notre origine latine et latino-dace.

- La perspective de votre Éminence est différente de la perspective traditionaliste, orthodoxe. Saint Païssios Vélitchkovsky disait : « L’Union est une séparation de la sainte Église d’Orient et une union avec l’incroyance – je ne dis pas l’église – romaine. L’Union est la tromperie du diable pour conduire les transgresseurs à leur perdition… » Ma question : comment vous situez-vous par rapport à l’enseignement des saints qui sont très catégoriques ? On a précisément canonisé saint Athanase Todoran, qui a retenu son fils de recevoir la communion apostate, et les saints Pères disent que la communion des hérétiques est la communion avec le diable ?
- Cela a été, disons, la position de certains fidèles transylvains qui identifiaient le catholicisme, pas seulement l’uniatisme, mais le catholicisme, avec le magyarisme. Et parce qu’il y a eu l’occupation hongroise qui a eu, nous le savons, des conséquences négatives dans la conscience des Roumains transylvains, ils ont identifié le catholicisme, à cette époque, avec le magyarisme. Mais le monde a évolué et, à l’heure actuelle, voici que nous avons des relations très bonnes et avec la Hongrie, et avec d’autres communautés qui ne sont pas, disons, … roumaines. Le monde a évolué, l’histoire a évolué, et je crois qu’à l’heure actuelle nous ne pouvons plus revenir à, disons, des perceptions que les gens ont eu à un moment où l’histoire était toute autre que celle de nos jours.



Mon commentaire :

Ce texte est du plus haut intérêt à bien des égards.

1) Le point positif est qu'il n'est jamais question d'uniates, mais bien de gréco-catholiques. Cela veut dire qu'on peut trouver quelque chose de positif au mot « grec » quand son utilisation est recommandée par le Vatican. Il faudra que je le signale au prêtre banatais que je citais tantôt, haut fonctionnaire dans un machin œcuméniste, et qui m'opposait le dogmatisme des Grecs à l'ouverture des traditions banataises. (Il me le disait dans des locaux aimablement prêtés par une communauté grecque, soit dit en passant.) Il faudra que je lui signale qu'il peut désormais songer à utiliser un autre terme que « grec » pour désigner les loups-garous et autres épouvantails qui font obstacle à la marche sublime de son idéologie. Peut-être même en arrivera-t-il à reconnaître qu'il avait un jour été ordonné dans le rit byzantin? J'en frémis d'avance.

2)Le World Council of Churches est désormais bien considéré comme une super – Église, qui édicte ses propres canons au-dessus de ceux de l’Église orthodoxe. Cette thèse, qui était stigmatisée par les orthodoxes œcuménistes comme un fantasme de fanatiques, et qui a conduit les Églises orthodoxes de Bulgarie et de Géorgie à se retirer du World Council of Churches, est pourtant entérinée par le métropolite Nicolas lui-même : cette communion était valide, conformément à un document du World Council of Churches !

3)L’Histoire est récrite en fonction de la sensibilité du moment. Tout le monde sait que la sensibilité latine n’a joué aucun rôle dans la création de l’Église uniate transylvaine, créée par décision des Habsbourg qui n’avaient à ma connaissance rien de latin. Mgr Nicolas semble ignorer le rôle décisif de Mgr Athanase Ange, surnommé « Satanasie », qui s’est surtout rallié à la Papauté dans le but d’obtenir pour son clergé les mêmes privilèges que ceux dont jouissaient le clergé des quatre cultes reconnus par la diète de Turda (en hongrois Torda) – catholique romain, luthérien, calviniste et unitarien. Les orthodoxes n’étaient dans la principauté de Transylvanie qu’une confession « tolérée », et non « reconnue », en pratique maintenue dans un état d’infériorité politique, sociale et civique – par exemple, les orthodoxes n’avaient pas le droit d’habiter dans la plupart des villes. Loin d’obtenir tous les avantages politiques et matériels qu’il escomptait, Mgr Athanase Ange a dû avaler pas mal de fourches caudines – dont la promesse qu’il a signée en 1711, plus de onze ans après sa soumission au Vatican, de réordonner tout son clergé et de rompre toute relation avec la Valachie, ce qui me semble au passage un curieux moyen de servir cette unité nationale dont le métropolite du Banat se gargarise tout au long de son entretien avec la presse. Mgr Nicolas semble n’avoir jamais entendu parler de la résistance nationale et religieuse des orthodoxes roumains de Transylvanie, de Pintea Viteazul (Pintea le Preux), des saints confesseurs de Transylvanie, de l'évêque Joseph Stoica, de la destruction des monastères orthodoxes de Transylvanie par les canons du général Bukow. Le fait d’être le défenseur des traditions banataises ne le dispense pas forcément de connaître l’histoire de la Transylvanie – ou alors qu’il s’abstienne d’en parler.

4) Le dernier passage que j’ai traduit constitue à mes yeux le sommet du phylétisme et de la confusion entre politique et religieux. Que les catholiques romains applaudissent le ralliement du métropolite du Banat, c’est de bonne guerre. Mais qu’au moins ils lisent sur quelles bases se fait un tel ralliement. Que l’état des relations entre la Roumanie et la Hongrie – ce dernier pays étant d’ailleurs un des plus sécularisés du monde, et ne se considérant absolument pas comme le protecteur des uniates du Banat – puisse déterminer la théologie des sacrements est l’une des choses les plus stupéfiantes que j’ai jamais lues. En tout cas, contrairement au métropolite Nicolas Corneanu, je ne pense pas que mon passeport m’accompagnera dans l’au-delà. Et je dis cela en étant nationaliste. Et en n’ayant jamais, contrairement à d’autres, travaillé pour les ennemis de mon pays.

Silouane
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Message par Silouane » ven. 06 juin 2008 23:45

Oui, la chose est claire maintenant. Il est stupéfiant et vraiment incroyable (et pourtant l'histoire nous montre que ce n'est pas nouveau, mais je ne m'en étonne pas moins!) qu'un évêque puisse être si sourd à la voix des saints et si aveugle à la réalité spirituelle. Je ne crois pas mes yeux quand Mgr. Nicolas, au rappel de la position ferme de S. Païssy Vélitchkovsky, de S. Athanase Todoran et des saints Pères, comme s'il n'entendait pas - et entend-il seulement? - répond sur un plan purement historique, ethnique, tout à fait à côté de la question. De la foi des saints, on passe... à "la position de certains fidèles transylvains qui identifiaient le catholicisme (...) avec le magyarisme". Mais quel rapport avec saint Païssy et tous les confesseurs de l'Orthodoxie qui pourtant n'étaient pas transylvains et encore moins confondaient quoi que ce soit? Si encore Monseigneur disait clairement qu'il ne partage pas l'avis des saints Pères, alors il serait plus conséquent. Mais il ne leur répond strictement rien, et c'est le plus triste. A moins qu'il y réponde plus loin dans l'interview, et alors je le découvrirai avec le plus grand intérêt. Merci, lecteur Claude, pour la traduction de cet entretien qui éclaire bien des choses mais est très choquant également.

En Christ,

Silouane (Harald)

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » ven. 06 juin 2008 23:58

C'est aussi toute la sociologie la plus sorbonnarde.
Le monde a évolué, l’histoire a évolué, et je crois qu’à l’heure actuelle nous ne pouvons plus revenir à, disons, des perceptions que les gens ont eu à un moment où l’histoire était toute autre que celle de nos jours.
En d'autres termes, rien ne surpasse la contingence des représentations collectives. La vérité n'est que construction que le siècle suivant peut déconstruire. C'est beau comme du Foucault, du Bourdieu ou du Borch-Jacobsen !
Remarquons aussi que le journaliste lui oppose des saints et qu'il répond avec condescendance "certains fidèles transylvains". La sainteté aussi semble appartenir au monde mouvant des représentations, sans autre perspective. D'ailleurs, il ne supporte pas le terme. Il coupe la parole dès que celui-ci apparaît et ne répond jamais directement à la critique adossée au discours d'un saint reconnu. Cela me rappelle quand même beaucoup les efforts de certains curés de gauche, cathos, pour débarrasser leurs églises des reliques, des pèlerinages et autres rappels de la sainteté. Il y a là comme une calvinisation rampante qui concerne tous les participants du mouvement oecuménique.

Harald a posté pendant que j'écrivais, mais je vois que nous avons été frappés par les mêmes points de ce discours.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Jean-Mi
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Re: Suite de l'interview donnée par Mgr Nicolas du Banat

Message par Jean-Mi » sam. 07 juin 2008 10:42

lecteur Claude a écrit :Suite de la transcription de l'interview du métropolite Nicolas (Corneanu) du Banat sur le site
quel effort, merci encore, car sans vous, ça resterait bien caché.

"Toutes choses cachées seront dévoilées", nous dit le Seigneur - oui, Seigneur, mais à quel prix pour ceux devant lever le voile?...

lecteur Claude a écrit :Et oui, je suis passé à côté de beaucoup de choses.
Il ne vous reste plus qu'à rejoindre le syndicat du clergé Orthodoxe de Roumanie, le syndicat "Bon Pasteur"
http://stmaterne.blogspot.com/2008/06/r ... ontre.html

je me demande ce qui va encore pouvoir s'y inventer. Je vais commander des documents d'inscription à ce syndicat et les faire parvenir à une série de prêtres en Belgique, j'en connais au moins un qui n'hésitera pas.

Une question me turlupine - Nicolas Corneanu a été agent de la Securitate. On en connaît d'autres, dans le clergé roumain en Europe, qui l'ont aussi été. Un groupe de Roumains avec qui j'étais aux cours de théologie m'expliquait que même des années après la chute du dictateur Ceaucescu - le monstre encensé par l'Occident en général et Washington en particulier quand il écrasait son peuple tout en jouant les bons offices entre le Kremlin de Moscou et la White House yanki - ces gens-là bénéficiaient encore d'un soutien quasi militaire redoutable. Et que c'était la raison pour laquelle personne ne s'opposait à eux, à leurs folies aussi. Et on m'avait donné un exemple si précis que je ne peux le répéter sans mettre en danger ceux qui me l'ont donné, car ils étaient liés personnellement au cas et seraient identifiés sur le champs. Paris, Bruxelles ou Bucarest, par avion, c'est si proche..
Dès lors, est-ce que cet "ex" agent de la police politique communiste athée reconvertie aux vertus de l'athéisme européiste n'aurait tout simplement pas la force militaire nécessaire pour que même si tel ou tel du Synode, non-impliqué et non-complice du pouvoir de Ceaucescu, voulait le voir sanctionné, ce dernier ne pourrait prendre le risque de ne fut-ce que le penser, sans se voir recevoir une "visite d'amis lui voulant du bien"?

Notre clergé oecuméniste, qui aime tant le vatican et déteste tant l'Église et ses fidèles, est bien capable d'utiliser les règles canoniques qu'ils bafouent quant à eux, tant qu'il s'agit d'en utiliser certains éléments à l'encontre de fidèles ou clercs "pas très maléables". Alors quid de la part de clergé ex-agent d'un service de torture?

On n'est pas au bout de nos peines.

Kyrie eleison

ps : je n'ai publié l'article sur le syndicalisme presbytéral roumain que par pur goût de la provocation. Je suis moi aussi un salaud réac' dans tous les domaines possibles, et je n'aime que les faits. Un certain comportement de ma part ici même il y a plusieurs années n'était, à bien y réfléchir, que dû à un passage de sentimentalisme pas très réfléchi (excusez le pléonasme) et j'ai vu à quoi ça pouvait mener. Les faits, bon sang, rien que les faits!
Quant au sentimentalisme et aux dangers de l'auto-illusion, je pense que saint Diadoque de Photiki, dans ses "100 Chapîtres", explique très bien tout cela. C'est probablement parce qu'il n'est jamais lu et encore moins cité et probablement même ignoré par nos oecuménistes (mazette, il est dans la Philocalie, ce ramassis poussiéreux et médiéval..) qu'ils ignorent que leur sentimentalisme n'est pas d'origine inspirée de Dieu, mais dans le moins mauvais des cas, simple fruit de leur propre imagination. Et vu les dégâts qu'ils causent au sein de l'Église et leurs incessantes attaques contre les fidèles voulant rester Orthodoxes, je pense que c'est même pire encore question inspiration.

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Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 08 juin 2008 13:24

Suite de l'interview de Mgr Nicolas du Banat.



Remus Radulescu, de la Radio:

- Parinte Mitropolit, vi s-a intamplat in activitatea dumneavoastra liturgica, sa acordati Sfanta Impartasanie unui alt credincios decat ortodox: adica unui greco-catolic sau unui catolic?
- Va marturisesc ca atunci cand slujesc, si puterile fizice ma ajuta, impartasesc si eu pe toti credinciosii.
- Fara sa-i intrebati…
- Nu l-am intrebat pe niciunul nici macar daca s-a spovedit. Pentru ca daca a venit sa ceara Sfanta Impartasanie, am considerat ca aceasta dorinta de a fi impartasit cu Trupul si Sangele Mantuitorului… e bine s-o satisfac.
- Dar vreun cleric din Mitropolia dumneavoastra de alta confesiune - greco-catolic sau romano-catolic - participand sau asistand la o Liturghie ortodoxa s-a impartasit vreodata?
- Nu, nici nu i-am cerut nimanui…
- Nu neaparat, zic, nu s-a intamplat?
- Nu s-a impartasit, pentru ca… nu se punea problema, n-au cerut oamenii, n-au simtit nevoia… Fiecare si-a urmat drumul lui… Asa cum si eu imi urmez drumul meu, n-am facut nicio concesie nimanui din punct de vedere dogmatic sau din alte puncte de vedere… Sunt ortodox, raman ortodox pana la moarte si nu pot sa fiu altceva.


Ma traduction:

Remus Radulescu, de la radio:

- Père Métropolite, vous est-il arrivé dans votre activité liturgique d’accorder la sainte communion à un fidèle d’une autre confession qu’orthodoxe, c’est-à-dire à un gréco-catholique ou un catholique?
- Je vous affirme que quand je célèbre, et que mes forces physiques m’aident, je donne moi aussi la communion à tous les fidèles.
- Sans leur demander...
- Je n’ai même demandé à personne s’il s’était confessé. Parce que s’il est venu pour demander la sainte Communion, j’ai considéré que ce désir de recevoir la communion au Corps et au Sang du Sauveur… il est bon que je le satisfasse.
- Mais un clerc de votre Métroplole d’une autre confession – gréco-catholique ou catholique romain – participant ou assistant à la Liturgie orthodoxe a-t-il communié ?
- Non, je ne l’ai demandé à personne…
- Mais, disons, dans l’absolu, ça n’a pas eu lieu?
- Il n’a pas communié, parce que… le problème ne se posait pas, les gens n’ont pas demandé, ils n’ont pas ressenti le besoin… Chacun a suivi son chemin… De même que moi aussi je suis mon chemin, je n’ai fait aucune concession à personne du point de vue dogmatique ou d’un autre point de vue… Je suis orthodoxe, je le demeure jusqu’à la mort et je ne peux rien être d’autre.



Mon commentaire :

On m’avait naguère appris que l’on pouvait aussi communier pour sa propre perte, mais ce n’est visiblement plus d’actualité. La communion à tout le monde !
Au-delà du fait que j’espère que l’exemple du métropolite Nicolas Corneanu nous autorisera à aller communier chez tout le monde, y compris chez les vieux-calendéristes, les écofiens, et autres groupes si mal vus par ces milieux qui prônent pourtant par ailleurs l’œcuménisme avec des confessions hétérodoxes qui ont de gros milieux financiers, j’espère aussi que les fidèles pourront opposer la réponse du métropolite Nicolas Corneanu chaque fois qu’un prêtre exigera la confession avant la communion.
Pour le reste, on se demande quelle « concession du point de vue dogmatique » le métropolite Nicolas du Banat pouvait encore faire.
Et, le seul point où la position du métropolite Nicolas me choque jusqu’au plus profond de mon âme, mais ce point est en même temps une véritable proclamation de l’idéologie phylétiste et relativiste, de même qu’il est aussi une insulte à l’unité de tous les chrétiens, c’est la proclamation par le métropolite Nicolas qu’il reste « orthodoxe ». Ainsi, être « orthodoxe » n’est vraiment plus qu’une étiquette politique ou publicitaire. J’aurais compris la démarche du métropolite Nicolas annonçant qu’il rejoint officiellement l’Église uniate, car cela aurait été une démarche de conversion, le libre exercice par une personne de sa liberté religieuse. Je ne comprends pas – mais je suppose que c’est encore ce fossé culturel qui me sépare des traditions banataises – que l’on puisse rester à la tête d’un diocèse orthodoxe tout en ayant proclamé une foi qui n’est plus la foi orthodoxe. Et il y a là aussi un certain illogisme. Si, vraiment, l’appartenance ethnique est le seul critère de la vérité, comme le métropolite n’a cessé de le faire comprendre au cours de son interview, et comme ses partisans le proclament bruyamment sur Internet, il est normal que subsiste le diocèse orthodoxe serbe de Timişoara (Темишварска епаржија), correspondant à la fois à une religion différente (ces gens veulent rester orthodoxes) et à une ethnie différente (culture serbe et slavon comme langue liturgique). (J’ai eu l’occasion de visiter à Nagyszentmiklós, aujourd’hui Sânnicolau Mare, le village natal de Béla Bartók, une belle église orthodoxe serbe, et j’ai gardé un très bon souvenir de l’accueil.) En revanche, je ne comprends pas pourquoi subsistent, après la profession de foi du métropolite Nicolas, deux diocèses roumains, tous deux de même foi uniate et de même ethnie. Un de nos canonistes (l’archimandrite Grégoire Papathomas) reprochait aux catholiques romains d’avoir créé une ecclésiologie basée sur le rit, d’où cohabitation sur le même territoire de deux évêques catholiques de rit différent. Mais là, on va beaucoup plus loin dans l’absurde, puisque les deux diocèses, la métropole du Banat et l’éparchie de Lugoj, ont le même rit ! Il faut absolument mettre fin à ce scandale contre l’unité administrative, qui, est comme chacun le sait, la valeur absolue et ultime !
Le métropolite Nicolas a obtenu le soutien d’orthodoxes roumains de premier plan, comme Cristian Bădiliţă, qui dénonce le communisme des adversaires de l’intercommunion avec les uniates. Après toute une vie à droite, me voici pour la première fois taxé de communisme. Avec les saints Pères et tous les mystiques orthodoxes, je suis en bonne compagnie. Et pourtant, je croyais avoir moins fréquenté les milieux communistes que Mgr Nicolas Corneanu dans sa glorieuse carrière. Mais, puisque nous savions que l'anticommunisme est le deuxième critère de la vérité, après l'intérêt national, d'où la fresque représentant George Bush père à l'entrée d'une église, nous ne pouvons que nous incliner devant la finesse de cette argumentation. Si l'anticommunisme est ainsi le seul critère dogmatique avec le chauvinisme ethnique, je me permets humblement de demander quand j'aurais l'occasion de faire consacrer la première église - au Banat, peut-être ? - dédiée à Mgr de Mayol de Lupé, l'aumônier de la division SS Charlemagne.
Comme je ne peux pas passer mes journées à faire des traductions, je vais plutôt me concentrer, dans un prochain message, sur l’argumentation diffusée en français par les orthodoxes roumains partisans de Mgr Nicolas Corneanu, qui me semble quand même un peu moins primaire.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » dim. 08 juin 2008 18:45

Il en reste encore long ? Glicherie pourrait peut-être vous donner un coup de main pour la traduction... ou d'autres roumanophones, s'il y en a sur le forum ?
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Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 09 juin 2008 9:26

Translittération de l'interview:



Razvan Bucuroiu:

- Multumim foarte mult, IPS voastra. Acestea au fost cele cateva intrebari pe care ziaristii si cei prezenti voiau sa vi le adreseze… Eu as vrea sa va mai intreb un lucru, daca ingaduiti:
- Va rog…
- Va asumati pana la capat toate consecintele acestui gest? Si in plan personal si…
- Evident ca da… N-am incotro, l-am facut si nu pot sa-l reneg. E o realitate pe care o recunosc si.. daca va fi sa trag niste consecinte negative, cu voia lui Dumnezeu, le voi trage acele consecinte.



Ma traduction:

Razvan Bucuroiu:
-Merci beaucoup, votre Éminence. C'était les quelques questions que les journalistes et les personnes présentes souhaitaient vous poser… Quant à moi, je voudrais encore vous demander une chose, si vous permettez.
-Je vous en prie…
-Assumez-vous toutes les conséquences de ce geste? Et sur le plan personnel et…
-Bien sûr que si… Je n'ai pas le choix, je l'ai fait et je ne peux le renier. C'est une réalité que je reconnais et… s'il y avait des conséquences négatives, avec la permission de Dieu, je supporterai ces conséquences.


Mon commentaire:

Ceci représente la fin de l'interview donnée le 4 juin. Il faut ensuite que je revienne en arrière pour traduire un long passage que j'ai omis, où Mgr Nicolas du Banat justifie son choix d'aller communier chez les uniates par les applaudissements reçus dans l'église. Une fois ce passage traduit, j'ouvrirai un nouveau fil bloqué avec le texte complet de l'interview et le texte complet de la traduction à la suite – comme je l'avais fait l'année dernière lorsque j'avais traduit la lettre ouverte de l'évêque russe Diomède.
Je suis désolé pour le temps que prennent ces traductions, mais il faut aussi que tout le monde se mette bien dans la tête que, contrairement à ce petit monde qui s'assied sur la chaire de Moïse sans avoir les œuvres de Moïse, je ne vis pas du travail des autres et que j'ai d'autres choses à faire. D'où les délais. Mais j'espère bien avoir mis en ligne la traduction complète pour le 11 juin, jour de la fête des saints martyrs orthodoxes de Chine, vénérés dans les Églises de Constantinople, de Russie et de Grèce, et dont il vaut mieux ne pas même mentionner l'existence dans certaines autres Églises locales. Je pense qu'un délai d'une semaine entre le moment où ce manifeste du relativisme et du sentimentalisme a été publié dans la langue d'origine et le moment où il sera complètement traduit en français – traduction perfectible, bien sûr; seul Benoît XVI est infaillible – représente quand même un net progrès dans la circulation des documents en Orthodoxie par rapport à la situation qui prévalait avant que n'éclosent sur Internet des espaces de libre discussion.

Glicherie
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Message par Glicherie » lun. 09 juin 2008 11:42

Non Anne-Geneviève, désolé car je n'ai ni le temps, ni l'envie de traduire les inepties ayant trait à cette affaire.

Vous savez tous l'origine de mon pseudo et l'attachement que je porte à la communauté du Mitropolit Vlasie. Comme le Père Cleopa, et d'autre, je suis obéissant et donc membre de l'Eglise Orthodoxe et non fidèle de l'Eglise d'ancien style ou encore vetero calendériste. J'en garde néanmoins beaucoup de conceptions.

Comme beaucoup j'attend que le Saint Synode réagisse et mette fin aux dérives tant du Métropolite du Banat que des prêtres syndiqués et autres confusionismes.

Je me demande, ce Métropolite Nicolas, n'est ce pas lui qui a participé aux chirotonies de Jean Kovalevski et Germain de l'Ecof ?

Antoine
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Message par Antoine » lun. 09 juin 2008 13:18

je suis obéissant et donc membre de l'Eglise Orthodoxe
Je ne vois vraiment pas ce que votre obéissance aurait à voir avec cette histoire. A moins que vous ne confondiez hiérarchie ecclésiastique avec hierarchie militaire...
Si quelqu'un est désobéissant dans cette histoire c'est bien le métropolite du Banat qui désobéit à toute l'Eglise depuis sa fondation, à toute sa tradition, qui en trahit la dogmatique et la foi sacramentelle.
et non fidèle de l'Eglise d'ancien style ou encore vetero calendériste.
Le forum n'est pas un organe de ces ecclésioles citées; je ne vois pas, là non plus, l'intérêt de cette remarque injustifiée.
Comme beaucoup j'attend que le Saint Synode réagisse et mette fin aux dérives tant du Métropolite du Banat que des prêtres syndiqués et autres confusionismes.
D'où l'intérêt que l'on n'entende pas que les voix des oecuménistes confusionistes et adogmatiques. J'espère que le Synode de Roumanie aura la clairvoyanve et le courage de déposer le métropolite du Banat. .

Glicherie
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Message par Glicherie » lun. 09 juin 2008 14:16

Il me semblait que je m'étais exprimé clairement, désolé. Je recommance: mes sympathies vont à l'Eglise vétéro calendériste et si je n'en suis pas membre c'est par obéissance.
Cela pour souligner qu' étant tout à fait anti-oecuméniste, cette affaire m'éceure et les propos des pro-Nicolas de Banat m'affligent.
J'attend la même sanction que vous, bien que me faisant guère d'illusions, il est plus probable qu'il sera mis à la retraite anticipée...

Antoine
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Message par Antoine » lun. 09 juin 2008 16:11

OK, là je vous comprends.

Glicherie
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Message par Glicherie » lun. 09 juin 2008 17:34

Le Père Justin Pârvu a envoyé une lettre ouverte à Sa Béatitude le Patriarche Daniel concernant cette terrible affaire de la communion uniate du Métropolite Nicolas.
Lecteur Claude, pardon, je vais traduire mais pas tout de suite. Je met néanmoins le texte en VO si vous ou quelqu'un d'autre êtes plus rapides.
Le sujet a été inscrit d'urgence à l'ordre du jour du Synode permanent le 6 juin, comme l'a dit Lecteur Claude.
Père Justin est un duhovnic tout de même bien plus écouté en Roumanie que ne l'est IPS Nicolae .

SCRISOARE DESCHISĂ




CĂTRE SFÂNTUL SINOD AL BISERICII ORTODOXE ROMÂNE




Nr.4090/3 Iun 2008
În atenţia Preafericitului Părinte Daniel – Patriarhul Bisericii Ortodoxe Române




Preafericite Părinte Patriarh,




Cu fiască supunere dar şi cu adâncă îndurerare vă adresez această scrisoare eu, nevrednicul şi cel mai mic între slujitorii celei Una, Sfântă, Sobornicească şi Apostolească Biserică.

Un fapt cutremurător a zguduit şi a derutat întreaga ortodoxie românească. Faţa ortodoxiei s-a pătat astăzi ruşinos, printr-un fapt unic în ultimii trei sute de ani de dăinuire a Sfintei noastre Biserici, prin gestul neortodox al fratelui nostru de suferinţă, Înalt Preasfinţia Sa Mitropolitul Nicolae Corneanu. Şi dacă actul necanonic al uniaţiei din Transilvania de acum trei secole a îndurerat ortodoxia, acum şi mai mult, din moment ce atunci poporul nostru suferea greaua asuprire străină, iar acum - nesiliţi de nimeni - ne facem părtaşi ereziei papistaşe.

Preafericirea Voastră, nu sunt eu în măsură şi nu îndrăznesc să reamintesc unui întâistătător al Bisericii sfintele canoane şi predania sfintei noastre Biserici Ortodoxe. Le cunoaşteţi şi vi le însuşiţi, de asemenea, prea-bine. Însă mă mustră cuvintele ferme ale marelui între sfinţii şi patriarhii noştri, Sfântul Ioan Gură de Aur, luminătorul a toată lumea, când spune: „Să nu fim părtaşi faptelor necurate ale întunericului, ci mai degrabă, mustraţi-le pe faţă” – şi nu pot să tac, văzând cum un înalt mitropolit al nostru, vechi de zile şi cu atâta experienţă, se împărtăşeşte cu cei ce au apostat de la dreapta credinţă. Aici, după cum bine-ştiţi, se încalcă grav canonul 46 apostolic, care spune clar: „Episcopul, sau prezbiterul, ereticesc botez primind, sau jertfă, a se caterisi poruncim. Că ce conglăsuire este lui Hristos cu Veliar? Sau ce parte are credinciosul cu necredinciosul?” De asemenea, canonul 45, care spune: „Episcopul, sau prezbiterul, sau diaconul, împreună cu ereticii rugându-se, să se afurisească numai; Iar de au dat lor voie ca unor clerici a lucra ceva, să se caterisească”. Dar nu numai atât. Se ştie că uniatismul şi, prin urmare greco-catolicismul, a fost nu numai un atentat asupra purităţii sfintei noastre ortodoxii, ci a fost un atentat şi asupra fiinţei şi unităţii neamului românesc. Un astfel de gest al unui mitropolit ortodox nu face decât să reînvie această neagră pagină din istoria poporului nostru.

Poporul nostru, de-a lungul istoriei, a ştiut să convieţuiască paşnic cu toate religiile lumii, însă nu a acceptat niciodată ştirbirea propriei credinţe. Noi am nădăjduit că acest dialog ecumenic, pe care Biserica noastră îl poartă de la o vreme încoace, să fie rodnic, paşnic şi fără apostazii. Dar iată care sunt roadele lui acum. Acest gest nu face decât să ducă la scindare şi nicidecum la o unitate întemeiată în adevărul Sfinţilor Părinţi.

Dureros, Preafericirea Voastră, foarte dureros. În istoria Bisericii noastre au mai fost căderi ale clerului nostru, cum s-a întâmplat în perioada uniaţiei, când 80% din preoţi au acceptat compromisul, lepădându-şi sfânta lor credinţă. Să nu creăm ca şi atunci sminteală în rândul credincioşilor noştri.

Preafericirea Voastră, acum când neamul nostru este din nou ameninţat cu destrămarea, când Transilvania, Bucovina şi Basarabia sunt atât de râvnite de cei răuvoitori şi răucredincioşi, când peste ortodoxia noastră au năvălit fel şi fel de obiceiuri păgâne, cum ar fi homosexualitatea, avorturile, când sfintele icoane nu mai au loc în clasele copiilor noştri, vă rugăm, pentru sângele atâtor mucenici şi martiri ai neamului nostru, vărsat pentru apărarea credinţei şi a acestui neam, să luaţi atitudinea necesară, ca acest episcop să fie pedepsit, nu după părerea mea, ci în conformitate cu canoanele şi predania Sfinţilor noştri Părinţi, spre pocăinţă şi îndreptare şi spre lauda sfintei noastre Biserici. În puterea Sinodului pe care îl păstoriţi stă să nu lase să se sfărâme unitatea Bisericii noastre.

De aceea vă rog, Preafericirea Voastră, să supuneţi atenţiei Sfântului Sinod al Bisericii Ortodoxe Române această problemă, cât mai urgent, în cadrul discuţiilor ce vor avea loc în prima şedinţă a Sfântului Sinod. Această situaţie nu suferă amânare. Nu lăsaţi ca turma să se destrame şi mânia lui Dumnezeu să vină asupra acestui neam.




Cu plecăciune şi adânc respect,

Protos. Justin Pârvu

1 iunie 2008

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 09 juin 2008 17:45

Glicherie a écrit :Le Père Justin Pârvu a envoyé une lettre ouverte à Sa Béatitude le Patriarche Daniel concernant cette terrible affaire de la communion uniate du Métropolite Nicolas.
Lecteur Claude, pardon, je vais traduire mais pas tout de suite. Je met néanmoins le texte en VO si vous ou quelqu'un d'autre êtes plus rapides.

SCRISOARE DESCHISĂ




CĂTRE SFÂNTUL SINOD AL BISERICII ORTODOXE ROMÂNE




Nr.4090/3 Iun 2008
În atenţia Preafericitului Părinte Daniel – Patriarhul Bisericii Ortodoxe Române




Preafericite Părinte Patriarh,




Cu fiască supunere dar şi cu adâncă îndurerare vă adresez această scrisoare eu, nevrednicul şi cel mai mic între slujitorii celei Una, Sfântă, Sobornicească şi Apostolească Biserică.

Un fapt cutremurător a zguduit şi a derutat întreaga ortodoxie românească. Faţa ortodoxiei s-a pătat astăzi ruşinos, printr-un fapt unic în ultimii trei sute de ani de dăinuire a Sfintei noastre Biserici, prin gestul neortodox al fratelui nostru de suferinţă, Înalt Preasfinţia Sa Mitropolitul Nicolae Corneanu. Şi dacă actul necanonic al uniaţiei din Transilvania de acum trei secole a îndurerat ortodoxia, acum şi mai mult, din moment ce atunci poporul nostru suferea greaua asuprire străină, iar acum - nesiliţi de nimeni - ne facem părtaşi ereziei papistaşe.

Preafericirea Voastră, nu sunt eu în măsură şi nu îndrăznesc să reamintesc unui întâistătător al Bisericii sfintele canoane şi predania sfintei noastre Biserici Ortodoxe. Le cunoaşteţi şi vi le însuşiţi, de asemenea, prea-bine. Însă mă mustră cuvintele ferme ale marelui între sfinţii şi patriarhii noştri, Sfântul Ioan Gură de Aur, luminătorul a toată lumea, când spune: „Să nu fim părtaşi faptelor necurate ale întunericului, ci mai degrabă, mustraţi-le pe faţă” – şi nu pot să tac, văzând cum un înalt mitropolit al nostru, vechi de zile şi cu atâta experienţă, se împărtăşeşte cu cei ce au apostat de la dreapta credinţă. Aici, după cum bine-ştiţi, se încalcă grav canonul 46 apostolic, care spune clar: „Episcopul, sau prezbiterul, ereticesc botez primind, sau jertfă, a se caterisi poruncim. Că ce conglăsuire este lui Hristos cu Veliar? Sau ce parte are credinciosul cu necredinciosul?” De asemenea, canonul 45, care spune: „Episcopul, sau prezbiterul, sau diaconul, împreună cu ereticii rugându-se, să se afurisească numai; Iar de au dat lor voie ca unor clerici a lucra ceva, să se caterisească”. Dar nu numai atât. Se ştie că uniatismul şi, prin urmare greco-catolicismul, a fost nu numai un atentat asupra purităţii sfintei noastre ortodoxii, ci a fost un atentat şi asupra fiinţei şi unităţii neamului românesc. Un astfel de gest al unui mitropolit ortodox nu face decât să reînvie această neagră pagină din istoria poporului nostru.

Poporul nostru, de-a lungul istoriei, a ştiut să convieţuiască paşnic cu toate religiile lumii, însă nu a acceptat niciodată ştirbirea propriei credinţe. Noi am nădăjduit că acest dialog ecumenic, pe care Biserica noastră îl poartă de la o vreme încoace, să fie rodnic, paşnic şi fără apostazii. Dar iată care sunt roadele lui acum. Acest gest nu face decât să ducă la scindare şi nicidecum la o unitate întemeiată în adevărul Sfinţilor Părinţi.

Dureros, Preafericirea Voastră, foarte dureros. În istoria Bisericii noastre au mai fost căderi ale clerului nostru, cum s-a întâmplat în perioada uniaţiei, când 80% din preoţi au acceptat compromisul, lepădându-şi sfânta lor credinţă. Să nu creăm ca şi atunci sminteală în rândul credincioşilor noştri.

Preafericirea Voastră, acum când neamul nostru este din nou ameninţat cu destrămarea, când Transilvania, Bucovina şi Basarabia sunt atât de râvnite de cei răuvoitori şi răucredincioşi, când peste ortodoxia noastră au năvălit fel şi fel de obiceiuri păgâne, cum ar fi homosexualitatea, avorturile, când sfintele icoane nu mai au loc în clasele copiilor noştri, vă rugăm, pentru sângele atâtor mucenici şi martiri ai neamului nostru, vărsat pentru apărarea credinţei şi a acestui neam, să luaţi atitudinea necesară, ca acest episcop să fie pedepsit, nu după părerea mea, ci în conformitate cu canoanele şi predania Sfinţilor noştri Părinţi, spre pocăinţă şi îndreptare şi spre lauda sfintei noastre Biserici. În puterea Sinodului pe care îl păstoriţi stă să nu lase să se sfărâme unitatea Bisericii noastre.

De aceea vă rog, Preafericirea Voastră, să supuneţi atenţiei Sfântului Sinod al Bisericii Ortodoxe Române această problemă, cât mai urgent, în cadrul discuţiilor ce vor avea loc în prima şedinţă a Sfântului Sinod. Această situaţie nu suferă amânare. Nu lăsaţi ca turma să se destrame şi mânia lui Dumnezeu să vină asupra acestui neam.




Cu plecăciune şi adânc respect,

Protos. Justin Pârvu

1 iunie 2008
Là, sur le coup, je ne risque pas de vous faire concurrence!
J'ai déjà trop de peine à finir la traduction des extravagances du métropolite Nicolas du Banat.
Je m'attends déjà au déchaînement des partisans de Mgr Nicolas sur le site cornéaniste: "obscurantiste", "mystico-gazeux", "l'hésychasme n'est qu'une spiritualité comme une autre", en espérant encore que le RP Justin Pârvu ne soit pas Moldave, qu'il ne pratique aucune mystique, qu'il n'ait pas de liens avec la Russie et qu'il n'ait jamais vécu au mont Athos, parce que voilà trois choses pour lesquelles la tolérance pourtant théoriquement infinie des cornéanistes est singulièrement limitée, si l'on en juge par leurs propos sur Internet depuis deux semaines.
Ce qui est beaucoup plus intéressant, soit dit en passant, que l'absence de sanctions qui frappera le métropolite du Banat, c'est de voir quelles seront les sanctions infligées au RP Justin pour avoir écrit cette lettre ouverte.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 09 juin 2008 20:33

Ce passage se situe après le premier passage que j'ai traduit.

Texte de l'interview

Teologul Radu Preda de la Cluj:

- Am vorbit si eu cu cativa prieteni timisoreni, artisti, oameni ai Bisericii, chiar si teologi, unul dintre ei chiar preot, care au inteles - si inteleg marturia pe care ati depus-o aici, in fata noastra - ca a fost un gest personal, a fost, daca vreti, o “comotie” a unei persoane care in mijlocul unei comunitati rugatoare, practic nu a putut refuza invitatia de a duce pana la ultima consecinta aceasta stare de comuniune. Va inteleg foarte bine, din punct de vedere psihologic, daca vreti. Insa intrebarea este urmatoarea: Dvs erati acolo ca Mitropolit al Banatului. Practic reprezentati Biserica locala. Cum le veti raspunde timisorenilor sau banatenilor si, prin extrapolare, nu fantezista, ci foarte reala, ortodocsilor - nu numai romani (stirea aceasta a facut deja inconjurul lumii panortodoxe) - cum veti raspunde astfel incat sa ia partea buna, daca exista una, din acest gest, astfel incat sa evitam, pe cat posibil, ca acest capitol al dumneavoastra sa ramana de fapt o sminteala. In ce masura aveti la indemana criteriile teologice incat sa faceti distinctia intre un gest personal, constructiv, profetic, il numim cum vreti si, pe de alta parte, o sminteala care, pana la urma urmei, stiti ce ne costa, Inaltpresfintite? Ne costa o polarizare inutila in interiorul Bisericii intre ecumenisti si traditionalisti. Daca presa pana acuma miza pe o polarizare, de obicei miza prosteste, din lipsa de cunostinte, din graba, din superficialitate, iata ca acum eu ca teolog si om al Cetatii, vad ca practic nu mai am raspunsuri. Intr-adevar avem de a face cu o polarizare in Biserica. Deci cum raspundeti la acest tip de nu de lectura negativa, ci realmente de receptare?


- Ca raspuns la aceasta intrebare as vrea sa va relatez ca, fara a fi fost provocat, Duminica urmatoare, in Catedrala noastra Mitropolitana, la sfarsitul Sfintei Liturghii, m-am adresat credinciosilor relatandu-le cele ce s-au intamplat. Nimeni nu mi-a cerut o explicatie, dar pentru ca am aflat eu de comentariile care se faceau, sa zic asa, in afara, m-am adresat credinciosilor, relatandu-le ceea ce s-a intamplat. Si va marturisesc ca reactia crediniciosilor - catedrala a fost plina - a fost o reactie pozitiva, in sensul ca numai ca nu m-au aplaudat. Eu i-am rugat sa nu faca niciun astfel de gest, dar incepusera sa aplaude. Si le-am spus ca ii rog ca in Biserica sa nu faca asa ceva! Dar reactia lor a fost pozitiva. Si daca imi permiteti, exista un sentiment de fratietate - acuma, la ora actuala, i se zice ecumenism, eu ii zic de fratietate, care l-au simtit mereu, tot timpul credinciosii din zona in care imi desfasor eu activitatea, ca sa nu zic din Banat si au fost, permiteti-mi sa spun, incantati de gestul meu. Am primit si reactii in scris, am fost vizitat de credinciosi care toti mi-au adresat cuvinte de apreciere. Asta a fost reactia credinciosilor, pentru ca m-ati intrebat de pozitia lor.

- Si credinciosii care vor continua sa va intrebe cum vedeti pastoral situatia? Pentru ca daca acei credinciosi care vad in asta o sminteala, cum le raspundeti acelora? Nu celor care, sa zicem asa, sunt fani ai intercomuniunii, ci celor care au nelamuriri teologice? Pentru ca inteleg ca Dvs aveti o viziune foarte coerenta, o inteleg, fara sa o pot accepta, bineinteles, integralitatea ei, dar raspundeti acestora, pastoral? Ii puteti sfatui pe credinicosii Dvs. sa mearga la orice biserica, nu conteaza la care, pentru ca oricum Euharistia este peste tot aceeasi? Pastoral, ca pastor, ca Mitropolit al locului…

- …. nici nu le voi interzice, dar exista acest sentiment de comuniune intre credinciosii pe care eu ii pastoresc, sentiment (pe) care l-am imprumutat si eu de la ei, care ni l-am comunicat unii altora de ani de zile si acest sentiment il au si ei. N-am avut, sa zic asa, niciun cuvant de repros din partea nimanui, ci dimpotriva, cand unii dintre cei care au urmarit presa sau care au mai aflat cate ceva din comentariile care s-au facut, au venit la mine sa imi spuna: „Va laudam, va apreciem pentru tot ceea ce ati facut, va admiram!” Am ramas, va marturisesc, foarte emotionat de reactia aceasta a credinciosilor.


Ma traduction:

Radu Preda, théologien, Cluj-Napoca

- J'ai parlé moi aussi avec quelques amis de Timişoara, des artistes, des hommes d'Église, même des théologiens, même un prêtre parmi eux, qui ont compris – et je comprends le témoignage que vous avez donné ici, en face de nous – que cela a été un geste personnel, que cela a été, si vous voulez, une "commotion" d'une personne qui, au milieu d'une communauté en prière, n'a pu refuser en pratique l'invitation de mener jusqu'à son ultime conséquence cet état de communion. Je vous comprends très bien, du point de vue psychologique, si vous voulez. La question est la suivante: Vous étiez là-bas comme métropolite du Banat. En pratique, vous représentez l'Église locale. Comment répondrez-vous aux habitants de Timişoara ou du Banat, et par une extrapolation, non pas fantaisiste, mais très réelle, aux orthodoxes – pas seulement roumains (cette nouvelle a déjà fait le tour du monde panorthodoxe) – comment répondrez-vous comment voir le bon côté, s'il y en a un, de ce geste, de telle sorte que nous évitions, autant que possible, que ce chapitre demeure de fait une erreur. Dans quelle mesure avez-vous saisi des critères théologiques afin de faire la distinction entre d'une part un geste personnel, constructif, prophétique, nommez-le comme vous voulez, et d'autre part, une erreur, dont vous savez ce qu'elle nous coûte à la fin, votre Éminence? Cela nous coûte une polarisation inutile à l'intérieur de l'Église entre œcuménistes et traditionnalistes. Si jusqu'à présent la presse joue sur une polarisation, d'habitude elle joue bêtement, par manque de connaissances, par hâte, par superficialité, voici que maintenant, en tant que théologien et homme de la Cité, je vois qu'en pratique je n'ai plus de réponses. En fait nous avons affaire à une polarisation dans l'Église. Donc, comment répondez-vous à ce genre, non de lecture négative, mais réellement de réception?

- Comme réponse à cette question je voudrais vous rapporter, que, sans que cela ait été provoqué, le dimanche suivant, dans notre cathédrale métropolitaine, à la fin de la sainte Liturgie, je me suis adressé aux fidèles en leur racontant ce qui s'était passé. Personne ne m'a demandé d'explications, mais comme j'étais au courant des commentaires que l'on faisait, disons, à l'extérieur, je me suis adressé aux fidèles, en leur racontant ce qui s'était passé. Et je vous assure que la réaction des fidèles – la cathédrale était pleine – a été une réaction positive, en ce sens qu'ils m'ont applaudi. Et moi je les ai prisé de ne faire aucun geste de la sorte, mais ils avaient commencé à applaudir. Et je leur ai dit de prier à l'église et de ne rien y faire d'autre! Mais leur réaction a été positive. Et, si vous me permettez, il existe un sentiment de fraternité – maintenant, à l'heure actuelle, on dit œcuménisme, moi je parle de fraternité, que j'ai toujours ressenti, tout le temps les fidèles de la zone dans laquelle je déploie mon activité, pour ne pas dire du Banat, ont été aussi, permettez-moi de le dire, enchantés de mon geste. J'ai aussi reçu des réactions par écrit, j'ai été visité par des fidèles qui m'ont tous adressé des paroles d'estime. Telle a été la réaction des fidèles, puisque vous m'avez demandé leur position.
- Et les fidèles qui vont continuer à vous demander comment vous voyez la situation pastorale? Parce que s'il y a ces fidèles qui voient dans cela une faute, comment leur répondez-vous? Pas à ceux qui, pour ainsi dire, sont des fans de l'intercommunion, mais à ceux qui ont des questions théologiques? Parce que je comprends que vous avez une vision très cohérente, je la comprends, sans pouvoir l'accepter, bien entendu, dans son intégralité, mais que répondez-vous à ceux-là, sur le plan pastoral? Pouvez-vous conseiller à vos fidèles d'aller à n'importe quelle église, peu importe laquelle, parce que de toute façon l'Eucharistie est partout la même? D'un point de vue pastoral, comme pasteur, comme métropolite de l'endroit…
- … je ne le leur interdirai pas, car il existe ce sentiment de communion entre les fidèles dont je suis le pasteur, sentiment que je leur ai aussi emprunté, que nous nous sommes communiqué les uns aux autres depuis des années et ce sentiment je l'ai aussi. Je n'ai pas eu, pour ainsi dire, aucun mot de reproche de la part de personne, mais au contraire, quand certains de ceux qui ont suivi la presse et qui ont entendu les commentaires qui ont été faits, sont venus me voir pour me dire: "Nous vous louons, nous vous apprécions beaucoup pour tout ce que vous avez fait, nous vous admirons!" Je suis resté, je vous l'assure, très ému par cette réaction des fidèles.


Mon commentaire:

1)Il est intéressant de constater que le journaliste interroge le métropolite Nicolas Corneanu avec beaucoup de compréhension, voire de complaisance. C'est cette interview que les cornéanistes, jamais à court d'exagérations, ont osé comparer au procès du Christ devant le Sanhédrin. Cela en dit long. Ils ne peuvent même pas tolérer que vous ne soyez qu'à 99% avec eux.

2)Très intéressante, cette idée que lorsqu'on se trouve au milieu d'une communauté en prière, il est pratiquement impossible de ne pas participer. Il est donc pour le moins curieux que les martyrs des premiers siècles chrétiens aient refusé de participer au culte de l'Empereur quand ils se trouvaient au milieu des fidèles offrant les sacrifices à l'Empereur. Je sais que c'est encore un fossé culturel et que c'est sans doute très étranger aux gens du Banat roumain, mais, en Suisse, nous vénérons encore un dénommé saint Maurice et ses compagnons, légionnaires qui ont trouvé le martyre pour avoir refusé de participer aux sacrifices ordonnés avant le départ en campagne de leur unité. Je trouve qu'il est plus facile d'acquérir la gloire médiatique en apostasiant comme le métropolite Nicolas Corneanu que de connaître le martyre en refusant de faire comme tout le monde. Les cornéanistes déduiront sans doute de ma remarque que j'ai comparé le culte uniate au sacrifice du culte impérial; les autres auront compris le sens de la comparaison. J'ai trop de travail et pas assez de temps à perdre pour écrire un dictionnaire français –français à l'usage des cornéanistes.

3)Là encore, à propos des applaudissements dans la cathédrale, je me heurte au fossé culturel. Il existe quatre religions dans ma famille, athéisme inclus. Personne, personne, au grand jamais, quelle que soit sa foi ou son athéisme proclamé, ne se permettrait d'applaudir dans un lieu de culte. Jamais. Cela fait partie de notre éducation. Mais là encore, c'est le fossé culturel. Dans la culture dont je suis issu, applaudir dans un lieu de culte fait vraiment décadent. Une cathédrale comme annexe de l'Olympia, avec l'applaudimètre pour juger de la théologie, ça ne passe pas la rampe dans mon monde. En tout cas, bonne leçon pour les Occidentaux naïfs qui ont trop lu Jean Cuisenier et qui croient trouver dans ces Balkans-là l'authenticité perdue chez nous. Ah non, désolé, le banquier calviniste de chez moi est plus porteur d'authenticité que les gens qui applaudissent dans une cathédrale pour manifester leur approbation aux transgressions de leur évêque. Encore que je n'imagine pas les fidèles applaudir dans une cathédrale russe. Pas encore?

4)Où était la fraternité vantée par le métropolite Nicolas Corneanu quand l'Église uniate ("gréco-catholique") était interdite, ses évêques emprisonnés, et que le futur métropolite du Banat recevait les félicitations de la Securitate pour avoir dénoncé des prêtres gréco-catholiques clandestins? Est-ce que le but de toutes ces manœuvres, ce n'est pas de dire aux anciens uniates "ne revenez pas vers votre religion d'origine, tout est pareil ici?" Ou, si c'est vraiment sincère, alors qu'attend-il pour franchir le tabou ultime en reconnaissant que, puisque tout se vaut, l'eucharistie des orthodoxes dissidents – à qui il est de bon ton dans un certain clergé de l'Église officielle de ne même pas donner le nom d'"orthodoxes", mais celui de "calendéristes" (stilişti) – vaut bien celle des uniates? Et qu'attend-il pour demander une déclaration de repentance à l'égard de cette jeune femme qui fut exclue d'une école théologique parce qu'elle suivait l'ancien calendrier – que je ne suis pas, moi, au demeurant, comme quoi, la différence entre les cornéanistes et moi, c'est que je ne réclame pas la tolérance que pour ceux de mon camp? Où est-ce que la communion de Slătioara est nulle et son clergé invalide, justifiant qu'orthodoxie.com écrive à propos des vieux-calendéristes roumains "Église" entre guillemets – alors que je n'ai jamais vu l'usage de guillemets pour parler des catholiques romains ou des protestants – parce qu'elle ne compte que 30'000 fidèles et qu'elle n'a naturellement pas derrière elle l'argent des Églises papales d'Allemagne et de Suisse, ni la puissance politique?

5) Mais, pour le reste, ce qui est important, ce qui est capital, c'est que tout, absolument tout, est justifié par le sentiment. Je l'ai déjà écrit, j'ai, contrairement à ces gens-là qui occupent la chaire de Moïse mais ne font pas les œuvres de Moïse, le sens tragique de l'Histoire et je sais que la vie n'est pas une comédie. L'Histoire m'a suffisamment appris à quelles horreurs pouvaient mener le sentimentalisme. Le symbole même du sentimentalisme, n'est-ce pas cet homme responsable de la fin d'un monde -responsable de la mort de quatre membres de ma famille, au demeurant- , et croyant se dédouaner de tout en gravant sur une vitre au Haut-Koenigsbourg "Ich habe es nie gewollt"?
Ah, comme tout cela dégouline d'émotion, comme on est ému, commotionné, rempli de "fraternité"! On croirait lire du Rousseau. Ou du Robespierre, vous savez, encore un homme pétri de sentimentalisme...
On voudra bien m'excuser d'en rester au côté profane des choses, parce que je sais bien que si j'entre dans le côté spirituel, il n'y a même plus de communication possible entre les cornéanistes et moi. Comment voulez-vous, dans un monde où il est pratiquement interdit, dans certaines paroisses, de parler de saint Grégoire Palamas – mais, alors, pourquoi avoir maintenu la commémoration du dimanche de saint Grégoire Palamas? Voilà qui aurait été un exemple du "progressisme" auquel appellent les orthodoxes roumains cornéanistes sur leur blog francophone: on aurait pu remplacer le dimanche de saint Grégoire Palamas par le dimanche du nationalisme -, où l'on vous explique que l'hésychasme relève du "mystico-gazeux", évoquer ne serait-ce qu'un seul instant le combat intérieur, la purification, la lutte contre les pensées, l'idée que toutes nos émotions peuvent venir de nous-mêmes ou même venir du Malin et n'ont pas forcément un caractère "prophétique"? Les mystiques expérimentés nous apprennent à lutter contre ces pensées, que l'on appelle en grec λογισμοί, mais naturellement, pourquoi en parler, le mot étant forcément disqualifié puisqu'il est grec? Disqualifié comme les "Moscovites et les Moldaves", pour citer la propagande cornéaniste?

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