Translatio Moraviae

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Claude le Liseur
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Translatio Moraviae

Message par Claude le Liseur » jeu. 19 nov. 2015 22:33

Le site orthodoxie.com a publié la traduction française d'une interview, à l'origine publiée en russe, de l'archevêque Joachim de l'Eglise orthodoxe des Pays tchèques et de la Slovaquie: http://orthodoxie.com/interview-de-larc ... slovaquie/ (original russe ici: http://www.pravoslavie.ru/put/87321.htm ).

C'est une interview très intéressante, profonde et d'une grande honnêteté. Mgr Joachim confirme les difficultés de l'Eglise en République tchèque, où elle est devenue une Eglise d'immigrés russes et ukrainiens, le travail missionnaire étant interrompu depuis l'exécution de saint Gorazd (Pavlik) par les nationaux-socialistes en 1942. C'est même plus grave que je ne le pensais: une seule paroisse célèbre en tchèque à Prague.

Je ne connais pas du tout le tchèque, mais si je peux en juger par le polonais, autre langue slave occidentale, il ne doit guère avoir de points communs avec le slavon, et cela ne doit pas faciliter l'évangélisation.

Mgr Joachim affirme que la situation est meilleure en Slovaquie.

Je ne suis pas étonné de retrouver dans cette interview un mythe auquel j'ai moi-même cru et auquel il faudra bien faire justice un jour si l'on veut donner des bases saines à l'Orthodoxie dans cette partie de l'Europe. Mais ce sera difficile, car ce mythe est par exemple à la base de la construction de l'Etat slovaque actuel:
Les Tchèques ont reçu le christianisme à l’époque de l’œuvre missionnaire des saints égaux aux apôtres Cyrille et Méthode. Après la mort de saint Méthode, tous ses disciples ont été emprisonnés, puis chassés de Moravie.
Ce mythe repose sur la confusion entre la Grande Moravie du prince Rostislav (Velká Morava ) et l'actuelle Moravie située entre la Bohême et la Slovaquie (Morava). Or, les acquis récents de la recherche historique tendent à démontrer que l'une n'a fait que reprendre le nom de l'autre. Je vais essayer de développer ce fait important, qui explique aussi, à mon sens, la longue persistance du slavon chez les Roumains. Car enfin, il faudra bien expliquer pourquoi les Roumains, avant de faire de leur langue maternelle une langue liturgique au cours d'un processus qui s'est étalé du milieu du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle, célébraient en slavon, et pas, par exemple, en grec.

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