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mihaelaiacovache
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Message par mihaelaiacovache » mer. 05 nov. 2003 13:48

Excusez moi,peut etre il y a des autres questions plus importantes ,mais je veux savoire la signification de quelques termes:
-mattheiste
-melkite
-floriniens
-Souzdal
-Callinique
Parce que aujourd'hui il y a 130 annes de la naissance d'Alexis Carrell,
je voudaris savoir un peu de plus relatif a son profil spirutuel(j'ai eu l'ocasion de lire seulement quelques fragments au suget de la priere).
Je vous remerci!

Catherine
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Message par Catherine » mer. 05 nov. 2003 14:20

Chère Michaela,

Vos questions sont importantes, parce que vous n'êtes sûrement pas la seule à "nager" dans nos échanges entre "initiés".

Comme je suis la seule "matthéiste" sur le Forum, je devrais être la première à vous expliquer qui nous sommes.

Pour vous informer de façon claire et concise, je préfère cependant vous chercher une présentation des "matthéistes" qui existe déjà, faite par eux-mêmes.

Ce soir, je chercherai donc l'écrit qui vous les présentera mieux que je ne saurais le faire.

En Christ,
K.

eliazar
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A propos d'Alexis Carel

Message par eliazar » mer. 05 nov. 2003 16:03

Alexis Carrel était un médecin du siècle dernier, né en 1873. Il avait reçu le Prix Nobel de physiologie et de chirurgie physiologique en 1912 pour la mise au point d’une méthode de suture des vaisseaux sanguins et qui jeta les premières bases des études ultérieures sur la transplantation des vaisseaux sanguins et des organes. Ces recherches avaient commencé dès son doctorat en médecine, en 1900, à l’université de Lyon où il resta comme prosecteur pendant deux ans.

Ensuite il travailla aux États-Unis, d’abord à l’université de Chicago (1905) puis à l’Institut Rockefeller de recherche médicale à New York. Il y fit des recherches sur la conservation des tissus à l’extérieur du corps et sur l’application de ce procédé à la chirurgie. Il avait entre autres réussi une culture de tissu de cœur de poulet qui fut conservée vivante pendant plus de trente ans. Pendant la Première Guerre mondiale, Carrel était revenu en France où il participa à la mise au point de la méthode Carrel-Dakin de traitement des blessures par des irrigations d’antiseptique. Il fit aussi étudier mathématiquement par Pierre Lecomte du Noüy la vitesse de cicatrisation des blessures ; cela permit à ce dernier de présenter dans « Le Temps et la Vie » la conception d’un temps biologique propre à la substance vivante.

Sociologue et biologiste, il était athée. Il fut converti à la suite d’un miracle auquel il avait assisté professionnellement lors du pèlerinage des grands malades, à Lourdes, où il avait tenu à accompagner une de ses patientes, atteinte d’un cancer des intestins – quasiment en phase terminale. Après le miracle (auquel il n’avait naturellement pas cru, dans un premier temps) il constata scientifiquement que les importantes parties d’intestin qu’il avait radiographiées comme détruites avant le pèlerinage étaient à nouveau redevenues vivantes et normales.

À partir de ce choc, dont Carrel (devenu kto à la suite de ce miracle) a témoigné par un émouvant récit et par des textes sur la puissance de la prière telle qu'il avait pu la constater en sa qualité de scientifique reconnu , il s’engagea dans des réflexions philosophiques dont la principale expression publique fut un livre à grand succès, « L’Homme, cet inconnu » (1935), exposé critique des erreurs de la société et des dangers qui la menaçaient. En 1938, il publia en collaboration avec C.A. Lindbergh un nouvel ouvrage – « La Culture des organes ». Une profonde similitude de vues le liait au célèbre aviateur, devenu par son mariage un homme richissime dont Carrel partageait ouvertement les opinions eugénistes pro-nazies.

Carrel considérait la vie comme soumise à une triple loi : la « loi de conservation de la vie » (survie organique), la « loi de la propagation de la race » (reproduction génétique) et la « loi de l’ascension de l’esprit » (montée du psychisme par l’évolution). Il soulignait que, depuis la Renaissance, la science avait davantage progressé dans la connaissance de la matière inanimée que dans celle des êtres vivants - laquelle cependant, beaucoup plus que l’étude d’un monde mort, devrait donner à l’humanité les moyens et les normes de sa propre ascension. Ses Réflexions sur la conduite de la vie ont été publiées en 1950 par sa femme, Anne et témoignent de ses idées sur l’eugénisme, la natalité, la biotypologie, le développement des différences individuelles ; Carrel voulait prolonger la science de l’homme par une « anthropotechnie » démiurgique, capable de faire « pour l’homme ce que la technologie a fait pour les avions ».

Largement sponsorisé par Lindbergh, encensé par le régime pétainiste qui lui confia la création et la direction, à Paris, de la « Fondation française pour l’étude des problèmes humains », ce maître à penser adulé par la droite collaborationniste comme par les monarchistes d’Action Française mourut en 1944, à l’âge de 71 ans. Aucun procès, après la Libération, ne pouvait donc plus remettre son action ni ses engagements (politiques et philosophiques) en cause. Du coup, ses œuvres continuèrent longtemps à servir de caution à la nouvelle droite, à la fois dans les milieux catholiques traditionalistes et dans ceux du révisionnisme.
Dernière modification par eliazar le jeu. 06 nov. 2003 11:01, modifié 2 fois.

Catherine
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"Matthéistes"

Message par Catherine » mer. 05 nov. 2003 20:56

Chère Mihaela,

Je n'ai pas trouvé d'article assez bref et succinct, alors je tâche de résumer qui sont les "matthéistes", et très très brièvement les florinéens.

L'introduction du nouveau calendrier en Grèce pour des motifs ouvertement hérétiques (œcuménisme) a entraîné, en 1924, la majorité des orthodoxes dans le schisme.

Une partie du peuple fidèle, avec quelques prêtres, a résisté à cette innovation, sur la base de la sainte Tradition de l'Église orthodoxe.

Après de longues années de lutte pour la pureté de la foi orthodoxe, lutte dans laquelle ils n'étaient soutenus que par les moines du Mont Athos (dont l'hiéromoine Matthieu Karpathakis), ils ont pu se constituer en synode en 1935. Ce Synode des VCO (Vrais Chrétiens Orthodoxes) a proclamé sa profession de foi en anathématisant l'innovation et ses adeptes.

C'est alors que l'hiéromoine Matthieu quitte le Mont Athos et rejoint ce Synode, qui le sacre évêque de Vresthène.

Par suite des persécutions déclenchées contre les VCO par la hiérarchie nouveau-calendariste avec l'aide de l'état, la plupart des évêques ont capitulé et changé leur profession de foi de VCO ou ont rejoint les nouveau-calendaristes.
"Celui qui resta immuable du début jusqu’à la fin dans la confession de foi inaltérée en acte et en parole fut le hiérarque confesseur Matthieu qui s’est montré, par ses luttes infatigables, le premier guide spirituel et véritable pasteur du peuple orthodoxe. En tant que père spirituel, hiéromoine et hagiorite, mais aussi en tant qu’évêque de Vresthène puis archevêque V.C.O. d’Athènes, il ne céda pas même un instant, discernant prophétiquement le grand danger que court l’Orthodoxie avec l’introduction du nouveau calendrier papal."
Les "matthéistes" sont donc les héritiers de Matthieu de bienheureuse mémoire, mort en odeur de sainteté.

Ce sont les membres de l'Église des VCO, les seuls à être restés fidèles à la sainte Tradition de l'unique Église orthodoxe, et à leur profession de foi de 1935. Actuellement, après Mgr André, ils ont Mgr Nicolas comme archevêque VCO d'Athènes.

Ils se considèrent comme la vraie Église orthodoxe et considèrent les nouveau-calendaristes comme schismatiques et leurs sacrements invalides.

C'est réciproque de la part des nouveau-calendaristes à l'égard des "matthéistes", mais comme ils ne peuvent contester leur orthodoxie, ils les affublent de qualificatifs diffamants ("fanatiques", "intégristes", "sectaires", "cathares", "obscurantistes" et j'en passe).

En France, ils ont comme prêtre le hiéromoine Cassien et ont une trentaine de fidèles.

Vous avez leur site à l'adresse suivante : http://perso.club-internet.fr/orthodoxie/

Florinéens

Les florinéens sont les "descendants" spirituels de l'évêque Chrysostome de Florine, autrefois président des VCO, qui s'est séparé d'eux en reniant la profession de foi commune et unanime des VCO en 1937, sous la pression des nouveau-calendaristes. Bien que revenu sur ses positions en 1950, il n'a pas rejoint le Synode de Mgr Matthieu.
Leur profession de foi est — comme le dit le lecteur Claude — "à géométrie variable".
Ils ont un épiscopat en France.

J'espère avoir été claire et pas trop longue.
Dernière modification par Catherine le jeu. 06 nov. 2003 0:05, modifié 2 fois.

Claude le Liseur
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Re: "Matthéistes"

Message par Claude le Liseur » jeu. 06 nov. 2003 0:01

Catherine a écrit :
"Florinéens"

Leur profession de foi est — comme le dit le lecteur Claude — "à géométrie variable".
Ils ont un épiscopat en France.
Je ne l'ai pas écrit à propos de tous les floriniens. Le synode des Résistants (synodhos ton Enistamenon), que préside le métropolite Cyprien de Phyli et d'Oropos, est constant dans sa position de modération, de reconnaissance des Eglises orthodoxes locales et de dialogue avec elles. Le synode des Résistants se considère comme la partie de l'Eglise de Grèce entrée en "résistance" contre le modernisme et l'oecuménisme, mais ne considère pas pour autant que l'Eglise de Grèce et le patriarcat de Constantinople soient hérétiques, schismatiques ou coupés de la grâce.
Il est la seule juridiction vieille-calendariste grecque à être en communion avec les vieux-calendaristes de Roumanie (Biserica ortodoxa de stil vechi), qui ont leur centre au monastère de Slatioara près de Falticeni (près de 80'000 fidèles), avec l'Eglise orthodoxe russe hors frontières qui a son siège à New York (environ 150'000 fidèles) et avec l'"Eglise orthodoxe traditionnelle de Bulgarie" de l'évêque Photios. Ces quatre juridictions essaient d'entretenir de bonnes relations avec les patriarcats de Jérusalem et de Serbie.

Il existe une dizaine d'autres synodes floriniens, ainsi qu'une Holy Orthodox Church in North America (HOCNA) dont le centre se trouve près de Boston aux Etats-Unis, qui se réclament tous de l'héritage du métropolite Chrysostome de Florina, mais ont en effet des positions changeantes et à géométrie variable en matière d'ecclésiologie.


Melkite: de la racine sémitique mlk ("roi"), sobriquet donné par les monophysites aux orthodoxes du Moyen-Orient, parce que ceux-ci reconnaissaient le concile de Chalcédoine et avaient donc la même foi que le "roi" (c'est-à-dire l'empereur de Constantinople).
Depuis le XVIIIème siècle, ce nom est usurpé par l'Eglise grecque-catholique du Moyen-Orient, qui s'est détachée du patriarcat d'Antioche pour se rallier au Vatican (équivalent arabe des gréco-catholiques de Transylvanie).
Un prêtre de ce groupe uniate, le père Ignace Dick, a cependant essayé avec honnêteté de rétablir l'usage traditionnel en français en publiant voici quelques années, dans la collection Fils d'Abraham chez l'éditeur belge Brepols, un livre intitulé Les Melkites catholiques et orthodoxes. Cela n'a malheureusement pas réussi et l'usage français reste d'utiliser le terme "melkite" pour désigner les seuls uniates, et "grec-orthodoxe" pour désigner les orthodoxes arabophones.

Souzdal: ville historique de Russie, conservant beaucoup d'églises du Moyen Âge. Devenue depuis le milieu des années 1990 le centre d'une Eglise orthodoxe russe parallèle, détachée du patriarcat de Moscou sans pour autant être en communion avec les paroisses de l'émigration, sous la conduite du métropolite Valentin de Souzdal.

Callinique: nom d'un évêque grec vieux-calendariste actif dans l'un des synodes floriniens. Il a récemment reçu dans sa juridiction un polémiste orthodoxe anglais naguère très engagé aux côtés du métropolite Valentin de Souzdal mentionné plus haut.
Dernière modification par Claude le Liseur le jeu. 06 nov. 2003 0:53, modifié 1 fois.

mihaelaiacovache
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remerciements

Message par mihaelaiacovache » jeu. 06 nov. 2003 0:43

Je vous remercie,Catherine pour votre amabilite de me repondre si vite .Je ne sait trop au suget de la probleme du calendar( je sais suelement la justification scientiphique).J'aime l'orthodoxie pour cent de raisons et l'une est le caractere unitaire,je sais(ou je sents ) que nous sommes unis(un) en Christ.

Je vous remercie Eliazar!J'ai le devoire maintenent, de trouver l'icone de St.Lazare. Quand j'ai lu les fragmentes au suget de la priere ,j'ai vu que Alexis Carrel etait un croyant, mais j'ai senti(encore) qu'il croyait dans un mod divers.

Catherine
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Re: "Matthéistes"

Message par Catherine » jeu. 06 nov. 2003 1:04

Lecteur Claude,
Oui, excusez-moi, j'avais oublié que Cyprien de Phyli et d'Oropos était aussi issu du schisme florinéen.
Maintenant, je ne suis pas aussi sûre que vous qu'il ne considère pas l'Eglise officielle de Grèce et le patriarcat de Constantinople comme hérétiques, puisque c'est pour cette raison qu'il refuse la communion avec eux.
Seulement, il pense, contrairement aux "matthéistes", qu'il n'y a pas eu de schisme, et, un peu comme Antoine, il fait, pour cettte raison, la différence entre ceux qui professent l'hérésie consciemment et ceux qui résistent à l'hérésie, tout en restant en communion avec les hérétiques.
Et c'est un truc séduisant qui a bcp de succès, parce que, ne niant pas la validité des sacrements de l'Église officielle de Grèce, il peut récupérer plein de "résistants" de l'Église officielle dans son Synode.
Ce serait vraiment le groupe idéal pour Antoine.
Cyprien de Phyli et d'Oropos est en effet un homme très doux et modéré, qui veut augmenter ainsi, par l'habileté de sa position conciliante, le nombre des résistants, que rebute souvent l'intransigeance des VCO.
Ce qui est dommage, c'est que, à mon avis, ni aux yeux de l'Église offficielle, ni aux yeux des VCO, il n'a la succession apostolique.
K.

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Multumesc Claude!

Message par mihaelaiacovache » jeu. 06 nov. 2003 1:20

Je vous remercie, c'est trop pour moi, quand je lis tous que vous (tous) ecrivez,j'ai l'intention de retourner a la casserole,mais non, je lutterais avec l'apoptose de mes neurones et je m'enricherais en lisant tous vos messages.Soit que Dieu nous dirige nos pas et qu'Il protege nos ames.

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Questions de Michaela

Message par eliazar » jeu. 06 nov. 2003 11:59

Chère Michaela,

Je voudrais ajouter quelque chose à la petite note de Claude sur Souzdal. Cette ville relativement proche de Moscou comprenait beaucoup de monastères féminins, et les tsars y ont souvent envoyé « en pénitence » les dames de la noblesse qu’ils voulaient éloigner de leur cour.

Ils y ont aussi parfois envoyé leur épouses, quand ils voulaient les répudier. Ce qui a été le cas de sainte Sophie de Souzdal, appelée aussi Sophie de Moscou parce que ses vœux (forcés) avaient été prononcés à Moscou avant qu’elle soit exilée à Souzdal.

Pour Alexis Carrel, ses livres ont été longtemps propagés dans les milieux catholiques traditionnels comme apportant une preuve décisive que l’on peut croire en Dieu même si on est adepte de la science et de la technique, et donc que l’on peut prier. C’est très typique de l’évolution du catholicisme français d’après la seconde guerre mondiale, cette évolution qui a conduit aujourd’hui à ne plus du tout mettre en avant la Foi et la Prière, mais plutôt la solidarité humaine et l’œcuménisme (au nom menteur, puisqu’on l’applique de plus en plus à des chrétiens qui ne partagent pas la Foi des Apôtres et des Pères).

Dans cette époque intermédiaire où Alexis Carrel était encore à la mode, les catholiques parlaient encore de Foi et de Prière - par réaction contre la montée en France de l’athéisme encore tout récent apporté par l’Occupation nazie, athéisme « moderne » qui venait renforcer encore l’ancien athéisme développé au Siècle des Lumières (et généralement propagé par la franc-maçonnerie et le « laïcisme » officiel) comme l’athéisme plus moderne issu du Matérialisme Historique des marxistes.

Mais les catholiques romains n’osaient plus du tout citer les œuvres sur la Prière des Pères de l’Église, ni même celles des saints catholiques romains plus récents, car ils trouvaient cela « ridicule » ou « d’un autre temps ». Seulement, l’ambiguïté d’Alexis Carrel venait de ses théories eugénistes, racistes, et assez proches de l’éthique nazie ; sa conception de la Prière pourrait au fond s’apparenter à la fascination exercée autrefois par la magie : « Si tu pries, tu seras plus fort, plus puissant, mon fils ! ».

C’est en grande partie ce qui a fait qu’Alexis Carrel n’est plus très lu aujourd’hui, même dans les milieux catholiques romains. La grande masse des non-orthodoxes préfère le nouveau « spiritualisme » à la mode, celui du New Age, qui séduit aussi bien les catholiques romains que les athées - à qui ce "spiritualisme" vague permet de ne pas se sentir gênés par la présence de Jésus Christ.

Si vous lisez la rubrique de notre discussion avec Alcyone (Qu’y a-t-il derrière le mot « Christ » ? ), vous comprendrez mieux
pourquoi.

Pendant la même période (dernières années de l’Occupation allemande, et premières années d’après guerre) une petite fraction du catholicisme traditionnel français s’est réfugiée dans une vie de prière qui semblait assez proche de l’orthodoxie. Dans ce milieu, on propageait beaucoup le livre russe populaire sur la Prière du Nom de Jésus, "Les Récits d’un Pèlerin Russe", qui venait d’être traduit en français. Ces catholiques romains avaient la réputation d’être « mystiques », un mot qui n’a jamais beaucoup plu en France !

Un bon nombre de ces catholiques romains-là s’est retrouvé dans le « catholicisme traditionaliste » de Mgr Lefebvre, et s’est séparé de Rome après le concile latin « Vatican II ».

Très peu, par contre, ont été jusqu’au bout de leur découverte et ont réussi à rejoindre l’Église Orthodoxe ; c’est mon cas.

Claude le Liseur
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Re: "Matthéistes"

Message par Claude le Liseur » jeu. 06 nov. 2003 13:12

Catherine a écrit : Cyprien de Phyli et d'Oropos est en effet un homme très doux et modéré, qui veut augmenter ainsi, par l'habileté de sa position conciliante, le nombre des résistants, que rebute souvent l'intransigeance des VCO.
Ce qui est dommage, c'est que, à mon avis, ni aux yeux de l'Église offficielle, ni aux yeux des VCO, il n'a la succession apostolique.
Cette dernière affirmation ne fait pas avancer le débat: aux yeux de l'Eglise officielle, aucune juridiction vieille-calendariste n'a la succession apostolique (on se demande d'ailleurs pourquoi), pas plus la vôtre que celle de Mgr Cyprien, et je vous rappelle que les autres juridictions vieilles-calendaristes grecques doutent de la validité de la succession apostolique des matthéistes en raison des consécrations d'évêques par le seul Mgr Matthieu en 1948 et de la répudiation par les matthéistes des impositions des mains faites à leur demande par les Russes hors frontières. Donc, ce que vous écrivez à propos de Mgr Cyprien, Mgr Cyprien pourrait aussi l'écrire à propos de Mgr Nicolas.
Au moins, Mgr Cyprien est parvenu à établir des relations fraternelles avec les vieux-calendaristes roumains qui, eux, sont unis; c'est déjà ça.

Un jour, il y a bien sept ou huit ans de cela, j'ai mis dans l'embarras un certain archimandrite d'origine française, admirateur de Berdiaev qui porte un titre ronflant dans le patriarcat de Constantinople, en lui demandant comment son patriarcat faisait pour reconnaître (au moins sur le plan diplomatique) la succession apostolique des hérétiques du genre catholiques romains tout en niant celle des vieux-calendaristes. J'attends toujours la réponse...

Mon patriarcat est d'ailleurs, je le reconnais bien volontiers, empêtré dans les mêmes contradictions. On se base sur le fait que les vieux-calendaristes roumains tirent leur épiscopat des consécrations faites par le seul Mgr Galaction pour nier leur succession, mais on n'insiste pas trop sur le fait que le patriarche Miron était allé, pour des raisons diplomatiques, jusqu'à reconnaître la succession apostolique des anglicans (dont nous voyons tous les jours le grand respect pour les dogmes, les canons et la morale!).

En revanche, le hasard des rencontres dans les rues d'Athènes m'a permis d'avoir un exposé plus sérieux de la position de l'Eglise officielle de Grèce, qui nie la succession des vieux-calendaristes en se basant sur deux arguments: pour les matthéistes, les consécrations épiscopales faites par un seul évêque; pour les floriniens, le fait que les évêques russes hors frontières Séraphin de Chicago et Léonce du Chili aient agi à l'insu de leur synode (ce qui est exact). Ces arguments ne me convainquent pas, mais l'Eglise de Grèce a au moins le mérite d'être cohérente dans ses opinions, puisqu'elle a le courage de ne pas cacher sa non-reconnaissance de la succession apostolique des papistes, et qu'elle reconnaissait la succession apostolique des vieux-calendaristes tant qu'il s'est agi des évêques consacrés à l'époque où les vieux-calendaristes de Grèce étaient unis (1935-37) et tiraient leur succession des trois métropolites qui avaient quitté l'Eglise officielle.

Antoine
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Message par Antoine » jeu. 06 nov. 2003 13:28

Katherine, vous écrivez:
Ce serait vraiment le groupe idéal pour Antoine.
Je suis touché par votre compassion à l'égard de mon agitation intérieure permanente mais voyez-vous, Antoine a trop de respect pour la foi, d'un Hiéromoine Placide Deseille, d'un Père J.Roberti, d'un Père André Borelli, d'un Hiéromoine Syméon, d'un Père Sophrony de Maldone, d'un Dimitriu Staniloae , d'un Père Justin Popovic , d'un Wladimir Lossky,d'un Père Jean Breck, d'un lecteur Claude d'un Eliazar, d'un Jean-Louis Palierne etc... qui sont tous dans la Tradition orthodoxe , pour rejoindre une entité quelconque qui lui demanderait de déclarer hérétiques et schismatiques tous ses frères en Christ comme le fait Katherine qu'il aime beaucoup et de supprimer la communion avec eux.
Il est également en communion avec tous les vco martyrs de l’encyclique de 1920 et avec les matthéistes pour lesquels il a profond respect même s’il pense qu’ils se trompent sur le pb stricte du calendrier pour lequel il les juge fanatiques et obscurantistes. Et il souffre de voir que l’on puisse casser l’Eglise pour un faux pb de date que l’on élève au rang de trahison de la Tradition avec un grand « T », et il souffre également de toutes les entorses oecuménistes qui lui semblent de véritables trahisons.
Mais il constate que la dogmatique de l’Eglise Orthodoxe n’a pas bougé d’un pouce et que pour l’instant il n’y a pas lieu de quitter les patriarcats historiques dans lesquels il y a beaucoup de frères comme lui qui vivent les schismes comme une déchirure de la tunique du Christ...

Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est du sentimentalisme: j'ai trop de raisons historiques , dogmatiques , théologiques , canoniques, ecclésiologiques et spirituelles de rester pour l'instant au sein des patriarcats historiques.

Devant le Corps du Christ on s'agenouille et on lui offre nos divisions au lieu de les consommer.
Dernière modification par Antoine le jeu. 06 nov. 2003 15:15, modifié 1 fois.

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Message par Catherine » jeu. 06 nov. 2003 14:34

Cher lecteur Claude,
Cette dernière affirmation ne fait pas avancer le débat: aux yeux de l'Eglise officielle, aucune juridiction vieille-calendariste n'a la succession apostolique (on se demande d'ailleurs pourquoi), pas plus la vôtre que celle de Mgr Cyprien, et je vous rappelle que les autres juridictions vieilles-calendaristes grecques doutent de la validité de la succession apostolique des matthéistes en raison des consécrations d'évêques par le seul Mgr Matthieu en 1948 et de la répudiation par les matthéistes des impositions des mains faites à leur demande par les Russes hors frontières. Donc, ce que vous écrivez à propos de Mgr Cyprien, Mgr Cyprien pourrait aussi l'écrire à propos de Mgr Nicolas.
Si certains vieux-calendaristes reprochent aux "matthéistes" le sacre d'un évêque par Mgr Matthieu seul, ils ont tort, car ce sacre est parfaitement canonique. En cas de nécessité, les canons obligent même un évêque de sacrer seul, et la succession apostolique des évêques matthéistes ne peut être contestée.
Combien de fois dois-je répéter que les "matthéistes" n'avaient jamais demandé l'imposition des mains aux RHF. Ils cherchaient, par toute la terre, un synode partageant leur profession de foi pour demander une prière d'absolution au cas où Mgr Matthieu aurait pu trouver un autre évêque en communion avec lui et qu'il n'aurait pas assez cherché. Sur une information venant d'Amérique, ils ont cru avoir affaire à un tel synode chez les RHF. Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement, mais les "matthéistes" se sont aperçu trop tard qu'ils étaient trompés sur la nature de l'ERHF qui n'avait pas du tout la même profession de foi qu'eux, étrangère qu'elle a toujours été aux combats des VCO et ont corrigé leur erreur.
Des erreurs humaines sont toujours possibles; les "matthéistes" ont eu l'humilité de la reconnaître et de la corriger.
Si c'est cela que l'on leur reproche, c'est de la malveillance pure et simple, car cela n'affecte absolument pas la succession apostolique des évêques "matthéistes".
l'Eglise de Grèce a au moins le mérite d'être cohérente dans ses opinions, puisqu'elle a le courage de ne pas cacher sa non-reconnaissance de la succession apostolique des papistes, et qu'elle reconnaissait la succession apostolique des vieux-calendaristes tant qu'il s'est agi des évêques consacrés à l'époque où les vieux-calendaristes de Grèce étaient unis (1935-37) et tiraient leur succession des trois métropolites qui avaient quitté l'Eglise officielle.
C'est assez peu logique pour moi, car, si les VCO n'étaient unis que jusqu'en 1937, c'est bien parce que l'Église officielle a tout fait pour les déchirer par la pression des persécutions. Chrysostome de Florine, premier évêque et président du Synode des VCO avait été condamné à 5 ans d'exil, et il a eu la "grâce" d'abréger son exil de 4 ans en échange de son reniement de la profession de foi VCO.
Seul Mgr Matthieu parmi les évêques a résisté à toutes les épreuves, ayant subi pourtant exil, tentative d'empoisonnement etc. par les agents des "nouveau-calendaristes".
Et il tirait bien sa succession des trois métropolites que vous mentionnez. Je trouve odieux de l'accuser d'avoir sacré seul un autre évêque, lorsque ce sont ses accusateurs même qui l'y avaient contraint, en l'isolant de la sorte. Une telle hypocrisie de la part de l'Église officielle de Grèce est indéfendable.
De plus, comme j'ai dit, les canons considèrent un tel sacre en cas de nécessité, un devoir et un bienfait.
K.

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Message par Antoine » jeu. 06 nov. 2003 15:07

Katherine, vous écrivez:
De plus, comme j'ai dit, les canons considèrent un tel sacre en cas de nécessité, un devoir et un bienfait.
Le tout est de savoir s'il y avait vraiment nécessité. L'Histoire nous le dira peut-être. Pour l'instant on peut-comprendre que l'on puisse rester pour le moins assez réservé et prudent à justifier ou à condamner.

Pour cette cocasserie avec l'ERHF vous écrivez:
Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement
Vous foncez tête baissée prête à justifier n’importe quoi sur une confiance aveugle envers je ne sais qui, alors que cela mériterait également de votre part plus de distance vis à vis de cette curieuse affaire. Car les matthéistes auront pour le moins montré de la désinvolture dans l’examen préalable réfléchi et assuré de choses aussi importantes et aussi sacrées que leur succession apostolique…

Mais tout ceci rajouté à la question du calendrier ne m'empêchera pas de penser que je suis en communion de foi avec vous à défaut d'être en communion eucharistique.

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Questions de Michaela...

Message par eliazar » jeu. 06 nov. 2003 16:23

Sans ajouter à cette discussion épuisante, je voudrais dire à Antoine toute mon émotion pour ce qu'il a écrit plus haut, dans le mèle commençant par : "Katherine, vous écrivez: Citation: Ce serait vraiment le groupe idéal pour Antoine." ... etc

Non parce qu'il a cité mon nom dans une brochette où il n'avait pas sa place (je n'ai qu'une connaissance tout à fait insuffisante de la doctrine des Pères, en quoi je ne suis que le dernier des petits élèves) mais parce qu'il a su dire exactement ce que j'aurais aimé être capable de formuler comme il l'a fait : à la fois avec la tête et avec le cœur.

Merci, Antoine.

Éliazar

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Message par Catherine » jeu. 06 nov. 2003 16:40

Antoine a écrit :Katherine, vous écrivez:
De plus, comme j'ai dit, les canons considèrent un tel sacre en cas de nécessité, un devoir et un bienfait.
Le tout est de savoir s'il y avait vraiment nécessité. L'Histoire nous le dira peut-être. Pour l'instant on peut-comprendre que l'on puisse rester pour le moins assez réservé et prudent à justifier ou à condamner.

• Oui, il y avait nécessité.
Mais vous feriez mieux d'examiner plutôt quelle nécessité il y avait de changer le calendrier, innovation qui a déchiré l'Église. Il n'y en avait AUCUNE valable, sauf la panhérésie de l'œcuménisme, le désir de détruire l'Église. Alors, puisque c'est cela que vous défendez, ne dites pas que vous êtes en communion avec nos martyrs et confesseurs qui ont résisté à ce brigandage en versant leur sang et dont vous bafouez ainsi la mémoire.
On voit que vous êtes très loin de tout cela. Vous a-t-on jamais torturé pour votre foi ? A-t-on essayé de vous empoisonner ? Avez-vous mangé un repas empoisonné et êtes-vous resté en vie grâce à votre foi ? Non ? Êtes-vous prêt à mourir pour votre foi ? Non ? Alors, taisez-vous, taisez-vous; vous m'écœurez.
En un temps d'apostasie, être du côté des persécuteurs des vrais fidèles n'est tout de même pas anodin.

Pour cette cocasserie avec l'ERHF vous écrivez:
Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement
Vous foncez tête baissée prête à justifier n’importe quoi sur une confiance aveugle envers je ne sais qui, alors que cela mériterait également de votre part plus de distance vis à vis de cette curieuse affaire. Car les matthéistes auront pour le moins montré de la désinvolture dans l’examen préalable réfléchi et assuré de choses aussi importantes et aussi sacrées que leur succession apostolique…

• Allez fouiller dans les archives à Kératéa, vous trouverez la preuve de tout. Ou demandez à nos "chroniqueurs".
Moi, j'ai confiance dans l'Église de Jésus Christ où on n'a pas l'habitude de mentir, et je ne m'intéresse pas à retenir en mémoire tous les menus détails de l'histoire. Nos hiérarques ont reconnu avoir été imprudents et ont corrigé leur erreur, cela me suffit.
Si cela arrivait des fois dans vos patriarcats, il n'y aurait peut-être pas les désordres qu'il y a. Alors balayez devant votre porte.

Mais tout ceci rajouté à la question du calendrier ne m'empêchera pas de penser que je suis en communion de foi avec vous à défaut d'être en communion eucharistique.

• Non, vous n'êtes pas en communion de foi avec nous, ne vous abusez pas. Vous ne croyez pas en la sainteté de l'Église, comme nous, et pour cause, vous ne la connaissez pas. Pour vous, ce n'est qu'une institution humaine, comme un parti politique que vous pouvez critiquer à loisir, ce qu'est en effet votre patriarcat né de l'apostasie et manquant de ce fait la succession apostolique.
K.

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