Olivier Clément, l'inclusif

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Axel
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Olivier Clément, l'inclusif

Message par Axel »

Je viens de lire l'entretien qu'Olivier Clément a accordé à Nouvelles Clés du mois de décembre.
Je dois dire que c'est la première fois que je me penche vraimment sur les propos d'Oliver Clément et j'avoue que j'ai du mal à voir en eux l'expression de la vraie orthodoxie, de celle qui m'attire en tant qu'Eglise de la Tradition apostolique.
Sachant qu'il a une chaire à Saint Serge, je comprends mieux à présent pourquoi un certain Patriarche d'Antioche et un certain Archevêque du Mont Liban made in Saint Serge s'engagent dans un "dialogue créatif" avec l'Islam.
J'ai surligné ce qui me surprend et j'ai inclus quelques petits commentaires persos qui sont loin d'épuiser le sujet et qui n'ont aucune prétention.
Vos réactions éclairées sont les bienvenues.

URL: http://www.nouvellescles.com/Entretien/ ... lement.htm

Orthodoxie : le mystère de la personne

En ces temps où le mot « spiritualité » vacille un peu dans tous les sens, tous ceux qui cherchent un retour aux sources pour enraciner leur pratique se sentiront littéralement transfusés en lisant ou en écoutant Olivier Clément [A: euh, en lisant Olivier Clément, c'est marrant mais, moi qui cherche un retour aux sources, je me sens plutôt affolé, indigné. C'est normal docteur?]

Un livre peut changer la vie d’un homme. Ce fut le cas pour Olivier Clément qui, au cours de sa jeunesse, découvrit par hasard l’œuvre du philosophe russe Nicolas Berdiaev 1. À la suite de cette lecture, alors qu’il était athée et hanté par l’idée du suicide, Clément devint chrétien orthodoxe. Il raconte cette métamorphose avec une simplicité et une sincérité bouleversantes dans son autobiographie spirituelle intitulée L’Autre Soleil 2.

Nous avons voulu le rencontrer, après une série de conférences remarquables données à la communauté de Saint Gervais
[A: que c'est dommage que nombre d'allogènes occidentaux n'aient accès à l'orthodoxie qu'à travers le prisme déformant du clémentisme et du sopisme. J'y vois là une sorte de totalitarisme
.] , à Paris, d’où se dégageait notamment une question : qu’est ce qu’une personne humaine ?

Nouvelles Clés : Résoudre le mystère de la personne semble parfois trop ambitieux pour l’humanité, bien que chacun en ait des intuitions. Le retour de notions anciennes, comme celle de réincarnation, vous apparaît-il comme une illusion d’optique ?
Olivier Clément : Il n’y a qu’une vie. Mais comme nous ne sommes séparés de personne, nous pouvons avoir un lien privilégié avec tel ou tel défunt avec qui nous sommes « un ». Alors, nous pouvons nous « rappeler » ce qui est arrivé à cette personne. « Ce n’est pas à moi et c’est à moi que c’est arrivé puisque nous sommes en communion. » Je connais un moine du mont Athos dont le père spirituel est Saint Isaac le Syrien, qui vivait poutant au viie siècle.

N. C. : Et avec qui il se sent en résonance forte?
O.C. : Absolument. On en voit un exemple dans Les Récits du pèlerin russe. Après la mort de son starets, le héros continue à communiquer avec lui. Une nuit, alors qu’il est tourmenté par une question, le starets lui apparaît en songe. Il lui dit : « Ouvre ta Philocalie » et, toujours dans le rêve, il marque un passage en marge avec un charbon. Quand le héros se réveille, la Philocalie est là, ouverte, avec la trace du charbon en marge. Et pourquoi pas ? Je crois que nous sommes reliés aux morts par une lignée spirituelle ou charnelle que nous portons en nous : nos ancêtres, nos pères spirituels. Ce n’est pas exactement une réincarnation [A: sic!]. Il y a résurrection et possibilité d’une communion et d’une mémoire, mais d’une mémoire vivante avec tel ou tel être du passé qui m’est proche et que je porte d’une certaine façon en moi. Je pense qu’à l’origine, même en Inde, le mot réincarnation ne voulait pas dire ce qu’il signifie maintenant. Pour une raison simple : dans l’Inde ancienne, on estimait que la condition humaine assumait toute la réalité cosmique sensible et que par conséquent on ne risquait pas de se réincarner dans un crapaud ou dans une étoile, puisque l’homme est déjà crapaud et étoile. Donc l’Inde ancienne pensait que le Soi pouvait, après la mort, pour un homme n’ayant pas atteint l’absolu, glisser dans d’autres états de l’existence universelle. Des états démoniaques ou angéliques, pouvant se refléter sur la terre dans telle ou telle créature hideuse ou sublime. De là, il y a eu déformation et matérialisation de cette notion de réincarnation. Au lieu de penser que l’âme de ce mort est entrée dans ce domaine de l’existence universelle qui est un domaine angélique et qui se symbolise par exemple dans la beauté du col d’un cygne, on dira qu’il est devenu un cygne. Je crois qu’il y a eu ce glissement de sens.

N. C. : Pourtant il est parfois dit que certains anciens chrétiens enseignaient la réincarnation ?
O. C. : Non, il enseignaient la métempsycose, le fait que l’âme passe après la mort par des états spirituels multiples. Ce qui rejoint la vision de l’Inde ancienne. Pour plusieurs Pères de l’Église, c’est très net : il y a un exode de l’âme à travers des états angéliques ou infernaux. On trouve à ce propos des histoires très jolies, un peu ridicules [A: sic!] dans leur expression mais significatives. Elles racontent que chaque fois que l’on passe d’un état à un autre dans l’invisible, on rencontre une frontière gardée par des douaniers-démons, qui se jettent sur la malheureuse âme et lui arrachent tout ce qui les concerne. On pourrait croire qu’ils vont l’anéantir, en fait ils la purifient. Elle continue donc son chemin. Elle traverse des lignes de douanes et finalement, totalement purifiée, elle peut entrer dans la lumière éternelle. [A: Toujours? Les propos d'Olivier Clément, outre qu'ils semblent quelque peu tourner en dérision la doctrine patristique des péages aériens, me paraissent sous-entendre la croyance en la rédemption universelle. Me trompé-je?]

N. C. : Ce sont les thèmes du Livre des morts tibétain ou de la légende de Guésar de Ling !
O. C. : Nous avons besoin de toutes ces expressions. Nous devons regarder tout cela. La vérité est inclusive et non pas exclusive [A: Inclusivité!, inclusivité!, que de crimes modernistes ne comment t'on point en ton nom. Ceux de sacrifier la logique et le principe de non contradiction. Ceux de contredire la Parole de Dieu et la Tradition apostolique]. Le théologien Boulgakov disait : « Quand on parle des religions, il y a un pan-christianisme. » Il faut l’élargir pour qu’il devienne « pan » ! Je crois que les conceptions romaines sur la condition de l’âme après la mort ont tout gâché, avec cette idée que, automatiquement et sans qu’on n’y puisse plus rien, l’âme entre dans la vision béatifique, ou glisse en enfer, ou encore va au purgatoire.

N. C. : Le Cheikh Ben Tounès nous disait récemment sur la pluralité : « Aujourd’hui, on découvre la nécessaire bio-diversité et la diversité culturelle nous est toujours apparue comme une richesse. Pourquoi la diversité des approches métaphysiques ne serait-elle pas une richesse, elle aussi ? »
O. C. : Tout à fait d’accord. Il faut commencer par les écouter pour les connaître et non pas les rejeter d’un revers de main.

N. C. : À ce propos, qu’en est-il du dialogue inter-religieux pour les orthodoxes ?
O. C. : Ce dialogue avait été bien engagé en Russie avant la révolution. L’archimandrite Spiridon, extraordinaire personnage dont on a traduit les Missions en Sibérie, disait qu’il estimait tellement les sages bouddhistes qu’il n’osait même pas leur parler de baptême ! [A: le pied pour Olivier Clement!]

N. C. : Cette ouverture s’adressait-elle aussi aux traditions primordiales, aux chamans qui parlent des rapports de l’homme avec le cosmos ?
O. C. : Le père Serge Boulgakov 3, peut-être le plus grand théologien orthodoxe du XXe siècle, tenait à ce sujet des propos admirables. Théoricien marxiste avant la révolution, converti, ordonné prêtre, chassé par Lénine en 1922, il a créé l’Institut Saint-Serge à Paris [A: je comprends mieux la vocation de Saint Serge maintenant], où il est mort en 1944. Selon sa doctrine, appelée sophiologie, toute la terre cherche à s’exprimer, à rencontrer la sagesse divine. Serge Boulgakov ajoute qu’il faut réintégrer les vieux mythes et symboles païens dans le christianisme. Pour moi, c’est tout à fait essentiel.

N. C. : Voyez-vous cela comme une invitation à des retrouvailles ?
O. C. : Nous portons en nous les fondements archaïques de la vie, le sens cosmique du spirituel. À cette nuance près que cela ne s’organise pas dans un but fusionnel, mais communionel. Cela devient une poétique de la communion des personnes et de la communion avec le Dieu vivant, lequel doit être pensé en termes négatifs : Il est au-delà de tout ce que nous pouvons dire.

N. C. : Et qu’en est-il du dialogue inter-religieux actuel ?
O. C. : Un dialogue méritant notre attention se produit avec l’Islam à Antioche, au Liban et en Syrie, où l’on essaye de traduire les catégories chrétiennes dans le langage du Coran.
Ceci dit, actuellement l’Église orthodoxe est bloquée et il est certain que les milieux intégristes ne sont pas très tentés par le dialogue inter-religieux. En Californie, un Américain devenu orthodoxe fanatique, Séraphim Rose, écrit des livres incendiaires où il traite les bouddhistes, les hindouistes et tout ce qui n’est pas l’orthodoxie selon Séraphim Rose, de démons et de damnés. Ce genre de discours ne va pas très loin ! [A: et ta gnose pédante à toi, va t'elle plus loin que les poncifs modernistes et New Age?]

Axel
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Message par Axel »

N. C. : L’intégrisme affecte-t-il toute l’Église orthodoxe ?
O. C. : Ce sont des Églises divisées. En Russie, la discorde cristallise autour du problème de la langue liturgique, le slavon, une langue très belle, créée à la fin du premier millénaire par les missionnaires byzantins. Elle a joué un rôle matriciel pour le russe, mais les gens ne la comprennent plus. Les réformateurs voudraient simplement des changements liturgiques simples : russifier discrètement le slavon, faire participer le peuple à la célébration, alléger l’iconostase, cette cloison couverte d’icônes qui sépare la nef du sanctuaire. Ils garderaient les textes traditionnels, cette si belle liturgie, et ces pratiques para-liturgiques souvent extrêmement touchantes, comme la bénédiction des aliments. Mais on essayerait de rendre tout cela plus intelligible.
De l’autre côté fleurit l’intégrisme, en progression pour des raisons complexes. Les conservateurs et les intégristes ont actuellement l’air de l’emporter. Le patriarcat va dans ce sens. Tous les gens qui travaillaient pour une rénovation de la liturgie et de la pensée ont été excommuniés à tour de bras ces dernières années [A: s'agissant du Père Goergi Kotchetkov, que j'ai eu l'heur de rencontrer à Madrid, sache qu'il n'est pas excommunié du tout, ni même suspendu d'ailleurs. Il a prêché librement dans le local de l'Eglise orthodoxe russe de Madrid et a profité de sa présence parmi nous pour offrir à la paroisse des livres de son cru ]. À Ekaterinbourg au mois de mai dernier, des livres des meilleurs théologiens orthodoxes du XXe siècle [A: on imagine que ce qu'il entend par "meilleurs théologiens orthodoxes" signifie théologiens fossoyeurs de l'orthodoxie] ont été brûlés sur l’ordre d’un jeune évêque qui les jugeait beaucoup trop modernes !

N. C. : Pourquoi cette radicalisation ? [A: c'est vrai ça, pourquoi est-ce qu'ils prennent au sérieux l'orthodoxie ces primates?]
O. C. : Elle vient en partie du fait que l’Occident s’est montré très décevant. Après la perestroïka, la sous-culture américaine est arrivée, avec les fast-food, puis le sexe, le fric, la drogue, les sectes. Cela a provoqué une réaction de rejet et de repli chez certains, avec la nostalgie d’une Église d’État et, dans une certaine extrême-droite née du communisme, d’une Église aussi antisémite que nationaliste. De la part d’un bon nombre de gens d’Église, on devine l’espoir que l’État les protégera s’ils prennent le pouvoir avec lui.

N. C. : Comment tout cela finira-t-il ?
O. C. : À long terme, je suis optimiste [A traduit: à long terme, les orthodoxes doivent ête pessimistes], bien que seulement cinquante cinq pour cent des Russes se disent baptisés. Beaucoup l’ont fait au moment de la perestroïka et se sont perdus ensuite dans la nature. Les pratiquants représentent aujourd’hui un et demi pour cent de la population.

N. C. : Ce fut donc un feu de paille ?
O. C. : N’oublions pas que dans le monde orthodoxe, un lien très étroit relie l’Église et la nation, que l’Église a bénie, fortifiée, soutenue, notamment sous le régime tsariste ou dans les pays soumis par l’Empire ottoman. Et l’on ressent dans tout l’ancien bloc de l’Est un besoin de retrouver une continuité nationale, une mémoire et un sentiment d’appartenance, plus encore qu’une foi personnelle. Cela n’a pas donné beaucoup de nouveaux fidèles. Il n’y avait d’ailleurs personne pour les accueillir et les catéchiser. Comme le conservatisme a actuellement le vent en poupe, énormément de jeunes et d’intellectuels ouverts, intelligents, profonds n’ont pas la possibilité de s’exprimer pleinement dans l’Église. Ils le font en marge. Avec eux, toute une grande pensée orthodoxe se reconstitue, mais avant qu’ils puissent entrer dans l’Église et modifier sa politique globale [A: toujours cette obsession de mettre tout sans dessus dessous], il faudra beaucoup de temps. Dans l’immédiat, je pense qu’ils vont subir beaucoup d’épreuves. Les temps sont très durs.

N. C. : Un grand concile réformateur comme Vatican II [A: oh! C'est pas vrai, il en est encore pour voir en Vatican II et sa suite autre chose qu'une entreprise de démolition et de liquidation?] est-il envisageable pour l’Église d’Orient ?
O. C. : Actuellement non (A: cool!!). Les tentatives d’adaptation à une certaine modernité ont avorté au début du siècle. Un concile s’était préparé en 1905 en Russie, mais l’empereur Nicolas II, beaucoup trop timide et timoré, n’osa pas le convoquer officiellement. Il se réunit à Moscou en 1917 et 1918, entre la chute du régime tsariste et l’établissement de la dictature communiste.
Il ébaucha toute une réforme intérieure de l’Église, proposant en particulier une plus grande responsabilité des laïques dans la vie paroissiale et l’élection des évêques par le clergé et le peuple, l’évêque étant bien sûr consacré ensuite par ses pairs. Ainsi Benjamin de Petrograd, élu par le peuple au cours de la révolution, fut métropolite jusqu’à ce que Lénine le fasse fusiller en 1922. De même, il y eut des tentatives intéressantes à Constantinople. Puis tout fut écrasé par la politique, la révolution Russe bien sûr, mais aussi la révolution turque qui chassa les Grecs habitant l’Asie Mineure. Le patriarcat fut extrêmement affaibli et ne put pousser à bout ces velléités de réforme. Au contraire, une espèce de crispation intégriste s’installa. En Russie, puis dans les autres pays communistes, il fallait faire face aux persécutions. Pour cela, aujourd’hui on se replie, on se crispe sur ce que l’on a, on y tient. Les évêques les plus remarquables furent déportés et tués. Ceux qui ont été mis en place dans les dernières décennies - au temps de la stagnation - sont toujours aussi stagnants, mais ils tiennent le pouvoir. Réunir un concile aujourd’hui ne serait donc pas forcément une bonne chose. Il faut attendre que de jeunes générations se manifestent dans ces pays et que toute une pensée se reconstitue. Je crois que ce sera le cas. Il faut beaucoup de patience. [A: ouf!, ils ne vont pas pouvoir nous vaticandeuiser l'orthodoxie dans l'immédiat]

N. C. : Sur le fond, on sait que Rome a davantage bâti sa symbolique autour du Vendredi saint et Byzance autour du dimanche de Pâques. Que pensez- vous de cette différence ?
O. C. : L’Occident me paraît avoir été très influencé par la théologie de la Rédemption, développée par Anselme de Canterbury au xie siècle. Il considérait que le péché originel était une offense d’une portée infinie puisqu’elle était faite à Dieu. Il fallait donc les souffrances d’un Dieu incarné pour la réparer. Ces idées ont conduit l’Occident à développer tout un culte des mérites et des souffrances du Christ, qui auraient changé les humeurs du Père et nous L’auraient rendu à nouveau favorable. L’Orient n’a jamais défendu cette thèse. Il a gardé, notamment dans sa liturgie et chez les Pères de l’Église (ceux de l’Église de Rome ne sont pas différents à cet égard), cette vision très simple selon laquelle réparer le péché reste secondaire. Il s’agit pour Dieu de réaliser son plan, qui est de déifier l’homme. Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu. L’Orient n’ignore pas le mystère de la croix, à savoir que Dieu incarné descend dans l’abîme du mal et de l’enfer pour tout remplir de sa lumière. Mais c’est cette lumière qui constitue l’essentiel. Aujourd’hui en Occident, la conception d’Anselme est abandonnée. La sensibilité populaire est cependant restée profondément marquée par toute cette histoire de souffrances nécessaires à la réparation.
Il y a là, je crois, quelque chose de grave et de très important. L’Occident a eu tendance a oublier l’ouverture sur la déification. Cette possibilité existe pourtant. En Christ s’ouvre l’ère du Saint-Esprit. Son but est de transformer l’homme, de le pénétrer totalement par la lumière divine, de le transfigurer et de l’aider à devenir un homme qui va transfigurer le monde.

N. C. : Il y a quelque chose de très émouvant à vous entendre dire : « En tant que croyant orthodoxe, je crois à la résurrection de la chair » [A: c'est vrai ça, c'est très émouvant qu'un orthodoxe croit encore à ces fables]
O. C. : C’est le credo des apôtres. Qu’est-ce qu’une personne, sinon un visage donné à la matière du monde ? Je pense que viendra un moment où l’Esprit soufflera si fort que toutes les haines, les bêtises, les séparations, les cruautés seront balayées et le monde apparaîtra transfiguré. Chacun de nous s’inscrira dans cette matière du monde transfiguré, et ce sera la résurrection de la chair - chaque personne, dans ce qu’elle a d’unique, assumant le monde transfiguré. Nous avons un pressentiment de cela dans ce que disent les Évangiles, d’une manière balbutiante, sur la condition du Christ entre sa résurrection et son ascension. Quand il échappe aux modalités du temps et de l’espace déchus, qui séparent et isolent. Il est, par exemple, présent dans plusieurs endroits à la fois.

N. C. : Ce qui fait entrer en scène « le corps de gloire » ?
O. C. : Le corps de gloire et le corps de résurrection sont une seule et même chose. La « personne » puise dans le monde glorifié un corps de gloire. Et c’est le monde glorifié qui sera son corps de gloire.

N. C. : Dans cette personne, qu’est-ce qui est éternel ? Le corps, l’âme ou l’esprit ?
O. C. : Ils sont tous les trois appelés à l’éternité par la médiation de la personne en Dieu et à travers le cosmos transfiguré. Tout sera transfiguré, notre corps et notre intelligence. Évidemment, on ne peut exprimer cela qu’au travers de petits récits ayant l’air naïf, sinon idiot. Je pense par exemple à un très beau passage de Mereskovski dans un de ses livres. Il parle d’un vieil homme qui dit : « Pour moi, le royaume de Dieu, c’est très simple. J’aimais beaucoup ma femme, alors je pense qu’elle sera là et tout sera comme c’était dans les moments les plus beaux. Et il n’y aura pas de mort, pas de séparation. Voilà. » C’est ce que nous pressentons tous dans certains moments de joie et de plénitude. Mais ils s’effacent et finalement vient la mort. Imaginez que ces instants ne s’effacent pas, qu’il n’y ait plus de mort !

N. C. : Vous pensez à tous ceux qui nous ont quittés ?
O. C. : Ils sont toujours vivants. Je pense que la personne échappe à la mort et qu’en elle tout s’inscrit et tout s’inscrira.

N. C. : Borges disait dans une conférence sur l’immortalité : « Je ne voudrais surtout pas m’appeler Borges dans l’Au-delà » !
O. C. : On s’en doute. Il ne sera pas appelé Borges. Ce n’est pas notre nom de famille qui compte. Quand on communie dans une église orthodoxe, le prêtre vous demande votre prénom et il dit : « Le serviteur Untel communie. » •



1. Nicolas Berdiaev, (1874-1948), Le Sens de la Création, éd. DDB, 1976.
2. Stock, 1986.
3. P. Serge Boulgakov, La lumière sans déclin, éd. L’Âge d’Homme.

Lire aussi :
Georges Nivat, Regards sur la Russie de l’An VI, éd. de Fallois/ l’Âge d’Homme.
Spiridon, Mes Missions en Sibérie, coll. « Le livre de vie », éd. du Cerf.

Axel
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Message par Axel »

Dans la même veine: Berdiaev et Boulgakov:

article tiré du site Sombreval.
URL:
http://www.sombreval.com/index.php3?act ... _art=56697

L'unité des chrétiens


« Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II, chef de l'Eglise orthodoxe russe, a appelé lundi à la restauration de l'unité de tous les chrétiens au sein d'une seule Eglise. En dépit de la complexité de ce problème, nous, les orthodoxes, ne devons pas abandonner nos efforts pour rétablir l'unité de tous les chrétiens au sein d'une seule sainte Eglise universelle et apostolique » a dit Alexis II en ouvrant à Moscou une conférence internationale intitulée "l'enseignement orthodoxe sur l'Eglise" (source Yahoo )

A la lecture de cette dépêche, mes pensées se sont tout de suite tournées vers Nicolas Berdiaev et le Père Serge Boulgakov (mort en 1944) économiste marxiste, retourné à la foi et à la tradition orthodoxe, auteur de nombreux ouvrages théologiques et en particulier Sous les remparts de Chersonèse dans lequel il prône le rapprochement de l'Eglise orthodoxe russe avec l'Eglise catholique romaine...

Pour Berdiaev l’unité chrétienne (des orthodoxes et des catholiques en premier lieu) serait seule capable de réaliser la synthèse créatrice du social et du spirituel . Comme le remarque avec justesse Olivier Clément dans l’essai qu’il a consacré au philosophe russe, « le christianisme occidental a un sens aigu de l’engagement historique, de l’activité sociale, mais ignore partiellement la puissance de la « déification » qui seule pourrait féconder ou fonder cet engagement et cette activité. L’orthodoxie par contre connaît les voies de la déification individuelle qui s’accomplit dans la vie des saints ( cf : songez chers lecteurs à la mystique de la Lumière de saint Syméon le Nouveau Théologien, la quintessence de la spiritualité orthodoxe qui se fonde sur une théologie centrée sur la transfiguration du monde et la déification de l’homme), voie qui ne débouche pas sur la route de l’histoire, de la vie sociale. Seul le rapprochement de ces deux moitiés du christianisme, conclut Berdiaev pourra « manifester la force religieuse créatrice potentiellement contenue dans l’orthodoxie […]. Alors se réalisera aussi la « grande mission créatrice du catholicisme avec tout son élan ». Et « commencera une immense renaissance religieuse, une renaissance mondiale dont beaucoup ont aujourd’hui la nostalgie »…
Et le théologien orthodoxe de conclure : « Plus que jamais la vision synthétique de Berdiaev serait indispensable pour surmonter l’opposition des intégrismes et des progressismes, de la « ghettoïsation » du christianisme et de sa dissolution dans l’esprit du temps. C’est à nous qu’il appartient de reprendre et d'élargir cette rencontre. Somme toute les conditions sont aujourd’hui bien meilleures. La renaissance néo-patristique permet aujourd’hui d’intégrer et de rectifier les intuitions des philosophes religieux russes. Le second concile du Vatican, même si son esprit se voile quelque peu, et le travail patient d’un œcuménisme trop souvent méconnu ont ouvert l’Occident au témoignage de l’Orthodoxie. Et la Russie maintenant découvre l’occident, découverte dont il ne faut pas avoir peur mais qu’il faut pousser jusqu’au bout, jusqu’au bout de cette « terrible liberté » dont parlaient Berdiaev et Marcel Moré " ( Olivier Clément, Berdiaev, Desclée, p.119)



Revenons maintenant à l’ouvrage de Serge Boulgakov, Sous les remparts de Chersonèse, dont je vous recommande chaudement la lecture. Voici quelques extraits d’une excellente recension, lue sur le site Esprit et Vie :

" La méditation d'ensemble peut se placer sous le signe de la formule mise en sous-titre de l'introduction ; « la tentation catholique d'un théologien orthodoxe » (p 5). La méditation, nous ne le cacherons pas, est d'une extrême profondeur ; on ne peut lire ce livre à la légère. Chaque page sollicite la réflexion
La raison en est que la situation où vivent les dialoguistes est dramatique pour la chrétienté russe (nous sommes en 1922). La traditionnelle foi orthodoxe de tout un peuple vient d'être bousculé par la révolution marxiste et son matérialisme radical. La « sainte Russie » va-t-elle disparaître ? Ou bien peut-elle profiter des circonstances pour renaître ? Cette méditation religieuse a été reçue en 1922, il y a près de quatre-vingts ans. Les éditions suisses Ad Solem ont cru bon d'éditer enfin ce volume, en 1991. C'est l'édition, en français, de ce volume, en 1999, que nous commenterons. Son actualité reste stupéfiante. La chute de la dictature communiste, à partir des années 1989, redonne toute son actualité et sa vigueur à ce texte. La « sainte Russie » va-t-elle pouvoir renaître ? C'est la question dont on retrouve l'actualité, avec la question qui reste sous-jacente ; le rapprochement avec Rome reste-t-il possible ?
Il faut tout de même que le lecteur catholique actuel sache que les approches romaines que manifeste l'auteur (en 1922) n'auront pas chez lui d'autres suites. L'auteur fera, malheureusement, des rencontres malencontreuses - au cours des année 30 - avec des représentants de l'Église catholique qui le déconcerteront ; il s'agira, en fait, de représentants catholiques de tendance intégriste (quelques jésuites) ; et le comportement de l'Église catholique autrichienne, face au nazisme, le déconcertera. Malgré ces déboires, le texte de BOULGAKOV, de 1922, reste porteur de bien des espoirs »
[...] L'orthodoxie russe invite à « quitter le monde » (p. 47). C'est une erreur. Il faut regarder ce que fait l'Église catholique à ce sujet. Elle cherche à obtenir une « christianisation » du monde. À son exemple, nous devons nous émanciper des pouvoirs politiques, celui de l'empereur… et demain celui du Soviet suprême. Mais il ne faut pas rompre avec la vie politique ; il faut la pénétrer d'esprit chrétien..(cf : à mettre en parallèle avec les analyses de Berdiaev..)
Si l'Église de Russie redevenait romaine, il faudrait bien la « dérussifier ». Nos différends avec Rome peuvent se régler ; nous pouvons adopter, finalement, le filioque, nous pouvons reconnaître une autorité, toute morale, du pape, en tant que successeur de Pierre (p. 249)

Dans cet ouvrage BOULGAKOV attribue la rupture à l'Église russe. « Après Florence écrit-il, les Orientaux restent, je le répète, coupable de schisme ; les schismatiques ce sont eux, c'est-à-dire nous, et non les Occidentaux » (p. 210). Il va même jusqu'à dire : « Dogmatiquement, le pape est infaillible » (p. 211). Dès lors, si on continue à le reconnaître, pourquoi ne pas retrouver l'unité ? Il ne s'agirait d'ailleurs pas d'une opération de « rattachement », mais, plus profondément, la reconnaissance par tous, Orientaux et Occidentaux, de leur appartenance à « l'Église du Christ, une et indivisible » (p. 215). « Ne nous obstinons pas à refuser le concile de Florence. Laissons-nous guider, dans notre mouvement vers l'unité, par l'exemple des saints ; nos grands saints, tant orientaux qu'occidentaux ont vécu déjà cette unité spirituelle. Ils appartiennent à l'Église universelle..."

tanios
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Message par tanios »

...
Après une lecture rapide du texte sur l'entretien effectué par O. Clément j'aimerais faire certaines remarques :
1) Je suis étonné qu'O. Clément ait qualifié Seraphim Rose de fanatique .
J'ai lu récemment 2 ouvrages de S. Rose ( sur le problème de l'évolution , sur l'état de l'âme après la mort ) ainsi qu'une conférence qu'il a faite devant des étudiants californiens . Le ton général n'est pas du tout celui d'un fanatique. Il essaie de se référer à l'enseignement des Pères . Il critique modérément ce qu'il appelle l'Ecole de Paris mais sans excès: il ne juge pas les personnes . On peut ne pas être d'accord avec lui mais cela devrait s'arrrêter là.
2) Il est certain que l'on peut qualifier d'O. Clément de qqu'un qui veut concilier l'esprit de notre époque ( plus précosément celui qui prévaut en Europe de l'Ouest ) avec une certaine orthodoxie. Mais dans quelle mesure l'esprit occidental laïc humaniste est compatible avec la Tradition?
3) Au début de ma véritable entrée dans l'orthodoxie je lisais beaucoup de textes d'O. Clément ...Mais progressivement je me suis tourné vers les écrit des Pères et la vie des saints. Bien qu'aujourd'hui je ne me retrouve plus tellement dans ses écrits , O. Clément m'a aidé à trouver une orthodoxie plus profonde , plus tournée vers l'intériorisation que ce que des personnes comme lui préconisent à savoir un plus fort engagement dans le monde. Un peu paradoxal comme résultat!
4) Conséquence : je ne me permettrai de critiquer directement O. Clément , qui sait si par ses écrits des personnes ne découvrent pas l'orthodoxie ?
5) Concernant le Patriarcat d'Antioche et son dialogue avec l'islam cela résulte de son histoire et de sa position géopolitique . Mais cela est autre sujet.
6) Enfin concernant ces questions de dialogue inter-religieux ou entre catholiques et orthodoxes etc. Quelle est leur importance réelle? Dans quelle mesure les personnes qui dialoguent le font au nom des croyants?
Cela est semblable à ces commisions parlementaires ou de l'ONU...
Le dialogue tel qu'il est mené est semblable à cette politique qui est très éloignée des préoccupations des gens... Mais çà aussi c'est un autre débat!
T.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Les propos acerbes d'Olivier Clément sur le hiéromoine Séraphin Rose (qui était tout, sauf un fanatique), s'ils relèvent de la logomachie classique pour abattre un adversaire qui ne peut plus se défendre et qu'on n'ose pas affronter sur le terrain des idées, m'amusent d'autant plus que les traductions des livres du père Séraphin atteignent dans les pays orthodoxes des tirages sans commune mesure avec ceux de son contempteur.
N'ayant pas voyagé en Russie, je ne peux pas témoigner à propos de l'affirmation selon laquelle les traductions russes des ouvrages du père Séraphin se vendent jusque dans le métro de Moscou, mais je peux témoigner pour la Roumanie.
Lors de mon dernier voyage en Roumanie, j'ai trouvé facilement des traductions des livres du père Séraphim dans les librairies. Je signale aussi à ceux que cela intéresse que la traduction roumaine du livre du docteur Jean-Claude Larchet (sans doute un autre fanatique?) sur la thérapeutique des maladies spirituelles se vendait dans les kiosques à journaux à Cluj. En revanche, je n'ai pas rencontré de disciple transylvain d'Olivier Clément.

Olivier Clément peut critiquer l'opinion du père Séraphin sur les religions orientales, mais ça me laisse très froid. Sachant que le père Séraphin était diplômé de langue et littérature chinoises et qu'il avait suivi l'enseignement de l'ex-pasteur anglican devenu apôtre du bouddhisme zen en Californie Alan Watts quelques années avant de se convertir à l'Orthodoxie, je suis prêt à reconnaître au père Séraphin des compétences en matière de bouddhisme, au moins de bouddhisme zen (ou chan en version chinoise). Quelles sont les qualifications d'Olivier Clément pour juger les écrits du père Séraphin dans ce domaine?

eliazar
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Olivier Clément

Message par eliazar »

« Quelles sont les qualifications d'Olivier Clément pour juger les écrits du père Séraphin dans ce domaine? »

Question bien oiseuse, cher Claude : ces qualification s’appellent les Trompettes de la Renommée Parisiano-Orthodoxes.
N’importe qui peut se procurer les mêmes, avec quelques relations bien en cour évidemment, par le truchement d’une vieille firme bien connue dans la Ville-Lumière : « A l’Enseigne de Passe-moi-la-Manne-je-te-passerai-le-Séné ».

Le problème est que cette firme, comme bien des entreprises françaises, n’a guère de débouchés à l’étranger, et que ses stocks ont tendance à rancir sur place ; ce qui aigrit un peu ses honorables commerçants...
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Irène
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Message par Irène »

Il faut être catholique - ou l'avoir été ce qui est mon cas - pour mesurer quelle implacable entreprise de démolition a été Vatican II. On peut bien en constater le résultat aujourd'hui où les fidèles d'un certain âge sont complètement déboussolés et leur prêtres de même, alors que les jeunes et jeunes adultes ne peuvent même plus savoir ce qu'est une spiritualité prodonde, où les lieux de prière ne dégagent plus rien. Par quelle aberration peut on regretter qu'un Vatican II orthodoxe ne soit pas "encore"possible !

Axel, j'ai bien aimé vos vivants commentaires.

Je pense que - peut-être - l'Orthodoxie envie la "puissance" du Vatican : il s'agit seulement d'une puissance médiatique et beaucoup liée à l'actuel pape.

Quant à l'oecuménisme : avant de songer à se réunir avec d'autres eglises, il faudrait déjà que les différentes juridictions orthodoxes parviennent à s'entendre entre elles... Je ne comprends pas cette obssession de certains concernant l'oecuménisme que je traduis ainsi : venez vous marier avec moi, si vous acceptez tous les termes du contrat de mariage tel que je l'ai rédigé. J'ose donc espérer que l'oecuménisme restera un yoyo agité par des adultes bavards.

Antoine
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Message par Antoine »

J'ose donc espérer que l'oecuménisme restera un yoyo agité par des adultes bavards.
Igaginez certains yoyêques acompagnés de "leur" yoyiacre si fier de tenir la boite de rangement pendant que Yoyeigneur "joue au yoyo" devant un parterre multiconfessyoyonnel s'extasiant des adroites prouesses de Yoyeigneur.
Et quand Yoyopoulos rencontre Yoyovitch que se racontent-ils? Des histoires de yoyo:
<< Vous avez vu cet antiyoyothodoxe qui remet en cause notre succession yoyostolique? Si on le laisse faire un jour il finira par nous shooter dans les yoyos! Il faut mettre en place une yoyotégie pour mettre fin à cet antiyoyoisme primaire.Et qu'en pense Père Yoyoanou, lui qui a une expérience si yoyositive de yoyotisation dans sa yoyoroisse?>>

Que voulez vous, ils sortent de l'institut de yoyologie Saint Yoyo où on leur enseigne la yoyocte pensée des yoyophores à grands renforts de yoyogmatique ponctués de grands rassemblement yoyoménistes.

Il est vrai que lorsqu'on a les deux mains clouées sur une croix il est très difficile de jouer au yoyo...

Axel
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Message par Axel »

Tanios a écrit:
Bien qu'aujourd'hui je ne me retrouve plus tellement dans ses écrits , O. Clément m'a aidé à trouver une orthodoxie plus profonde , plus tournée vers l'intériorisation que ce que des personnes comme lui préconisent à savoir un plus fort engagement dans le monde. Un peu paradoxal comme résultat!
4) Conséquence : je ne me permettrai de critiquer directement O. Clément , qui sait si par ses écrits des personnes ne découvrent pas l'orthodoxie ?
Et je pense qu'il a raison. J'ai réagit de façon trop impulsive tant aux questions qu'aux réponses de l'interview.
Effectivement, le message d'O. Clément peut servir, pour nombre d' européens de l'ouest, de pont levis entre l'Occident et la château fort de l'Eglise orthodoxe d'Orient.
Au même titre que l'uniatisme d'ailleurs. Et oui, sans pont levis, il faut sauter et le fossé est très large...et à moins d'être un Carl Lewis de la religion, niet accès au dit château.
En effet, qu'est ce qui caractérise l'Occident? Sans vouloir être exhaustif, je dirais que c'est un esprit de relativisme et de subjectivisme. Un esprit de rupture et d'incessant mouvement. Un esprit de mépris pour ce qui nous a été légué, transmis. Et cet esprit, qui efface et annule tout sens du Mystère, du Sacré et de la Tradition, pénètre jusqu'au fond des sacristies catholiques romaines et des temples protestants. L'Occident en général et l'Eglise romaine en particulier c'est l'aggiornamento pour l'aggiornamento.
En revanche qu'est ce qui définit l'Eglise orthodoxe d'Orient? Et bien c'est tout le contraire. Notamment: immutabilité, garde jalouse de l'héritage, sens de la fidélité dans l'intendance des choses sacrées, refus de se laisser hypnotiser par l'esprit de mode et refus de canoniser tout ce que charrie l'air du temps. En une formule: AGGIORNAMENTO NIET!, Tradition Apostolique DA!
Alors pour faire le pont entre ces deux visions du monde, peut-être qu'un O. Clément est nécessaire. Nécessaire comme passeur j'entends. Après une fois rentré dans l'Oasis forteresse orthodoxe, c'est bien connu, on laisse le passeur sur le seuil.

Axel
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Message par Axel »

Par quelle aberration peut on regretter qu'un Vatican II orthodoxe ne soit pas "encore"possible !
.
Chère Irène, cet avis, que je partage à 2000%, m'a donné envie publier ici un post du Forum catholique que j'ai illustré par quelques photos.
URL: http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=21789
Auteur : Justin Petipeu
Sujet : Les néo-catholiques et la laideur
Date : 2003-12-09 17:29:51


Comment expliquer la fascination des néo-catholiques pour la laideur ? Ils n'ont rien épargné de ce qu'ils ont touché...et ils ont touché à tout.
Ils ont supprimé les superbes chasubles et les manipules, et ont habillé les ministres sacrés avec des sacs de Taizé...Des inclinaisons, génuflexions, mains jointes et recueillement, il ne reste plus que des gaillards qui se promènenent dans le choeur les bras balants, les manches de chemise bleue dépassant sous l'aube.
Pour ce qui est du chant sacré, ils ont fait très fort : la quasi-disparition du grégorien est leur oeuvre et il n'y a pas jusqu'à la chapelle Sixtine où les maîtres de la polyphonie ont été traqués et finalement chassés, laissant place aux chants "participatifs", que l'on retrouve dans les paroisses et auxquels nul ne participe, puisqu'il y en a un nouveau tous les dimanches.
Dans les campagnes, ils ont brisé les statues des églises et des chapelles en mille morceaux pour rempierrer les chemins ou les ont donné aux premiers vide-greniers. En ville, j'ai entendu un vieux Nantais me raconter comment une benne avait été disposée devant la basilique St-Donatien, et toute la journée, les bronzes de l'édifice remplirent ladite benne, pour finir à la récupération. Je ne sais ce qu'ils ont fait du maître-autel, il n'existe plus.

Et à la place, qu'est-ce qu'ils ont mis ? Me promenant l'autre jour à Quimper, ce mystère - car c'en est un - de la dilection pour la mocheté et la tristesse m'a frappé alors que je contemplais le "nouvel autel" de la cathédrale St-Corentin et l'ancien. Qu'est-ce qui peut bien pousser des catholiques, du moins des chrétiens, des croyants, à vouloir à tout prix demeurer et persister dans ce qu'il y a de plus hideux, alors qu'à quelques mètres d'eux, les témoignages les plus glorieux et les plus esthétiques de la Foi chrétienne sont ignorés, méprisés, cachés, rabaissés ?

Axel
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Message par Axel »

Cathèdre de l'archevêque de Los Angeles:
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Communion à une "Eucharistie" présidée par le Card. Mahony de LA:
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Intérieur d'une église en Allemagne:
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Le ptérodactyle sur le fronton de l'église Saint Gabriel en Floride:
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Sculpture dans l'aula paul VI au Vatican:
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GIORGOS
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PRIONS POUR OLIVIER CLÉMENT

Message par GIORGOS »

Je m’ai appris aujourd’hui que M. Olivier Clément est très malade.

« Il faut prier pour lui car il a fait beaucoup de mal au point de vue doctrinal - et contre l'Église de Grèce particulièrement - mais au fond, il croit et aime le Christ... en croyant avoir raison contre les Pères ! », on m’écrit.

Je suis d’accord, dans le Redoutable Jour du Jugement nous ne savons pas quelle sera notre situation spirituelle.
Prions Dieu que nous ayons des frères que prient pour nous !
Giorgos
SEÑOR JESUCRISTO, HIJO DE DIOS, TEN PIEDAD DE MÍ PECADOR.

eliazar
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Olivier Clément

Message par eliazar »

Merci, Giorgos pour ce message.

Au fond, nous ne pouvons connaître notre frère qu'à travers nos lunettes noires. Pas sous ses vraies couleurs. Sous des couleurs qui lui ressemblent extérieurement, qui nous permettent de le reconnaître, mais dont nous ne savons jamais vraiment si elles sont vraiment lui, si elles nous aident, nous permettent de le connaître tel qu'en lui-même, il est.

Qui peut savoir ce qui vit, souffre, aime sous les mots qui sortent de lui : (par la bouche, ou par la plume, peu importe) ? Nous sommes tellement certains qu'il a tort quand il ne pense pas comme nous, quand il croit ce que nous ne croyons pas... mais nous ne pouvons pas entendre l'inaudible, ce qui est lui, ce qui le fait lui : la profondeur de la mer qui est en dessous de ce qui nous est apparent de lui - c'est à dire : à partir de l'endroit d'où nous regardons cette mer. C'est à dessein que je prends cette image de la mer, parce que justement, ce que nous regardons quand l'eu est claire (et même comme transparente), nous le voyons encore déformé par les lois de l'optique, ce qui revient à dire : par notre propre regard.

Nous sommes bien obligés de porter un jugement, une estimation critique, si nous voulons vraiment écouter ce qu'il dit, lire ce qu'il écrit, etc. Sinon, nous le réduirions à un ronron confortable, et sa pensée ne nous serait qu'un bruit de fond. Mais cependant, nous savons que tout cela n'est que dans une bulle, qui est nous. Et dans laquelle nous sommes forcément enclos. La réalité qui le constitue lui, et qui en même temps le constitue notre frère, cette réalité est tellement au-delà de nous, de la perception que nous pouvons en avoir, que nous nous demandons parfois si elle n'est pas aussi au-delà de lui.

Puis arrive le moment crucial. La douleur affleure à la surface des apparences, le fruit éclate, et les mots, les idées ne sont plus que des vestiges. Reste l'être réel que nous n'avons pas vraiment connu.

C'est là que nous comprenons la parole du Christ notre Maître : que nous ne devons pas juger, car Lui seul sait ce qui est au dedans de l'homme. Au fond, tout être vivant est un fou de Dieu : son apparence nous l'a caché, déguisé en ce qu'il voulait sembler être. Maintenant, seule reste la prière - le jaillissement d'un mouvement d'amour vers cet inconnu qui souffre.

Au moment où je vais envoyer ces lignes sur le Forum, tu devines que j'ai déjà commencé à prier pour O.Cl. - mais je te remercie très intensément de nous l'avoir demandé .

La demande de prière émane autant de celui qui en a besoin que de celui qui formule la demande à sa place. Et toute prière - dans la mesure où elle vient de Dieu-en-nous et qu'elle s'adresse, ou que nous l'adressons (ou "la faisons suivre"...) à Dieu au dessus de nous, en dehors, autour de nous - devient un mouvement en dehors de l'espace-temps.

Car Dieu ne saurait être contenu dans l'espace, ni dans le temps - et de ce fait même, dans le contact que nous établissons avec Lui par la prière, nous échappons à notre tour aux limitations de cet espace, et de ce temps. S je te téléphone, les paroles que je t'adresse sortent de ma bouche à l'heure de la ville de Nice, qui est le lieu de leur émision - et tu les entends à l'heure de l'Argentine où tu les reçois. Mais ces paroles elles-mêmes, en soi, ne sont pas contenues (limitées, emprisonnées) dans le temps d'ici, et pas non plus dans celui de là-bas; on peut donc dire que dans leur essence même elles sont hors du temps.

Et comme nos opinions, nos jugements sont étroitement tributaires de l'endroit, et du moment où nous les émettons - ta demande de prière nous fait enfin entrer dans ce "hors du temps" où il n'existe plus ni jugement, ni opinions diverses. Rien que la commisération, la com-passion, l'amour du frère qui souffre.

Et dont la souffrance aussi se tient dans ce non-lieu, et ce non-temps où elle rencontre notre prière - et qui est déjà le Royaume.

Merci à toi, Giorgos, de t'être fait ainsi le passeur...
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eliazar
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Olivier Clément

Message par eliazar »

Les jours ont passé, et je ne sais pourquoi, j'ai eu la curiosité de lire cette entrevue d'Olivier Clément avec le rédacteur de "Nouvelles Clés". J'avoue que je ne l'avais pas lue ! Je demande donc à Axel de me pardonner ce manque d'intérêt momentané - et je le remercie d'autant plus chaleureusement de s'être donné ce mal.

J'ai trouvé une phrase qui me laisse perplexe (non, j'en ai trouvé une vingtaine, mais... bon!) :
O. C. : Le corps de gloire et le corps de résurrection sont une seule et même chose. La « personne » puise dans le monde glorifié un corps de gloire. Et c’est le monde glorifié qui sera son corps de gloire.
Ce n'est pas la première fois que j'essaie en vain de démêler une pensée d'Olivier Clément, mais là, j'ai besoin qu'on me tienne un peu la main : j'ai facilement le vertige; c'est l'âge - sans doute ?

1° Est-ce que la "personne" puise elle-même un corps de gloire dans le monde glorifié - comme on va faire son marché ? Entre-t'elle après la mort terrestre dans une grande boutique en demandant : "Y a personne ?", pour ensuite chercher dans cette Galerie J'farfouille le rayonnage où sont les corps de gloire et choisir celui qui est à sa taille et dont les nuances lui conviennent ? La "personne" en question peut-elle l'emporter, pardon : le revêtir - et s'en aller avec ? Faut-il refermer la porte sans bruit - ou n'y a t-il même pas de porte ? Je suis frappé de l'absence de Dieu, dans cette vision glaciale du monde glorifié ... La "personne" sera-t'elle donc la seule (personne!) dans un monde glorifié aussi vide qu'un entrepôt ?

2° Alors, c'est le monde glorifié qui sera mon corps de gloire ? Est-ce à dire que ma "personne", une fois revêtue du corps de gloire qu'elle aura puisé dans le grand magasin vide, deviendra le monde glorifié tout entier ?
Mais je ne serai tout de même pas le seul mort, ce jour-là, cette année-là, ce siècle-là.... ? Les autres morts, choisiront-ils (pardon: puiseront-ils) aussi un corps de gloire dans la même Galerie J'farfouile ? Alors, ils deviendront aussi "le monde glorifié" ?
On va pas se cogner, tant de personnes à être devenues ensemble "le monde glorifié" ? Vous êtes certains que je ne vais pas m'entendre dire par le propriétaire (mais y en a-t-il un, au fait) : "Mon ami, descendez du monde glorifié; vous êtes en surcharge. Vous ne voyez pas qu'il n'y a plus de place ?"...?

3° A la réflexion, mon 2° est hors sujet, au moins si le monde glorifié est un monde en expansion illimitée. Ouf! on peut tous mourir tranquilles.
Reste tout de même mon vertige : si je deviens le monde (glorifié), est-ce que le monde (glorifié) va devenir Eliazar ? Sinon, où vais-je retrouver Eliazar, quand je serai devenu le monde entier (glorifié) ?

4° C'est le problème du Jugement, vous comprenez ? Je ne voudrais pas que ce pauvre type d'Eliazar, que je commence à connaître un peu, depuis le temps, il aille se faire juger tout seul dans un coin, et que je ne sache même pas ni où ni quand - j'aimerais pouvoir aller dire au Juge : Vous savez, je le connais, Eliazar; on a vécu ensemble un bon bout de siècle; c'est pas un mauvais bougre, après tout : un peu égoïste, vaniteux, menteur, voleur, homicide, concupiscent, paillard, agressif, lâche, vantard, méprisant, orgueilleux ... comme tout le monde, non ? Soyez indulgent, s'il Vous plaît ! Il est si bête qu'il n'était pas vraiment responsable, au fond...
Seulement voilà, si je suis devenu le monde entier (glorifié, oui, çà va! je sais!) comment je vais faire pour retrouver Eliazar - et d'une - et ensuite pour "parler" à sa place à son Juge - et de deux ? Si le Juge me demande qui je suis, avant de m'écouter, qu'est ce que je vais Lui répondre ? Que je suis le monde entier ?! Il va me virer, oui !

En plus, comme personne ne m'a encore répondu quand j'ai demandé s'il y avait quelqu'un ... comment vais-je faire pour trouver le Juge ? A quoi ressemblera-t-il ? Aura-t-il un Nom ? Ou bien sera-t-il lui aussi "devenu le monde glorifié" ? (notez que dans ce cas-là, on aura plus tellement à se faire de mourron...)

Est-ce qu'il y a quelqu'un, dans le forum-orthodoxe.com ?

Si oui, répondez-moi ! je commence à paniquer, tout seul au milieu de ce monde pas-encore-glorifié, avec mon ancienne carte d'identité, et pas de Roi dans le Royaume !

Et si çà se trouve, pas de Royaume non plus ? Rien que le monde...

Oui ; GLO - RI - FIÉ ! Je sais. Arrêtez un peu de m'embêter!

... Je cause avec Olivier Clément, tout de même...
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Antoine
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Message par Antoine »

O. C. : Le corps de gloire et le corps de résurrection sont une seule et même chose. La « personne » puise dans le monde glorifié un corps de gloire. Et c’est le monde glorifié qui sera son corps de gloire.
On peut taxer Olivier Clément de jouer avec les mots. J’aime beaucoup son style et il a souvent des trouvailles dont la densité expressive explose d’énergie. Ainsi il avait écrit (dans un autre bouquin)que le corps résurrectionnel était non pas un autre corps mais "le même corps devenu autre". Il voulait ainsi sans doute souligner par cette formulation la permanence de la personne dans l’abolition de l’individu.

Toutefois , sans chercher à défendre l’accusé, ni chercher à m’en faire l’interprète, je te propose cette lecture de la citation que tu relèves.
Le Corps résurrectionnel et le corps de gloire sont deux expressions équivalentes. Elles signifient toutes les deux le corps divinisé de la résurrection. A la fin des temps Le Christ récapitulera toute la création en sa personne. (expression énigmatique mais scripturaire)

Ce thème de la restauration est un grand thème biblique. C’est celui des temps messianiques dans l’Ancien testament. Il y a le rétablissement d’Israël annoncé par Elie, le rétablissement des 12 tribus de Jacob..Ac 1,6 par exemple, nous présente les disciples (juifs) s’inquiétant du rétablissement d’Israël. : « Est-ce maintenant que tu vas rétablir le royaume d’israël ? »

St Paul nous présente un autre Israël. Le Sang du Christ réalise dans ses épîtres cette restauration du monde:

Ep 1,7-12 :
En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d'intelligence, nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu'il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté, afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d'avance avons espéré en Christ.

Ou encore en Col 1,20
Il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par Lui, par le sang de sa croix.

Le terme Apokastasis apparaît dans les actes 3,19-21 (apokatastasis panton) dont Dieu a parlé par la bouches des saints prophètes.
Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus Christ, que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes.


St Maxime nous dit par exemple que l’ascension (anondon) et le rétablissement (apokatastasis) vont vers l’idée de Dieu (logos) selon laquelle nous avons été créés. L’apokatastase est ainsi l’alpha et l’oméga de notre création. Elle est dans l’idée de Dieu et c’est en tendant à la conformité de cette idée que nous la réalisons. Ainsi lorsque tu écris:Je suis frappé de l'absence de Dieu, dans cette vision glaciale du monde glorifié tu oublies que cette gloire est cette conformité à l'idée de dieu dont parle St Maxime. Il n'ya rien de glacial; il y a toute la chaleur et la lumière trinitaire. C'est la Gloire de notre création "à l'image et à la ressemblance". C'est Dieu en nous et nous en Dieu. C'est aussi le "qu'ils soient un come toi et moi nous sommes un"C'est l'humanité pluri-hypostatique en participation à la divinité tri-hypostatique.

Dieu crée le monde par son Fils, le verbe, le logos. Le Christ récapitule en lui toute la création . Le Fils est l’image du Père et nous sommes l’image du Fils. En étant concorporel au Christ nous revêtons ce corps de Gloire et nous récapitulons ainsi en nous toute la création faite pour nous ; dire que nous puisons dans le monde glorifié notre corps de gloire est la même chose qu’affirmer que la création tire sa glorification de notre corps de gloire. C’est dans l’accomplissement de la glorification du monde que resplendit notre propre glorification. Adam et Eve avaient échoué dans cette mission revêtant les tuniques de peau. Le Christ accomplit la finalité de la création de l’homme par la double nature, restaure l’humanité comme homme parfait et nous ouvre les portes du Royaume.

Si le bien est supérieur au mal , alors l’enfer ne peut pas avoir le même caractère d’infini que le bien.

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