Josaphat Kuntzevich de Polotsk et crimes de l'Unia

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Axel
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Josaphat Kuntzevich de Polotsk et crimes de l'Unia

Message par Axel »

Je suis à la recherche d'informations sur l'archevêque Josaphat Kuntzevich de Polotsk, champion de l'Unia.
Je n'ai trouvé qu'un commentaire de quelques lignes sur un site US traitant d'Alexis Toth.
Il va s'en dire que le jugement porté sur sa personne par Alexis Toth est très négatif.
Pourtant, il est considéré comme un martyr canonisé par l'Eglise romaine. Son corps serait parait t'il incorruptible. J'aimerais savoir par quel artifice quelqu'un qui est considéré comme un criminel antichrist par une Eglise peut être considéré comme un saint par une autre. Je me pose la même question au sujet d'Aloïs Stepinac, béatifié par l'Eglise romaine.

Pour conclure, je suis à la recherche d'informations sur l'Unia en général et sur les crimes, à l'encontre des orthodoxes, qui accompagnent celle-ci.

Bien à vous

Axel

eliazar
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Informations sur l'Unia et Josaphat Kuntzevitch

Message par eliazar »

Axel, tu écris : « J'aimerais savoir par quel artifice quelqu'un qui est considéré comme un criminel antichrist par une Église peut être considéré comme un saint par une autre. Je me pose la même question au sujet d'Aloïs Stepinac, béatifié par l'Église romaine. »

En attendant la réponse plus documentée de Claude ou d’Antoine, je voudrais pouvoir te dire, sans te blesser inutilement (car il y a parfois des blessures salutaires, mais celui qui les inflige n’en est pas pour autant tout à fait indemne…) qu’il n’est pas possible de toujours appeler Églises les communautés qui ont choisi de se séparer de l’Église.

Au mieux, elles sont des cadavres d’Églises anciennement vivantes ; et heureusement pour elles, nous croyons en un Dieu qui ressuscite les morts.

Le Dieu qui a dit à Ezéchiel :
« Prophétise sur ces ossements ! Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole de YHWH ! Ainsi parle le Seigneur YHWH à ces ossements : Voici que je vais faire venir en vous un esprit et vous vivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai pousser sur vous de la chair, j’étendrai sur vous de la peau et je mettrai en vous un esprit – et vous vivrez. Et vous saurez que je suis YHWH » (Ezéch. 37, 4-6)

Mais nous ne devons pas pour autant oublier que lorsque le roi Josias eut vingt ans, et qu’après avoir recherché quatre ans durant le Dieu de David, son père, il commença à purifier Juda et Jérusalem – il brûla les ossements des (faux) prêtres sur leurs autels, et il purifia Juda et Jérusalem ainsi. ( Nombres 34, 5)…
… Comme il avait été prophétisé au Premier Livre des Rois, ch. 13, vv.1à 10. Tu es jeune, tu penses peut être que je déraille un peu : alors tu devrais relire ce chapitre. Il est très beau.

Je veux bien t’accorder que celles que tu persistes à appeler Églises ne sont pas encore toutes à l’état d’ossements desséchés ; certaines sont simplement déjà pourries, et elles sentent comme mon saint patron sentait, au bout de quatre jours de tombeau. Et mon espoir, pour déraisonnable qu’il paraisse, vient de ce que le Dieu qui a pu faire cela pour son ami (et qui l’a fait même pour moi !) est toujours capable de le faire pour ces communautés qui se sont retranchées de Son Église – et qui sont mortes.
Mais j’aimerais tellement que tu arrêtes un peu de les appeler Églises ! Un mort est un mort, et celui qui touche ses ossements, même du bout du doigt, devient impur lui aussi (Nombres 19, 16-18). Ce que l’Église nous a appris, par contre, c’est que nous devons prier pour les morts. C’est tout, et c'est déjà beaucoup. Mais nous ne devons pas avoir de contacts avec eux.

Maintenant, pour nous éloigner un moment de ce contact brûlant de la Parole de Dieu et revenir à des propos plus terre à terre, j’ajouterai qu’il n’y a aucun étonnement à éprouver parce qu’un Carol Woytila a pu béatifier un Aloïs Stepinac : il a bien pu également se rendre dans son avion super-luxueux de Rome jusqu’au Chili pour prendre dans ses bras un Pinochet, se faire photographier officiellement avec lui et toute sa famille, et faire le même jour un grand discours aux centaines de milliers de Chiliens échappés à ses bourreaux, et qui étaient venus l’écouter avec espoir, pour leur recommander de ne pas désobéir ni troubler l'ordre de son régime.
J’ai bien peur que celui-là, cela fasse bien plus de quatre jours qu’il pue.
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >

Antoine
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Message par Antoine »

Son corps serait parait t'il incorruptible.
L'incorruptibilité n'est pas une preuve de sainteté.
La sainteté n'a pas de preuves. Elle a des manifestations dont la première est la confession de la foi orthodoxe. Il n'y a pas de sainteté en dehors de cette confession, car la sainteté n'est autre que la manifestation de l'Esprit Saint en nous. Toute sainteté est une theophanie et Dieu ne se manifeste pas dans la vérité et son contraire.

Alors quelques pharisiens et scribes prirent la parole et lui dirent:" Maître, nous voudrions voir un signe de toi." Il leur répondit:" Génération mauvaise et adultère qui réclame un signe!...et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. Car de même que Jonas demeura trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le fils de l'homme demeurera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre."
Matt. 12, 38-40

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

En ce qui concerne Josaphat Kunciewicz et Alojisie Stepinac, l'attitude du Vatican n'est pas surprenante. Comme l'écrivait justement en son temps le père Wladmir Guettée, l'Eglise orthodoxe est un témoin gênant. Il faut l'éliminer à tout prix (Croisades, uniatisme, oustachisme, détournement de l'oecuménisme à des fins impérialistes qui rappelle la méthode utilisée pour démobiliser les protestants français au milieu du XVIIème siècle). Kunciewicz et Stepinac ont massacré des milliers et des milliers d'orthodoxes et ceci est la seule justification de leur inscription au calendrier des saints du Vatican. La Papauté récompense ses bons serviteurs, la fin justifie les moyens et tout le reste n'est qu'emballage.

Naturellement, il arrivait que des catholiques romains aient des doutes sur les méthodes utilisées par les pieux missionnaires bottés du type Kunciewicz. Surtout si ses méthodes aboutissaient à semer la guerre civile partout.

Un jour, excédé par les crimes du futur "saint" Josaphat Kunciewicz, le chancelier de Lituanie (la Pologne et la Lituanie formaient à l'époque une double monarchie, comme l'Autriche et la Hongrie en 1867), le prince polonais Léon Sapieha (1557-1633), lui écrivit une lettre cinglante dont voici la traduction française:

"Eminentissime Seigneur, Archevêque de Polotsk,

C'est contre mon gré que j'entame cette correspondance avec Votre Excellence, car, voyant la fermeté de vos convictions et qu'aucun argument ne pourrait vous faire changer d'avis, je réponds simplement à votre lettre.

Bien que je me sois moi-même efforcé de propager l'Unia et que je sache qu'il est désormais déraisonnable d'interrompre cette oeuvre, il ne m'était jamais venu à l'esprit que Votre Excellence puisse contraindre les gens par de tels procédés.

L'appel que le Très-Haut lance à tous les humains est doux: Venez tous à moi; mais Il n'exige pas d'esclaves amenés de force et n'en veut pas. Tandis que vous, vous opprimez le peuple russe par des actes de violence irréfléchie et le poussez à la révolte et à l'insubordination à Sa Majesté. Il vous est bien difficile de le nier quand cela apparaît clairement dans les plaintes contre vous présentées par les fonctionnaires polonais du Grand-Duché de Lituanie.

Vous connaissez aussi les reproches des gens du peuple affirmant qu'il est préférable pour eux d'être prisonniers des Turcs plutôt que de subir d'aussi terribles persécutions pour leur foi et leur piété.

Vous écrivez que la politique aussi a son utilité pour le peuple, mais j'ajouterai qu'un Etat trouve plus d'intérêt dans un peuple obéissant plutôt que dans votre Unia.

Pourquoi vous croyez-vous obligé de faire passer votre pouvoir et devoir de pasteur pour la volonté du Roi et par conséquent de l'Etat, alors que vous savez bien que votre pouvoir est limité et que vos efforts pour mener à bien des oeuvres contraires à la paix et à l'intérêt de la société peuvent avec justice être considérés comme une offense pour Sa Majesté. Eussiez-vous essayé d'agir ainsi à Rome ou à Venise, et l'on vous aurait appris quel respect il faut avoir pour la politique et l'Etat.

Vous parlez du retour à la foi des renégats. Il faut s'efforcer de les faire revenir, faire en sorte qu'il n'y ait qu'un seul troupeau et un seul pasteur, mais il faut agir ave circonspection et tenir compte des circonstances. Il faut que votre zèle et votre désir d'unification se fondent sur les lois de l'amour en suivant les paroles de l'apôtre Paul, mais on voit bien que vous vous êtes écarté de son enseignement et c'est pourquoi il n'est pas étonnnant que ceux qui étaient sous votre pouvoir cessent de vous obéir.
J'ai par obligation, dites-vous, d'être l'héritier des saints évêques, de les imiter dans leur glorification de Dieu, de suivre l'exemple de saint Jean Chrysostome et autres grands pontifes. Cela est très louable, mais il faut aussi les imiter pour ce qui est de la piété, du savoir, de la longanimité et des bons exemples. Lisez les vies de tous les pieux évêques, lisez tous les livres de saint Jean Chrysostome. Vous n'y trouverez ni plaintes à leur égard, ni l'ordre de leur part de persécuter et de chercher des motifs pour intenter des procès en justice ni enfin d'incitation à l'assasssinat de pieux prêtres, vous n'y trouverez que ce qui aide à la glorification de Dieu et au salut des âmes.

Maintenant, examinons l'oeuvre de Votre Excellence. Tous les tribunaux, les conseils municipaux, les hôtels de ville, les administrations croulent sous toutes sortes de plaintes, de dénonciations, de procès qui ne peuvent en rien affermir l'Unia, alors que l'amour disparaît de la société et que dans les familles règnent la discorde et les lamentations.

Vous écrivez qu'il vous est loisible de noyer les orthodoxes et de leur fendre la tête (souligné par moi - NdL). Non. Il ne faut pas agir ainsi avec eux, car le commandement de Dieu interdit toute vengeance et ce commandement s'adresse aussi à vous.

Vous écrivez encore que dans les diètes on élève la voix contre l'Unia, qu'on la condamne, elle et le pieux clergé romain. Mais qui en est la cause? L'Unia seule est coupable de tous ces crimes.

Quand vous faites violence à la conscience populaire, quand vous fermez les églises, pour que les gens meurent comme des impies sans le secours des rites chrétiens, quand de votre propre chef vous abusez du pouvoir du Roi , vous faites tout cela sans nous, et lorsqu'à cause de ces méfaits explose dans le peuple la révolte qu'il faut éteindre, alors vous vous adressez à nous et vous vous servez de nous pour colmater les brèches.

Les orthodoxes supposent que nous sommes avec vous dans le complot pour asservir la conscience populaire et troubler la paix sociale, mais cela n'est pas vrai. C'est déjà bien assez que nous soyons avec Votre Excellence dans cette Unia que vous devriez garder pour vous-même et il vaudrait mieux ne pas nous livrer à la vindicte et à la haine du peuple et ne pas attirer sur vous son jugement.

Vous écrivez qu'il faut chasser au-delà de nos frontières tous ceux qui n'acceptent pas l'Unia. Plaise à Dieu qu'il n'existe jamais d'aussi grande forfaiture dans notre pays. Depuis longtemps chez nous s'est affermie la foi catholique romaine et jusqu'à ce qu'elle ait pour alliée l'Unia, elle était renommée pour son pacifisme et sa puissance. Alors que depuis qu'elle s'est trouvée une amie en l'Unia agitée, elle doit subir à cause d'elle à chaque réunion populaire et assemblée régionale d'innombrables ennuis et difficultés.

Il y aurait plus de profit pour le pays et la société à rompre tout lien avec cette remuante alliée, car nous n'avons jamais eu dans notre société de discordes comme celles que nous a causées l'Unia.

Vous écrivez qu'il faut livrer les églises à la profanation. Mais fermer les églises et et poser sur elles les scellés ou bien bafouer les croyants, sont autant d'actes funestes qui détruisent la coexistence fraternelle et la paix.

Montrez-nous, Excellence, qui vous avez amené à vous? Qui avez-vous attiré par votre rudesse, votre sévérité, et par la fermeture des églises? Il me semble que vous avez perdu même ceux qui vous étaient dociles à Polotsk.

Des agneaux qu'ils étaient, vous en avez faits des boucs, vous les avez rendus dangereux pour l'Etat et peut-être même avez-vous préparé notre perte, à nous tous, les catholiques. Au lieu de la joie, votre Unia maudite nous a apporté seulement du chagrin, de l'inquiétude et des désordres, si bien que nous préférons nous en passer.

Voilà les fruits de votre Unia. C'est bien elle qui porte la responsabilité de ces discordes dans l'Etat et dans le peuple. Quand notre patrie sera ébranlée (Dieu nous en préserve), ce à quoi vous ouvrez la route par votre rudesse, je ne sais ce qu'il adviendra de votre Unia.

C'est pourquoi le Roi ordonne de réouvrir l'église orthodoxe de Mohilev (j'écris cela à Votre Excellence sur son ordre) et si vous ne le faites pas, par ordre de Sa Majesté j'ordonnerai moi-même de l'ouvrir et de la rendre au peuple pour qu'il y célèbre selon son rite. Il n'est pas interdit dans les provinces du Royaume aux Juifs et aux Tatars d'avoir leurs synagogues et leurs mosquées alors que vous, vous fermez les églises chrétiennes!!!

Votre Unia nous a fait perdre Novgorod-Séversky, Starodoub, Koseletz et beaucoup d'autres forteresses, et c'est encore à cause d'elle que le peuple refuse de se soumettre au Roi, ce dont témoignent de nombreuses lettres. C'est pourquoi nous ne voulons pas que cette Unia funeste nous perde à jamais.

Telle est ma réponse à votre lettre. Je veux éviter tout conflit avec vous, je demande seulement au Très-Haut qu'Il vous envoie les biens que vous-même souhaitez et aussi l'esprit de soumission et d'amour au prochain.

Respectueusement,

Chancelier de Lituanie,
Lev Sapiéha."

Traduction française publiée in Protodiacre Germain Ivanoff-Trinadtzaty, L'Eglise russe face à l'Occident, OEIL, Paris 1991, pp. 315-318.


Voilà l'homme dont Pie IX fit un saint le 29 juin 1867, dont Paul VI fit transférer le corps à Saint-Pierre de Rome et dont Jean-Paul II promeut actuellement le culte. Dommage que le pape polonais n'écoute pas la voix du chancelier polonais Sapiéha...

Antoine
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Message par Antoine »

Axel, vous demandez:
J'aimerais savoir par quel artifice quelqu'un qui est considéré comme un criminel antichrist par une Eglise peut être considéré comme un saint par une autre. Je me pose la même question au sujet d'Aloïs Stepinac, béatifié par l'Eglise romaine.
C'est très simple: l'artifice utilisé pour faire croire que Stépinach ou Kunciewicz sont des saints de l'Eglise est le même que celui utilisé pour faire croire que cette Eglise en est une:La falsification.
Tout le catholicisme romain a pour fondement la fal-si-fi-ca-tion.
Yoyobrière criera encore au scandale et à l'anti-catholicisme primaire tout comme les staliniens criaient à l'anti-communisme primaire lorsqu'on leur montrait les crimes léninistes. Mais que voulez vous les faits sont les faits et ça ne m'amuse pas d'être contraint une fois de plus d'y revenir. Je ne comprends même pas comment vous pouvez encore vous poser cette question!
Ça a commencé avec la falsification du credo, la falsification des textes conciliaires, la falsification des textes patristiques, la falsification de l'écriture, la falsification de l'histoire.
Des exemples? Alors rapidement parce que ce n'est pas d'une spiritualité nourissante surtout en ces temps de préparation à la fête de la nativité:

-Credo: Après avoir rajouté le filioque au credo de Nicée ratifié par Chalcédoine, la papauté Accusa les "grecs" d'avoir enlevé le filioque de ce même credo. Et c'est ce qu'on enseignait en occident...

Textes conciliaires: Falsification des textes de Tolède.

Textes partistiques: Le "contre les grecs" de Thomas d'Aquin écrit à partir d'un opuscule de citations patristiques qui lui fut remis par la papauté et qui sont toutes erronées.

Ecriture: Fausse traduction volontaire et répétée de Rom 5,12 pour accréditer doctrine du péché originel

Histoire Le concile des actes des apôtres( chap.15) pour montrer que Pierre était bien le chef des douze.

Quand l'Ecriture contredit la papauté dans son institution même, alors la papauté lui fait dire le contraire de ce qu'elle dit.
Ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines d'autres.
Nous avons déjà parlé sur le forum des procès verbaux tronqués qui fondent le faux dogme de "l'immaculée conception" ou encore de l'histoire montée de toute pièce de Marie Alacoque pour "l'adoration du sacré coeur", de l'uniatisme, de l'inquisition, du concile de vatican 2, de la succession apostolique, du double langage de JP2 , de françois d'Assise etc...
Je ne comprends pas que ça ne vous suffise pas. "Celui qui a la verité et cherche autre chose , cherche le mensonge."(dixit la regrettée Katherine)

Un jour on a même eu un orthodoxe sur le forum qui est venu nous démontrer que le baptème catholique pouvait bien être un sacrement valide puique le Christ s'était fait baptiser par Jean Baptiste qui lui était Juif.
Alors quand on veut prouver on prouve...il suffit de falsifier.
Dernière modification par Antoine le ven. 19 déc. 2003 2:44, modifié 1 fois.

Axel
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Message par Axel »

Cher Eliazar, tu as écrit:
En attendant la réponse plus documentée de Claude ou d’Antoine, je voudrais pouvoir te dire, sans te blesser inutilement (car il y a parfois des blessures salutaires, mais celui qui les inflige n’en est pas pour autant tout à fait indemne…) qu’il n’est pas possible de toujours appeler Églises les communautés qui ont choisi de se séparer de l’Église.
Sache que tu ne me blesses pas du tout!
Mais permets moi de ne pas suivre ton conseil et de m'en tenir à l'usage consacré.
Antoine avait en son temps fait la même remarque que toi.
Voila la réaction de Lecteur Claude. In. son message nº 239 posté
sous la rubrique du Forum Général: Ordination d’homosexuels
L'usage français veut que l'on attribue la majuscule à "Eglise" quand il s'agit d'une organisation religieuse chrétienne, la minuscule étant réservée pour le bâtiment. Notre langue, pas plus que l'allemand ou l'anglais d'ailleurs, ne fait la différence entre ekklisia et naos comme en grec. Le fait de suivre l'usage français ne préjuge pas de notre opinion sur le caractère réellement ecclésial de l'organisme ainsi désigné et je ne vois pas de raison d'agir autrement.
Tout est dit.

Antoine, merci pour vos précisions concernant la sainteté. Une seule chose à rectifier: je voulais dire "incorrompu" bien sûr et non pas "incorruptible"!

Grâce à la nouvelle orthographe du nom de Josaphat que nous a fournit Lecteur Claude, j'ai pu avoir accès à davantage d'informations Internet sur ce personnage controversé. Il est frappant que ce que l'on voit soit diamétralement opposé suivant que l'on utilise les lunettes romaines ou suivant que l'on utilise les orthodoxes. N'y aurait t'il pas un peu d'exagération voire de falsification des deux côtés? En effet, l'expérience, cette maitresse de vie, m'enseigne que personne n'est tout blanc ou tout noir. Au surplus, j'ai également pu me rendre compte que l'honneteté intelectuelle et l'objectivité sont des vertus rares...
Cela dit, que l'on ne se méprenne pas sur mes intention. Mon propos n'est absolument pas de défendre l'Eglise romaine mais de rechercher la Vérité.
Ci-dessous:
Extrait de la lettre encyclique “Ecclesiam Dei” de S.S. Pie XI (12 novembre 1923),

à l'occasion du troisième centenaire de la mort de saint Josaphat.


Pour que cette unité et cette bonne entente pussent se maintenir à jamais, la Providence si sage de Dieu les marqua du sceau de la sainteté et du martyre. Cette auréole était réservée à l'archevêque de Polotsk, Josaphat, du rite slave oriental, que nous saluons à juste titre comme la plus belle gloire et le plus ferme soutien de l'Orient slave ; car on trouvera difficilement quelqu'un qui ait fait plus honneur au nom slave et plus efficacement travaillé au salut de ces populations que Josaphat, leur pasteur et apôtre, qui a versé son sang pour l'unité de la Sainte Eglise.

Puisque nous voici au troisième centenaire de ce très glorieux martyre, ce Nous est une très vive joie de rappeler le souvenir de ce si grand saint ; daigne le Seigneur, cédant aux prières plus ferventes des fidèles, susciter dans son Eglise l'esprit qui remplissait le bienheureux Martyr et Pontife Josaphat... et qui le porta à donner sa vie pour ses brebis ; puisse s'accroître le zèle du peuple chrétien pour l'unité, et ainsi l'œuvre principale de Josaphat se poursuivre jusqu'au jour où se réalisera le vœu du Christ et de tous les saints : Et il n'y aura qu'un seul bercail et qu'un seul Pasteur.



Né de parents séparés de l'unité catholique, Josaphat, qui reçut au saint baptême le nom de Jean, se consacra à la piété dès sa plus tendre enfance. Tout en suivant la splendide liturgie slave, il recherchait avant toutes choses la vérité et la gloire de Dieu ; à cette fin, et en dehors de toute considération humaine, il se tourna tout enfant vers la communion de l'unique Eglise œcuménique ou catholique, se considérant comme appelé à la communion de cette Eglise par le baptême même qu'il avait validement reçu. Bien plus, se sentant poussé par une inspiration du ciel à travailler au rétablissement de la sainte unité dans le monde entier, il comprit qu'il pouvait y contribuer dans une très large mesure s'il conservait dans le cadre de l'unité de l'Eglise universelle le rite slave oriental et l'Ordre des moines basiliens.

C'est pourquoi, reçu en 1604 parmi les Basiliens et ayant échangé le nom de Jean pour celui de Josaphat, il s'adonna tout entier à l'exercice de toutes les vertus, particulièrement de la piété et de la mortification. La vue de Jésus crucifié avait fait naître en lui, dès son enfance, l'amour de la croix, qu'il ne cessa ensuite de pratiquer à un degré éminent.

D'après Joseph Velamin Russky, métropolite de Kiev, qui avait été archimandrite de ce monastère, il fit en peu de temps de tels progrès dans la vie monastique qu'il put servir de maître aux autres. Aussi, à peine ordonné prêtre, Josaphat est lui-même nommé archimandrite et placé à la tête du monastère. Pour accomplir sa charge, il ne se contenta point de maintenir en bon état le monastère et l'église attenante et de les fortifier contre les attaques des ennemis ; mais, constatant qu'ils étaient presque abandonnés par le peuple chrétien, il résolut de s'employer à l'y ramener.

Entre temps, préoccupé avant tout de l'union de ses compatriotes avec la chaire de Pierre, il s'enquérait de tous côtés des moyens soit de la promouvoir, soit de la consolider ; surtout, il étudiait sans répit les livres liturgiques dont les Orientaux, y compris les schismatiques eux-mêmes, avaient accoutumé de se servir en accord avec les prescriptions des saints Pères.



Le “ravisseur d'âmes”

Après cette si active préparation, Josaphat se mit à l'œuvre de restauration de l'unité avec tant de force tout ensemble et de douceur, et il y réussit à tel point que ses adversaires eux-mêmes l'appelaient ravisseur d'âmes. Le nombre, en effet, est étonnant de ceux qu'il ramena à l'unique bercail de Jésus-Christ, convertis de toutes condition et origine, gens du peuple, commerçants, nobles, préfets même et administrateurs de provinces, comme nous savons que ce fut le cas pour Sokolinski de Polotsk, pour Tyszkievicz de Novgrodensk, pour Mieleczko de Smolensk.



Josaphat sur le siège de Polotsk

Mais il étendit bien plus encore son action apostolique du jour où il fut nommé évêque de l'Eglise de Polotsk. Cet apostolat a dû avoir une influence incroyable ; car on vit Josaphat donner l'exemple d'une extrême chasteté, pauvreté et austérité ; il se montrait envers les pauvres d'une telle générosité qu'il alla jusqu'à mettre en gage son omophorion pour secourir leur indigence ; se renfermant strictement dans le domaine religieux, il ne s'ingérait en rien dans les affaires politiques, encore que par des instance vives et réitérées on le pressât de se charger d'intérêts et à prendre parti dans des conflits d'ordre temporel ; enfin, il apportait à son œuvre le dévouement accompli d'un très saint évêque, travaillant sans relâche par sa parole et ses écrits à faire pénétrer la vérité. Il a publié en effet nombre d'ouvrages merveilleusement mis à la portée du peuple, entre autres sur la Primauté de saint Pierre et le baptême de saint Vladimir, et encore une apologie de l'unité catholique, un catéchisme selon la méthode du bienheureux Pierre Canisius, et d'autres travaux du même genre.

Se multipliant pour rappeler l'un et l'autre clergé à l'accomplissement attentif de ses devoirs, il obtint peu à peu, en réveillant le zèle pour le ministère sacerdotal, que le peuple, régulièrement instruit de la doctrine chrétienne et nourri de la parole divine par une prédication appropriée, se reprît à fréquenter les sacrements et les cérémonies liturgiques, et fût ramené à une vie toujours plus chrétienne.



Le témoignage du sang ; fruits du martyre


C'est ainsi que, par une large et abondante diffusion de l'esprit de Dieu, Josaphat consolida merveilleusement l'œuvre d'unité à laquelle il s'était voué. Cet affermissement, on peut même dire cette consécration, il la donna surtout le jour où il tomba martyr de cette cause, par un acte de sa pleine volonté et avec une admirable grandeur d'âme. La pensée du martyre était toujours dans son esprit, fréquemment sur ses lèvres ; le martyre, il l'appela de ses vœux au cours d'une prédication solennelle ; le martyre, enfin, il le sollicitait comme une faveur particulière de Dieu. C'est ainsi que, peu de jours avant sa mort, averti des embûches qui se tramaient contre lui, il dit : Seigneur, faites-moi la grâce de pouvoir répandre mon sang pour l'unité, ainsi que pour l'obéissance au Siège Apostolique.
Son désir fut exaucé le dimanche 12 novembre 1623 ; avec un visage où éclate la joie et qui respire la bonté, il va au-devant de ses ennemis qui l'entourent, cherchant l'apôtre de l'Unité ; il leur demande, à l'exemple de son Maître et Seigneur, de ne faire aucun mal aux siens, et se livre entre leurs mains ; frappé avec une extrême cruauté et tombé sous leurs coups, il ne cesse jusqu'au dernier soupir d'implorer de Dieu le pardon pour ses meurtriers.

Ce martyre si glorieux fut fécond en résultats ; notamment, il inspira une grande énergie et fermeté aux évêques ruthènes, qui faisaient deux mois plus tard, dans une lettre à la Sacrée Congrégation de la Propagande, la déclaration suivante : Nous nous affirmons absolument prêts à donner notre vie jusqu'au sang, comme vient de le faire l'un des nôtres, pour la foi catholique. Un nombre considérable de schismatiques, parmi lesquels les meurtriers mêmes du martyr, rentrèrent bientôt après dans la seule véritable Eglise."
En gras: NDL
URL: http://missel.free.fr/Sanctoral/11/12.htm

J'attends vos commentaires avisés.

Fraternellement en Christ

Axel

Antoine
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Message par Antoine »

concernant la sainteté. Une seule chose à rectifier: je voulais dire "incorrompu" bien sûr et non pas "incorruptible"
Moi aussi bien sûr.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur »

Excusez-moi, Axel, qu'est-ce que vous voulez que je vous réponde de plus que ce qu'Antoine vous a écrit?

Le papisme est une énorme falsification de A à Z. Faux Credo, fausses décrétales, fausse Donation de Constantin, faux textes patristiques, etc. Et j'en profite ici pour rendre hommage à Laurent Valla qui a démoli le faux de la Donation de Constantin à ses risques et périls au XVème siècle.

Le génocide parrainé par Stepinac en Croatie est largement documenté par toutes sortes de sources de toutes origines, et pourtant le Vatican persiste à lui faire une biographie falsifiée et trouve des jobards pour répéter ce tissu d'inventions. Evidemment, ça ne marche plus comme au Moyen Âge ou même comme au XIXème siècle, en raison des progrès de l'alphabétisation et du pluralisme.

Vous savez aussi bien que moi que le mensonge mille fois répété devient vérité. Alors, naturellement, puisque Pie IX a canonisé Josaphat Kunciewicz, ils défendront Kunciewicz jusqu'au bout. Puisque Jean-Paul II a béatifié Stepinac, ils le défendront jusqu'au bout.

Quand totocapt a demandé sur ce forum des précisions sur la violence dans l'Orthodoxie, nous lui avons honnêtement indiqué tous les (rares) exemples d'intolérance religieuse de la part des orthodoxes que nous avons trouvé dans le passé. C'est l'attitude inverse de celle des séïdes du Vatican. Parce que eux sont au service d'une organisation qu'ils ont besoin de protéger à tout prix et que nous, nous savons que le Christ est le seul chef de l'Eglise orthodoxe, et que nous ne pouvons pas redouter la vérité quand nous avons pour chef Celui qui a dit qu'il est Vérité (Jn 14,6).

Pour vous décrire les méfaits du sanguinaire Kunciewicz, je vous ai répondu en vous citant Léon Sapieha: une source non pas orthodoxe, mais catholique romaine; qu'est-ce qu'il vous faut de plus?

Le texte que vous citez est encore un exemple de forgerie de A à Z. Parler de la "splendide liturgie slave" quand on sait à quel point les uniates et leurs mentors jésuites ont tout fait pour la défigurer à force de latinisation, c'est se moquer du monde. Et l'effronterie n'a pas de limite quand je lis la dernière phrase du texte: "un nombre considérable de schismatiques (...) rentèrent bientôt après dans la seule véritable Eglise". Il faut tout de même remarquer que, au contraire, l'uniatisme s'est tellement effondré dans les années qui ont suivi la mort du persécuteur Kunciewicz que le roi de Pologne a dû légaliser en 1632 l'Eglise orthodoxe qui était interdite dans son Etat depuis la sinistre Unia de 1596. C'est un fait que vous pouvez trouver dans n'importe quel livre d'Histoire. Nous ne sommes plus à l'époque où le Vatican pouvait mettre le Dictionnaire de Pierre Larousse à l'Index! Ils peuvent répéter que le sang du faux martyr Kunciewicz a été semence d'uniates, les faits sont là, ils racontent le contraire et ils ont têtus...

Et quand le chancelier du grand-duché de Lituanie Léon Sapiéha écrit à Kunciewicz que celui-ci se mêle de politique, je suis plus enclin à le croire que le texte que vous citez et qui a le front d'affirmer le contraire.

eliazar
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Josaphat et l'UNIA - suite

Message par eliazar »

Cher Axel,
Avant de te soumettre mon « commentaire avisé », et parce que je constate que tu as une excellente documentation catholique romaine, je voudrais te demander un effort de plus : nous trouver le discours correspondant, mais de Jean-Paul II, concernant la béatification d’Aloïs Stepinac.

Bien amicalement,
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >

Antoine
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Message par Antoine »

Quelque chose m'intrigue dans le récit que rapporte Axel sur Josaphat Kuntzevich de Polotsk:
Cet affermissement, on peut même dire cette consécration, il la donna surtout le jour où il tomba martyr de cette cause, par un acte de sa pleine volonté et avec une admirable grandeur d'âme. La pensée du martyre était toujours dans son esprit, fréquemment sur ses lèvres ; le martyre, il l'appela de ses vœux au cours d'une prédication solennelle
Les éditions du Cerf ont publié dans la collection foi vivante "Les Pères apostoliques" en un volume donc financièrement plus accessible que la version des sources. Voici ce qu'écrit Dominique Bertrand (s.j.) directeur des "sources chrétiennes" en introduction au récit du martyre de de Polycarpe de Smirne:

Dix à vingt ans avant la lettre sur les martyrs de Lyon et Vienne, la lettre des Smyrniotes partage avec ce document la même vision fondamentale du martyre: celui-ci ne relève pas de l'héroïsme; ainsi Polycarpe ne va-t-il pas au devant de l'épreuve. [...] Ramassée dans un récit, il y a là une véritable théologie de la collaboration de Dieu avec l'homme

Effectivement le chapitre VI du récit nous raconte:
Comme on continuait à le chercher, il passa dans une autre propriété;[...]
Ne le trouvant pas, ils arrêtèrent deux petits esclaves, et l'un deux, mis à la torture avoua. Il lui était donc impossible d'échapper, puisque ceux qui le livraient étaient dans sa maison.


Le récit nous montre comment Polycarpe qui avait été averti par un songe qu'il serait brûlé, demeure auprès de sa communauté le plus longtemps possible, et accepta le martyre en témoignage de la foi et par refus d'apostasier.

Pas d'appel ni de grande démonstration en public. La volonté propre s'efface au profit de celle de Dieu, rappelant la prière du Christ: "Mon Père s'il est possible que ce calice passe loin de moi! Mais non pas comme je veux mais comme tu veux." (Matt 26,69)
On est bien loin de cette fausse spiritualité qui enveloppe le récit voué à la mémoire de Josaphat Kuntzevich.Il est vrai qu'à cette époque il n'y avait pas encore de "politique vaticane"...

A tous ceux qui fêtent la nativité le 25, saint Noël en union de prière avec ceux qui le fêtent le 7 (25 du calendrier Julien)

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