Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe

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Ploscaru Mihaela
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Message par Ploscaru Mihaela » jeu. 04 nov. 2004 17:23

Antoine,
d'abord merci d'avoir quitté un ton quelque peu acide, car je redis qu'il est de mes amis ayant été chez l'Ecof éminement honnête pieux et sincères au point ou effectivement je puis dire qu'après avoir été suffisement instruits de l'ecclésiologie, de la théologie et des évènements, ils n'y sont plus... quand même leur démarche avait été sincère :
-comme catholique ayant entendu une musique depuis leur naissance qui se trouvait un moment discordante.
-comme voulant trouver non plus l'unique voix (voie) toute puissante et grondante d'un Dieu terrible, mais celle de plus de tendresse même exigeante d'un Dieu d'Amour; enfin révèlé en sa dimension Trinitaire par sa relation "inter"-trinitaire et celle avec l'Eglise, son peuple et le clergé.
aussi, le recherche de la vérité révèlée dans les coeurs de chacun, les conciles et à travers l'histoire même chaotique de l'Eglise...
- dans une écclésiologie aux base, plutot à la Base plus juste, vraie et réelle. a la fonction d'évêque, de prêtre, au rôle du peuple tout entier, aux dogmes etc....
Mihaela

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » jeu. 04 nov. 2004 20:13

Il est évident que l’ÉCOF a servi d’étape intermédiaire vers l’Église orthodoxe pour un certain nombre de gens… c’est-à-dire pour ceux qui ont réussi à s’en sortir à temps. Je ne voudrais pas recommencer une énumération des nombreux giefs qu’on peut faire à ce groupe, mais je crois que vous avez cité un point très important, qui différencie l’ÉCOF de toutes les tentatives de présentation de l’Orthodoxie à l’Occident -— tout au moins au niveau des principes, car en fait la réalité était tout autre que le principe.

C’est l’affirmation du rôle central de l’épiscopat dans la vie de l’Église. Les modernistes qui ont tenté de réaliser une “Église locale” comprenaient en réalité sous ce nom une Église qui saurait s’inspirer des valeurs supposées caractéristiques du christianisme occidental (science, œuvres sociales, présence au monde) pour créer une Église, orthodoxe certes, mais rénovée.

Ils accordaient en particulier une grande importance à l’amoindrissement du rôle de l’évêque dans la vie de l’Église au profit d’un gouvernement par des conseils clérico-laïques et par des commissions de savant experts. Comme ils étaient en outre très hostiles au poids du monachisme dans l’Église, ils souhaitaient recruter les évêques parmi les veufs (diplômés bien sûr) et ne leur confier qu’un rôle présidentiel symbolique.

Je ne sais pourquoi (il faudrait connaître une histoire qui est déjà lointaine) les créateurs de l’ÉCOF ont adopté sur ce point une conception beaucoup plus traditionnelle.

Il est essentiel pour un retour aux sources patristiques de réaffirmer le caractère charismatique de la présence de l’évêque dans l’Église.
Jean-Louis Palierne
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Antoine
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Message par Antoine » ven. 05 nov. 2004 2:05

Mihaela vous avez écrit aussi:
mais bon les parcours personnels sont bien plus complexe que les "habillages" d'Antoine, pour qui je ne sais pas envoyer ce message
J'ai relu les deux rubriques dans lesquelles on parle de l'ecof: celle qui s'intitule "Ecof" et celle qui s'intitule "Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe"; et je ne vois pas à quoi vous faites allusion vous avec ce terme. Alors j'ai repris un certain nombre de citations extraites des messages que j'ai rédigés dans ces deux rubriques et qui vous ont peut-être échappé. Excusez moi de me citer mais c'est pour vous comprendre.

Rubrique Ecof:

Posté le: Mar 27 Juil 2004 12:35
On pourrait citer des centaines d'irrégularités en tout genre et on n'en finirait pas de décrire la façon dont l'evêque Jean menait sa barque. Les estropiés spirituels qu'il a laissés sur le carreau sont nombreux et un jour viendra où ces gens oseront écrire leur histoire.

Il y a de très beaux textes qui émanent d'écrivains de l'Ecof. J'ai lu par exemple un bon commentaire de la genèse fait par l'Evêque Jean et de nombreuses conférences. Il y a eu à l'Ecof une réflexion théologique importante et souvent de grande qualité. Mais ces textes ne confèrent pas à la communauté une légitimité quelconque.
Posté le: Ven 30 Juil 2004 18:43
Pour ma part je trouve que la façon dont Irène Monique parle de son expérience est très intéressante. La souffrance de tous ceux qui ont subi les mêmes désillusions mérite notre compassion et notre vigilance et qu'on les écoute avec respect.
Posté le: Jeu 09 Sep 2004 17:33
Je ne suis pas sûr que l'Ecof soit encore une Eglise avec validité sacramentelle.Elle a pris trop de distance ecclésiologique avec le reste de l'orthodoxie. Je suis très perplexe à ce sujet.
En tout cas elle n'est en communion avec personne. C'est tout ce qu'on peut affirmer. Et il n'est pas autorisé aux orthodoxes d'y aller communier.
Ce qui m'étonnera toujours c'est que l'on passe allègrement sur cet état de fait avec un haussement d'épaules comme s'il ne s'agissait que de simples convenances humaines
.
Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe

Posté le: Mer 02 Juin 2004 20:32
il y avait aussi des fidèles de bonne foi à récupérer après la fin du régime Ceausescu et l'indépendance retrouvée d'un patriarcat muselé. Mais ces fidèles resteront marqués à vie et je doute fort que les chrétiens français qui se tournent vers l'orthodoxie pour des raisons sérieuses - donc dogmatiques- viennent grossir les rangs de cette juridiction qui retombera très vite dans le phylétisme comme ses soeurs. La compétition désatreuse dans la création anarchique de paroisses, sans aucune concertation avec les Eglises en place en est le signe le plus évident.
Je n'espère qu'une chose: c'est de me tromper grandement.
Jeu 10 Juin 2004 16:55
Je cite un texte de Lossky assez édifiant sur le mensonge de la liturgie des gaules .
Je vous renvoie à ce sujet aux messages de Jean-Louis , Claude et Irène monique.
On a beaucoup menti aux fidèles au sujet de cette liturgie et Jean-louis et Irène Monique ont montré en quoi elle était "sectogène"


Posté le: Mer 28 Juil 2004 23:50
Que les fidèles aient trouvé refuge à l'Ecof parce que les portes des patriarcats leur semblaient fermées ou l'étaient réellement, cela ne fait aucun doute

Posté le: Mer 08 Sep 2004 21:28
Il y a eu un foisonnement théologique spirituel magnifique, des articles de grande valeur et de grande profondeur, des gens formidables et un gâchis écoeurant laissant derrière lui ce tas d'immondices

Je ne vois pas en quoi ces propos sont de l'habillage. Merci de m'éclairer.
Si vous voulez un exemple d'habillage , alors relisez la lettre Pastorale du métropolite Seraphim datée du 24 septembre 1995 et publiée par Irène Monique le: Mar 02 Nov 2004 11:54 rubrique Ecof. Oui ça c'est de l'habillage! Ou encore les positions d'Yvette le Quéré qui idéalise encore ce qui n'est plus qu'une secte.
Dans ce fil je lis que nous sommes très critiques envers l'attitude des juridictions ethniques qui dilapident l'héritage orthodoxe pour d'autres profits et privent les occidentaux d'une accession à l'Orthodoxie dont elles devraient être missionaires.

Ploscaru Mihaela
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pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels de l'occid

Message par Ploscaru Mihaela » ven. 05 nov. 2004 11:04

Antoine,
je vous remercie de vos citations et sans doute ai-je lu trop vite...je n'ai pas l'adsl...
en tout état de cause, de ce que nous pouvons lire dans le Sop des escarmouches d'évêques, d'églises, de patriarcats, il faut bien reconnaitre que parfois même l'ECOF n'apparrait pas seul sujet à critique mais au moins, pour ma part, ce qui me semble c'est que plus que la culture occidentale on y trouvait une sorte d'insistance à une spécificité française toujours plus teintée d'humanisme au détriment du ...Christianisme toujours la culture de l'individu même sous le prétexte du fait de "la personne" nous retrouvons ceci dans l'église celtique et chez l'EOF de mgr Vigile et mgr Martin récemment conjsacré quand même chez eux ce serait presque le culte de la personnalité de l'évêque qui comme il le prétend lui-même est plus un Chef qu'un père....
et pardon encore Antoine quand je sais que parfois vous saurez ne pas toujours répondre... et je vous aime beaucoup et vous apprécie tout autant Mihaela

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » ven. 05 nov. 2004 12:19

Il me semble que dans l’attitude parfois criticable des Français à propos des ecclésioles, il y a deux niveaux.

Il y a d’abord un niveau “technique” en quelque sorte : les “sacrements” sont le fruit des pouvoirs sacerdotaux. Les pouvoirs sacerdotaux sont conférés par le pouvoir épiscopal (l’évêque est un prêtre qui a en plus le pouvoir d’ordonner). Le pouvoir épiscopal est transmis d’un évêque à un nouvel évêque par une chaîne d’individus découlant de la succession apostolique.

C’est une ecclésiologie scolastique qui n’est qu’une caricature de l’ecclésiologie orthodoxe. Tout cela est faux. L’ecclésiologie orthodoxe est bien plus riche, bien moins mécaniste, bien plus conciliaire.

Mais dans l’attitude occidentale il y a aussi un autre niveau. C’est celui qui considère la vie spirituelle comme un état d’esprit, une expérience purement psychologique, bien au-dessus de la pratique extérieure des sacrements. Cette vie spirituelle est enseignée de Maître à disciple. On se trouve dans un cas de figure semblable à celui qu’on rencontre dans les religions orientales. C’est pourquoi je crois qu’on peut utiliser le terme de “gourouisme”.

Mais les saints Mystères qui nous sont transmis par la Tradition orthodoxe ne séparent pas la prière “pure” des Mystères. En effet les saints Mystères nous apportent une anticipation de la vie du Royaume à venir où l’homme ressuscitera corps et âme. La Loi des Béatitudes, c’est-à-dire la Nouvelle Alliance, nous demande d’accepter que tout notre être accepte de participer à la vie trinitaire.

Dans l’infantilisme des Occidentaux à l’égard des ecclésioles, il y a à la fois une ecclésiologie caricaturalement appauvrie et un spiritualisme abstrait et appauvri. L’un renforce l’autre.
Jean-Louis Palierne
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Jeanne Saint Gilles
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Initiative d'une Eglise autocéphale.

Message par Jeanne Saint Gilles » mer. 16 févr. 2005 13:17

Dans le fil conscaré aux manifestations oecuménique,
Jean-Louis Palierne a écrit : Mais nous ne devons pas nous leurrer. Seule une initiative venant d’une Église autocéphale pourra créer le fait nouveau qui permettra l’apparition d’une véritable Orthodoxie en France. Tant que cela ne sera pas arrivé, tout militantisme visant à une refondation de l’Église orthodoxe ne peut aboutir, et l’anti-œcuménisme ne saurait suffire à fournir une base de départ saine.
-A-t-on en vue une église autocéphale qui serait disposer à une telle initiative? Et quelles seraient ses motivations? Présence d'une diaspora importante par exemple?

- Un militantisme de personnes orthodoxes vivant en France semble d'âprès vous condamné par avance à l'échec. Pourquoi. A supposer qu'ils disposent de moyen financiers suffisant et qu'ils sont rattachés à une Eglise orthodoxe convenable, où se situe le problème?

- Que serait-ce initiative d'une Eglise autocéphale?

Pour ma part, j'imagine que cette refondation est possible par des orthodoxes vivant en France, conscient que cette terre est une "terre de mission" et qui auraient le soutien d'une Eglise autocoéphale. Ces dernières devraient remplir les conditions suivantes : se sentir intéressé par les affaires françaises (présence d'une diaspora ou vocation "universelle), ne pas être atteint de la maladie oecuméniste.

En somme je pense aux juridictions suivantes : Patriarcat de Jérusalem, de Serbie ou de Moscou et un peu moins de Roumanie...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mer. 16 févr. 2005 15:42

À part le patriarcat d’Alexandrie, qui ne s’occupe, et à juste titre, que de l’Afrique (où il vient de créer une métropole autonome au Cameroun, ce que les autres Églises autocéphales refusent à l'Europe occidentale), toutes les Églises qui composent la communion des Églises orthodoxes ont des pratiques a-canoniques aberrantes. Elles se sont données des Constitutions de type étatique (les Slavec disent Ustav), elles sont dirigées par des sortes de Commissions exécutives qu’on appelle généralement “Synode suprême”, dont le Synode plénier n’est que la chambre d’enregistrement, elles ont des ministères spécialisés sous le prétexte de commissions d’experts, elles ont des sous-évêques qu’on appelle “auxiliaires”, elles font parcourir à leurs évêques une véritable carrière hiérarchisée de grade en grade et de lieu en lieu, et les connaisseurs pourraient ajouter beaucoup d’autres choses, en particulier dans les pratiques liturgiques ou dans l’enseignement des séminaires (qui sont eux-mêmes une invention typiquement occidentale).

Le Patriarcat d'Antioche vient lui aussi de créer une métropole autonome en Amérique, mais sur un terrain où elle est en concurrence avec d'autres Églises. En Europe il pratique systématiquement la politique de l'insignifiance et de la médiodrité.

Dans toutes ces innombrables aberrations l’œcuménisme n'était en quelque sorte que le couronnement puisque les Églises orthodoxes montraient ainsi que leur tradition orthodoxe n’était plus pour elles une règle de foi. Mais dans la vie quotidienne de ces Églises l’œcuménisme ne représentait que 1% par rapport à toutes les autres aberrations, qui elles ne se proposaient que de mettre les Églises orthodoxes “à niveau” pour soutenir la comparaison avec les Églises d’Occident, supposées être des Églises “sérieuses”.

À la suite de la chute des régimes communistes les Églises orthodoxes ont dû apprendre à leurs dépens que les Églises d’Occident ne considéraient pas que les pays orthodoxes, malgré leur participant du COE, comme des pays chrétiens, domaine réservé de l’Orthodoxie. Ces Églises ont reçu comme une gifle inattendue les assauts “missionnaires” des catholiques et des évangélistes. Elles ont donc décidé, d’un commun accord qui n’a pas été publié, de ne plus participer qu’aux “activités caritatives” du COE, et de ne plus participer aux cérémonies communes. Seule la Roumanie semble conserver quelques illusions dans ce domaine (en réalité parce qu’elle se croit plus proche de l’Occident).

Beaucoup de partisans du mouvement œcuménique, voyant ce revirement des orthodoxes, mais aussi l’essor des Évangélistes (qui ne participent pas au COE) et les crises que subissent les grandes Églises traditionnelles de l'Occident, considèrent que l’œcuménisme a abouti à un ratage, et ils le disent.

Prendre l’anti-œcuménisme comme le critère d’un renouveau orthodoxe est un critère très insuffisant au regard de l’ecclésiologie orthodoxe. Si les Églises orthodoxes ne s’intéressent plus à l’œcuménisme, par contre elles croient de leur devoir d’avoir des prétentions politiques et se posent en défenseurs de leurs identités nationales. Et pour elles l’Occident n’est constitué que de groupes et d’institutions porteurs d’étiquettes idéologiques. Elles n’ont aucune conscience de la crise spirituelle que vivent les Occidentaux et du discrédit qui pèse sur toutes les institutions idéologiques.

Au jour qu’il aura choisi le Seigneur saura balayer toutes ces vaines prétentions idéologiques des uns et des autres et les balayer d’un revers de la main. Nous n’avons pas à nous préoccuper de changer le cours de l’histoire. Nous avons toujours la possibilité de rechercher la vérité et de Lui demander de réveiller son Église. Il saura toujours susciter des Apôtres autant et dès qu’il le jugera nécessaire.

Pratiquement nous sommes contraints de vivre sans le secours que devait nous apporter l’Église. Mais nous ne devons pas pour autant nous imaginer que nous avons à refonder l’Église.
Jean-Louis Palierne
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Antoine
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Message par Antoine » mer. 16 févr. 2005 16:23

Jeanne a écrit :Présence d'une diaspora importante par exemple?
Attention au vocabulaire. Bien sûr nous aurons tous compris ce à quoi vous faites allusion lorsque vous employez le terme de "diaspora". Mais soyons profondément conscients qu' il n'existe pas de diaspora dans l'orthodoxie. Nous n'avons pas de dispersion comme l'ont connue les juifs après 135, de même que nous n'avons pas non plus cette notion de "Temple" qui constitue le symbole de l'unité juive et dont le sens signifie "unique" avec l'exclusivité que cela représente.

Le terme même de "diaspora" est un frein considérable à l'établissement de l'Eglise Locale. Il permet de justifier ou de ratifier l'implantation de juridictions diverses sur un même territoire et leur ethno-phylétisme pourtant condamné en 1872 par le Concile panorthodoxe de Constantinople en tant qu’hérésie.

On est orthodoxe par le baptème et ce quel que soit la nationalité d'origine ou d'adoption. L'universalité du baptème est incompatible avec la notion même de diaspora. L'orthodoxie connait des terres de mission, connait la territorialité et n'a pas de diasporas multiples justifiant une co-territorialité. L'Eglise se trouve là où est l'autel quel que soit le lieu d'implantation de ce dernier. L'autel n'a pas l'unicité exclusive du "temple" juif. L’Église est eucharistique, elle est "catholique" (= selon le tout).

La communauté ecclésiale se défiinit par son lieu d'implantation et non par ses compositions ethniques. ( Église qui est à Corinthe , Patriarcat de Moscou, etc.) Il s’agit de la même Église, mais incarnée en différents lieux. (Je dirais même que l'eau du Jourdain sanctifiée par le baptème du Christ sanctifie tout l'univers.)


Donc supprimons de notre vocabulaire ce terme de "diaspora" qui accoutume nos pensées et nos moeurs à une hérésie ecclésiologique avec laquelle nous devons rompre sous peine de disparition progressive.
L'unité de l'Eglise c'est sa conciliarité dont la diaspora est une "anti-expression"
Dernière modification par Antoine le mer. 23 févr. 2005 23:42, modifié 6 fois.

Jeanne Saint Gilles
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Message par Jeanne Saint Gilles » jeu. 17 févr. 2005 17:36

Jean-Louis Palierne a écrit : Pratiquement nous sommes contraints de vivre sans le secours que devait nous apporter l’Église. Mais nous ne devons pas pour autant nous imaginer que nous avons à refonder l’Église.
Le pessimisme semble dominer... Pourtant en relisant ce fil, je croyais comprendre que vous espériez une évolution positive venant de la Rue Daru... Pour ma part, plus tôt que de s'exciter à vouloir une église autonome regroupant les Orthodoxes, le mieux est en attendant de travailler à l'expansion de son propre diocèse mais c'est surtout une affaire d'hommes (les femmes ne pouvant être prêtres ce que je ne regrette pas)...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
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Message par Antoine » dim. 20 févr. 2005 20:19

Jeanne de St Gilles a écrit :Pour ma part, plus tôt que de s'exciter à vouloir une église autonome regroupant les Orthodoxes, le mieux est en attendant de travailler à l'expansion de son propre diocèse mais c'est surtout une affaire d'hommes (les femmes ne pouvant être prêtres ce que je ne regrette pas)...
Mais qu'est ce que vous avez voulu dire?

- "S'exciter à vouloir une église autonome regroupant les Orthodoxes"
En quoi cet objectif serait-il contraire à l'Ecclésiologie orthodoxe? En quoi travailler à l'instauration de l'Eglise Locale serait -il indécent à vos yeux? Et que signifie ce terme péjoratif de "s'exciter à" qui sous entend "perte de temps" ou "agitation inutile".


- "Travailler à l'expansion de son propre diocèse"
Dans quel sens? Vous préconisez l'aggravation du phylétisme et vous incitez à un renforcement de compétition entre les différentes juridictions?


- "mais c'est surtout une affaire d'hommes (les femmes ne pouvant être prêtres ce que je ne regrette pas)"
Là encore qu'est-ce que signifie ce "lavement de mains" à la Pilate? Et comment doit-on interprêter votre "ce que je ne regrette pas"?

Jeanne Saint Gilles
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Mauvaise compréhension

Message par Jeanne Saint Gilles » dim. 20 févr. 2005 21:14

Je crois que j'ai été mal comprise.

J'ai parlé en terme péjoratif en terme d'excitation pour bâtir une Eglise autonome car le but ne peut être atteint que quand ces dits orthodoxes auront une maturité suffisante, et une profondeur spirituelle qui à mon avis manque en ce moment. Le bébé n'est viable qu'à partir de 6 mois. Créons une Eglise autonome sur le champs et vous verrez les dégâts. Il suffit devoir les expérimentations liturgiques qui se passent en certains endroits... Ca sera pire que l'ECOF... La tutelle des Patriarcats permet de mettre de l'ordre et d'éviter les dérives liturgiques ou autres...

Dans l'attente de cela je propose donc que chaque diocèse travaille à son expansion en aynat une activité missionaire mais sans phylétisme bien sûr en s'adressant à tous, dont le Français de base...

Suite à cela, je me suis dit qu'une activité missionaire nécessite des prêtres et donc des hommes (de là mon une afffaire d'hommes). J'insistais sur le besoin de prêtres car certaines communautés ont une divine liturgie mensuelle, ce qui est un service vraiment minimal qui rend toute activité missionaire impossible dans le coin où le prêtre vient une fois par mois.
Dernière modification par Jeanne Saint Gilles le lun. 21 févr. 2005 11:57, modifié 1 fois.
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Antoine
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Message par Antoine » dim. 20 févr. 2005 21:33

Jeanne Saint Gilles a écrit :La tutelle des Patriarcats permet de mettre de l'ordre
C'est bien à la tutelle des patriarcats que nous devons l'Ecof:Russie d'abord, puis Roumanie et maintenant la Serbie qui rentre dans la danse.Je vois plutôt un grand désordre ecclésiologique orchestré par les patriarcats, (qui mettent leurs statuts en conformité avec cette hérésie ethno phylétiste) un grand désordre canonique et grand désordre dogmatique.

L'Eglise orthodoxe ne sera missionaire en Europe occidentale que lorsqu'elle se sera constituée en Eglise locale conformément à son ecclésiologie. Pour cela il lui faudra s'affirmer être la seule et unique Eglise du Christ, ce qu'elle se refuse à proclamer pour des considérations diplomatiques. Dans la situation actuelle, vivre avec plusieurs évêques orthodoxes assis sur la même cathèdre permet également de reconnaître tacitement la cathèdre catholique romaine. Or le patriarcat de Rome étant vacant il conviendrait de restaurer un patriarcat orthodoxe à Rome.

Je ne vois pas en quoi un patriarcat orthodoxe à Rome ou l'instauration d'une métropole à Paris ou Bruxelles ou Berlin etc...favoriserait ce que vous appelez "les expérimentations liturgiques qui se passent en certains endroits" (et dont j'aimerais que vous nous donniez des détails, dans une rubrique appropriée.) Qu'il n'y ait pas encore la maturité pour une Eglise Locale qui serait 100% française c'est certain, mais qu'elle soit pluri-ethnique et que ses composantes travaillent sour la direction d'un seul synode ne me semble pas une utopie aux conséquences néfastes.

samuel
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Message par samuel » lun. 21 févr. 2005 10:57

La restauration d'un patriarcat orthodoxe à Rome me semble relever de la pure utopie!

Parce que ce patriarcat aurait de jure autorité canonique sur tout l'occident orthodoxe. En France, nos hiérarques ne sont pas capables de faire plus que coexister au sein de l'AEOF, et encore nous sommes loin du sobor...

Et cela reviendrait à rompre les relations avec Rome-catholique : qui en prendrait l'initiative aujourd'hui ? Constantinople ?

Quelle Eglise autocéphale s'assierait sur le siège romain ou établirait l'Eglise Romaine? Quelles sont les Eglises qui reconnaitrait un patriarcat les supplantants en occident ?

Verriez vous Rome grecque ou roumaine ?

Et puis Rome deviendrait, re-deviendrait le 1er Patriarcat, et le Pape de Rome Orthodoxe prendrait la place de celui de Constantinople...je doute que cela se fasse simplement...

Dieu fasse Antoine, que nous connaissions pourtant cette situation, la seule conforme aux canons, de notre vivant. Mais cela necessiterait la réunion du Concile Pan-orthodoxe, et nous savons qu'il est parti pour se réunir qu'au jour du jugement...

Jeanne Saint Gilles
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Le sens des réalités

Message par Jeanne Saint Gilles » lun. 21 févr. 2005 12:48

Antoine a écrit : L'Eglise orthodoxe ne sera missionaire en Europe occidentale que lorsqu'elle se sera constituée en Eglise locale conformément à son ecclésiologie. Pour cela il lui faudra s'affirmer être la seule et unique Eglise du Christ, ce qu'elle se refuse à proclamer pour des considérations diplomatiques. Dans la situation actuelle, vivre avec plusieurs évêques orthodoxes assis sur la même cathèdre permet également de reconnaître tacitement la cathèdre catholique romaine. Or le patriarcat de Rome étant vacant il conviendrait de restaurer un patriarcat orthodoxe à Rome.
Tout cela me semble relever de la pure utopie.

1° Supposons une Eglise locale autonome. Par rapport à qui? Moscou, Sofia, Constantinople, Belgrade etc... On aura une première foire d'empoigne...

2° Que la dite Eglise s'affirme seule Eglise du Christ. A voir les compromissions oecuménisantes des uns et des autres on en est loin... Sans compter que s'affirmer seule Eglise du Christ en occupant un bâtiment catholique romain me semble difficile.

3° Je parlais des expérimentations liturgiques douteuses en me référant aux critiques adressées par l'OLTR à certaines paroisses où semble-t-il les usages soient incorrects et où aucune remise en ordre ne vient... Disent-ils... Il ne faut pas oublier que pour certains, l'Eglise locale est un prétexte destiné à bâtir une Eglise orthodoxe d'un nouveau style (rénové et moderniste). De telles personnes au sein d'une Eglise autonome pourrait fort bien prendre le pouvoir et nous faire une pseudo-église à la Finlandaise.

ps : je ne soutiens pas l'OLTR sur tout ce qu'ils disent mais sur certains points, ils n'ont pas tort... je pense à la tournée de Nicola Ross dans certaines paroisses, où il semblait déceler un minimalisme liturgique (pas de signes de croix au moments appropriés notamment)
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Antoine
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Message par Antoine » lun. 21 févr. 2005 14:53

Dans le passage que vous avez cité il ne s'agit pas d'utopie mais d'un simple rappel des conditions sine qua non inhérentes à l'Eglise. L'Eglise n'est viable que dans ses structures canoniques qui lui permettent de proclamer sa foi et d'affirmer sa Tradition. Si elle ne rejette pas la co-territorialité et l'ethno-phyletisme elle court à sa perte. Personne n'a le droit de préconiser des structures déjà condamnées en tant qu'hérésie.

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