Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe

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Antoine
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Message par Antoine » jeu. 04 août 2005 11:02

Les juridictions ethniques en place retardent considérablement les conversions et les entrées dans l'orthodoxie qui seraient certainement beaucoup plus nombreuses sans ce frein perpétuel. Elles savent que les remous familiaux qu'elles occasionnent remontent très vite à la hiérarchie épiscopale romaine envers laquelle elles se sont engagées à ne pas faire de prosélytisme. Elles ne développent pas de structure d’accueil pour les catéchumènes. Et contrairement à ce que vous pouvez penser, les cas de résistance familiale aux conversions sont beaucoup plus fréquents et durs que vous ne semblez l’accepter. Ce n’est pas un phénomène générationnel. L’adogmatisme ambiant ne joue pas dans ces cas là. C’est la résistance des habitudes du clan qui prédomine. Les familles font encore, même si cela est en diminution considérable, les traditionnels baptêmes , communion , profession de foi avec cadeaux d’accompagnement. J’ai assisté cette année encore à quatre "profession de foi" (ça ne s’appelle plus comme ça car ça change tout le temps. C’est maintenant le sacrement de la missionnarité et il se fait à 17 ans.) avec à la clef le permis de conduire offert qui a remplacé la gourmette ou le Parker. Et les parents tiennent beaucoup à ce que leurs enfants aient ce minimum traditionnel qui encadre leur existence. Je côtoie aussi beaucoup de mamans catéchistes qui ne sont ni pratiquantes , ni croyantes mais qui pensent qu’il est bon de donner ce son de cloche moral, civique que l’école ne fournit plus à leurs enfants . Et puis c’est notre civilisation, notre histoire . C’est catastrophique mais c’est la réalité. Et dans toutes ces familles le catholicisme est une identité sociale creuse certes mais l’étiquette prévaut comme sur les vêtements: il faut avoir son "crocodile" kto visible. Je pose souvent la question : « que feriez vous si votre enfant changeait de confession chrétienne ou même de religion, ou épousait un conjoint qui n’est pas catholique?». Les réactions sont très négatives. Ne se marier qu’à la mairie est une possibilité très bien admise et conforme à l’acceptation d’un acte intelligent et d’une volonté libre; vivre « à la colle » aussi. Mais en revanche, changer de confession est très mal ressenti et envisager cette solution crée un profond malaise.
il ne faut pas non plus mettre le Malin à toutes les sauces sans pour autant occulter son existence
Quand il s’agit du combat spirituel dont je parle, alors ils s’agit bien de Malin. Vous retrouverez cette sauce chez tous les Pères. Il ne me semble pas mettre le malin sous une échelle ou le déguiser en chat noir...

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » jeu. 04 août 2005 12:21

Entièrement d'accord avec ce qu'a écrit Antoine.

Et en général, plus les cathos sont adogmatiques ou non pratiquants, plus ils sont intolérants.

De même que l'intolérance est en moyenne plus marquée chez les femmes (plus attachées aux rites familiaux) que chez les hommes.

J'ai eu l'année dernière le fils d'un de mes amis (Anglo-Saxon des Etats-Unis converti de l'anglicanisme, ou plutôt épiscopalisme comme on dit là-bas, à l'Orthodoxie, et marié avec une orthodoxe grecque) qui s'est marié avec une jeune fille de la bourgeoisie catholique française. Le père et la mère du marié me racontaient qu'ils n'avaient guère eu de problèmes avec le père et le grand-père de la mariée, mais qu'ils s'étaient sans cesse heurtés à la haine de la mère et de la grand-mère de leur bru, qui jetaitent des regards meurtriers au prêtre orthodoxe qui assistait à la cérémonie.

Et puis l'adogmatisme et l'indifférence religieuse ne jouent pas en face de la papolâtrie renforcée depuis Vatican II et porté à son sommet par feu Jean-Paul II. Je ne sais combien j'ai eu de conversations sur des sujets religieux qui se terminaient par: "C'est vrai, vous avez raison sur tous ces points, mais vous n'avez pas le Saint-Père!" Réflexion que vous entendrez rarement chez un catholique vraiment religieux (lequel est précisément de nature à être ébranlé par des arguments de nature religieuse), mais que vous entendrez souvent chez les nombreux catholiques détachés de la pratique pour qui le Pape est plus important que Jésus-Christ. Car ces gens-là existent, n'en déplaise aux oecuménistes parisiens.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » jeu. 04 août 2005 18:25

Il n'y a pas que les ktos. On peut aussi évoquer les convertis issus de familles musulmanes. Si c'est une jeune fille, dans certains cas elle risque le mariage forcé si ce n'est la mort. Un "accident", bien sûr... On en a vu de tuées pour moins que ça ! Rien n'est jamais simpliste en ce domaine. Comment pouvez-vous, Jean-Serge, penser que votre génération serait un parangon de tolérance quand on voit ce qui se passe dans certaines de nos banlieues ?
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Jean-Serge
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Message par Jean-Serge » jeu. 04 août 2005 20:08

Anne Geneviève a écrit : Comment pouvez-vous, Jean-Serge, penser que votre génération serait un parangon de tolérance quand on voit ce qui se passe dans certaines de nos banlieues ?
J'ai effectivement oublié le cas des banlieues me focalisant plus sur les conversions venant de milieux déjà chrétiens...
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

paraclésis
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Message par paraclésis » jeu. 04 août 2005 20:51

J'ai dans un fil expliquez à quel point les conversions à partir de l'islam demandaient un long accompagnement, mais pas seulement par le prêtre immergeur, par toute une communauté paroissiale. je pense que même si en France c'est possible, ce n'est certes pas facile de quitter l'islam, il y a souvent des difficultés avec le milieu d'origine, surtout pour les femmes, mais pas seulement pour les femmes.

Changer de confession, encore plus de religion ne sera jamais anodin.
Les cathos, pardonnez, j'en connais un certain nombre à Marseille, intelligents, instruits et convaincus de la justesse du catholicisme. Vraiment, je ne ressens pas chez eux ce que vous décrivez, la tolérance existe chez les cathos aussi. Plusieurs familles cathos de mes amis, savent très bien quand je peux manger du gigot et quand du poisson est plus adéquat. Nous avons de chaleureuses discussions, parfois vives, toujours courtoises.
Je vais finir par croire que Marseille est une ile où les orthodoxes prient sans gaspiller leur temps à des bisbilles interjuridictionnelles, et où les cathos sont fréquentables.

Enfin, autre point où je diverge de la plupart des scripteurs, je ne pense pas que la mission à l'égard des autres confessions ou d'autres religions soit à rêvasser via des structures à déployer.
L'Esprit agit, et nous nous devons nous contenter de ne pas repousser ceux qui viennent vers le Christ.
Mon grand souci quant à la mission, c'est bien plutôt l'attitude des communautés orthodoxes qui n'est pas toujours très accueillante.
En outre, j'ai tendance à penser que c'est par la prière non par des structures, que le monde peut être changé.
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René Sejag
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Message par René Sejag » jeu. 04 août 2005 21:36

Je suis assez d'accord avec ce qu'évoque Paraclésis. L'accueil des paroisses est des plus important pour cette réponse orthodoxe aux besoins spirituels. Quoi de plus désagréable que de se sentir déshabiller du regard parce que vous êtes nouveau dans le lieu... Ou encore qu'on vous laisse seul dans votre coin...

Pour ce qui est de la réaction des familles et des catholiques, pour moi qui eai une fréquentation des catholiques assez intenses, je puis affirmer que l'orthodoxie jouit d'un certain prestige. C'est un peu ppour prendre une image vestimentaire : un produit "vintage" ou si vous voulez du bio... Les catholqiues savent que c'est la chose qui n'a guère changé qui est demeurée "traditionnelle" et ça inconsciemment ou pas ça leur parle.

J'aimerais bien être sur cette île de Marseille sans ces querelles interjuridictionnelles réellement pénibles, avec parfois des éléments qui ne peuvent être mis dans le boisseau (je fais quoi avec un évêque oecuméniste?). Hélas, je puis affirmer qu'elles m'ont troublé et me troublent encore même si par la prière je parviens à surmonter cela. Dieu merci, les convertis dans leur majorité ne les découvrent qu'après leur entrée dans l'orthodoxie... Et je comprends en fait à bien y réfléchir les poussées de fièvre de certains (sur le forum peut-être) qui traversent en fait des crises personnelles peut-être profonde même s'ils n'ont pas à les exprimer sur ce forum de façon si agressive.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » jeu. 04 août 2005 21:45

René Sejag a écrit :J'aimerais bien être sur cette île de Marseille sans ces querelles interjuridictionnelles réellement pénibles, avec parfois des éléments qui ne peuvent être mis dans le boisseau (je fais quoi avec un évêque oecuméniste?). Hélas, je puis affirmer qu'elles m'ont troublé et me troublent encore même si par la prière je parviens à surmonter cela. Dieu merci, les convertis dans leur majorité ne les découvrent qu'après leur entrée dans l'orthodoxie... Et je comprends en fait à bien y réfléchir les poussées de fièvre de certains (sur le forum peut-être) qui traversent en fait des crises personnelles peut-être profonde même s'ils n'ont pas à les exprimer sur ce forum de façon si agressive.
Ce qui est amusant, c'est que René Sejag, anagramme évident de Jean-Serge, poste ses messages depuis la même adresse IP.

C'est en effet drôle une fois et ça permet de doubler l'animation du forum.
En tout cas plus drôle que le bobard sur la pseudo-bénédiction de la Gay Pride à Ekaterinbourg.

Le problème, c'est que le naturel revient au galop, et que les messages de "René Sejag" commencent vite à ressembler à ceux de "Jean-Serge" comme deux gouttes d'eau.

paraclésis
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P.S

Message par paraclésis » ven. 05 août 2005 0:12

Les évêques aussi peuvent être changé/aidé par la prière, et pas seulement au cours des litanies de la liturgie.
Il me semble que toute personne peut être sanctifée quelque soit la qualité de son évêque... et n'estce pas notre seul but ?
Un seul saint par diocèse et bye bye les bisbilles...
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » ven. 05 août 2005 10:30

Il semble que la francophonie spirituelle soit un archipel dont les îles vivent le temps à des rythmes différents. L’Helvétie romane et la Wallonie en ont été séparées par de très anciens glissement de terrain, et un antique tsunami nous a longtemps fait oublier le Québec…

J’ai cependant bien l’impression que les situations citées âr Antoine et Claude tendent à devenir de plus en plus rares. Certes elles existent. Je sais qu’il existe dans Paris des ilôts de survie de la Chétienté. Mais il suffit de faire quelques visites dans les églises parisiennes pour ne plus y voir que des Antillais, et un clergé polonais ou ivoirien, laissant à des bonnes sœurs canaques le soin de distribuer la communion. Je sais qu’il existe des familles très peu pratiquantes qui tiennent encore à l’étiquette catholique à la manière que décrit Antoine. Je sais aussi que la région de Versailles-Saint Germain en Laye est leur biotope favori.

Pour une présentation plus générale de la situation du catholicisme en Francedans sa globalité et dans ses évolution, je crois que les analyses et les reclassements que formule Danièle Hervieu-Léger font le point le meilleur. En particulier son livre Le Pèlerin et le Converti écarte à juste titre de s’en tenir aux statistiques de fréquentation, mais propose une analyse très fine et très nuancée des nouveaux comportements et des tendances à long terme. Et en particulier du refus de l’encadrement dans les paroisses héritées du passé, cependant qu’apparaissent de nouvelles quêtes, de nouveaux groupes aux appartenances souvent indécises.

Je crois aussi que nous assistons actuellement à un effondrement de plus en plus accéléré du catholicisme institutionnel. Les prévisions que certains faisaient il y a dix ou vingt ans, et que d’autres jugeaient hypothèses pessimistes, sont déjà dépassées (par en-dessous), et l’accélération continue. Depuis la mort de JP II on signale çà et là des tentatives de retour aux formes de piété oubliées depuis Vatican II. . J’ai eu récemment la surprises de croiser sur la butte Montmartre la procession du Saint Sacrement (avec un ostensoir sous un dais) le 2ème dimanche après la Pentecôte (latine bien sûr) elle n’atait pas suivie seulement par des bonnes sœurs vietnamiennes, malgaches ou croates, mais aussi par quelques familles BCBG. Je sais qu’il y en a eu d’autres dans Paris.

Mais tout de même quelques familles BCBG tenant à leur étiquette catholique peuvent-elles y tenir lontemps si le clergé disparaît ? Peuvent-elles transmettre leur appartenance aux jeunes génération quand on voit le rejet de toute autorité chez les lycéens actuels ?

Mais tous les fidèles qui ont été formés dans la ligne post-Vatican II et qui y ont cru, sont désemparés par ce virage. Et plus Benpoît XVI multipliera les mesures de reprises en main dont lui prête l’intention, plus les tensions internes s’accroîtront. Des tendances multiples proposent des solutions multiples, et vraisemblablement ne font qu’accélérer le désordre.

Je peux dire qu'après l'élection de B XVI j'ai eu des coups de téléphone affolés soit de cathos alarmés d'une prise de pouvoir par l'intégrisme, soit d'orthos inquiets devant la perspectives d'une puissante campagne anti-orthodoxe. Je pense que l'une et l'autre craintes sont infondées. Toute action musclée de celui que l'on appelait le "Panzer cardinal" risque fort de ressembler à la visite dévastatrice d'un Panzer dans un magasin de porcelaine.

Et cinquante années de diplomatie vaticano-maçonnique et de corruption par le CŒE n'ont pas réussi à obtenir quoi que ce soit de tangible de la part des orthodoxes. Rien d'autres que des courbettes et des sourires de complaisance.
Jean-Louis Palierne
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paraclésis
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Emiettement

Message par paraclésis » ven. 05 août 2005 12:51

Un dominicain aujourd'hui en difficulté avec rome à cause de ses écrits, me disait nagère a propos de l'évolution des manières de penser et d'agir des cathos : il y a désormais principalement 2 sortes de cathos, ceux qui agissent comme des protestants, c-a-dire qui décident en conscience bible et bonsens en main, et ceux qui agissent comme des orthodoxes, qui discernent en s'appuyant sur la Tradition.
Vont ils changer de confession demandè-je ?
-Probablement très peu d'entre eux réalise qu'ils ne pensent et n'agissent plus comme des cathos...
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eliazar
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Pour une réponse orthodoxe

Message par eliazar » ven. 05 août 2005 13:01

Le message de Jean-Louis vient de m'inciter à remonter le fil, que je n'avais pas suivi depuis un certain temps. J'arrive donc comme les moutardiers du pape et m'en excuse.

Surtout vis-à-vis de notre amusant Jeansergerenésejag dont l'application me couvre de confusion, moi qui suis si peu persévérant.

Je voudrais dire à Paraclésis que cette île bienheureuse de Marseille me fait un peu penser à mon continent perdu-retrouvé : Nikaia devenue Nicoea civitas, puis plus tard Nizza, et encore plus tard Nice. Là aussi, régnait (et perdure un peu dans les milieux "Nissarts") une aimable compréhension les uns pour les autres, avec visites amicales d'église en synagogue ou en temples (luthériens ou réformés)... et tout naturellement en églises orthodoxes, à l'occasion des baptêmes, mariages, enterrements etc d'amis, de collègues, de voisins ou de clients.

Ces échanges de bons procédés s'accompagnaient toujours ou presque de questions curieuses et sympathisantes. Et parfois de discussions chaudes d'amitié contestatrice - où la contestation ne refroidissait jamais la chaleur de l'amitié. Le leit-motiv de ce genre de propos était souvent une sorte de traditionnel : "Au fond, je t'envie...". Cela voulait dire que "chez moi, s'ils étaient aussi bien que chez toi, ce serait mieux" = version nissarde évidente de "l'herbe est plus verte dans le pré du voisin".

Alors, je me demande si cela ne tiendrait pas au fait que nos deux cités sont issues de Phocéens ? On a beau oublier (et souvent ignorer...) ses ancêtres, nous les portons toujours dans chaque goutte de notre sang - et peut-être en est-il de même pour les peuples ?

Chez mes amis juifs, en tout cas, les Ashkenazes reprochent in petto aux nouveaux venus Sephardis leur "intransigeance" - et mes amis Sephardis haussent les épaules devant ce qu'ils appellent "l'esprit obtus et fanatique" des Ashkenazes : j'en ai déduit une fois pour toute (et mes amis, que j'aime, en sont la preuve vivante) que les Juifs nissards sont les meilleures gens du monde : ils savent que je suis anti-sioniste et ne s'en offusquent pas plus qu'un "que veux-tu, on erst bien obligé de "les" soutenir, sans eux nous n'aurions même pas cet embryon de patrie !"

Il me semble par contre que l'air pollué de Paris attise les hargnes. Je me souviens d'avoir découvert, il y a exactement 60 ans, que Paris était une ville de fous agressifs qui se donnaient des coups de coude dans l'estomac ou des coups d'épaule à faire tomber un boeuf, pour une simple place dans le métro ! Et ne s'excusaient jamais. Elevé dans l'admiration de ce qu'on appelait devant moi "la Ville-Lumière", j'en ai retiré à cette première immersion un atterrement qui ne m'a jamais quitté depuis.

Le seul problème réel, ici, est la jeune génération maghrébine - et en prime de ses menus larcins, ses frictions souvent sanglantes avec l'autre "jeunesse perdue" de la cité : les tziganes. Encore exagérai-je en parlant de maghrébins : les Marocains se tiennent de manière très digne (même les jeunes); quant aux Tunisiens, ce sont des Niçois comme nous ou presque, enjoués, blagueurs, et plus Italiens que les nouveaux Italiens qui nous envahissent peu à peu à coups de mallettes d'argent sale.

Alors je préfère revenir sur un point traité avec exactitude (à mon avis) par Antoine dans son long message d'hier. Celui de l'inculture effarante des cathos qui se disent catholiques pratiquants. Pour ne rien dire de leur clergé (je n'ai plus d'amis potables dans ce milieu que des vocations tardives , c à d qui ne sont pas sorties du moule séminariste classique), qui est parfois plus inculte qu'eux derrière son vernis vite terni.

Il est exact que lorsqu'ils se risquent à une discussion sur les fondamentaux de la foi (et d'ordinaire, ce genre de conversation tourne court, car le sujet leur semble totalement désuet) leur ultime point de référence est quasi toujours "Oui, mais le Pape ! moi, je ne pourrais pas me sentir à l'aise chez des chrétiens qui ne reconnaissent pas le Pape..."
(peut-être cela va-t-il changer avec Ratzinger ?!!!).

Et je peux ajouter aux détails cités par Antoine celui-ci : des jeunes catéchistes choisis par leur évêques, après deux ou trois années d'études sanctionnées par un brevet de catéchiste (je ne sais pas le titre exact) et qui avouent naïvement qu'ils n'ont jamais eu le temps de lire les quatre Évangiles.

A ce stade, je trouve le tout dernier message de Jean-Louis un monument d'optimisme béat ! Notamment lorsqu'il écrit:

Je crois aussi que nous assistons actuellement à un effondrement de plus en plus accéléré du catholicisme institutionnel.

Mon cher Jean-Louis, et compte tenu du très grand respect que j'ai pour toi, permets-moi de penser que le catholicisme de la génération actuelle n'en est plus à l'effondrement du catholicisme institutionnel....

Je connais déjà des jeunes de milieu pratiquant qui sont entrés chez les Témoins de Jehova "parce qu'ils avaient découvert l'Évangile dans leurs réunions". Texto !

Car au dernier mariage catho auquel j'ai assisté, non seulement il n'y a eu ni lecture de l'épître de Paul (horresco referens) ni même de l'Évangile (!), mais les jeunes mariés avaient été invités par le prêtre qui les avaient "préparés au mariage" (!?!) à choisir eux-mêmes les lectures qu'ils voulaient y substituer : en conséquence, l'une d'entre elles était un passage du Petit Prince... et les autres étaient dans le même registre littéraire purement mondain.

Il y aurait donc lieu de signaler au dominicain ami de Paraclésis l'émergence d'une troisième catégorie de cathos : sans Bible, ni Tradition ... ni même bon sens, je le crains - enfin si le Bon Sens est bien le sens de l'Église.
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Pour une répone orthodoxe

Message par eliazar » ven. 05 août 2005 13:15

L'esprit de l'escalier me souffle un peu trop tard cette réflexion: que je dois en bassiner plus d'un, sur ce Forum, avec ma prétentieuse citation post-signataire (Veillez dans une prière de tous les instants pour être jugés dignes d'échapper à ce qui doit arriver )

Je ne vais pas m'en excuser, bien sûr : si je l'ai choisie, j'avais mes raisons et elles tiennent toujours.

Mais je tiens (par politesse) à confirmer que si j'ai choisi ce texte, c'est justement parce que je crois, lorsque je vois où en sont descendus les "croyants" de mon ancienne communauté (la vaticane) en moins d'un demi-siècle, que ce "qui doit arriver" risque bien de ne pas NOUS épargner encore bien longtemps nous-mêmes...
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Message par paraclésis » ven. 05 août 2005 16:07

Très cher Eliazar,

en commençant par la fin, j'aime beaucoup votre phrase signature, gardez la longtemps, merci

Ce que vous rattachez à notre lointaine fondation, je l'apparente moi (nonobstant le sang grec qui irrigue mes cellules) à notre Méditerranée, qui certes de plus en plus polluée et aux côtes souvent mitées par un habitat venant terrassé leur beauté, demeure un creuset de bonnes choses.

Je connais assez bien le clergé cathos de marseille, du moins celui qui a mon âge pour avoir partagé jadis l'enseignement de leur séminaire. C'était déjà le temps où il n'y avait pas foule, et où pour la plupart d'entre eux était réduit le minimum d'études telles qu Bible (en hébreu et en grec nous n'étions vraiment pas nombreux) ou histoire (un rapide survol) tandis qu'était apparu des matières que je n'ai pas demandé à suivre telles que sociologie, psychologie etc. Dans l'effort intellectuel surnageait encore je ne sais pourquoi St Thomas d'Aquin (en Français puisque la plupart de mes condisciples n'étudiaient pas le latin).
Je garde de très bons souvenirs de ce temps d'étude, ah la bibliothèque, et d'excellents rapports donc avec une génération de prêtres cathos qui aujourd'hui encore se souviennent qu'il vaut mieux ne pas me parler du filioque ni prétendre m'enseigner l'histoire avec des historiettes.
Je me souviens pas de cours strictement sur l'oecuménisme, mas s'il y en avait j'ai pas du les suivre, j'avais un cursus à la carte.
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » ven. 05 août 2005 20:17

Pour le moutardier du Pape :

Oui, ils n’ont plus ni l’Évangile ni la Tradition, mais justement ils n’ont plus que l’institution (que le précédent JP II avait réduit à un office de Public Relations), et si cette institution craque, que leur restera-t-il ?

Pour Paraclèsis

Je crois que la situation à Marseille est assez particulière en ce sens que depuis longtemps l’Église catholique n’y avait plus (reportons-nous un siècle en arrière) une situation aussi dominante que dans le reste de la France (sauf l’Alsace et quelques cantons ptotestants).

Depuis toujours il y a à Marseille des Grecs, qui font partie du PSM (le paysage spirituel marseillais), Je ne sais trop ce qu’il en est des autres communautés orthodoxes, elles sont moins implantées je crois qu’à Nice, mais tout de même elles sont là aussi. Et puis il y a encore les autres orientaux : Arméniens (Marseille est une grande ville arménienne), Coptes et diverses variétés de “Levantins”, et puis dans une autre direction spirituelle, Marseille est aussi une ville protestante (le Lubéron a été un pays vaudois). Enfin n’oublions pas les Juifs et les musulmans. Toutes les minorités religieuses qu’on peut rencontrer en France sont encore plus présentes à Marseille. Par voie de conséquence la majorité catholique est moins dominante qu’ailleurs.

Les chiffres ne sont pas tout, surtout en matière religieuse, mais on ne peut négliger ce fait.

Sans vouloir établir une relation directe avec ce qui précède, connaissez-vous l’histoire de la peste de Marseille au XVIIIème siècle et de l’attitude héroïque de l’évêque d’alors, mgr de Belzunce, et des Chartreux ? L'Église gallicane (il est vrai qu'elle n'était pas papiste) avait encore de beaux gestes.
Jean-Louis Palierne
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Message par paraclésis » ven. 05 août 2005 21:15

Oui, certes je connais les grandes lignes de l'histoire du diocèse catho de Marseille; il y a une statue de ce bel évêque devant la cathédrale cathos (néobyzantine, genre patisserie) , elle le préente les mains vides ouvertes vers le ciel, d'où l'expression ironique en réponse à une demande d'argent par exemple: va te faire voir à Belsunce, c-a-d mes mains sont vides, ne me demande rien, expression illustrant très mal la vie de ce bon prêtre.

Marseille en effet est très bigarrée, un vrai port de Méditerranée, il y a je crois la plus grosse communauté comorienne hors comores...des musulmans assez rapides à s'intégrer. il ya d'ailleurs beaucoup de communautés musulmanes, africains, maghrébins, comoriens donc.
Un précédent maire(Vigouroux) avait eu le flair de créér un structure regroupant touts les autorités religieuses de la ville (marseille-espérance) poursuivie scrupuleusement ses successeurs, qui est consultée pour tout les à résonance religieuse.
Il y a aussi une radio quadripartite : catho, orthodoxes, arménien et protestants (Erf).

C'est l'été, je ne résiste pas à une galéjade :
nous sollicitons les moines et moniales orthdoxes pour qu'ils viennent fonder 1ou 2 monastères en ville, ainsi pouvu, il ne nous manquera plus que de récupérer l'abbaye St-Victor encore à ce jour squattée, avec ses précieuses reliques et sa superbe acoustique....pour établir le diocèse de Provence occidentale !!!
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