Pour une réponse orthodoxe aux besoins spirituels en Europe

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samuel
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Message par samuel » lun. 21 févr. 2005 15:20

Moi ce que j'en dis c'est que ça parait IRREALISABLE et en plus, surement pas voulu par les Patriarcats actuels.

Personnellement, je le répete, je souhaite l'avenement d'un Patriarcat Orthodoxe de Rome, qui règlerait la question de l'Occident.

Je confesse tout de même que je n'y crois pas. Je crains une solution d'ethno-politique canonique à la sauce UE: une Métropole européenne découpée en archidiocèses ethniques et linguistiques, tout au plus avec une autonomie relative concédée par Constantinople à condition que son exarque en préside le synode...

Jeanne Saint Gilles
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Phylétisme

Message par Jeanne Saint Gilles » lun. 21 févr. 2005 15:27

Je crois qu'il ne faut pas voir le phylétisme là où il n'est pas : si telle diocèse mène une action missionaire pour tout le monde dont le Français de souche, il n'y a pas phylétisme. A terme les 2e et 3e génération sont francisés, ce qui fait que l'accusation de phylétisme tombe... A mes yeux, au sein des diocèses même l'accuation de phylétisme ne se justifie pas :

- Roumanie : pas mal de Français et usage des 2 langues (c'est vrai que l'expérience ECOF) explique un peu

- Moscou : des paroisses francophones

- Serbie : dans le Sud aussi des paroisses francophones; à Paris, des Géorgiens aussi (donc pas de 100% serbe)

La seule accusation de phylétisme que je vois pourrait être portée sur les Grecs; je ne connais pas suffisamment les Antichiens et Bulgares pour juger. De multiples diocèses dans des juridictions diférentes (dites ethniques) mais regroupant des gens ethniquement différents ne sont pas emprunts de phylétismes... De toute façon chacun sait que dès qu'il s'agira de donner l'autonomie à une hypothétique église occidentale, Constantinople va faire sa petite crise d'autorité et sortir son canon 28 de Chalcédoine.

Mon idée me semble la meilleure... car elle se propose de commencer par la base : aspect missionaire, les gens, et quand la base est suffisamment solide, consistante numériquement et spirituellement, cette même bas en Europe occidentale, pourra demander elle-même une fusion des différents diocèses aux Eglises-mères en une seule juridiction qui, alors, passerait non pas à une autonomie mais à une autocéphalie directe. Ce qui évitera les chamaillerie : quelle est l'Eglise mère de ce diocèse autonome...

Mais c'est à long terme. A mon avis, quand les disicples ont eu à évangéliser, ils sont partis sur les chemins et ensuite on s'est demandé on organise cela comment. A trop attendre des hiérarques qu'ils organisent les choses, on risque de patienter jusqu'au Jugement dernier et se croiser les bras... Je crains que cela ne soit aussi typiquement une attitude qui fait qu'on attend que tout viennent d'en haut... La base peut se bouger : sil y avait plus des fidèles disposer à devenir prêtre (français ou bilingue), à donner des sous pour créer de nouvelles paroisses etc on ferait plus de choses car même si les évêques dorment un peu, ils ne pourraient étouffer toute initiative.
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

samuel
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Message par samuel » lun. 21 févr. 2005 16:20

Les diocèses en France ne sont pas des diocèses de France, ils sont "off shore" si l'on peut dire, puisque en fait des exarcats des Eglises roumaine, grecque, russe, syrienne, turque, serbe...aucun diocèse, aucune métropole n'est géographiquement attaché à la réalité locale, même l'archevéché russe rue Daru n'est qu'un exarcat de Constantinople.

Tous les évêques en France sont nommés par les synodes des Eglises de leurs pays. Bref, nous sommes à des années lumières de la réalité d'une Eglise locale, nous en sommes à la diaspora orthodoxe, même si cette notion est sans fondement et non canonique, elle est aujourd'hui notre réalité quotidienne!

Seule l'écof, au moment où elle fut sous le patriarcat roumain, pris un diocèse local, celui de St Denis. Et étrangement installa sa cathédrale à .....Paris! On est pas à une incohérence près...Mais au moins, le temps où elle fut un diocèse roumain, ce fut le seul diocèse orthodoxe vraiment local, jusqu'en 93.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » lun. 21 févr. 2005 18:09

Je crois qu’il ne faut pas prendre la question à l’envers. La question des patriarcats est une question qui ne devrait être que la cerise sur le gâteau. Tous évêque orthodoxe est autonome dans le cadre de son propre diocèse. L’Eglise locale est l’Église orthodoxe tout entière présente en ce lieu et elle doit regrouper en une unique assemblée eucharistique tous les fidèles, de quelque origine soient-ils. La notion même de “diaspora” est ecclésiologiquement absurde.

Les évêques doivent exercer leurs responsabilités en communion avec tous les évêques de l’Église catholique (c’est-à-dire orthodoxe), et en premier lieu avec les évêques de la province à laquelle appartient leur Église. L’Église orthodoxe a en effet toujours tenu à se rapprocher le plus possible des circonscriptions instituées par les pouvoirs civils. C’est ce synode métropolitain qui choisissait et instituait (et parfois déposait) ses membres. Les métropolites n’étaient pas les chefs de ces synodes, mais des présidents à leur service : ils devaient n'agir qu’avec le consentement de leurs collègues, qui eux-mêmes devaient rendre compte de leurs actes au métropolite (Chrestos Yannaras récemment a pris la parole publiquement à Athènes pour critiquer très justement le comportement de l’Archevêque d’Athènes, qui agit en chef). Mais c’est seulement le métropolite qui parlait au nom de tous.

Et à l’instar de l’administration civile, l’Église a très tôt adopté une structure à deux niveaux : les synodes provinciaux métropolitains regroupés dans un synode plus vaste dénommé à l’origine “diocésain”.

[Attention ! les mots “métropole” et “diocèse” n’avaient pas dans l’Antiquité le même signification qu’aujourd’hui. Depuis Dioclétien, peu avant Constantin, l’Empire romain, qui se pensait universel, était divisé en une quinzaine de “diocèses” dont l’ordre de grandeur était proche de celui de nos nations modernes. C’est dans le cadre des synodes diocésains que les évêques avaient l’habitude de discuter des grandes questions qui agitaient l’Église, cependant que c'était plutôt et d’abord dans les synodes métropolitains qu'ils évoquaient les questions que leur posait la pastorale des fidèles. Le mot “métropole” équivaudrait à peu près ce que nous appellerions un “chef-lieu” de département]

Tous les évêques de toutes les métropoles du diocèse étaient convoqués pour les synodes diocésains (et quand les synodes métropolitains ne déléguaient que deux ou trois de leurs membres, ce ne devaient pas être des délégués permanents). La plupart des synodes diocésains ont accompli une œuvre canonique importante qui a parfois été incluse dans le Corpus canonum de l’Église orthodoxe.

Ces circonscriptions du second degré ont longtemps gardé un fonctionnement fraternellement et égalitairement synodal. Simplement le métropolite “diocésain” (au second degré), en plus de la présidence de son synode métropolitain, devait confirmer l’élection des métropolites de son “diocèse”. Le mode de fonctionnement synodal est par ailleurs incompatible avec le fonctionnement de commissions d’experts, de départements spécialisés. C’est seulement aux évêques qu’il revient de diriger leurs Églises locales. Et le mode de fonctionnement synodal devrait également exclure l’existence de ces carrières épiscopales qui commencent avec les petits évêques auxiliaires, sans responsabilités, puis s’élèvent de grade en grade vers les fonctions suprêmes fonctionnant dans un Synode restreint permanent. Les Églises ethniques se sont mises à ressembler à des appareils militants.

Dans l’Antiquité cependant, trois grandes villes jouaient un rôle exceptionnellement éminent dans la vie de l’Église et dans les grands débats qui l’ont agitée, rôle conforme à celui qu’elles jouaient dans la civilisation et l’histoire de l’époque. Alors que le pouvoir civil impérial était par nature unitaire et non partagé (ou en tout cas luttait pour l’être), l’Église refusa d’instituer un pouvoir unique et confia à ces trois grandes villes — Rome, Antioche et Alexandrie — la responsabilité de fonctionner en triarchie. On donna à leurs présidents diocésains le nom de patriarches. Lorsque Constantin établit sa capitale en Orient et fonda Constantinople, cette ville, puis la ville sainte de Jérusalem furent placées au même rang et on institua le Pentarchie, c’est-à-dire les cinq Patriarcats.

L'Église ne voulait pas, contrairement au Pouvoir civil, se doter d'un organe unitaire et puissant, et les conciles et les synodes répètent les mises en garde à l'encontre du comportement de nombreux évêques qui tentaient d'aller auprès du siège du gouvernement impérial pour diverses interventions ou pour faire leur cours. L'institution des cinq patriarcats apparaît dans cette perspective comme un contre-feu.

Il ne s’agissait pas d’un découpage de l’univers. Chacun des trois premiers patriarches était le métropolite au second degré d’un diocèse de l’Empire ; lorsqu'il fut fondé, celui de Jérusalem reçut une seule métropole retirée à Antioche, cependant Constantinople reçut un groupe de trois diocèses, dont il devait à son tour confirmer les présidents. Des canons du Corpus canonum prévoient qu’en cas de dévastation d’une métropole (cela se passe à l’époque des invasions barbares…) le métropole voisine doit s’efforcer de pourvoir à la restauration de la vie métropolitaine régulière. D’autre part les peuples des nations restant hors des frontières de l’Empire recevaient l’investiture de leurs évêques (car la prédication chrétienne se répandait au-delà) du président du diocèse le plus proche. C’est ainsi que Constantinople, outre la confirmation des trois diocèses qui lui incombait, nommait des évêques pour les régions riveraines de la Mer Noire hors de l’Empire. Il ne s'agissait donc pas d'un droit universel à l'institution des structures épiscopales.

Ce que l’on appelait alors “l’Afrique” (c’est-à-dire ce que nous appelons maintenant l’Afrique du Nord ou le Maghreb) reposait en fait sur quatre ou cinq métropoles recouvrant ce que nous appelons aujourd'hui la Tunisie et l’Algérie de Constantine et d’Annaba (et comptant un bon nombre de diocèses). Quelques églises situées plus vers l’Ouest (jusqu’à Oran) ou plus vers l’Est (dans l’actuelle Lybie) étaient regroupées dans des métropoles moins développées, et le tout se réunissait sous la présidence de l’évêque de Carthage. L’Église d’Afrique n’utilisait pas le terme de métropolite, mais la fonction existait bien, comme le prouve l’examen des très importants canons du concile de Carthage, et l’évêque de Carthage était en quelque sorte le super-métropolite qui avait le souci de toute l’Église d’Afrique, comprenant à le fois des métropoles assez bien structurées et d’autres encore à l’état missionnaire.

De nos jours l’Afrique chrétienne antique a depuis longtemps disparu (je parle du Maghreb). Le Patriarcat d’Alexandrie subsiste, mais l’Égypte orthodoxe n’y est plus qu’un vestige. Cependant des missions orthodoxes existent et se développent dans l’ensemble de ce que nous appelons maintenant "le continent africain". Les Églises orthodoxes admettent toutes maintenant que c’est au Patriarcat d’Alexandrie (autocéphale bien sûr) qu’incombe le soin de confirmer les Églises répandues sur l’ensemble de ce continent (cependant cette définition territoriale du patriarcat d'Alixandrie n’est apparue que de facto et spontanément, elle ne faisait pas partie des définitions canoniques initiales, qui mettaient Carthage à part et ignoraient même l’existence d’un continent africain).

Dans toute l’Afrique on trouve maintenant des fidèles issus des nations traditionnellement orthodoxes, mais on trouve aussi des africains sans aucune origine orthodoxe qui se tournent vers l'Église orthodoxe et demandent à y être reçus. C’est le patriarcat d’Alexandrie qui a envoyé des prêtres (qu’il a d’abord fallu trouver) pour guider ces communautés naissantes, certains autochtones ont été promus au sacerdoce, des évêques ont été installés, et récemment une métropole (donc dotée de l’autonomie interne) a été fondée à Yaoundé, à l’initiative et dans le cadre du Patriarcat d’Alexandrie.

La seule voie possible pour le développement de l’Église, pas seulement en Afrique mais partout ailleurs, est la promotion d’un clergé autochtone, l’institution d’évêques de plein droit et leur regroupement en un synode autonome. Sur le continent africain la solution a pu être facilement trouvée parce que le patriarcat d’Alexandrie faisait l’unanimité parmi les Églises orthodoxes, mais aussi parce qu’il était l’Église la plus proche. Quelle Église autocéphale pourrait jouer ce rôle en Europe ? Faute d’évidence, disons que c’est l’Église qui aura eu la charité de répondre aux besoins spirituels des fidèles laissés orphelins par les dévastations ecclésiologiques des barbares latins, c’est cette Église qui aura le droit pour elle. L’Europe occidentale ne pourrait-elle obtenir autant de sollicitude pastorale orthodoxe que l’Afrique ? (ce n’est bien entendu pas aux Africains, ni au patriarcat d’Alexandrie que ce reproche s’adresse)

Or les juridictions ethniques ne s’intéressent qu’à ce qu’elles appellent leurs diasporas, qu’elles contribuent à renfermer sur leurs nostalgies, et d’ailleurs le mot même “diaspora” ne devrait pas être utilisé dans l’Église orthodoxe. La situation qu’elles ont créée, en particulier en France est explosive, d’autant qu’elles cherchent à collectionner des résidus de sectes para-orthodoxes pour étoffer leur présence. Le patriarcat œcuménique, pour sa part, tout en se proclamant non-ethnique, se met au service de l’émigration grecque, et ne donne à ses représentants qu’un rôle d’exarques, ce qui les conduit à se cantonner dans l’insignifiance et la médiocrité.

C’est cependant bien de la création de véritables éparchies épiscopales (si je n’avais pas fait le développement historique précédent, j’aurais utilisé le mot plus courant aujourd’hui de “diocèses”) que dépend la possibilité d’une vraie réponse aux besoins spirituels des occidentaux laissés orphelins par l’effondrement actuel des Églises occidentales. En attendant les juridictions ethniques font preuve d’une désolante irresponsabilité.
Jean-Louis Palierne
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samuel
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Message par samuel » mar. 22 févr. 2005 15:42

100 fois d'accord avec vous Jean-Louis.
Mais quelle Eglise Autocéphale fera cela et surtout qui d'autre reconnaitra l'Eglise qu'elle formera ?
On a vu les Etats-Unis, et a un niveau plus crapoteux l'ECOF, a l'origine la Roumanie en avait fait un diocèse de plein droit, qui fut de suite contesté par Constantinople...

Tout semble hélas bien durablement bloqué, et le rapport à l'Eglise Catholique (pour Antoine, c'est par commodité que j'écris cela) semble craintif en France.

Jeanne Saint Gilles
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Rapport craintif

Message par Jeanne Saint Gilles » mar. 22 févr. 2005 16:37

samuel a écrit : Tout semble hélas bien durablement bloqué, et le rapport à l'Eglise Catholique (pour Antoine, c'est par commodité que j'écris cela) semble craintif en France.
A mon le rapport craintif par rapport aux catholiques s'explique par :

- la non propriété des lieux de cultes : trop d'églises orthodoxes sont hébergées dans des locaux mis à disposition par les catholiques. Certains vont dire que c'est de la générosité. Je pense plutôt à "Timeo Danaos et dona ferente" (merci de corriger mon mauvais Virgile en m'indiquant comment dire catholique en latin).

- le complexe de l'immigré qui ne se considère pas dans ce pays. Pourtant l'immigration orthodoxe avec les Russes est ancienne et la présence de convertis devraient atténuer ce complexe

Mais rien n'empêche des Orthodoxes de la base à se bouger en se constituant en une Fraternité qui viserait clairement à rechristianiser la France...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
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Message par Antoine » mar. 22 févr. 2005 19:19

Jeanne st Gilles a écrit :Mais rien n'empêche des Orthodoxes de la base à se bouger en se constituant en une Fraternité qui viserait clairement à rechristianiser la France
1)Il faudrait déjà commencer par "rechristianiser" les orthodoxes eux-mêmes qui ont beaucoup de carences en matière de catéchèse…

2) Créer une "fraternité" de plus ne ferait qu'ajouter au désordre existant. De plus l'initiative de l'organisation de la "christianisation" appartient à l'évêque. Mais une "rechristianisation" signifie d'abord instaurer les normes ecclésiologiques canoniques qui sont le cadre de toute action d'Eglise. En dehors de ce cadre il n'y a pas de voie possible.

3)La seule solution est celle que vous appelez "utopie" et qui consiste pour l'Eglise à respecter l'ecclésiologie orthodoxe, débarrassée de cette innovation contraire aux canons que sont la co-territorialité et l'ethno-phylétisme renforcés par cette pseudo légitimité de couches migratoires dotées du nom pompeux de "diaspora" contraire à l'Evangile. Jean-Louis Palierne ne dit pas autre chose qui écrit:
L’Eglise locale est l’Église orthodoxe tout entière présente en ce lieu et elle doit regrouper en une unique assemblée eucharistique tous les fidèles, de quelque origine soient-ils. La notion même de “diaspora” est ecclésiologiquement absurde.[…] La seule voie possible pour le développement de l’Église, […]est la promotion d’un clergé autochtone, l’institution d’évêques de plein droit et leur regroupement en un synode autonome.
Ne pas appliquer ces dispositions est une négation de l'incarnation. Le Christ s'est incarné en un temps précis , dans un lieu précis, dans une lignée précise. L'Eglise est le corps du Christ. Elle est là où est l'autel qui est son incarnation en un lieu précis pour un territoire précis. Assujettie à ses pseudo "diasporas" l'Eglise perd son universalité . Elle se limite à l'adjectif qui la caractérisera par la nationalité qu'il lui donne. "L'Eglise russe" tient son identité de l'adjectif "russe". Elle est de fait différente dans cette formulation de "l'Eglise grecque". Alors que "L'Eglise qui est en Russie" affirme son universalité qui dépasse le lieu où elle s'incarne. Elle est "Eglise" d'abord puis "en Russie" ensuite, comme le Christ est d'abord Dieu, incarné ensuite. C'est la même Eglise que celle qui est en Grèce, en Roumanie, en Serbie, à Corinthe. Ainsi parler "d'Eglise russe" est un arianisme. Les seuls prédicats que l'on peut donner à l'Eglise sont ceux du Symbole:"une, sainte, catholique et apostolique". Chacun d'entre eux forme une tautologie avec le mot Eglise et aucun n'est séparable des trois autres.
Dernière modification par Antoine le mer. 23 févr. 2005 1:20, modifié 1 fois.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 22 févr. 2005 23:08

Samuel,

Je ne crois pas que ce soit le rapport à l’Église catholique qui bloque le comportement des Églises orthodoxes en France. Longtemps c’était le cas, et les Églises orthodoxes ont par exemple systématiquement résisté aux sollicitations des prêtres catholiques qui voulaient quitter leur Église, sans avoir l’intention de virer à l’intégrisme, et offraient leurs services aux orthos.

Il est bien évident que l’Églises catholique favorisait alors le pro-œcuménisme orthodoxe dans l’espoir de freiner la désertion de son clergé.

Cette époque est maintenant révolue : le clergé catholique est une espèce en voie de disparition, et de toute façon plus personne n’écoute les représentants officiels de l’Église catholique.

Le manque de locaux est un élément qui gêne les orthodoxes, et les Églises orthodoxes présentes en France sont sensibles à ce problème. Plusieurs juridictions lorgnent du côté des locaux de l’ÉCOF et seraient prêtes à tout (y compris à se quereller entre elles) pour les récupérer. Mais les données du problème vont se modifier dans les années qui viennent lorsqu’il apparaîtra clairement que l’Église catholique n’est plus capable d’utiliser ses locaux traditionnels, qui s’ailleurs ne lui appartiennent pas (sauf quelques bâtiments récents, en particulier autour de Paris), mais appartiennent à l’État ou aux communes. En attendant il faut se contenter de solutions précaires, qui ne devraient cependant pas rebuter les néophytes.

Les communautés d’immigrés sont totalement refermées sur elles-mêmes. Elles ne regroupent qu’une petite proportion des immigrés de chaque pays : ce sont justement ceux qui veulent cultiver la nostalgie. Leurs enfants les fuient. Lorsque des jeunes de la troisième génération (ou plus) recommencent à s’intéresser à l’Orthodoxie, c’est qu’ils ont adopté les modes de pensée du pays où ils vivent, et qu’ils n’ont hérité de leurs origines orthodoxes qu’une répugnance à l’égard des Églises d’Occident. Ils recherchent alors une communauté francophone.

Les Églises orthodoxes s’efforcent essentiellement de prendre le contrôle de leurs émigrations respectives, qu’elles appellent “diasporas”, et d’affirmer un rôle d’interlocuteur quasi-politique vis-à-vis de l’Europe. Seuls la Roumanie et Antioche semblent avoir de temps à autre des manifestations d’œcuménisme, le COE n’est plus considéré que comme une coordination d’actions caritatives. Les derniers spécialistes orthodoxes de l’œcuménisme semblent s’être regroupés en France.

Le public occidental ne fait pas partie de leurs paramètres. Elles n’éprouvent aucune sympathie pour sa crise spirituelle. Elles ne se connaissent de responsabilités que dans le cadre national, et elles croient ainsi assumer une responsabilité politique.

Seuls signes positifs : Antioche a récemment accordé l’autonomie à son Archidiocèse américain, devenu une métropole autonome, et Alexandrie, seul patriarcat réellement missionnaire (et pour cause) vient de créer une métropole au Cameroun.

Aucun regroupement de fidèles ne peut créer l’Église par génération spontanée. C’est le Seigneur qui peut nous envoyer un pasteur issu d’un synode d’évêques orthodoxes. Nous ne pouvons que Le prier de nous l’envoyer, car Lui saura se rire des difficultés causées par la médiocrité des hommes. Saint Basile l’écrivait aux chrétiens de Néocésarée :
À vous de le demander (un évêque) en gardant vos âmes pures de toute rivalité et de toute ambition, au Seigneur de le désigner. Lui qui, depuis le grand chef de votre Église, Grégoire saint Grégoire le Thaumaturge, fondateur de l’Église de Néocésarée… faisait toujours succéder vos pasteurs comme on ajusterait des pierres précieuses a gratifié votre Église de sa merveilleuse beauté. Aussi ne faut-il pas désespérer de leurs successeurs. Le Seigneurs connaît les siens et il peut mettre en évidence ceux que, peut-être nous n’attendions pas. (Lettre 28)
Nous ne devons donc pas nous préoccuper de deviner quelle Église autocéphale aura ou n’aura pas le courage et la sagesse nécessaires pour envoyer un évêque qui saura assumer la responsabilité de répandre l’Église orthodoxe. L’Église qui le fera aura le droit canon pour elle. Beaucoup d’Églises orthodoxes autocéphales sont maintenant limitrophes de l’Europe occidentale… Nous devons seulement comprendre que l’Église orthodoxe, qui est l’unique corps du Christ, ne saurait s’étendre sur le monde que par scissiparité. Il n'y a pas de refondation possible.


[j'avais fait une coquille particulièrement stupide en écrivant "orthodoxe" au lieu de "catholique" dans le troisième paragraphe. On me l'a signalé et j'ai corrigé. Merci et mille pardons]
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Georges Papathanassios
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Message par Georges Papathanassios » mer. 23 févr. 2005 10:57

Si l'on considère la situation actuelle de l'Orthodoxie en France comme étant contraire aux canons, n'allant pas dans le sens de l'établissement d'une Eglise Locale...

En quoi dans ce cas l'ECOF est-elle moins canonique que les autres ? Posée à l'origine comme diocèse réellement local, francophone, s'interressant exclusivement aux français, n'étais ce pas la solution ?

Si leur ex-évêque a été déposé pour des raisons politiques ou disciplinaires, ce qu'il faudrait ne serait-ce pas de redresser cette communauté en la dotant de vrais moyens canoniques et l'associant à la communion des autres diocèses orthodoxes du pays ?

Je pense que les gens que j'ai vu dans leur église à Paris étaient sincères, et tout à fait ignorant de leur situation canonique, ne sachant même pas que leur hierarque est déposé et qu'il ne sont plus en communion avec personne. Ils s'efforcent d'être orthodoxes dans le contexte particulier qui est le leur, et qui les a ammenés à échouer là plutôt qu'ailleurs.

L'un d'eux m'a dit que qu'il n'allait jamais dans d'autres paroisses d'autres diocèses parce que c'était des immigrés qui ne parlaient pas français et qui le rejetaient...

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mer. 23 févr. 2005 14:51

Je réponds en fait un peu à deux files à la fois.

Ne raisonnons pas en utilisant des termes et des concepts empruntés au Droit canon latin. Pour les orthodoxes ne donne la Grâce que ce qui se passe dans le cadre de l’Église orthodoxe. Si la Grâce agit ailleurs (ce dont elle est bien sûr parfaitement capable), l'Église peut accueillir par exemple des ex-hérétiques qui se repentent. Que doit faire alors l'Église. Doit-elle alors les accueillir comme des païens ?

Un groupe qui s’est détaché de l’Église en rejetant le kérygme dusalut accordé par le Baptême donné au nom de la Très sainte Trinité en vue d’effacer les séquelles du péché d’Adam n’est plus dans l’Église et donc n’a plus la grâce. Ils sont pour l'Église comme des païens.

Mais s’il s’agit de groupes qui ont conservé les rites sacrés du Baptême, bien que ce faux Baptême n’ait pu donner la Grâce, la Tradition transmise par nos Pères à l’ensemble de l’Église universelle lui interdit de réitérer le Baptême. L’Église doit donc respecter les gestes vains et les paroles vides du faux Baptême et leur ajouter la Grâce baptismale par le saint Mystère qui suit, généralement la Chrismation. Et s’il s’agit de groupes qui ne se sont séparés que sur des querelles trop humaines, l’Église doit recevoir leurs membres par la Confession de la vraie foi et le rejet de leurs erreurs.

Quel est le cas de l’ÉCOF ? En l’absence d’un véritable procès canonique l’Église ne s’est pas formellement prononcée, et les “juridictions” sont dans l’ignorance. On dit dans une juridiction « Ceux qui les ont condamnés n’ont jamais répondu à nos questions » pour ajouter en clignant de l’œil : « Ils avaient probablement bien des choses eux-mêmes à se reprocher…». Mais caux qui parlaient ainsi s’apprêtent à faire de même à leur tour.

On a dit aussi : « Mais nous n’avons pas de preuve écrite des accusations portées. » Lorsque j’ai envoyé au patriarche serbe la preuve écrite du mariage de l’évêque Germain avec une fausse prophétesse qui se prétendait dans ses livres être l’émanation du saint Esprit, le patriarche n’a jamais reçu ma lettre. Il a fallu qu’elle lui soit remise en mains propres lors d’un passage à Paris. Le dossier de l’ÉCOF a été aussitôt refermé… provisoirement.

Il ne faut pas seulement dire que les juridictions orthodoxes ethniques (ces deux mots sont d’ailleurs contradictoires) négligent de s’informer, il faut dire qu’elles veillent soigneusement à ne pas s’informer et à ne pas informer les Églises-sœurs. Elles considèrent qu’en agissant ainsi elles font preuve d’indépendance d’esprit. Nous sommes ici totalement en dehors d'une véritable ecclésiologie orthodoxe.

Quant aux clercs qui sont ordonnés en divers lieux hors de l’Église orthodoxe, il ne faut pas se cacher que les Églises orthodoxes résidant en France veillent à n’offrir à leurs fidèles que des prêtres issus d’ecclésioles douteuses, ou des transfuges de l’Église catholique (qu’on a longtemps refusé) ou des clercs issus des vieux pays orthodoxes qui sont en rupture avec leur Église d’origine et qui viennent chercher fortune en France. Il fut un temps où des jeunes gens en mal d'ordination se transmettaient la recette : « Va chez X ou chez Y (il s'agissait d'ecclésioles para-orthodoxes). Là tu te fais ordonner et après les orthodoxes t'accepteront. »

Le problème de l’ÉCOF n’est pas qu’on ait créé une juridiction spécifiquement française. Ce fut un éclair de bonté dû à la sollicitude de saint Jean Maximovitch, on ne peut lui reprocher que d’avoir agi avec trop de précipitation et personne n’a pu suivre. Le problème vient de ce que l’idée initiale a été utilisée pour faire passer une liturgie pseudo-occidentale, qui n’est en fait qu’une liturgie orientale (on le cache aux fidèles) artistiquement arrangée pour satisfaire aux objectifs communautaristes, participationnistes, des réformateurs modernistes, tout en cachant des pratiques ésotériques, initiatiques, etc etc. Nous avons déjà largement parlé de ce sujet sur ce Forum. Il est plus difficile de parler de l’inconduite généralisée qui y règne.

Lorsque des anciens de l’ÉCOF se rencontrent (ils sont plusieurs fois plus nombreux que les membres actifs ne l’ont jamais été) ils échangent des nouvelles sur les anciens, et sur les victimes, et sur les innombrables méfaits qui y ont été commis, et découvrent toujours des faits nouveaux. On ne compte plus les personnalités broyées, les familles et les couples brisés, les patrimoines dilapidés et par dessus tout les innombrables et cruelles déceptions. Il est très difficile de se remettre d'avoir été grugé sous un prétexte aussi sacré...

Mais je n’oublie pas la lourde responsabilité des communautés d’immigrés résidant en France. Il est exact que des communautés craignaient ces nouveaux arrivants qui posaient des problèmes. Les juridictions pouvaient se donner l'air de faire du travail diplomatique avec des responsables importants quittant avec un groupe les Églises d’Occident, elles pouvaient admettre de discuter avec des théologiens éminents, elles envisageaient de créer des communautés spécifiques pour les indigènes, afin d’éviter les froissements, elles pouvaient même envisager d’accueillir de libres esprits, si c’étaient des notabilités intellectuelles, mais elles n’ont jamais envidagées de former des communautés à la fois stables et totalement intégrées à l’Église orthodoxe. La stabilité aurait exigé de former un clergé indigène. C’est ce qu’on se refusait à entreprendre.

Les œcuménistes catholiques s’en sont servis pour protéger leur Église (en fait en vain, on le voit bien maintenant).
Jean-Louis Palierne
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Jeanne Saint Gilles
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Une nouvelle Fraternité orthodoxe?

Message par Jeanne Saint Gilles » mer. 23 févr. 2005 19:56

Je détaille mon idée de Fraternité orthodoxe :

1° elle fournirait un enseignement à ses membres en terme catéchétique

2° ses membres ainsi formé pourraient avoir une activité missionaire en demeurant attaché à leur évêque actuel... S'ils parviennent à "convertir" quelqu'un il renverrait cette personne à une des juridictions et églises existantes

3° si les moyens financiers y sont aider à l'ouverture de lieux de culte

Si on attend une organisation canonique bla-bla-bla, on risque de ne rien faire. Une organisation canonique ne viendra que du haut, or le haut ne se presse pas. En tant que détenteur du sacerdoce royal, les fidèles se doivent de prendre les choses en main tout en agissant en accord avec l'évêque comme je le soulignais...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
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Message par Antoine » jeu. 24 févr. 2005 11:53

Les propositions que vous énoncez sont déjà mises en oeuvre sous différentes formes dans différentes paroisses: Catéchèse adultes et enfants, conférences, cessions de théologie, formation au chant liturgique, échanges bibliques, travail sur les Pères, la philocalie, la liturgie etc...Avec des disparités certes mais ça existe. Tous ces gens qui travaillent bénévolement et consacre beaucoup de leur temps à leur communauté paroissiale n'ont pas attendu votre création d'une nouvelle "fraternité" pour se dévouer. Ils souffrent en revanche de toutes ces querelles interjuridictionnelles qui défigurent l'orthodoxie.
Par exemple:
Lettre n°10 de la Fratenité orthodoxe de l'ouest en février 2005 a écrit :Tout ceci nous amène à constater qu’insensiblement, avec l’aide du Seigneur, notre entreprise fraternelle grandit. Mais de même que pour chaque personne la croissance spirituelle se mesure à la façon dont elle parvient à faire face aux épreuves de la vie, nous avons aussi, en tant que Fraternité, à surmonter des épreuves. Ainsi, au moment même où Monseigneur Silouane était sur le point de confirmer sa participation à nos Journées de réflexion chrétienne prévues sur le thème de la prière, est intervenu un conflit d’ordre canonique entre la Métropole roumaine et l’Archevêché de tradition russe. De ce fait Monseigneur Silouane a annulé sa participation, situation que nous regrettons non seulement parce que nous perdons un conférencier de qualité (et plus qu’un conférencier), mais aussi du fait de la crainte qu’un tel conflit ne retentisse sur les relations entre nos paroisses de l’Ouest relevant de l’un et l’autre diocèses. Il nous faut beaucoup prier pour que nos évêques trouvent des moyens paisibles pour résoudre leurs tensions. Il faudrait aussi, à l’occasion, que nous les interpellions en toute humilité pour les sensibiliser au fait que les premières victimes de telles tensions sont les orthodoxes qui vivent en province, sans compter le contre témoignage que de telles situations provoquent vis-à-vis des autres chrétiens et des non croyants.
Vous ne comprenez pas que ce dont on manque c'est d'un cadre ecclésiologique canonique sans lequel il n'y a pas d'Eglise et que vous réléguez au rang de "bla bla bla". "Là où est l'évêque, là est l'Eglise", trouve-t-on chez Ignace d'Antioche. Mais si l'évêque en France est évêque de Chersonèse qui n'existe plus, on est effectivement en droit de se demander où est l'Eglise...
Vous devriez lire le livre de Jean-Louis Palierne:"Mais où donc se cache l'Eglise orthodoxe?" publié aux editions l'âge d'homme. Vous verriez que la solution se trouve ailleurs que dans la création d'une fraternité de plus.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » jeu. 24 févr. 2005 12:54

Quand j’étais enfant (c'était avant la guerre…) je vivais comme tous les enfants dans un double univers : l’univers réel de la vie quotidienne, et l’univers ludique, enchanté, où on vivait dans un monde étrange emptunté aux aventures de la littérature enfantine, aux modes de l’époque et à toutes sortes de fantaisies. Les enfants inventaient des groupements de rêves, des ordres de chevalerie, des sociétés secrètes de carton-pâte. Cette mode d’ailleurs est je crois de retour aujourd'hui.

Ce ne sont pas de tels jeux d’enfants qui peuvent créer l’Église. Pour la servir, nous pouvons lire, traduire, publier, discuter, informer les évêques, ceux des multiples juridictions d'ici et ceux des Églises-mères, et surtout prier. Aucune fraction militante de l’Église orthodoxe ne peut se prétendre plus authentique, aucune ne peut militer pour son amélioration. Le Seigneur seul peut guider son Église et lui prodiguer ses saints Mystères sue lesquels vient souffler l’Esprit saint.

Les fraternités orthodoxes de Kiev jadis se lamentaient de la désertion de leurs évêques à la suite de la funeste “Union de Brest” (ce fut l’origine de l’uniatisme). Elles obtinrent l’appui et la participation des patriarcats orientaux à un contre-concile orthodoxe (1596) qui restaura la canonicité orthodoxe. Alors fut reconstituée la hiérarchie.

Ce fut difficile, et ce ne fut pas définitif. Mais l’important est que l’on avait su retrouver la source canonique et retourner à la vraie foi orthodoxe. À la même époque un moine slave du mont Athos, Ivan Vichensky leur avait écrit :
Ce ne sont pas les prêtres, les évêques ou les métropolites qui nous sauveront, c’est le mystère de notre foi et l’observance des divins commandements qui nous sauveront”
Nous avons ici réussi à aménager un espace de liberté pour le véritable exposé et la discussion sincère de la foi orthodoxe authentique. Nous manquons cruellement de traducteurs qui pourraient publier des livres orthodoxes qui pour l’instant restent inaccessibles au public français, éventuellement en faisant du samizdat. Et pour cela il faut étudier les langues anciennes et vivantes. Il faut également entrer en contact avec nos frères orthodoxes d’autres pays. Tout cela n’est pas facile et demande beaucoup de travail persévérant. Croyez-moi, j’en sais quelque choses.

Il faudra aussi trouver un accès aux médias et à la grande édition, et même aux pouvoirs publics. Ne croyons pas que cela doive être repoussé à un horizon infini, ces objectifs ne sont pas irrémédiablement bloqués. Mais tenter de constituer un ordre des chevaliers justiciers de la vraie Orthodoxie n’est qu’un enfantillage, un combat contre les fantômes.
Jean-Louis Palierne
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samuel
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Message par samuel » jeu. 24 févr. 2005 13:42

D'autant que ce genre de Fraternités ou Confréries ont abouties ce siècle l'une (St Photius) à l'affaire de l'Ecof, l'autre (St Serge) à l'Ecole de Paris...

Reste que les français sont encore minoritairement orthodoxes, (même pour les soit-disant orthodoxes occidentaux, l'Ecof ne rassemble à tout casser que 200 à 300 membres ) et que les fidèles des juridictions ethniques sont peu sensible au problème, voir pas du tout.

Jean-Serge
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Finalement

Message par Jean-Serge » sam. 26 févr. 2005 11:03

Après lecture de tout cela, je pense que l'hypothèse d'une Eglise autocéphale prenant les choses en main est préférable. Il pourrait y avoir une solution canonique si chacun avait en tête les mêmes solutions... Dès qu'il s'agira d'établir une église autonome, le Phanar va émettre ses revendications etc. Et comme le disait Samuel, c'est parti pour durer jusqu'au jugement dernier.

Mais quelle Eglise autocéphale pourrait conduire cet effort missionaire, un enseignant une orthodoxie non entachée de compromissions de toutes sortes. D'où viendra le salut? Cette église le fera-t-elle d'elle-ême ou faudra-t-il que des orthodoxes de France l'appellent à son secours? Une question restante sera celle des moyens : une mission cela demande certaines sommes. Les églises autocéphales sont-elles si riches que ça?

J'espère que Moscou comrendra enfin qu'il ne sert à rien de dénoncer les menées uniates pour son territoire canonique et qu'il n'ya aucune raison de se gêner pour faire la même chose en Europe occidentale (qui n'est le territoire canonique de personne d'ailleurs). L'Eglise russe a eu jusqu'à la révolution une tradition missionaire. A moins qu'on appelle l'OCA à l'aide...
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

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