Le calendrier

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Antoine
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Le calendrier

Message par Antoine » ven. 04 juin 2004 12:03

Le texte que traduit Claude à la rubrique une réponse de l'Eglise de Grèce aux vieux-calendaristes (I) est très important.
Il faut sur ce sujet rappeler un certains nombre de points :
Le saint premier Concile oecuménique a prescrit comment il faut déterminer la fête de Pâques:
° D'après l'équinoxe de printemps.
° La première pleine lune après l'équinoxe de printemps.
° Après la Pâque de la Loi (Pâque juive).
° Le premier dimanche qui suit.
Ce canon a été édicté pour unifier la Pascalie que certains fêtaient selon le calendrier juif au 15 Nisan.
Notons que la réforme de Grégoire XIII a été mise en place en outre pour ne plus fêter Pâques en même temps que les orthodoxes hérétiques.

1) Les données fixées par le concile pour établir la date de pâques ne sont pas des données calendaires mais astronomiques. (équinoxe, pleine lune).
Ce qui a donc été fixé c’est un mode de calcul et non pas les résultats du calcul lui même. Or à l’époque, les Pères se sont insérés dans le calendrier civil en vigueur qui était le calendrier Julien. Et on ne peut pas dire que le calendrier Julien était initialement un calendrier Chrétien ! Ils s’en sont servi comme d’un simple outil mais en aucun cas ils ne l’ont dogmatisé comme étant le calendrier liturgique de l’Eglise intouchable pour les siècles. Ils savaient très bien qu’il existait déjà plusieurs calendriers selon les contrées, qu’il y avait déjà eu plusieurs réformes calendaires dans le calendrier romain, et ils ont pris le dernier en vigueur dans l’empire. Les premiers calculs se sont ainsi effectués avec les connaissances astronomiques de l’époque et les imperfections du calendrier julien. Ceci me semble une indication importante concernant l’adaptation d’un calendrier liturgique à un calendrier civil.

2) La référence astronomique qu’ils ont prise se basait sur deux considérations : Le mouvement des planètes étant fixé par Dieu, il était d’une cohérence susceptible de régler une vie liturgique et ils ont trouvé un symbole de la lumière pascale dans le fait qu’à l’équinoxe de printemps toute la terre reçoit la lumière du soleil le jour et de la pleine lune la nuit. La date de Pâque étant mobile à cause de la lune on voit bien qu’il ne s’agit pas d’un anniversaire !

3) Les dates de pâques inscrites dans le typikon ne sont que des résultats de ces calculs avec les erreurs de l’époque qu’ils contiennent. En aucun cas ces résultats ne peuvent être considérés comme appartenant à la Tradition de l’Eglise.

4) Quand on regarde d’autres fêtes chrétiennes, on voit très bien comment le christianisme s’est servi de fêtes païennes pour y calquer dessus des fêtes chrétiennes qui, tout en respectant le mode de vie festif coutumier, ont amené les populations à se tourner vers d’autres réalités.


5) L’unification de la pascalie dans le monde chrétien reste un objectif conforme à l’état d’Esprit des Pères. Il est incontestable que, malgré les fossés dogmatiques qui nous séparent des chrétiens hétérodoxes n’appartenant plus à l’Eglise -comme les catholiques romains- fêtent la résurrection tout comme nous. Et personne ne pourra prétendre qu’en cela ils outragent la Trinité ! Le problème n’est pas de se caler sur leur date à eux, mais de fixer une date dont personne ne puisse dire qu’elle n’est pas en conformité avec les prescriptions de Nicée.

6) La prise en compte du calendrier civil n’est pas contraire à l’Esprit des Pères du premier concile (qui ont utilisé le calendrier civil de leur époque) tant que le calendrier civil n’est pas un outil de destruction de la foi chrétienne comme l’était celui de la révolution française par exemple et tant que le mode de calcul de la date de Pâque est respecté. Que ferons nous lorsque les états auront établi des mois réguliers de 30 jours plus un reliquat par exemple comme cela est proposé pour le règlement des salaires et prestations sociales? On continuera à appeler Janvier ce qui appartient à février etc... sous prétexte d'un concile qui ne réglemente pas ce type de question?

7) Trop souvent les orthodoxes fêtent Pâques, contrairement à Nicée, après la deuxième pleine lune de l’Equinoxe. Il suffit de lever les yeux au ciel sans lunette astronomique pour s’en apercevoir. Il est donc urgent de modifier la pascalie Julienne en vigueur dans l’ancien Calendrier comme dans le nouveau(car c'est bien la même qui est observée) afin de la mettre en conformité avec les prescriptions astronomiques de Nicée. Et bien évidemment il faut se tourner vers nos astronomes comme les Pères se sont tournés vers les leurs au 4ème siècle. Et Il faut bien sûr corriger les tables calendaires du Typicon.

Eliazar dans un message posté le: Mer 03 Mar 2004 9:49 à la rubrique: "J'ai un problème grave" transmet un texte VCO qui s'intitule

"80 ANS DE LUTTE DES CONFESSEURS DE LA VRAIE ORTHODOXIE CONTRE LE NOUVEAU-CALENDARISME & LA PAN-HÉRÉSIE ŒCUMÉNISTE "
Nous répondons point par point en espérant que cela lui otera un point douloureux.
La sainte Église Orthodoxe du Christ ne s’intéresse pas à l’exactitude du temps, mais à la rectitude et à la justesse de la foi. Et la justesse de la foi se garde par l’observance des saints canons des sept saints Conciles Œcuméniques, des conciles locaux, de la sainte Tradition et des prescriptions des saints pères.
Que l’Eglise ne s’intéresse pas à l’exactitude du temps voilà un préjugé qui ne repose sur rien et qui est contraire au fait que les Pères se soient tournés vers les astronomes de l'époque. Constatons simplement que Nicée parle d’Equinoxe et de pleine lune et que le concile s’est basé sur le mouvement des astres qui lui semblait être cette rectitude d’un temps fixé par le décret divin.

La Vraie Église Orthodoxe, possédant la succession ininterrompue et canonique de l’Église une sainte catholique et apostolique, et dépositaire sacré de la foi orthodoxe, garde le calendrier julien (dit ancien), parce que :
A : c’est sur la base du calendrier julien que le 1er Saint Concile Œcuménique prescrivit le canon pascal et fixa la célébration de la Pâque orthodoxe entre le 22 mars et le 25 avril,
Ceci est faux. Le 22 mars et le 25 avril ne sont que les résultats d’un calcul en fonction d’un calendrier donné et non pas le calcul lui-même qui, lui, fixe comme règle Equinoxe et pleine lune.

B : l’introduction du nouveau calendrier introduisait une possibilité de concélébration des fêtes fixes avec les papistes,
Oui et alors ? Cette possibilité n’est pas contraire à Nicée. Les papistes ne sont pas des juifs. Nous attendons dans le npouveau comme dans l'ancien calendrier que la pâque juive soit terminée pour fêter la nôtre. Le calendrier Julien n’est pas fait pour se séparer des papistes qui lui sont postérieurs.

C : le calendrier papiste fut condamné par trois Conciles pan-orthodoxes successifs, sous le patriarche Jérémie II Tranos (ceux de 1583, de 1587 et de 1593) qui a fait suivre cette triple condamnation de l’anathème de l’Église (Encycliques Patriarcales de 1593 et de 1848),
Oui c’est sa non observance de la prise en compte de la Pâque juive qu’il convient de retenir et non pas le fait que son Equinoxe et sa pleine lune sont plus conformes à Nicée que celle du calendrier julien.


D : c’est par l’introduction du nouveau calendrier qu’un schisme fut causé au sein même de l’Église - et que ceux qui s’en sont séparés sont tombés dans la terrible hérésie de l’œcuménisme, laquelle professe que toutes les hérésies sont des membres de l’Église et qu’elles doivent s’unir pour constituer l’Église Une.
Non c’est par le refus d’un nouveau calendrier que le schisme est né et non pas par son introduction. Une nuance de taille.. N’inversons pas les rôles!
Et le texte traduit par Claude dévoile des motivations peu honorables de la part de prélats apparemment plus préoccupés de leur carrière ecclésiastique que d’autre chose.
<<Alors que la Hiérarchie toute entière avait d'abord accepté le changement de calendrier, trois évêques changèrent d'opinion... après onze années!
° L'ex-métropolite de Florina, Chrysostome.
° Le métropolite de Démétrias, Germain.
° Le métropolite de Zante, Chrysostome.
Mus par des buts qui leur étaient propres, ils se retournèrent contre l'archevêque Chrysostome. Le métropolite de Démétrias voulait accéder au trône primatial. L'ex-métropolite de Florina voulait assumer la direction de la Diaconie apostolique. Et le métropolite de Zante voulait être transféré au siège du Pirée.>>



Il faudrait ajouter encore que ce schisme a déchiré le monde orthodoxe en deux entités distinctes et antagonistes entre lesquelles il n’existe aucune communion possible.
C’est la volonté des VCO que l’autre soit hérétique qui rend toute communion impossible alors que la même foi est professée.
Les patriarcats acceptent très bien la pratique de deux calendriers en attendant une refonte pan-orthodoxe de la pascalie, car ceci ne remet pas en cause ni la confession de la foi ni la Tradition de l’Eglise. Mais je regrette beaucoup que sur un territoire comme la France on ne prenne pas en compte uniformément le calendrier civil comme l'ont fait les Pères en leur temps et que tous les orthodoxes ne fêtent pas Noêl et les autres fêtes fixes ensemble. La France n'est pas la Russie.


Il est, par conséquent, parfaitement incorrect de parler d’un schisme qui se serait produit à l’intérieur de l’Église orthodoxe, celui-ci impliquant une communion quelconque, ne serait-ce qu’indirecte, entre les deux parties, ce qui n’est pas le cas. Le seul fait de parler d’Église orthodoxe, dans ce cas, suppose déjà qu’il puisse exister une Église absolue, l’Église Une, qui comporterait des branches diversifiées dont une seule serait orthodoxe, les autres ayant toute latitude de professer une autre foi tout en restant dans l’Église.
Rien à voir avec le calendrier ni avec la théorie des branches. L'amalgame continue ou plus exactement il est le signe d'une volonté schismatique préexistante à tout examen rationnel et serein de la situation.

Ni le Synode des VCO (et je parle ici uniquement de celui qui a gardé la profession de foi exprimée dans l’Encyclique de 1935 des VCO de Grèce) ne reconnaît et n’entrera jamais en communion avec les nouveau-calendaristes (ni inversement…), et chaque “camp” considère l’autre comme schismatique, anti-canonique et privé de la succession apostolique - et considère ses mystères comme étant dépourvus de la Grâce de l’Esprit saint. Nous devons donc accepter la triste réalité d’une division totale et définitive.
S’ils le veulent on ne peut rien faire contre des gens qui s’excluent eux mêmes. Après tout le fils ainé ne s’est-il pas exclu lui-même du festin organisé en réjouissance du retour de son frère prodigue. Le Père l’a-t-il forcé à renter dans la salle du repas ?
Ces propos des VCO traduisent la peur qu'ils ont d'un concile pan-orthodoxe dont ils se déssolidarisent avant même qu'il ait lieu, car leur position n'est pas tenable sur ce point du calendrier et l'examen en concile de leur succession apostolique apporterait des éclairages qui ne leur seraient pas favorables.

Il s’ensuit que quiconque se soucie vraiment du salut de son âme a le devoir, vis à vis de sa propre conscience, de demander à Dieu de lui montrer laquelle est réellement son Église ; car, de même que la Divinité du petit Enfant pauvre, emmailloté dans la crèche des bestiaux privés de raison, n’était pas évidente pour l’œil humain, celle de l’Église ne l’est pas davantage.
Je n’ai encore jamais vu qu’il y avait plus de spiritualité dans l’ancien calendrier que dans le nouveau et je ne vois pas en quoi le salut de l’âme est concerné par l’observance de l’un ou l’autre calendrier. Dans l’Eglise les deux sont autorisés, et vouloir se définir comme Eglise en fonction de l’observance du calendrier est une énormité sans aucun sens.

L’autre précision importante est que tous ceux qui suivent le calendrier julien ne sont pas dans l’Église orthodoxe. Les uniates le suivent aussi, ainsi que de très nombreux schismatiques. Le terme méprisant de “vieux-calendariste” qu’emploient souvent certains nouveau-calendaristes (qu’ils en soient conscients ou inconscients) met pour ainsi dire dans le même panier la vraie Église orthodoxe (fidèle à la sainte Tradition dans son intégralité) et les schismatiques et hérétiques de toutes tendances, n’ayant gardé le calendrier julien que par simple réflexe de conservatisme.
C’est ça c’est ça. Ce n’est donc pas le calendrier en soi qui est la cause de tout ce mal. On n’est plus à une contradiction prêt. Il s’agit simplement d’être VCO mais surtout ne disons pas en quoi cela consiste car le calendrier n’est pas une raison suffisante de le devenir.
Il y a ancien calendariste par conservatisme et ancien calendariste par Tradition. Les derniers font un amalgame imbécile entre Tradition et calendrier alors que les premiers conservent une coutûme permise par l’Eglise. Le choix est vite fait !

Cette confusion est devenue très courante, et ce n’est pas innocent : car elle permet de préparer ceux qui croient sincèrement être encore « dans l’orthodoxie » à admettre la fausse doctrine selon laquelle l’Église peut très bien être composée de branches qui ne partageraient pas la même foi
Le calendrier n’est pas associable à la foi.Il n'est qu'un support. Si l'orchestre confond partition et pupitre il ne risque pas de jouer la symphonie écrite...

Ainsi, membres de l’Église des VCO qui observons le calendrier de l’Église orthodoxe de toujours, nous ne sommes pas des “vieux-calendaristes”, mais des chrétiens orthodoxes, tout simplement.
Oui, des chrétiens orthodoxes qui se sont coupés de l’Eglise pour des motifs tout autres que celui de la confession de la foi.




Que l'on rompt la communion avec les patriarcats historiques pour des raisons d'oecuménisme , je le comprends et l'accepte à titre de mesure conservatoire en attendant le concile panorthodoxe . Que ce soit sur le problème du calendrier alors c'est une imbécillité sans nom. Que l'on déclare les patriarcats privés de toute grâce et de toute sacramentalité, alors c'est à se demander si les VCO -et plus particulièrement les matthéistes- savent de quoi ils parlent quand ils parlent de la grâce.

Encore une fois ce message permettra sans doute à mes détracteurs sans argument de me qualifier de "personnage qui se met au-dessus de l'Eglise". D'avance merci. Les chiens aboient les orthodoxes passent.
La position de Jean-Louis Palierne(et d'autres sur le forum et ailleurs) qui recommande de rester dans l'Eglise patriarcale tout en y luttant contre l'a-dogmatisme et le modernisme ambiants me semble la seule attitude conforme à ce que le Christ attend de nous.

En la matière c'est la Prière qui doit nous conduire et non pas le réactivisme.

eliazar
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Message par eliazar » ven. 04 juin 2004 15:09

Antoine, je te savais déjà musicien, mais pas thaumaturge.

Grâce à toi, mon point douloureux a disparu.

Que la renommée t’en revienne. Amîn ! Amîn ! Pour la plus grande gloire de Dieu, comme disent nos amis xxx
< Demeurons dans la Joie. Prions sans cesse. Rendons grâce en tout... N'éteignons pas l'Esprit ! >

Axel
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Message par Axel » ven. 04 juin 2004 20:48

Bravo pour ce post magistral cher Antoine!
La position de Jean-Louis Palierne(et d'autres sur le forum et ailleurs) qui recommande de rester dans l'Eglise patriarcale tout en y luttant contre l'a-dogmatisme et le modernisme ambiants me semble la seule attitude conforme à ce que le Christ attend de nous.
Selon ce que m'en a dit le Père Placide, le Père Justin Popovitch était également de cet avis. Il avait été approché par les anciens-calendaristes mais il est toujours resté dans l'Eglise de Serbie en arguant du fait que les Patriarcats historiques sont terre ferme.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » ven. 04 juin 2004 22:02

Le texte d'Antoine appelle un certain nombre de remarques.

1. A propos du terme "Vrais chrétiens orthodoxes": il est utilisé par la majorité des vieux-calendaristes pour se désigner eux-mêmes, mais il existe une forte minorité, quelque chose comme 35% des effectifs vieux-calendaristes à travers le monde, qui le récuse comme supposant qu'il y aurait des "faux" chrétiens orthodoxes. Le synode de Phyli en Grèce se désigne comme "Synode des résistants" (Synodhos ton Enistamenon) et il est en communion avec l'"Eglise orthodoxe traditionnelle de Bulgarie" (évêque Photios) et les vieux-calendaristes roumains, qui ont porté plusieurs noms au cours de leur histoire (Culte chrétien traditionaliste, Eglise orthodoxe du vieux calendrier) pour s'appeler maintenant Eglise orthodoxe de l'Orient (Biserica ortodoxa de Rasarit) pour marquer leur opposition au fait que le patriarcat aurait adopté le calendrier de l'Occident. Ces trois groupes considèrent qu'ils se sont mis en retrait pour protester contre la marche des choses dans leurs Eglises territoriales respectives, mais ils ne nient pas que les Eglises qui ont adopté le nouveau calendrier aient la grâce et soient orthodoxes, malgré l'absence de communion pour le moment. Cette tendance, qui représente donc un gros tiers des vieux-calendaristes, n'est absolument pas représentée dans les pays francophones.

2) La volonté des Pères d'adapter le calendrier ecclésiastique à la réalité astronomique se marque par le fait que le concile de Nicée a fixé la date de l'équinoxe au 21 mars, ce qui correspondait en effet à la réalité astronomique en l'an 325, alors que Sosigène et Jules César l'avaient fixée au 25 mars (ce qui représentait déjà une erreur dès le départ, l'équinoxe de ~46 étant tombé le 23 ou 24 mars). Si nous fêtons Noël le 25 décembre, c'est parce que Sosigène et Jules César avaient aussi fixé la date du solstice d'hiver au 25 décembre.

3)Le calendrier grégorien et le Nouveau Calendrier en usage dans la majorité des Eglises orthodoxes locales (à savoir Constantinople, Alexandrie, Antioche, la Roumanie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, l'Albanie et l'OCA) ne sont que des corrections du calendrier julien. Le nom scientifique du calendrier grégorien est "calendrier julien nouveau style". Comme le rappelle opportunément Antoine, il y a eu en revanche des calendriers qui étaient des tentatives de destruction de la société chrétienne, à savoir le calendrier républicain en France (1793-1806 officiellement, mais en pratique tombé en désuétude en 1800, et quinze jours en 1871 sous la Commune de Paris) et le calendrier communiste en Union soviétique (1923-1940). Ces deux calendriers avaient pour but de détruire la semaine des 7 jours, rythme de la vie liturgique, en la remplaçant par des décades de 10 jours, plus 5 ou 6 jours épagomènes selon les années. Le seul but de ces calendriers était en fait la destruction du dimanche.
Antoine met là l'accent sur un point important.

Antoine
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Message par Antoine » dim. 06 juin 2004 22:11

Dans le message précédent j’ai tenté de montrer en quoi le schisme sur le calendrier était une ineptie.
Il ne faudrait pour autant pas en déduire que je suis un partisan du nouveau calendrier.
Le fait que ce calendrier réunisse à la fois le calendrier civil pour les fêtes fixes et le calendrier julien pour les fêtes mobiles crée des anomalies comme par exemple la diminution du nombre de jours du carême des apôtres qui parfois même passe carrément à la trappe.

Ce qui reste une énigme pour moi, c’est que l’on soit revenu à une Pascalie julienne. Qui et comment en est-on revenu à cette Pascalie Julienne calculée selon un équinoxe en retard de 13 jours sur le véritable équinoxe ? Pourquoi ? (Mais peut-être est-ce dans la suite de la traduction en cours du lecteur Claude.)

Quant à l’ancien calendrier il a le mérite de la cohérence liturgique telle qu’elle a toujours été observée dans l’Eglise mais il ne respecte pas les prescriptions de Nicée (équinoxe pleine lune)Si je suis partisan de quelque chose c’est de corriger cette anomalie. En attendant je me plie au calendrier de ma paroisse.

Autre aberration, c’est que dans un même diocèse Evêques et prêtres célèbrent selon deux calendriers différents deux fois les mêmes fêtes au gré de leurs déplacements.Les canons ne permettent pas cette situation. S’il y a un témoignage d’incohérence liturgique c’est bien celle là. Je trouve que nos hiérarques sourcilleux de notre pratique liturgique feraient bien de remédier rapidement à cette anomalie et de prendre une décision unitaire pour toute la France!
Cela montrerait en outre qu’il y a une volonté commune au sein de l’Assemblée des Evêques de devenir une véritable assemblée.…

J’ai déjà également écrit mon indignation devant les persécutions auxquelles se sont livrés les patriarcats envers les VCO pour leur attachement à ce calendrier. S’il était inadmissible de faire un schisme pour cette raison il était également inadmissible et condamnable de persécuter physiquement des fidèles qui ont refusé la réforme calendaire. Si ce schisme est une honte pour l’Orthodoxie, ces persécutions en sont encore une plus grande. Et j’aimerais que nos évêques célèbrent un office à la mémoire de ces chrétiens orthodoxes.

Nous disposons aujourd’hui d’un calendrier plus juste que le grégorien mais dont la pertinence ne marquerait une différence d’une journée avec le civil que dans 700 ans. (Lecteur Claude en a déjà parlé sur ce forum)Ce calendrier respecte parfaitement la Pascalie astronomique de Nicée et aurait en outre le mérite de s’insérer parfaitement dans le calendrier civil existant. Mais son application attend la décision du futur concile panorthodoxe.

Il faut toujours garder à l’Esprit que l’on doit être dans le monde sans être du monde comme nous l’enseigne Jean en son chapitre 17 dans la prière sacerdotale du Christ.
Un texte me semble bien illustrer comment nous devons vivre et concilier à la fois cette existence terrestre et cette existence eucharistique, comment rendre à césar ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Il s’agit de la Lettre à Diognète qui date d’environ 190 et qui est pleine d’une sagesse contemporaine susceptible de calmer les intégristes qui confondent toujours la recherche de la Vérité avec la dénonciation outrancière de ce que leur lorgnette considère comme un mensonge. Cet extrait ne parle pas du calendrier mais son conseil vis à vis des usages locaux pourrait tout à fait s’y rapporter.


Lettre à Diognète (Sources Chrétiennes 33 bis )

Les chrétiens ne se distinguent pas des autres hommes par leur pays, ni par leur langue, ni par l’habillement. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n'emploient pas un dialecte spécial, et leur genre de vie n'a rien de singulier. Leur doctrine n'est pas sortie de l'imagination fantaisiste d'esprits excités ; ils ne prônent pas, comme tant d’autres, une doctrine humaine quelconque.
Ils habitent donc, au gré des circonstances, des cités grecques ou barbares ; ils suivent les usages locaux pour ce qui est des vêtements, de la nourriture, des coutumes. Et cependant, ils témoignent clairement d'une manière de vivre qui sort de l'ordinaire. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais ils y sont comme des gens de passage. Ils prennent part à tout comme des citoyens, mais ils supportent tout comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie une terre étrangère… Ils vivent dans la chair, mais pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais leur cité est dans les cieux (He 11,16). Ils obéissent aux lois établies, mais leur façon de vivre va bien au-delà de la loi.
Ils aiment tous les hommes, et pourtant tous les persécutent. Ils sont méconnus, condamnés, tués ; et c’est ainsi qu'ils viennent à la vraie vie. Pauvres, ils enrichissent un grand nombre ; manquant de tout, ils surabondent en toutes choses… Insultés, ils bénissent ; outragés, ils honorent les autres… Pour tout dire : ce que l'âme est dans le corps, voilà ce que les chrétiens sont dans le monde.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 08 juin 2004 1:48

En guise d'annexe pratique aux réflexions d'Antoine.

Petite illustration pratique du difficile équilibre à respecter entre les données astronomiques et l'obligation de fêter Pâques après la Pâque juive. Je prends quatre années au hasard: l'année dernière, cette année et les deux années à venir.

L'année dernière (2003 AD), la première pleine lune après l'équinoxe de printemps était le 16 avril du calendrier civil. Le comput julien, basé sur le cycle de Méton et les calculs de saint Denys le Petit, donnait la date de Pâques au 14 avril du calendrier non révisé, soit le 27 avril civil. La Pâque juive a été célébrée le jeudi 17 avril. Nous avons fêté Pâques le dimanche 27 avril, tandis que ceux qui suivent le comput grégorien l'avaient fait le dimanche 20 avril. Cette année-là, c'était le comput grégorien qui satisfaisait aux deux conditions (premier dimanche après la pleine lune, et après la Pâque juive).

En cette année 2004 AD, le comput julien, donnait la date de Pâques au 29 mars. On a rajouté 13 jours pour arriver au 11 avril du calendrier civil (et aussi du calendrier liturgique des Eglises locales qui ont adopté le Nouveau Calendrier).

Comme la Pâque juive tombait cette année le mardi 6 avril du calendrier civil, on aurait dû de toute façon attendre le dimanche 11 avril pour fêter Pâques.

Et, en effet, la première pleine lune après l'équinoxe était le lundi 5 avril.

Le comput julien satisfaisait cette année aux deux conditions (première pleine lune après l'équinoxe et après la Pâque juive), et il était astronomiquement exact.

Ceux qui suivent le calendrier grégorien ont aussi fêté Pâques le 11 avril.


Mais, en 2005, la première pleine lune après l'équinoxe tombera le 25 mars du calendrier civil, et la suivante le 24 avril. La Pâque juive tombera le dimanche 24 avril. Nous fêterons Pâques le 1er mai, tandis que ceux qui suivent le calendrier grégorien l'auront fait le dimanche 27 mars. Ils ne respecteront donc pas la règle selon laquelle il faut célébrer Pâques après Pessah, règle que nous respecterons en revanche.

Cependant, la Pentecôte tombera le dimanche 19 juin, et le dimanche de tous les saints le 26 juin. Il n'y aura donc pas de carême des Apôtres pour ceux qui suivent le calendrier de 1923.
Cette anomalie pourrait être corrigée si l'on décidait de reporter le début du carême des Apôtres au lundi de Pentecôte les années où la date de Pâques est trop tardive.

En 2006, la situation sera la suivante :

Pleine lune: jeudi 13 avril
Pâque juive: jeudi 13 avril
Pâques grégoriennes: dimanche 16 avril
Pâques juliennes: dimanche 23 avril

On voit qu'en général, le comput grégorien respecte la condition astronomique, mais qu'il ne tient aucun compte de la prescription de célébrer Pâques après Pessah.

Si l'Eglise corrigeait la Pascalie en tenant compte du fait que l'on peut désormais calculer avec précision les phases de la Lune, il suffirait de fixer Pâques au premier dimanche qui suit la première pleine lune astronomique après l'équinoxe de printemps, et de le reporter au premier dimanche après la Pâque juive le cas échéant.

Si nous appliquions ce système, les Pâques orthodoxes seraient tombées, dans les années 2003 à 2006, sur le 20 avril, le 11 avril, le 1er mai et le 16 avril. Nous aurions célébré Pâques en même temps que ceux qui suivent le calendrier grégorien trois années sur ces quatre (on notera que deux dates seraient restées inchangées par rapport au système actuel).

Il ne faut pas oublier que l'écart entre la lunaison vraie et la lunaison du comput julien augmente de 1 heure et 29 minutes tous les 19 ans, ce qui finira bien par rendre nécessaire le recours à la lunaison astronomique et l'abandon des tables de saint Denys le Petit.

On notera que l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE) du ministère français de l'Education nationale fournit sur Internet toutes les données nécessaires (phases de la lune, Pessah, Pâques grégoriennes, Pâques juives), tandis que l'ouvrage de Jean Lefort, La saga des calendriers, Pour la Science, Paris 1998, donne, page 138, une table de toutes les dates de Pâques selon le comput julien pour les années 1670 à 2209 sans devoir passer par la connaissance du nombre d'or (il est vrai que le même ouvrage donne aussi, page 130, les tables du calendrier lunaire perpétuel julien, et, page 134, l'algorithme du comput julien).

Antoine
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Message par Antoine » mar. 08 juin 2004 12:48

Je ne voulais pas rentrer dans un débat trop technique sur le calendrier mais simplement donner des éléments généraux qui puissent rassurer ceux qui se sentent un peu chancelant devant les attaques injustifiées de fanatiques qui ont toujours l’anathème à la bouche.
Mais il est bon de faire remarquer que l'ancien calendrier ne suit pas les prescriptions de Nicée, et les illustrations de Claude montrent bien qu'il y a beaucoup d'erreurs qui demanderaient à être corrigées. Cela appelle à une refonte complète du calendrier et rend stérile tout lien factice entre Grâce et observance calendaire.
L'année dernière (2003 AD), […]La Pâque juive a été célébrée le jeudi 17 avril. Nous avons fêté Pâques le dimanche 27 avril, tandis que ceux qui suivent le comput grégorien l'avaient fait le dimanche 20 avril. Cette année-là, c'était le comput grégorien qui satisfaisait aux deux conditions (premier dimanche après la pleine lune, et après la Pâque juive).

Claude attention au fait que la Pâque juive ne dure pas qu’une seule journée mais qu’elle célébrée pendant 8 jours dans la diaspora et 7 en Isaraël à partir du 15 Nisan. En diaspora les 2 premiers et 2 derniers jours sont fériés et en Israël ce sont les 1er et dernier jours qui sont fériés.
En 2003 les dates de la pâque juive étaient du 17 au 23 (24) avril et il était donc juste de fêter la Pâque orthodoxe le 27.
En revanche en 2004 il n’était pas juste de fêter le 11 puisque les dates de la pâque juive étaient du 6 au 12(13) avril on aurait dû reporter au 18 avril.

Quand je regarde toutes les dates je me demande si dans les calculs on n’a pas pris en compte le 15 Nisan + 3 jours. En 2003 on ne pouvait pas fêter avant le 21 (17+3 et on attend le 4ème jour) et en 2004 on ne pouvait pas fêter avant le 6+3 et on attend le 4ème jour qui donne le 10.
Il y a encore beaucoup d’exemple pour lesquels ce mode de calcul du 4ème jour fonctionne.

Je ne sais pas non plus quel méridien détermine l’heure de la pleine lune pour l’orthodoxie car à une heure près la lune peu renvoyer au dimanche suivant. Ou à la pleine lune suivante si elle chevauche à une heure près l’équinoxe.

milano
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Message par milano » mar. 13 juil. 2004 17:53

Bonjour

je remonte ce fil pour quémander une précision : dans plusieurs ouvrages, on peut lire que Pâques orientale (byzantine, donc) ne peut tomber au-delà du 25 avril or, en 2005, ce sera pour le 1° mai.
COmment avec précision se calcule la date de Pâques ?
Merci d'être clair, comme d'habitude !

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mer. 14 juil. 2004 9:46

Le calcul de la date de Pâques dans toutes les Eglises orthodoxes locales (sauf celle de Finlande) se fait d'après le comput julien établi au VIème siècle par le moine roumain établi à Rome saint Denys le Petit (Dionysius Exiguus, Dionisie cel Mic). Ce comput base ses calculs sur une lunaison moyenne plutôt qu'une lunaison astronomique. Il est d'autant plus remarquable qu'il soit encore assez proche de la pleine lune astronomique.

Votre trouble vient du fait que l'on rajoute 13 jours par rapport à la date donnée par le comput julien pour obtenir la date au calendrier civil. Quand vous avez lu que Pâques ne peut pas tomber après le 25 avril, c'est du 25 avril du IVème siècle (époque du concile de Nicée) qu'il s'agit, donc du 8 mai du calendrier civil actuel.

En 2005, Pâques tombera le 1er mai du calendrier civil, c'est-à-dire le 18 avril du comput.

Le fait que, lors de la correction du calendrier ecclésiastique en 1923, on ait gardé cette méthode de calcul pour la date de Pâques, ne tenant ainsi pas compte de la correction des quantièmes, est la principale contradiction reprochée à la révision du calendrier, mais c'est le seul moyen trouvé actuellement pour que Pâques se situe après la Pâque juive, conformément aux prescriptions de Nicée.

Anne Geneviève
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Message par Anne Geneviève » lun. 25 juil. 2005 16:29

Décidément, je crois que Dieu a le sens de l’humour ! Qu’on en juge : la rotation de la Terre (qu’Il a créée) sur elle-même et autour du Soleil (qu’Il a créé) et celle de la Lune (itou) autour de la Terre sont telles que :
1. il n’y a pas un nombre exact de jours dans l’année
2. il n’y a pas un nombre exact de mois (lunaires) dans l’année (solaire)
3. il n’y a pas un nombre exact de semaines (pourtant lunaires) dans une lunaison (mois) ni un nombre exact de jours dans un quart de lunaison (semaine vraie)
Et pour finir, l’année tropique n’est même pas égale à l’année sidérale !
Conclusion : établir un calendrier, quel qu’il soit, sera toujours une approximation qu’il faudra forcément réviser à un moment ou à un autre car on est toujours un peu en avance ou un peu en retard sur ces astres qui sont pourtant là « pour marquer les temps », si j’en crois Genèse 1, 14.
Peut-être est-ce d’ailleurs pour cela que la Bible parle toujours des temps, au pluriel, et non du temps comme les physiciens.
Est-on plus ou moins fidèle au concile de Nicée en suivant les calculs du mathématicien à Jules (César) ou en se rapprochant du cours réel des astres, ça se discute.
Mais n’est-ce pas justement le type de sujets où nous sommes invités à rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ? Je propose (provoc !) que l’on mette tout le monde d’accord en confiant le calcul de la date de Pâques à l’ordinateur de la NASA ou à celui de l’observatoire de Strasbourg et qu’une fois cette affaire réglée par les spécialistes, donc les astronomes professionnels, on se concentre sur les vrais problèmes : par exemple comment vivre chrétiennement dans un monde agnostique.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Antoine
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Message par Antoine » mar. 26 juil. 2005 9:22

Je propose (provoc !) que l’on mette tout le monde d’accord en confiant le calcul de la date de Pâques à l’ordinateur de la NASA ou à celui de l’observatoire de Strasbourg et qu’une fois cette affaire réglée par les spécialistes, donc les astronomes professionnels, on se concentre sur les vrais problèmes
C'est exactement ce qu'avaient fait les Pères. Ils avaient défini le mode de calcul en concile et laisser à leurs astronomes le soin de le réaliser.
Ne confondons donc pas le mode et le résultat. Le mode (premier dimanche qui suit la première pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps) est immuable, le résultat dépend, lui, de la science et de ses outils. Le rejet de la modernisation de ces outils et des progrès de l' astro physique est un obscurantisme lourd qui n'appartient pas à la Tradition de l'Eglise. Les dates du typikon ne sont pas des dogmes.
Rappelons que pour l'instant les orthodoxes (Sauf Finlande) suivent tous la pascalie julienne quelque soit le calendrier, et que donc la réforme adoptée dans le nouveau calendrier n'a touché que les dates des fêtes fixes qui n'ont jamais été programmées par décret conciliaire.
On ne peut donc pas anathématiser ce nouveau calendrier. Il faut savoir accepter cet humour de Dieu souligné par Anne Gèneviève, le mot "humour" étant lui-même une contraction des deux mots "humilité " et "amour"...

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 26 juil. 2005 18:17

Tout à fait, mais le "mode" comprend en outre une restriction supplémentaire : la Pâque de l'Église doit suivre la Pâque des Juifs. Cette année, las Juifs ont fété la Pâque assez tard (c'était notre Vendredi saint), et nous avons fété la Pâque de l'Église (orthodoxe) correctement le dimanche suivant, mais assez tard par rapport à l'équinoxe. Mais certaines années la Pâque orthodoxe est inutilement tardive, ce qui n'empêche pas le Feu sacré de jaillir dans la basilique de la Résurrection à Jérusalem à l'appel de l'Église orthodoxe.
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Jean-Serge
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Message par Jean-Serge » mar. 26 juil. 2005 18:41

Jean-Louis Palierne a écrit :Tout à fait, mais le "mode" comprend en outre une restriction supplémentaire : la Pâque de l'Église doit suivre la Pâque des Juifs.
C'est je crois plus un canon qu'une mode. Avec le calendrier grégorien, en usage en Finlande, dans certaines paroisses des Républiques tchèque et slovaque et dans certaines paroisses du Patriarcat de Moscou en Hollande, la Pâque orthodoxe précède parfois la Pâque juive...
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Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » mar. 26 juil. 2005 19:27

"Le" mode (c'est-à-dire de calcul) est une terminologie que vient d'introduire Antoine et que j'ai reprise. Cela n'a rien à voir avec "la" mode (terminologie créée par la culture française du XIXème siècle et jamais vraiment traduite dans aucune autre langue).

La Pâque grégorienne est en usage dans quelques communautés orthodoxes. Mais le problème de fond est de savoir retourner aux sources de notre héritage patristique orthodoxe. Le père Georges Florovsky avait très judicieusement caractérisé l'état de la théologie orthodoxe moderne comme"une seconde captivité de Babylone". Et cela pour lui n'avait que très peu de rapports ni avec le calendrier ancien ou nouveaun ni avec l'adhésion au mouvement œcuménique, mais il dénonçair le rationnalisme théologique, l'anti-monachisme, le cléricalisme et la dérive des institutions synodales, la subordination à l'État et à l'ethnie, etc.
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Antoine
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Message par Antoine » mer. 27 juil. 2005 0:35

Le canon de la pascalie est cité dans le message Posté le: Ven 04 Juin 2004 12:03 qui ouvre cette rubrique. On voit bien qu'il donne le mode de calcul sans en donner le résultat. Maintenant on peut changer le terme "mode" pour "procédé" ou "règle" ou "norme" ou "formule" ou "principe".
L'essentiel restant qu'on n'érige pas en dogme le résultat.
En ce qui concerne la pascalie juive qui doit se dérouler avant la notre, je ne suis pas sûr que ce point soit intégré dès le concile de Nicée. Personnellement je fais comme si mais il me semble que c'est un rajout d'un autre concile. Comme nous n'avons plus les originaux des canons de Nicée le débat reste ouvert. Le respect de la cosmogonie me semble aujourd'hui plus important que la défense éventuelle d'une confusion possible avec le judaïsme. Je trouve ainsi inutile d'attendre la fin de la Pâque Juive alors qu’au IV ème siècle cela devait encore avoir son importance. Mais ne déplaçons pas les bornes que le deutéronome attribue à nos Pères.

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