Questions diverses et variées

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Questions diverses et variées

Message par Invité » mar. 06 juil. 2004 17:38

Bonjour,

en ma qualité de néophyte, je m'adresse aux participants du forum pour me familiariser avec les usages orthodoxes.
ainsi, si quelqu'un peut m'expliquer ce que signifient les termes: tropaires, kondakion, stichères ?: des chants, des prières particulières?

S'agissant des "ordres mineurs": lecteur, acolyte, sous-diacre: à quelles fonctions correspondent-elles au sein de l'Eglise et des liturgies?

qu'est-ce qu'un protodiacre et un protopresbyte ?

Et enfin, une question qui me taraude (humour...) depuis que j'assiste à des liturgies ou à des vigiles: pourquoi les prêtres et les évëques portent des barbes et pourquoi certains se laissent pousser les cheveux dans le cou?

une petite question tendance "chiffon et mode" pour finir: la soutane noire des prêtres est-elle la même pour les moines ?

Merci par avance. Cordialement.

Invité

Message par Invité » lun. 12 juil. 2004 14:59

Désolé de faire remonter mon message mais faute de réponse, j'insiste un peu lourdement. Quelqu'un peut-il me faire l'aumône d'une réponse ?

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » lun. 12 juil. 2004 15:49

Mille excuses. De mon côté, je suis débordé de travail et ma participation au forum se limite à la rubrique "calendrier des saints". Aussi ne pourrai-je répondre à vos pertinentes questions que par bribes.


Commençons pour une fois par la fin et par votre question sur la barbe, qui n'est pas si futile que cela puisqu'elle concerne après tout une des signes extérieurs les plus frappants de l'appartenance au clergé orthodoxe.

Vous trouverez sur le site Internet du père André Philips, prêtre anglais de l'Eglise orthodoxe russe hors frontières à Felixstowe dans le Sussex, un extrait d'un numéro de 1998 de sa revue Orthodox England qui contient un article sur cette question de la barbe (et aussi sur la question de la tonsure). Cet intéressant texte en anglais est disponible à l'adresse URL http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/v02i2.htm .

De mon côté, n'ayant pas assez de temps à ma disposition pour traduire l'article, je vais me contenter de le résumer cum grano salis, parce que je ne suis pas entièrement d'accord avec certaines affirmations contenues dans ce texte par ailleurs fort instructif. En particulier, le père Philips affirme que c'était la coutume dans l'Empire romain que de se raser, et que le port de la barbe était considéré comme un signe de barbarie. Cela n'est vrai qu'au début de l'Empire: Adrien, empereur de 117 à 138, portait la barbe, et ce à la grande joie des Romains qui trouvèrent là un prétexte pour ne plus se raser. Même si les Romains sont restés en majorité glabres jusqu'aux invasions germaniques, il n'y avait plus d'opprobre par rapport au port de la barbe depuis le début du IIème siècle.

Le port de la barbe a progressivement été adopté par le clergé orthodoxe en signe d'imitation du Christ, puisque celui-ci est représenté barbu sur les icônes. Petit à petit, cela a aussi été un signe extérieur permettant de reconnaître un membre du clergé. Cela est encore utile de nos jours en ce sens que même un prêtre qui se promènerait en costume civil reste facilement reconnaissable (du moins pour l'oeil exercé des orthodoxes...). Je pense aussi qu'il y avait un désir d'imiter le modèle des moines et des ermites, qui se laissaient pousser la barbe en signe de rupture avec le monde et ses conventions. Mais le port de la barbe s'est imposé lentement; il a vraiment triomphé, en Orient comme en Occident, au cours du Vème siècle, et il n'y a plus eu de clergé glabre en Orient à partir du VIIIème siècle. En tout cas, pour l'Occident, saint Ambroise de Milan, saint Martin de Tours, saint Léon Ier de Rome ou Augustin d'Hippone sont représentés barbus.

Comme pour le reste, l'abandon du port de la barbe par le clergé occidental a été promu par Charlemagne, mettant en place une nouvelle religion et une nouvelle Eglise dans le but de s'approprier le titre impérial en présentant les "Grecs" comme des hérétiques. Naturellement, l'interdiction du port de la barbe permettait de créer une différence immédiatement visible entre le clergé carolingien et filioquiste et le clergé orthodoxe. Aussi un concile carolingien d'Aix-la-Chapelle réuni en 816 a-t-il imposé aux prêtres et aux moines l'obligation de se raser au moins une fois toutes les deux semaines.
Comme la plupart des innovations de la cellule carolingienne, celle-ci s'est heurtée à une forte résistance orthodoxe en Occident et n'a triomphé qu'au début du XIème siècle.

Naturellement, contrairement à une désinformation répandue, la question non-dogmatique de la barbe, même si elle choquait beaucoup les Grecs, n'a joué aucun rôle dans le schisme entre la Papauté et l'Orthodoxie. Approuvant les anathèmes du Saint-Synode du Patriarcat oecuménique de Constantinople contre les déviations dogmatiques de Rome (et après que les légats du pape Léon IX aient violemment rejeté toutes les propositions de conciliation et se soient eux-mêmes retranchés hors de la communion de l'Eglise le 16 juillet 1054), le patriarche d'Antioche Pierre III (1052-1056) écrivait cependant au patriarche oecuménique Michel Ier Cérulaire (1043-1059): "Qu'on laisse donc les barbes aux barbiers" (cf. patriarche Ignace IV, Sauver la Création, DDB, Paris 1989, p. 80).
Pour vraiment marquer le triomphe des idées nouvelles, le pape Grégoire VII, auteur du Dictatus Papae dont il a longuement été question sur ce forum, véritable consommateur du schisme connu pour "ses entreprises contre les Eglises et contre les trônes" (père Wladimir Guettée), a pris en 1080 des mesures pour renforcer l'interdiction du port de la barbe. Toujours l'idée que l'apparence extérieure reflète les dispositions intérieures. Voilà, me semble-t-il, pourquoi la Papauté a attaché tant d'importance à cette question du port de la barbe, de même que les moines romains (pourtant encore orthodoxes) s'étaient tellement querellés avec les moines celtes sur la question de la tonsure au VIIème siècle.

Je vous signale cependant que dans le clergé de l'Eglise orthodoxe de Roumanie, vous trouverez une forte proportion de prêtres sans barbe, mais moins parmi ceux qui ont été ordonnés depuis la chute du communisme. Je crois, d'après mes observations et les témoignages que j'ai entendus, que cette particularité a deux explications: le retour à l'Orthodoxie de prêtres uniates de Transylvanie qui avaient perdu l'habitude du port de la barbe, et la situation particulière sous le régime communiste. En effet, si les communistes toléraient le libre exercice du culte dans les églises dans une mesure beaucoup plus grande en Roumanie qu'en Russie par exemple, ils restaient malveillants et le fait de se raser permettait au clergé (resté beaucoup plus nombreux que dans les autres pays communistes) de passer relativement inaperçu dans la rue. L'habitude de se raser a survécu de nos jours au sein d'une partie du clergé orthodoxe roumain, mais moins qu'ily a quinze ou vingt ans.
Vous voyez donc que le port de la barbe, même s'il est caractéristique de l'immense majorité du clergé majeur orthodoxe, n'est pas automatique.

En ce qui concerne les cheveux longs, moins répandus que la barbe, il s'agit sans doute encore d'une volonté d'imiter dans son apparence extérieure le Divin Maître, représenté les cheveux longs sur les icônes (de même que les saints ascètes). Il s'agit sans doute d'une résurgence de la pratique vétéro-testamentaire du naziréat où le garçon consacré à Dieu ne se coupait jamais les cheveux (cf. l'ordre donné par l'Ange du Seigneur à la mère de Samson in Jug XIII: 5). La pratique semble beaucoup plus récente que celle du port de la barbe, puisque saint Grégoire Palamas (1296-1359) est représenté sur ses icônes avec une tonsure.

Vous voyez ainsi que, pour n'être pas de première importance, ces histoires de barbiers et de coiffeurs n'en sont pas moins intéressantes sur le plan historique, voire scripturaire.
Dernière modification par Claude le Liseur le mar. 18 oct. 2005 0:38, modifié 1 fois.

pascal
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Message par pascal » lun. 12 juil. 2004 16:53

bonjour,

Tropaire : ce sont des Strophes ou courtes hymnes poétiques résumant l’esprit d’une fête;
Kondak ou Kondakion (au pluriel on dit Kondakia) : en fait, c'est un hymne, qui se place après la sixième ode du canon des matines, repris pendant la Divine Liturgie.
Stichère: ce sont des strophes que l'on intercale entre les derniers versets des psaumes aux vêpres et aux matines.

sinon, pour faire un peu dans l'humour, vous savez que vous avez le droit de poser des questions aux célébrants, lorsque vous assistez aux liturgies?

bon le reste c'est un peu plus long et je n'ai pas le temps étant tout de même au travail....

espérant avoir éclairé votre curiosité

Invité

Message par Invité » ven. 16 juil. 2004 17:19

Merci beaucoup à Claude et à Pascal pour leurs explications.
Et s'agissant des ordres mineurs ? Je vois, Claude que vous êtes "lecteur": cet ordre correspond à quelle fonction au sein de l'Eglise ?
Il y a quelques années, j'étais "lecteur" pour la paroisse Saint Germain des Près. Il s'agissait de procéder à la lecture de deux des trois lectures (Ancien Testament et Epîtres) au cours de la messe. Il fallait s'y préparer, étudier le texte, en comprendre le sens profond.
Au cours des cérémonies orthodoxes, j'ai constaté que seuls le prêtre et le diacre psalmodiaient.

Jean-Serge
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Lecteurs et sous-diacre

Message par Jean-Serge » ven. 16 juil. 2004 18:10

Bonjour,

Les deux seuls ordres mineurs encore en usage sont ceux de lecteurs et de sous-diacre. Ceux d'acolyte, d'exorciste et celui qui correspondait au portiorat (je ne suis pas sûr de l'orthgraphe) sont tombés en désuétude.

Comme son nom l'indique, le lecteur lit. Il est erroné de penser que seuls les diacres et le prêtre lisent. Quelqu'un désigné peut lire également.

Sur la fonction excat de lecteur... et de sous-diacre, je ne puis en dire plus. Mais l'info doit bien se trouver quelque part sur internet....

Il faut signaler que si l'on devinet lecteur en étant célibataire, on conserve la possibilité de se marier. Dans le cas des sous-diacre, je ne sais pas trop.
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » sam. 17 juil. 2004 12:24

En tant que lecteur, ma fonction archétypale consiste à lire l'Apôtre, donc à faire la lecture qui, lors de la liturgie, précède la lecture de l'Evangile: épître ou Actes des Apôtres. Si possible, j'essaie de cantiléner cette lecture, même si la cantilénation de l'Apôtre est moins importante que celle de l'Evangile.

Comme la communauté où je sers de temps en temps constitue une petite paroisse, je sers aussi à l'autel et j'assure de temps en temps la prédication. A noter que la prédication peut aussi être assurée par un laïque si on le lui demande (le fait est relativement fréquent en Grèce).

Les lecteurs et les sous-diacres sont institués par une bénédiction spéciale qui porte le nom de chirothétie. L'ordination des diacres, des prêtres et des évêques porte le nom de chirotonie.

Claude le Liseur
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Re: Questions diverses et variées

Message par Claude le Liseur » mar. 31 août 2004 12:28

MARC-GENEST a écrit :
S'agissant des "ordres mineurs": lecteur, acolyte, sous-diacre: à quelles fonctions correspondent-elles au sein de l'Eglise et des liturgies?
Bonjour, j'ai acheté à Alba Iulia le manuel de liturgie générale du prêtre Ene Braniste (1913-1984), professeur à la faculté de théologie de Bucarest, où il y a des informations qui répondent mieux à votre question.

Prêtre professeur Ene Braniste, Liturgica generala, 3ème édition revue et corrigée par le professeur Eugen Dragoi, tome I, Editions de l'Evêché du Bas-Danube, Galati 2002, pp. 87-93 consacrées aux clercs inférieurs.

Comme je n'ai pas le temps de saisir six pages de texte roumain et de les traduire ici, je vous résume les principaux points de ce chapitre du manuel du père Braniste:

- Contrairement à l'opinion exprimée sur l'ancien forum en mai 2002 selon laquelle les clercs inférieurs ne feraient pas partie du clergé (alors pourquoi prie-t-on à la liturgie pour l'épiscopat, les prêtres, les diacres, et ensuite "pour tout le clergé et pour tout le peuple"?), le père Braniste rappelle que les clercs inférieurs, dans l'Eglise primitive, étaient inscrits sur le canon, c'est-à-dire le catalogue des clercs; ils étaient appelés clercs (klirikoi) ou serviteurs (ypiretai).

- Sur l'ordre d'apparition chronologique des ministères inférieurs: seules les diaconnesses (diakonai) et les veuves (khirai, viduae) sont mentionnées dans les Ecritures (Rom. XVI:1 et I Tim V:9, ainsi que Tit II:3). Les ministères inférieurs se sont développés au fur et à mesure que l'Eglise grandissait en taille, et surtout après la paix de l'Eglise en 313: vierges consacrées (parthenai), exorcistes (exorkistai, exorcistae), acolytes (akolouthoi, acolythi) qui n'existaient que dans les Eglises de tradition latine (Rome et Carthage) et correspondaient plus ou moins à des sous-diacres, portiers (thyroroi, ostiarii), fossoyeurs (kopiakoi, fossores) qui ont existé sous saint Justinien Ier sous le nom de doyens (dekanoi), chantres (psaltoi, psalmitae), qui étaient une sorte de dédoublement du lecteur, et, naturellement, les deux seuls ministères inférieurs consacrés par chirothésie qui existent encore dans l'Eglise orthodoxe: celui de lecteur(anagnostos, citet en roumain) et celui de sous-diacre (ypodhiakonos, ipodiacon en roumain).

-Justinien avait fixé le nombre des serviteurs de la basilique Sainte-Sophie à 90 sous-diacres, 110 lecteurs et 25 chantres, augmenté sous Héraclius en 612 à 70 sous-diacres, 160 lecteurs, 25 chantres et 75 portiers.

-A Rome, au temps du pape Corneille (251-253), il y avait 44 prêtres, 7 diacres, 7 sous-diacres, 42 acolytes, 50 exorcistes, lecteurs et portiers.

-Le ministère de lecteur est mentionné depuis la fin du IIème siècle. Leur fonction archétypale est la lecture (ou plutôt la cantilation) depuis la tribune appelée ambon des passages des saintes Ecritures qui sont lus à l'église, à l'exception des péricopes évangéliques dont la lecture est réservée au clergé majeur (et en principe aux diacres). Cette fonction comprenait aussi celle de conserver chez soi les livres saints, ce qui valut le martyre à de nombreux lecteurs au cours des grandes persécutions comme celle de Dioclétien où on exigea la tradition des livres saints. En fait, cette fonction comprenait aussi la lecture des encycliques, des lettres pastorales, des vies de saints, etc. Au fil du temps, on a rajouté d'autres fonctions: allumer les lampes, porter les cierges, assurer l'enseignement catéchétique... Comme lecteurs illustres, le père Braniste mentionne saint Jean Chrysostome au début de sa carrière, et Théodore le Lecteur, historien du début du VIème siècle. De nos jours, ils portent le stikharion.
Le grand canoniste Théodore Balsamon (fin du XIIème siècle) exigeait que les lecteurs soient vêtus de sombre (i.e. portent l'habit ecclésiastique) même dans la rue. Cela n'a sans doute jamais été vraiment mis en application.
Les lecteurs sont excessivement rares de nos jours (quoiqu'ils existent encore) et, souvent, leurs fonctions sont remplies par un chantre qui n'a pas eu de chirothésie.

- Le ministère de sous-diacre est mentionné depuis le IIIème siècle. En dehors des tâches liturgiques (entretien des saints vases, etc.), ils avaient comme tâche archétypale le maintien de la discipline pendant les offices. Leur importance était telle qu'ils avaient tendance à se prendre pour des diacres. De nos jours, ils portent le stikharion et l'orarion croisé. Le professeur Braniste mentionne qu'ils existent surtout dans les cathédrales et les monastères, mais j'ai connu au moins un cas d'un homme qui était sous-diacre dans une paroisse parce que sa femme avait refusé de consentir à son ordination de diacre.

Le père Braniste explique que les ministères inférieurs sont surtout des étapes avant l'ordination: on est d'abord béni lecteur, puis sous-diacre, avant d'être ordonné diacre, puis prêtre.

En fait, les gens qui restent longtemps lecteurs ou sous-diacres le sont souvent pour des raisons matrimoniales (hommes célibataires non-moines ou refus de l'épouse pour l'ordination au diaconat).

A noter qu'il existe des ministères propres aux monastères, plus ou moins vivants selon les endroits: canonarque, ecclésiarque, etc.

Canons sur les sous-diacres: Apôtres can. 43, Laodicée can. 21, 22, 24, 25 et 43, Carthage can. 40...

Canons sur les lecteurs: Apôtres can. 43, Laodicée can. 24, Carthage can. 22 et 40...

A noter que l'Eglise des Gaules attribuait à certains clercs inférieurs le titre honorifique, inconnu ailleurs me semble-t-il, d'archi-sous-diacre (archisubdiaconus): "Qu'à la mi-carême les prêtres aillent chercher le chrême, et si l'un d'eux, retenu par la maladie, ne peut venir, qu'il délègue à l'archidiacre son archi-sous-diacre, et cela avec le chrêmeau et un linge, comme on fait pour transporter les reliques des saints." (Concile d'Auxerre, can. 6, traduction Jean Gaudemet et Brigitte Basdevant, Les canons des conciles mérovingiens, tome II, Sources chrétiennes n° 354, Le Cerf, Paris 1989, p. 491.)

Les clercs inférieurs dans la loi de l'Empire romain:

- édit du 5 février 330 (Code Théodosien XVI 2,7; Joannou, La législation impériale et la christianisation de l'Empire romain, p. 70): "Les lecteurs, hypodiacres et autres clercs catholiques (= orthodoxes, NdL), accusés par les hérétiques de Numidie ( = les donatistes, NdL), doivent aussitôt être libérés."

-édit du 5 mars 377 (Code Théodosien XVI 2,24; Joannou , p. 78) : "Les clercs: prêtres, diacres, sous-diacres, exorcistes, lecteurs, portiers et tous ceux qui ont le titre de premiers (?), sont exemptés des charges publiques personnelles."

- édit du 11 décembre 399 (Code Théodosien XVI, 2, 36; Joannou, p. 93): "Les curiaux, devenus évêques, prêtres ou diacres, doivent ou se trouver un remplaçant, ou abandonner leur patrimoine à la curie; devenus lecteurs, sous-diacres et clercs à qui les privilèges des clercs ne sont pas dus, ils garderont personnellement leurs charges."

etc. etc.

En espérant que ces quelques informations trouvées chez Braniste et Joannou constituent une réponse plus complète à votre question.

danilo
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hep

Message par danilo » dim. 07 nov. 2004 14:10

Je voulais poser une question sur le mariage des prêtres. Nos prêtres se marient mais pas ceux des catholiques. A l'origine, les prêtres se mariaient ils en ce qui concerne l'église catholique? Et si oui depuis quand ont ils adopté le célibat? Et avant la séparation de l'orthodoxie et du catholisisme étaient ils mariés?

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » dim. 07 nov. 2004 15:59

On dit parfois que les prêtres orthodoxes peuvent se marier. Ce n’est pas exact. L’Église orthodoxe peut ordonner un homme marié comme diacre puis comme prêtre, mais le mariage ou le remariage leur est interdit. D’après les canons la pratique ancienne était légèrement différente : avant d’être ordonné comme diacre, cet homme devait indiquer à l’évêque s’il avait l’intention de se marier. Il pouvait alors se marier puis être ordonné prêtre. Mais s’il indiquait qu’il avait l’intention de rester sans se marier, il ne le pouvait plus.

Les canons interdisent le remariage d’un prêtre même veuf, et il ne peut pas être le second mari de son épouse. Ce que l’on résume souvent en disant « qu’il doit être le premier mari de sa première femme. » Le clergé est ainsi soumis à des règles de pureté rituelle qui diffèrent des règles purement morales imposées aux laïcs.

Ce n’est qu’assez tard qu’on a imposé de n’élire un évêque que parmi les prêtres non mariés. Saint Grégoire de Nysse était un évêque marié.

Il faut noter que les canons propres à l’Église d’Afrique (les provinces qui constituaient “l’Afrique” de l’empire romain correspondaien surtout à la Tunisie et à la région de Constantin et à un bande littorale sur le reste de l’Algérie et sur une partie de la Lybie) étaient différents, et prévoyaient que les prêtres et les évêques devaient tous être célibataires. Ces canons sont conservés sous le nom de “Concile de Carthage” dans le Corpus canonique de l’Église orthodoxe.

Je saisis l’occasion pour revenir sur les sous-diacres, dont il a été question plus haut. Un Russe savant m’a dit que bien souvent le sous-diaconat était réservé en Russie à de ces laïcs qui consacrent une grande partie de leur temps au service de l’Église, sans pour autant se lier aux fonctions liturgiques. Par exemple un gérant financier ou immobilier, un professeur, un médecin, un avocat, un architecte, un iconographe ou un musicien. Lorsque l’évêque célébrait ils venaient porter le dikirion et le trikirion, et n’en faisaient guère plus.
Jean-Louis Palierne
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danilo
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Message par danilo » dim. 07 nov. 2004 21:28

Merci de votre éclaircissement.

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Message par danilo » dim. 09 janv. 2005 16:03

J'ai une question à propos des icones.
Voilà, j'ai eu une discussion enflammée à Nôel avec des évangelistes (attachés à l'église protestante) sur les icones. Ils soutenaient que les icones n'ont rien avoir avec la chretienneté et que c'était quasimment contre le message du Christ, voir anti biblique! Car il est écrit qu'on adorera pas de statues ect... ect...!!!
J'avais beau essayé d'expliquer que les icones étaient juste là pour nous remémorer la présence du Christ, mais rien à faire.
Pourriez vous m'éclairer sur ce sujet et qu'est ce qui peut justifier par les écrits dans la bible ou le nouveau testament les icones?
Personnellement j'ai grandi avec des icones et si je priais ce n'est pas les icones que je priais ou que je prie mais Dieu.

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 09 janv. 2005 17:37

J'ai connu un jeune homme de 19 ans qui avait un jour été pris à partie par un Juif sur ce thème. Comme il y a des fois où il ne sert à rien de s'embarquer dans des discussions oiseuses, le jeune homme avait tranquillement regardé son agresseur (verbal) en lui disant: "Sache que, dans l'Empire byzantin, nous avons subi 86 ans de persécution pour conserver le droit de vénérer les images, alors ce n'est pas toi qui va me faire changer d'avis".

Juste une bonne entrée en matière pour faire remarquer à vos interlocuteurs "évangélistes" mais sans doute fort peu évangéliques qu'ils ne font que resservir le même brouet que celui que nous servaient les iconoclastes et qu'ils feraient bien de se poser la question s'ils sont encore chrétiens... ou s'ils ne sont pas simplement juifs ou musulmans. Car en niant la vénération des icônes, ils nient simplement l'Incarnation. C'est un élément qui est à la base de la foi chrétienne et dont ils ne tiennent pas compte. Ils préfèrent rester sous le règne de la Loi plutôt que de vivre dans la Grâce. Ce n'est pas pour rien que les chrétiens, contrairement aux Juifs et aux musulmans, ont des images, et que cela leur est bien particulier.

Que vos interlocuteurs "évangélistes" méditent ce verset de l'Evangile:
"Dieu, personne ne l'a jamais vu, le Fils unique, Celui qui est dans le sein du Père, Lui l'a manifesté" (Jean I: 18). Ils n'ont pas l'impression qu'il y a eu un événement unique, celui de l'Incarnation, qui change la donne?

Sur toute cette question, vous trouverez une argumentation serrée (si ces gens ont vraiment besoin d'arguments, car je crois pour ma part qu'il n'est pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre) dans le petit livre que voici: saint Théodore du Stoudion, traduit du grec par Jean-Louis Palierne, L'image incarnée, précédé de Athanase Jevtitch, traduit du serbe par Jean-Louis Palierne, Défense et illustration des saintes Icônes, L'Âge d'Homme, Lausanne 1999.
Extrait de l'article de Mgr Athanase Jevtitch, je me contenterai de mentionner cette lettre de saint Germain de Constantinople à l'évêque iconoclaste Thomas de Claudiopolis, qui devrait poser quelques questions pertinentes à nos iconoclastes modernes:
"Il faut représenter sur les images les traits de l'aspect du Seigneur dans la chair, pour faire perdre la face aux hérétiques qui le calomnient en disant qu'il n'est devenu homme qu'en apparence et non pas en réalité (...)"
Il est vrai que, refuser les icônes, c'est commencer à refuser le mystère de l'Incarnation, la folie de la Croix, et c'est petit à petit prendre le chemin de l'arianisme, en attendant celui du judaïsme et de l'Islam.

Vous pouvez aussi leur poser deux "colles".
La première est la suivante: comment peuvent-ils prétendre utiliser contre la vénération des icônes l'interdiction de vénérer des idoles? Ils ne voient pas la différence entre une statue et une icône? Et surtout, ils ne voient pas la différence entre les idoles des dieux du paganisme et une image du Christ, de la Thétokos ou des saints? Ne confondraient-ils pas Christ et Baal?

A propos de la différence entre icône et statue (qui devait pourtant sauter aux yeux), voici une remarque pertinente du prêtre Serge Heitz (Christus in euch: Hoffnung auf Herrlichkeit, Vandenhoeck & Ruprecht, Gottingue 1994, p. 114):

"Wichtigstes Merkmal des symbolhaften Bildes ist seine Zweidimensionalität (d.h. das Fehlen der Perspektive oder auch die "umgekerhrte Perspektive"). Durch das Fehlen der Wirklichkeitsillusion wird sichtbar, dass das Bild nicht selbst die Wirklichkeit darstellt, um die es geht, sondern diese lediglich abbildet. Es gibt daher in orthodoxen Kirchen keine Statuten oder dreidimensionale Darstellungen (Kruzifixe), die verehrt werden. Nach orthodoxer Auffassung sind diese bis heute dem Volk Gottes verboten, weil sie der Verführung zum Götzendienst keinen Widerstand entgegensetzen."

Ma traduction:

"La caractéristique la plus importante de la représentation symbolique est sa bi-dimensionalité, c'est-à-dire l'absence de perspective ou aussi la "perspective inversée". Grâce à l'absence d'illusion de la réalité, il est visible que l'image ne représente pas elle-même la réalité à laquelle elle fait référence, mais qu'elle la dépeint seulement. C'est pourquoi on ne vénère pas, dans les églises orthodoxes, de statues ou de représentations en trois dimensions du type crucifix. Dans la conception orthodoxe, celles-ci sont encore aujourd'hui interdites au peuple de Dieu, car elles n'offrent pas de résistance face à la tentation d'adorer les dieux païens."


La deuxième vient tout de suite: une tradition immémoriale rapporte que saint Luc aurait peint la première icône. Croient-ils vraiment, vos amis "évangélistes", qu'ils connaissent mieux le christianisme que l'Evangéliste Luc? Si la tradition ne leur suffit pas, alors faisons appel au témoignage de l'archéologie. Nous avons des traces fort anciennes d'images chrétiennes : dès le IIIème siècle. Cela ne veut pas dire que les chrétiens des deux premiers siècles n'aient pas connu les images: c'est plutôt que nous n'avons pas de découvertes archéologiques pour les périodes les plus anciennes. Nous connaissons cependant une Vie de l'apôtre Jean, du IIème siècle, qui parle d'un portrait de cet apôtre conservé chez un de ses disciples qui l'avait posé sur une table spéciale et flanqué de deux cierges allumés (cf. André Grabar, L'iconoclasme byzantin, Flammarion, Paris 1998, p. 13). Les "évangélistes" avec lesquels vous avez eu cette discussion nous diront-ils que l'Eglise du IIème siècle attendait déjà que le Pat Robertson de service vienne la remettre sur le droit chemin?
Alors, pour eux, où s'arrête l'Eglise primitive? Dieu nous aurait abandonné dès le temps des Apôtres et il aurait fallu attendre le télévangéliste anglo-saxon X ou Y pour ramener la foi sur terre?
Et dire qu'ils prétendent se baser sur la vérité des Ecritures. Mais qui a fixé le canon des écritures, si ce n'est l'Eglise orthodoxe voulue et fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ et qui a commencé son cheminement sur cette terre tant et tant de siècles avant que les missionnaires anglo-saxons ne viennent apporter aux Zoulous du continent européen la lumière de l'Evangile selon Billy Graham et George Walker Bush? Pourquoi réclament-ils des citations de l'Ecriture s'ils récusent l'Eglise qui a transmis les Ecritures et distingué la Parole de Dieu des écrits apocryphes?
Ce n'est naturellement pas tel ou tel verset isolé du Nouveau Testament qui mène à la vénération des icônes, c'est toute la tradition de l'Eglise et toute la compréhension de l'Incarnation et de la Rédemption. Cependant, s'il leur faut vraiment des citations du Nouveau Testament pour les aider à se libérer de leurs idées judaïsantes et pour découvrir le christianisme, alors voici encore quelques versets à méditer:

"Cependant, Jésus dit d'une voix forte: "Qui croit en moi, croit, non pas en moi, mais en celui qui m'a envoyé; et qui me voit, voit celui qui m'a envoyé."" (Jean XII: 44-45).

"Et Jésus de répondre: "Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire: Montre-nous le Père?"" (Jean XIV: 9).

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » dim. 09 janv. 2005 18:25

Enfin, pour compléter le message précédent, voici l'Horos du VIIème Concile oecuménique (Nicée 787) sur la vénération orthodoxe des images, pour qu'au moins vos interlocuteurs de l'Eglise"réformée" (ou plutôt, en ce qui concerne le sujet qui nous intéresse, rău-formată, c'est à dire déformée, pour reprendre un jeu de mot roumain) puissent connaître ce dont ils se font les juges:

Puisqu'il en est ainsi, nous cheminons sur la voie royale en suivant l'enseignement inspiré de nos saints Pères et la tradition de l'Eglise conciliaire, car nous savons que l'Esprit saint demeure en elle, et nous décidons en toute exactitude et avec diligence:

que les vénérables et saintes icônes soient placées au même rang que le signe de la Croix vénérable et vivifiante, qu'elles soient faites de couleurs, de mosaïques ou de toute autre matière, dans les saintes églises de Dieu, sur les vases et les vêtements sacrés, sur les murs ou sur des planches, sur les maisons ou dans les rues, tant l'icône de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, que celle de notre Dame la pure et sainte Mère de Dieu, des vénérables anges et de tous les Saints et des hommes bienheureux. Aussi longtemps qu'ils peuvent être vus représentés sur les icônes, ceux qui les regardent sont conduits à commémorer et à désirer les prototypes;

et qu'on doit leur décerner un baiser et une prosternation d'honneur - non point l'adoration, qui d'après notre foi ne convient qu'à la nature divine, mais selon la manière qui convient à la Croix vénérable et vivifiante et aux saints Evangiles, ainsi qu'aux autres objets sacrés, en présentant en leur honneur l'encensoir et les lumières, selon la pieuse coutume des anciens. L'honneur qui est rendu à l'icône passe en effet au prototype, et celui qui vénère l'icône vénère aussi l'hypostase de celui qui est inscrit en elle."

(Traduction de Jean-Louis Palierne, in L'image incarnée, L'Âge d'Homme, Lausanne 1999, p. 42.)

Avant d'accuser les orthodoxes de retour à l'idolâtrie, vos interlocuteurs devraient au moins prendre connaissance de l'enseignement de l'Eglise orthodoxe sur ce point, ce qui me semble bien la moindre des choses...

milano
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Message par milano » lun. 10 janv. 2005 19:31

Bonjour,

Y a t'il quelqu'un, sur ce Forum, qui sait ce qu'est devenue l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne (Monseigneur Kallistos) dont le siège a été transféré de Toulon en Corrèze, et dont le site Internet semble dissous ?
Merci

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