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Message par Invité » lun. 12 juil. 2004 15:25

Y a-t-il une Bible traduite expressément par/pour les orthodoxes et en langue française ? Si oui, est-elle disponible sur Internet ? Ou tout simplement vous utilisez la Bible de Jérusalem ? ou la TOB ? ou la Bible en français courant ?
Merci

Antan

Irène
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Message par Irène » lun. 12 juil. 2004 15:32

En haut, en bleu, vous trouverez "aller au site", vous cliquez, et sur le site vous verrez une rubrique "livres et textes" où vous trouverez l'édition de la bible utilisée par les orthodoxes.
Outre cette liste, vous pouvez nous interroger sur d'autres lectures, évidemment.

eliazar
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Message par eliazar » mar. 13 juil. 2004 8:37

Concernant la Bible d'Alexandrie (version dite traditionnellement "des Septante") il convient de préciser que la traduction française publiée par les Éditions du Cerf est l'œuvre de plusieurs universitaires de très bon niveau, sous la haute direction de Mme Marguerite Harl, professeur à la Sorbonne - mais qu'elle reste un travail d'universitaires laïques au sens sociologique français du terme.

Ce qui veut dire que son appareil de notes, qui est absolument remarquable, n'est par principe pas basé sur la doctrine orthodoxe ni (dans la grande majorité des cas) sur la lecture que les Pères ont faite de tel ou tel passage. C'est un appareil de notes "neutre" (encore que la neutralité absolue n'existe pas, bien sûr), conforme en cela à tout travail universitaire laïque de haut niveau.

J'ajouterai, par rapport à mon expérience personnelle de cette version, qu'elle a le grand mérite d'être historiquement et linguistiquement attentive à la réalité des connaissances actuelles, et que ses rédacteurs ont travaillé sans oeillères. Mais je pense qu'il est inexact de prétendre qu'elle serait "la Bible des Orthodoxes" au sens familial ou paroissial du terme. Par exemple je ne l'ai jamais vue dans les familles orthodoxes que j'ai connues au cours de mes pérégrinations, ni chez les quelques prêtres (quand ils n'étaient pas universitaires eux-mêmes) avec qui j'ai parlé de ce genre de sujet. La considérer comme la Bible des Orthodoxes relève de l'amalgame : en fait, c'est la version grecque de la Bible d'Alexandrie qui a été la version de référence des premiers pères de l'Église avant que saint Jérôme prenne pour option de base le texte hébraïque - plus ancien mais plus conjectural - comme nous le voyons par les éditions successives de la Bible kto dite "de Jérusalem", qui ne cessent de varier entre elles d'année en année.

Et en plus, il faut préciser pour notre correspondant, qui est catholique romain et québécois, que la Bible d'Alexandrie est à l'origine la Bible juive, mais déjà traduite en grec hellénistique (c'est à dire celui en usage à Alexandrie) par un certain nombre de savants rabbins alexandriens plusieurs siècles avant le Christ, et qu'elle ne contient que le Pentateuque. C'est pour cela qu'elle a été de suite adoptée par les Pères de l'Église (orthodoxes), parce que ces rabbins (au nombre mythique de 70) avaient utilisé un vocabulaire plus précis, et moins sujet à discussions interminables, que l'hébreu. C'est grâce à ces rabbins d'avant la naissance du Christ que nous avons pu définir la mère du Messie, prophétisée par Isaïe, comme une jeune vierge, dans la mesure où cette université de rabbins d'Alexandrie avaient traduit le mot hébreu un peu vague par ce mot grec précis, témoignant ainsi de la lecture qu'en faisaient traditionnellement les lettrés juifs - etc. etc.

Mais ce n'est pas une Bible au sens général où les chrétiens l'entendent : elle ne contient ni les Prophètes, ni les livres sapientiaux, etc.

Comme les Bibles d'origine protestante ne sont pas aussi exhaustives que les Bibles ktos, j'utilise personnellement la Bible de l'honnête chanoine Osty, ou de son confrère le fiable Crampon - par esprit de commodité, et parce que cela m'évite d'avoir à étaler trois ou quatre éditions différentes sur ma table de travail chaque fois que je veux vérifier une citation. Mais j'ai constaté ici ou là que beaucoup d'orthodoxes de ma connaissance font de même ou utilisent les versions de poche de la Jérusalem, voire la T.O.B. Quand ils s'intéressent à lire la Bible, ce qui n'est pas aussi général que dans les familles protestantes. Par exemple, j'avais été frappé, lorsque mon Évêque grec avait posé la question à une assemblée de la Saint-Basile, où se trouvaient une centaine d'orthodoxes généralement de bon niveau secondaire ou même universitaire, et plusieurs prêtres orthodoxes, que personne ne soit capable de dire ce que signifiait le nom de Bethléhem. Devant le silence prolongé, et en désespoir de cause, j'avais donné la réponse qu'il espérait, mais j'avais passé aux yeux de mes futurs frères et sœurs pour un Juif converti de fraîche date, avec tout ce que cela pouvait comporter de distance un peu méfiante... C'était une gaffe, hélas.

En fait IL N'Y A PAS de Bible en langue française éditée par l'Église Orthodoxe. Mais avant de lui jeter la pierre pour cela, il faut considérer le rapport statistique entre le peuple orthodoxe francophone susceptible d'acheter un travail aussi dispendieux. La clientèle générale de langue française, qui a déjà dix ou quinze éditions d'autres provenances à sa disposition dans les librairies religieuses - où malheureusement la Bible d'Alexandrie n'est pas toujours présente, tant s'en faut - ne suffirait pas à rembourser une si énorme mise de fond. Ou alors il y faudrait un effort missionnaire comparable à celui des Réformés, que seule une Église riche comme la Grecque ou la Russe pourrait entreprendre; mais quand on sait qu'il a fallu l'investissement personnel d'un simple petit moine bénédictin (et Niçois : cocorico!) pour que les orthodoxes francophones aient enfin à leur disposition l'ensemble des textes de la Liturgie (et pas mal d'autres textes "indispensables" pour tout paroissien qui se respecte), on peut douter que cet effort missionnaire soit pour demain.

Enfin, l'honneur est sauf, in fine : le P. Denis (Guillaume) ayant suivi l'exemple du P. Wladimir (Guettée) et du P. Placide (Deseille) - c'est à dire : étant devenu prêtre orthodoxe - nos livres liturgiques orthodoxes en français sont maintenant l'œuvre d'un prêtre de l'Église Orthodoxe, et même du Patriarcat de Constantinople!

Reste à trouver le P. Denis, le P. Wladimir ou le P. Placide qui se consacrera à l'énorme tâche de la Bible... Tout seul, cela me semble peu envisageable à moyen terme. Et les accouchements aux forceps de la seule et si courte Prière Dominicale ne m'encouragent pas à l'espérer pour demain ni pour après-demain. A moins que le "miracle" des Septante rabbins d'Égypte se renouvelle, bien sûr.

Enfin, j'ajouterais volontiers qu'à mon sens, l'une des meilleures concordances utilisables (de manière rapide et courante) reste la Concordance du pasteur Segond (dite traditionnellement "Synodale"), dont je déplore simplement qu'il y manque les références aux Livres que les Réformés n'utilisent pas, canoniquement parlant. J'en ai acheté quelques autres, d'origine kto, mais qui ne sont pas de loin aussi complètes.

Tout ceci n'est que mon expérience personnelle, c'est vrai. Patience et longueur de temps ... ...

Eliazar

Claude le Liseur
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Message par Claude le Liseur » mar. 13 juil. 2004 10:55

Naturellement, le nombre très réduit des orthodoxes francophones (dont, en outre, la majorité sont capables de lire la Bible dans une édition grecque, roumaine ou russe) fait que ce travail de traduction de la Bible ne pourrait être entrepris qu'à fonds perdus par l'Eglise de Grèce, par l'Eglise de Chypre ou par l'Archevêché d'Amérique du patriarcat oecuménique de Constantinople (c'est-à-dire des Eglises qui ont des finances solides). Quand on voit les difficultés que les éditeurs catholiques romains de langue française - même les solides et savantes éditions dominicaines du Cerf - ont pour joindre les deux bouts alors qu'ils disposent d'un public théorique de près de 47 millions de personnes (36 en France, 6 au Canada, 4 en Belgique, 1 en Suisse) , on se doute bien que l'édition orthodoxe en langue française, avec un public théorique de 150'000 personnes environ (soit 100'000 en France, 20'000 en Belgique, 15'000 en Suisse et peut-être 15'000 au Québec où il ne faut pas oublier que la majorité des orthodoxes sont intégrés à la minorité anglophone et ne lisent pas en français), ne peut reposer que sur de courageux francs-tireurs du type Vladimir Dimitrijevic, Slobodan Despot ou père Denis Guillaume.

Après tout, les Russes ont dû attendre le XIXème siècle pour avoir une édition russe (et non plus seulement slavonne) de la Bible, alors patience...

Théoriquement, la TOB est la seule traduction française à laquelle des orthodoxes auraient participé, mais elle me semble de moins en moins usitée.

Il me reste à signaler un fait peu connu: le père Denis Guillaume, qui a tout de même traduit en français tous les textes scripturaires lus à l'église (Parémies, Apôtre et Evangéliaire), signale que, de toutes les éditions françaises du Nouveau Testament qu'il a eu entre les mains, la plus fidèle au texte grec est la Darby. C'est une traduction extrêmement littérale de la Bible faite au XIXème siècle par John Nelson Darby, cet ancien ministre anglican devenu le leader des "Frères étroits" ou darbystes. Darby avait fait une traduction complète de la Bible de l'hébreu et du grec vers (excusez du peu) l'anglais, le français et l'allemand! Cette Bible Darby, peu connue du grand public, est tenue en haute estime dans les milieux protestants fondamentalistes. Un ami docteur en études bibliques, calviniste libéral et donc peu suspect de sympathies pour le darbysme, m'a dit, lorsque je lui ai fait part de ce qu'avait écrit le père Denis Guillaume à propos de la qualité de la traduction Darby, que cela ne l'étonnait pas et que c'était en effet une traduction très fidèle au texte.

Invité

Message par Invité » mer. 14 juil. 2004 3:21

Encore une fois merci à Irène qui m'a conseillé de la précision dans mes question ! C'est vrai que les réponses viennent et claires.

Merci des informations pertinentes que vous me donnez sur la XLL. J'ai pu en lire des extraits sur Internet, à l'adresse :

http://perso.club-internet.fr/orthodoxi ... indexx.htm

Comme je l'ai observé et que vous le précisez il s'agit de l'Ancien Testament. Quant au Nouveau Testament je comprends que vous employez les Bibles existantes avec chacun vos préférences.

Dans la page «Livres et Textes orthodoxes» il est écrit : «La septante ed du cerf. La version grecque de la bible en usage dans l'Eglise orthodoxe.» Merci à Éliazar d'y apporter la clarification et les nuances nécessaires.

"Les Éditeurs du Rameau" ont édité une traduction officielle de tous les textes bibliques (uniquement) en usage dans la Liturgie catholique.

Habituellement j'utilise la Bible de Jérusalem, mais j'aime référer aux traductions Maredsou et Darby. J'ai sur CD le programme «La BIBLE ONLINE» (Éditions CLÉ) avec les lixiques grec et hébreux qui sont très bien faits et faciles à utiliser. Il y a entre autres traductions, la Darby.

La Bible de Jérusalem édite souvent. Je trouve que la mise à jour selon les dernières trouvailles de l'exégèse et l'évolution de la langue française a ses avantages.

Merci à vous tous.

Antan

Claude le Liseur
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Re:

Message par Claude le Liseur » ven. 11 déc. 2009 2:27

Claude le Liseur a écrit :Il me reste à signaler un fait peu connu: le père Denis Guillaume, qui a tout de même traduit en français tous les textes scripturaires lus à l'église (Parémies, Apôtre et Evangéliaire), signale que, de toutes les éditions françaises du Nouveau Testament qu'il a eu entre les mains, la plus fidèle au texte grec est la Darby. C'est une traduction extrêmement littérale de la Bible faite au XIXème siècle par John Nelson Darby, cet ancien ministre anglican devenu le leader des "Frères étroits" ou darbystes. Darby avait fait une traduction complète de la Bible de l'hébreu et du grec vers (excusez du peu) l'anglais, le français et l'allemand! Cette Bible Darby, peu connue du grand public, est tenue en haute estime dans les milieux protestants fondamentalistes. Un ami docteur en études bibliques, calviniste libéral et donc peu suspect de sympathies pour le darbysme, m'a dit, lorsque je lui ai fait part de ce qu'avait écrit le père Denis Guillaume à propos de la qualité de la traduction Darby, que cela ne l'étonnait pas et que c'était en effet une traduction très fidèle au texte.
Voici tout de même la citation exacte de l'archimandrite Denis Guillaume à laquelle je faisais référence dans mon message du 13 juillet 2004 à 10h55:

"Au bout de quinze ans de service dans le diaconat, j'avais réuni un dossier presque complet des évangiles dominicaux et festifs. Il y manquait les péricopes des jours ordinaires. Au cours de l'été 1979, comme j'étais invité à passer un mois en Calabre, j'avais emporté ce dossier, ainsi que toutes sortes de traductions, françaises et étrangères, de l'Evangile et, bien sûr, l'original grec, non pas celui de Nestle-Aland, mais l'Evangéliaire liturgique, conforme au codex R m . Je m'aperçus alors que la traduction la plus fidèle à ce codex est celle de J. N. Darby, datant de 1896 et rééditée en 1940 par l'Université d'Oxford. Les variantes du codex R m y sont signalées et traduites en notes, au bas des pages. Evidemment, les traductions plus récentes de Maredsous-Hautecombe et de Jérusalem me donnaient souvent une meilleure compréhension du texte, dans un langage plus adapté à notre temps. Je m'aidais aussi des traductions anglaise, allemande et italienne en ma possession, chaque langue apportant quelque lumière supplémentaire."

(Archimandrite Denis Guillaume, L'Evangéliaire byzantin, САМИЗДАТ (auto-édition), Nîmes 2003, p. 7.)

Je publie ce petit texte en mémoire du RP Denis et pour donner aux lecteurs une petite idée de ce que pouvait être son énorme tâche en tant que traducteur. Αἰωνία η μνήμη ! Вечная Память ! Mémoire éternelle !

J-Gabriel
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Re: Bible

Message par J-Gabriel » sam. 12 déc. 2009 14:56

Ah ben merci pour la citation avec père Denis Guillaume -un cadeau de Dieu, mémoire éternelle. Merci en même temps d’avoir rehaussé cette rubrique parce que la plupart des néophytes, dont je fais partie, se posent cette question : quelle est la traduction officielle en français de la bible pour un orthodoxe ?
A mes débuts, avec la même idée exprimé plus haut « Théoriquement, la TOB est la seule traduction française à laquelle des orthodoxes auraient participé, mais elle me semble de moins en moins usitée. » j’utilisais la TOB. Plus tard sous l’avis d’un moine en France à la question, j’ai donc utilisé et j’utilise à défaut La Bible de Jérusalem (de poche en voyage).

Anne Geneviève
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Re: Bible

Message par Anne Geneviève » dim. 13 déc. 2009 14:26

Pour ma part, j'utilise un éventail de traductions, Segond, Crampon, Jérusalem, TOB, Chouraki, Lemaître de Sacy, traduction du Grand Rabbinat, Alexandrie, sans oublier les originaux grec et hébreu, à la fois en version papier et sur internet. Cela permet de renouveler les éclairages.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

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Re: Bible

Message par J-Gabriel » dim. 13 déc. 2009 22:43

Anne Geneviève a écrit : Pour ma part, j'utilise un éventail de traductions, Segond, Crampon, Jérusalem, TOB, Chouraki, Lemaître de Sacy, traduction du Grand Rabbinat, Alexandrie, sans oublier les originaux grec et hébreu, à la fois en version papier et sur internet. Cela permet de renouveler les éclairages.
A propos du net, il a des sites où l’on peut comparer les traductions : ici http://saintebible.com/luke/21-10.htm ou encore ici http://www.lueur.org/bible/bible-comparer.php par exemple.

Patrick-N
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Message par Patrick-N » lun. 14 déc. 2009 22:36

Puisque vous parlez ici du regretté père Denis, comme vous, je ne peux qu’être admiratif et plein de reconnaissance. De plus, j’aime particulièrement son humour non-conformiste qui a fait grincer des dents tant d’adeptes d’une Orthodoxie au «garde à vous».

MAIS.... (parce qu’il y a toujours un mais )......
Je dois également lui faire certains reproches, car bien même si le volume de son travail est extraordinaire, la qualité l’est fatalement un peu moins. Car malheureusement pour nous, il ne s’est pas toujours contenté de traduire les textes liturgiques au mieux de ses grandes capacités intellectuelles, il les a aussi bien souvent réarrangés, modifiés, adaptés, selon sa sensibilité, son sens poétique ou son indécrottable culture romaine etc… mais toujours avec les meilleures intentions bien sûr.

Un exemple parmi d’autres :
Sur le blog « http://orthodoxie-libre.over-blog.com/a ... 68818.html » on trouve la mise en parallèle de certains passages de deux éditions du « Triode de Carême », éd. Chevetogne. J’ai vérifié ; je comprends que certains textes délicats ne doivent pas êtres interprétés hors de leur contexte, mais ici les différences relèvent de la trahison !
Dans un premier temps, j’ai cru que le coup venait de ceux de Chevetogne, fer de lance du Vatican, grands parodistes et simulateur de l’Orthodoxie, cultivateur de l’ambiguïté et de la confusion confessionnelle (dans ma jeunesse, je les croyais orthodoxes...), mais non. Car un jour, dans l’excellent « lexique du culte et de la liturgie » du « spoutnik / synecdimos » de père Denis, j’ai trouvé ça :
Entrée : « Juifs », p. 1155
..... En ce qui concerne l’hymnographie byzantine, elle n’échappe pas à cette tentation. Si l’Octoèque des dimanches leur reproche simplement de ne pas avoir saisi le message de la Résurrection du Christ, les textes de la Semaine Sainte dans le Triode sont d’une violence telle qu’il est bien difficile de les traduire littéralement à notre époque de tolérance. L’hymnographie doit servir à l’édification des fidèles, doit les aider à prier, et non pas exciter les passions mauvaises. Or il est possible, en traduction, d’attribuer son dû à chacun, c’est-à-dire aux grands prêtres, aux scribes, aux hypocrites pharisiens, au sanhédrin, cette injuste assemblée, à Judas le traître, et non pas à l’ensemble des Juifs.......
De plus, j’ai trouvé une autre édition du Triode de la main de père Denis (éd. Tibériade), confirmant que ces modifications sont bien de lui.

J’avoue que maintenant, lorsque j’utilise ses traductions, quelque part, j’ai toujours un doute.........
Pour être sympa, je dirais que son travail est une bonne base pour de futures traductions mais en aucun cas un travail définitif.

Alors oui, j’aime beaucoup père Denis, j’ai un énorme respect pour son travail. Travail dont j’aurais beaucoup de peine à me passer, mais ......


Pardonnez-moi si je fais erreur ......

Claude le Liseur
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Re:

Message par Claude le Liseur » mar. 15 déc. 2009 0:29

Patrick-N a écrit :Puisque vous parlez ici du regretté père Denis, comme vous, je ne peux qu’être admiratif et plein de reconnaissance. De plus, j’aime particulièrement son humour non-conformiste qui a fait grincer des dents tant d’adeptes d’une Orthodoxie au «garde à vous».

MAIS.... (parce qu’il y a toujours un mais )......
Je dois également lui faire certains reproches, car bien même si le volume de son travail est extraordinaire, la qualité l’est fatalement un peu moins. Car malheureusement pour nous, il ne s’est pas toujours contenté de traduire les textes liturgiques au mieux de ses grandes capacités intellectuelles, il les a aussi bien souvent réarrangés, modifiés, adaptés, selon sa sensibilité, son sens poétique ou son indécrottable culture romaine etc… mais toujours avec les meilleures intentions bien sûr.

Un exemple parmi d’autres :
Sur le blog « http://orthodoxie-libre.over-blog.com/a ... 68818.html » on trouve la mise en parallèle de certains passages de deux éditions du « Triode de Carême », éd. Chevetogne. J’ai vérifié ; je comprends que certains textes délicats ne doivent pas êtres interprétés hors de leur contexte, mais ici les différences relèvent de la trahison !
Dans un premier temps, j’ai cru que le coup venait de ceux de Chevetogne, fer de lance du Vatican, grands parodistes et simulateur de l’Orthodoxie, cultivateur de l’ambiguïté et de la confusion confessionnelle (dans ma jeunesse, je les croyais orthodoxes...), mais non. Car un jour, dans l’excellent « lexique du culte et de la liturgie » du « spoutnik / synecdimos » de père Denis, j’ai trouvé ça :
Entrée : « Juifs », p. 1155
..... En ce qui concerne l’hymnographie byzantine, elle n’échappe pas à cette tentation. Si l’Octoèque des dimanches leur reproche simplement de ne pas avoir saisi le message de la Résurrection du Christ, les textes de la Semaine Sainte dans le Triode sont d’une violence telle qu’il est bien difficile de les traduire littéralement à notre époque de tolérance. L’hymnographie doit servir à l’édification des fidèles, doit les aider à prier, et non pas exciter les passions mauvaises. Or il est possible, en traduction, d’attribuer son dû à chacun, c’est-à-dire aux grands prêtres, aux scribes, aux hypocrites pharisiens, au sanhédrin, cette injuste assemblée, à Judas le traître, et non pas à l’ensemble des Juifs.......
De plus, j’ai trouvé une autre édition du Triode de la main de père Denis (éd. Tibériade), confirmant que ces modifications sont bien de lui.

J’avoue que maintenant, lorsque j’utilise ses traductions, quelque part, j’ai toujours un doute.........
Pour être sympa, je dirais que son travail est une bonne base pour de futures traductions mais en aucun cas un travail définitif.

Alors oui, j’aime beaucoup père Denis, j’ai un énorme respect pour son travail. Travail dont j’aurais beaucoup de peine à me passer, mais ......


Pardonnez-moi si je fais erreur ......

Je dois avouer que je partage vos réserves, et que le passage du Spoutnik que vous avez cité m'avait aussi choqué en son temps.
Je pense que l'archimandrite Denis n'a jamais réussi à se libérer entièrement du conditionnement romain. Sans doute est-il venu trop tard à l'Orthodoxie.
Mais, d'un autre côté, que connaîtrions-nous de l'hymnographie orthodoxe sans lui?
Alors, je reste admiratif devant l'oeuvre accomplie, tout en sachant qu'il faudra bien que d'autres continuent et améliorent le travail.

sabeth
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Re: Bible

Message par sabeth » lun. 29 mars 2010 8:35

Tout cela est vraiment intéressant !
Justement à propos de traductions françaises de la liturgie orthodoxe : existe-t-il un liturgicon pour la Divine Liturgie orthodoxe ? Le seul "liturgicon" que j'ai
trouvé est greco-catholique, donc pas orthodoxe et ne contenant évidemment pas un sanctoral orthodoxe. Le liturgicon dont je parle est édité au Liban.

Pour en revenir à la Bible : les orthodoxes reconnaissent-ils canoniquement les livres dits "deutérocanoniques" ou non ?

Dorian
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Re: Bible

Message par Dorian » lun. 29 mars 2010 12:18

...
Dernière modification par Dorian le sam. 11 déc. 2010 17:19, modifié 1 fois.

Anne Geneviève
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Re: Bible

Message par Anne Geneviève » lun. 29 mars 2010 12:35

Les livres dits "deutérocanoniques" sont ceux qui ont été rejetés par les Massorètes et qui, de ce fait, ne figurent pas dans les Bibles protestantes. Bien entendu, ils figurent dans la Septante qui est la "Bible orthodoxe" puisque le texte de la Septante est une traduction grecque réalisée au moins 5 siècles avant l'intervention des Massorètes.

Daroslav, ce terme de "deutérocanonique", à l'origine reflet des répugnances du protestantisme à s'éloigner de la version massorétique, est utilisé par tous les biblistes pour désigner ces textes qui n'existent plus sauf à l'état fragmentaire en dehors de la Septante : version grecque d'Esther, Judith, Tobit, Macchabées 1 et 2, Sagesse, Siracide (dit aussi Ecclésiastique), Baruch, Lettre de Jérémie, version grecque de Daniel. C'est un terme technique qui désigne les livres existant dans la Septante et non dans la Bible massorétique. Il n'y a pas d'ambiguïté.

Par contre, on a pu publier ici et là des Bibles comprenant certains livres deutérocanoniques mais pas tous.
"Viens, Lumière sans crépuscule, viens, Esprit Saint qui veut sauver tous..."

Claude le Liseur
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Re: Bible

Message par Claude le Liseur » lun. 29 mars 2010 12:40

sabeth a écrit : Pour en revenir à la Bible : les orthodoxes reconnaissent-ils canoniquement les livres dits "deutérocanoniques" ou non ?

Question déjà discutée ici: viewtopic.php?f=1&t=618

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