Moi, prêtre et franc-maçon

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Philarethe
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Moi, prêtre et franc-maçon

Message par Philarethe » jeu. 30 sept. 2004 15:34

Moi, maçon, devenu prêtre orthodoxe


Difficile, devant le parcours atypique de Jean-François Var, franc-maçon devenu prêtre orthodoxe, de ne pas céder à une lecture a posteriori de sa vie.
La Providence, pour ne pas nommer l’Esprit Saint, y semble à l’œuvre…
Récit d’une trajectoire aux multiples détours.

« je suis issu d’une famille catholique romaine et j’ai eu une enfance très pieuse. J’ai même pensé avoir la vocation sacerdotale mais mon père, prudent, a remis les choses a plus tard.
Je suis néanmoins resté un pratiquant fervent jusqu’en 1973. L’évolution post-conciliaire ne m’ayant pas convenu, moi qui suis plutôt traditionnel, j’ai rompu les amarres : si je continuai à croire en Dieu, je me demandai cependant si j’étais encore chrétien !
C’est par le biais de mon meilleur ami que je suis entré dans la franc-maçonnerie en 1977. Un état de disponibilité peut être. Pourtant, rien ne m’y prédisposait : dans ma famille, les francs-maçons étaient considérés comme des « bouffe-curés ».

« je sentais qu’il y avait dans les loges des potentialités, pas seulement intellectuelles, pour mon propre développement intérieur. Les débuts sont souvent égoïstes !
Et le fait est que mon pressentiment était juste : j’y ai croisé de nombreuses personnes qui ont véritablement compté dans mon parcours personnel. C’est ainsi que, par exemple, j’ai approché le symbolisme en tant que science et art sacrés. Cela m’est utile aujourd’hui dans ma fonction.
La Providence s’est servie de tout !
J’avais un grand appétit spirituel. Ma rencontre avec la pensée de René Guénon a été décisive, il a été un catalyseur prodigieux qui m’a prémuni des tentations socialisantes et matérialisantes. Il m’a fait découvrir l’ésotérisme. Ensuite, par le biais de Louis Claude de Saint Martin, qui est devenu un ami de cœur, j’ai pénétré l’ésotérisme chrétien et j’ai redécouvert le Christ intérieur.
En creux, beaucoup de choses commençaient à se dessiner. J’ai alors été sollicité pour participer à la fondation d’une loge chrétienne, Rosa Mystica, dédiée à la Vierge.
Je devais pour cela adopter le Rite écossais rectifié. J’étais prêt. Mais j’ai alors compris que je ne pouvais me dire chrétien si je n’appartenais pas à une Eglise. Mon église intérieure ne me suffisait plus…
« l’un des fondateurs de la loge, orthodoxe, m’a invité à un office à l’église Saint Irénée à Paris. Cela a été un coup de foudre liturgique et le début d’une grande période de bonheur, comme si deux moitiés se rejoignaient. J’avais le sentiment de vivre pleinement le processus initiatique dans une dynamique de foi, les deux se nourrissant l’un l’autre.
Je revenais de loin mais Dieu m’avait bien eux !
Pour solidifier ma foi, mon évêque m’a mis en contact avec un prêtre orthodoxe, le père Alphonse Goettmann. Notre première rencontre a eu lieu sous le signe d’une cession de la prière du cœur…
Sous sa direction spirituelle, j’ai senti ma vocation sacerdotale revenir et j’ai alors parcouru tous les ordres mineurs avant d’être ordonné prêtre en 1998.
Dés lors, la franc-maçonnerie ne m’apportait plus rien. Je n’avais plus besoin d’ésotérisme, j’était dedans : être uni au Christ, qui est au cœur de toutes choses, est ce qu’il y a de plus ésotérique.
En revanche, je pouvais encore apporter quelque chose à mes frères en combattant des idées fausses largement répandues dans la franc-maçonnerie comme celle de confondre initiation et baptême.
« de nombreux franc-maçons ont un problème avec leur Eglise d’origine. Ils ne feront pas la démarche d’aller voir un prêtre qui ne pourrait les comprendre de l’intérieur. Dés lors, rencontrer un frère qui est prêtre permet un rapport exceptionnel.
Pour moi, la franc-maçonnerie est devenue une terre de mission et je ne vois pas au nom de quoi je devrais la laisser de côté. »

Propos recueillis par Anne Ducrocq,
In « l’Actualité des Religions », février 2001.N° 24.

Antoine
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Message par Antoine » jeu. 30 sept. 2004 15:53

Et Bien! Avec une pareille filiation il ne faut s'étonner de rien.
On est très éloigné de l'héritage des Pères et de la Tradition. Pas étonnant que notre ami baigne dans les hérésies gnostiques.

On peut se demander sérieusement si une ordination faite par Germain en 98, période où lui-même était en dehors de tout canon, a une validité quelconque; et partant de là les fidèles de l'Ecof feraient bien de déserter systématiquement toute liturgie célébrée par Monsieur Var, car il est légitime de douter d'une réalité eucharistique quelconque.

crevieauxp
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Message par crevieauxp » jeu. 30 sept. 2004 19:40

Eh oui, quelle tristesse de voir ce "parcours" si personnel, si égotiste, si changeant, si désinvolte finalement (au sens strict du terme), et que dire sur ce "je suis dedans", "je n'ai plus besoin d'ésotérisme".

Comme si la question s'était posée...

C'est la prière, la lecture des Pères de l'Eglise qui nous rapprochent du Seigneur et c'est l'orgeuil et le péché qui nous en éloignent, et cette franc-maçonnerie n'a rien à voir dans tout ça.

Que de confusions, d'approximation, de dégénérescence spirituelle et comment, effectivement, ne pas douter de la grâce sacramentelle chez un tel prêtre.

Sans doute serait-ce le moment de d'énoncer tout ce qui nous sépare de la franc-maçonnerie.

Que Dieu me pardonne si je pèche.

Philippe Crévieaux

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » jeu. 30 sept. 2004 20:25

Philippe,

J’ai l’impression que vous mélangez deux choses différentes. Il est bien évident que les groupes et les courants de pensée qui voient dans l’ésotérismr et dans le symbolisme une approche plus “intérieure” de la vie spirituelle se trompent.

La Révélation du Christ, que la Tradition des Pères n’a cessé d’expliciter et de défendre contre les agressions extérieures, n’est pas un un pur système de notions et de valeurs, elle est aussi un ensemble de saints Mystères qui nous lavent dans l’eau de la régénération et qui nous nourrissent de la vie même du corps du Christ, qui est l’Église.

Ni les symboles, ni les rites, n’ont rien à voir avec l’urgence de notre salut, que seule l’Église orthodoxe peut nous apporter. Mais elle nous impose aussi un certain nombre de règles de comportement, qui visent avant tout à nous conserver dans la communion de l’Église orthodoxe. Un évêque est évêque, non seulement lorsqu’il a reçu un jour l’ordination épiscopale régulièrement (ce qui est le cas de mgr Germain), mais aussi quand il est en communion avec le synode qui l’a ordonné, et auquel il se devait de faire part de ses faits et gestes et d’en justifier la canonicité.

Après une longue période de faiblesse, l’Église de Roumanie a coupé tout rapport canonique avec mgr Germain et l’Église qui lui était confiée (elle l'a fait peu de temps après la chute de Ceaucescu). La question qui se pose est donc : quand Jean-François Var a-t-il été ordonné prêtre ? S’il l’a été après la rupture entre l’ÉCOF et l’Église de Roumanie, on ne peut pas parler à son sujet de “grâce sacramentelle”.

C’est une toute autre chose que de dénoncer ses idées.
Jean-Louis Palierne
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Glicherie
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Message par Glicherie » jeu. 30 sept. 2004 23:18

Ce n'est pas le point de vue canonique de l'Eglise Roumaine qui reprend sans chirotésie les clercs venant de l'ECOF, même ordonnés après 93, si tant est que leur Foi et leur Orthopraxis soit juste.
L'évêque Germain n'a pas été canoniquement déposé, il n'a plus de protection patriarcal.
Ses actes sacramentels sont valides, si tant est qu'ils soient accomplis dans la Foi orthodoxe, et qu'il veuille ce que le Christ et l'Eglise veulent.

L'élection par l'épiscopat et les fidèles, manifesté par la chirotonie et l'axios,
la stricte confession de la Foi Orthodoxe,
l'exercice du ministère selon les canons de l'Eglise sont des conditions de validité de l'ordination.

Antoine
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Message par Antoine » jeu. 30 sept. 2004 23:46

Glicherie a écrit :si tant est que leur Foi et leur Orthopraxis soit juste
Oui c'est bien là le problème et c'est pour cela que j'ai écrit:<< il est légitime de douter d'une réalité eucharistique quelconque.>>
Et dans le doute abstiens-toi...
Difficile de parler d'orthopraxis pour quelqu'un qui est en dehors de tout canon.

Jean-Serge
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Questions...

Message par Jean-Serge » ven. 01 oct. 2004 10:14

Tant qu'on y est, restons-y : on dit que Meletios IV était franc-maçon ainsi qu'un certain nombre de ses successeurs... Ragot de vieux calendéristes aigris? Où a-t-on des preuves et témoignages fidèles?
Priidite, poklonimsja i pripadem ko Hristu.

Jeanne Saint Gilles
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Meletios

Message par Jeanne Saint Gilles » ven. 01 oct. 2004 22:26

Je connais cette accusation également qui concerne aussi Athénagoras... Mais moi non plus j'ignore si les preuves purent être exhibées. Cela dit Meletios a eu une carrière bien agitée Athènes, Constantinople et Alexandrie... Avec dans ces deux derniers endroits, l'introduction du nouveau calendrier de funeste mémoire...
Jérusalem quand pourrai-je te voir?

Antoine
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Message par Antoine » dim. 03 oct. 2004 13:29

Glicherie a écrit :L'évêque Germain n'a pas été canoniquement déposé, il n'a plus de protection patriarcal
Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela? Sur quoi repose votre assertion?

danilo
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hep

Message par danilo » lun. 04 oct. 2004 11:16

Moi ça me sidère de voir qu'on puisse être prêtre et franc maçon :shock:

Glicherie
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Message par Glicherie » lun. 04 oct. 2004 11:35

Le Vladika Germain n'est pas déposé, car pour cela, il existe une procédure canonique qui est invariablement suivie, et qui veux qu'il soit convoqué jusqu'a 3 fois de suite à un procès devant tribunal ecclésiastique, et que suite à son jugement on produise, signé du Saint Synode de l'Eglise en question, un acte de déposition formel.

Une telle chose existe t'elle, qui permette de considérer une déposition du Vladika Germain ?

Glicherie
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Message par Glicherie » lun. 04 oct. 2004 11:46

Je résumerai le problème général de l'ECOF comme suit:

Dans l'Eglise Orthodoxe, la loi canonique découle toujours de la vie.Lorque une nation se trouve avoir au moins 4 évêques, 3 diocèses et un primat, elle demande l'autocéphalie à l'Eglise Mère, qui lui garantissait auparavant l'autonomie d'une Metropole.
Là seulement existe une Eglise locale.
La loi canonique vient accomplir l'existant, prendre acte de la vie d'une communauté chrétienne.

A l'ECOF, un statut d'Eglise locale a été donné alors même que dans la réalité il n'y a qu'un seul évêque diocésain, un seul évêché.

La loi a précédée la vie, d'où tous les problèmes.

Cela fait passer artificiellement la loi avant la vie en Christ, et au bout du compte, qu'est ce qu'une "Eglise Locale" qui n'est pas autocéphale?
Que restera t'il de cette "Eglise Locale" a la disparition du seul évêque qui la dirige ? (La où est l'évêque, là est l'Eglise ?).

Cette responsabilité canonique pèse sur les Eglises Russes et surtout Roumaine, d'avoir crée cette situation "sui generis" dans l'Eglise.

Jean-Louis Palierne
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Message par Jean-Louis Palierne » lun. 04 oct. 2004 13:20

Nous avons là un état de fait sui generis, un no man’s land canonique comme l’a très bien dit Glicherie. Mais le ne crois pas qu’il soit possible de dire purement et simplement que « Dans l'Eglise Orthodoxe, la loi canonique découle toujours de la vie. » Nos Pères ont édicté des canons que nous devons avoir présents à l’esprit pour apprécier une situation concrète et pour guérir la vie lorsqu’elle est malade. Ici il se trouve qu’une accumulation de bévues a créé une situation regrettable, et qu’il faut bien prendre en considération, non seulement la situation concrète, mais aussi les normes par lesquelles nos Pères ont exprimé la Tradition de l’Église, Tradition qui avait été remise à l’origine à l’Église par ses fondateurs, transmise par la Trasition orale puis consignée dans des Canons. C’est cette Tradition qui a créé la vie de l’Église et institué ses structures..

Actuellement l’ÉCOF ne fait pas partie de la communion des Églises orthodoxes. Je ne peux pas considérer que les “Mystères” qui sont célébrés dans l’ÉCOF restent valables du fait que l’ÉCOF a jadis été canonique. Si un jour l’Église orthodoxe reçoit des didèles issus de l’ÉCOF (ce que je souhaite), elle doit tout d’abord considérer qu’ils n’ont pas reçu la Grâce des “Mystères” que l’ÉCOF a célébrés, car ils n’ont pu conférer la Grâce, mais l’Église orthodoxe peut très bien apporter cette Grâce à ces “coquilles vides” que sont (depuis qu’elle n’est plus dans la communion orthodoxe) les “Mystères” de l’ÉCOF.

Il s’agit là d’une pratique couramment répandue dans l’Église orthodoxe pour la réception des “schismatiques”, c’est-à-dire de ceux (cas fréquent) qui, tout en rompant avec l’unique Église, n’ont pas modifié les dogmes essentiels de la foi. C’est certainement le cas de la plupart des membres de l’ÉCOF. La controverse qui a opposé récemment dans les organes de l’ÉCOF Yvette Le Quéré aux élucubrations de Jean-François Var montre qu’au minimum une partie, probablement importante, des membres de l’ÉCOF sont capables et éprouvent le besoin de défendre les positions fondamentales de la foi orthodoxe, en matière de théologie-triadologie et sotériologie. Il est donc très possible et très souhaitable qu'ils cherchent à réintégrer la communion orthodoxe.

Si un synode d’évêques canoniques acceptait de recevoir des fidèles issus de l’ÉCOF il pourrait donc les réadmettre dans l’Orthodoxie en conférant la grâce à leurs “mystères” qui sont actuellement sans validité. Mais la Tradition des canons de l’Église orthodoxe, exprimant le donné révélé de l’Église et non des opinions personnelles sur des situations particulières, demande que cette validation soit faite en conférant un Mystère (je ne mets pas de guillemets ici) de l’Église orthodoxe, qui devrait être au moins une chirothésie.

Un synode canonique d’évêques orthodoxes, lui-même donc dans la communion orthodoxe, a certes la possibilité de prendre une décision. Cette décision sera valide. Mais il serait préférable de ne pas oublier ce que nous enseignent les saints canons. Ce que les canons enseignent, c’est comment vit une communauté chrétienne. Les Canons permettent à une communauté de vivre chrétiennement. Une communauté peut se croire chrétienne, mais si elle ignore ce qu’enseigne les canons (qui sont une partie de la Révélation) elle risque fort de perdre la foi en Christ.

Il est tout à fait exact que ce qui nous manque le plus (comme dans toutes les chrétientés que les Églises orthodoxes ethniques considèrent comme des payx de “diasporas”), c’est une métropole administrée par un synode d’évêques présidé par un métropolite. Des évêques “ethniques” concurrents, divisés entre des Églises-Mères nationales, ne peuvent remplacer la vie d’une structure métropolitaine. C’est hélas ce que nous voyons aujourd’hui en France. Quant à l’ÉCOF elle se croit, elle seule, orthodoxe sans faire partie d’une métropole. Il ne s’agit donc plus d’une métropole ethnophylétiste, il s’agit un évêché isolé de tout, une éparchie auto-proclamée.

L’Église orthodoxe porte une part de responsabilité dans ce triste bilan. Il lui serait possible d'améliorer la situation en apportant la Grâce qui leur fait défaut à des “Mystères” incomplets. Mais il vaudrait mieux qu’elle ne néglige pas les canons qui lui disent comment le faire. Ce serait ajouter une erreur aux précédentes. Ce ne serait pas reconnaître ce qui vit, ce serait oublier de le soigner.
Jean-Louis Palierne
paliernejl@wanadoo.fr

Philarethe
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Message par Philarethe » lun. 04 oct. 2004 17:20

"L' Ordre et la Bienfaisance"

par le Grand Aumônier

( EPITOME - mars 2002 )

La Divine Providence, qui gouverne toutes choses et fait concourir à l'accomplissement de ses desseins même les entreprises des impies, a, l'année passée, précisément de cette façon, rendu au Régime Écossais Rectifié sa liberté et, par conséquent, son intégrité, son authenticité et sa dignité d'Ordre.

Cependant, le retour du Régime à ses origines ne peut pas, ne doit pas être seulement de nature institutionnelle et structurelle. Ce doit être un retour à son inspiration première, à son esprit primitif et il est désormais de sa pleine et entière responsabilité qu'il en soit ainsi. Nous, et nous seuls, serons responsables, et comptables devant Dieu,de ce que nous, et nous seuls, ferons de l' Ordre.

Quel est cet esprit primitif ? Le titre même choisi pour j'ordre par ses fondateurs l'indique de la façon la plus nette. Ce titre, en vérité, est double : Ordre Bienfaisant des Chevaliers Maçons de la Cité Sainte, et Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte.

I' Ordre est bienfaisant, ses Chevaliers sont bienfaisants. C'est leur titre distinctif. et c'est aussi celui des Francs‑Maçons, membres de la classe symbolique de l'Ordre. Dans le catéchisme ou instruction par demandes et réponses pour le grade d'apprenti Franc‑Maçon on lit :

« Comment un Franc‑Maçon doit‑il se distinguer des autres hommes ?

‑ Par une bienfaisance active et éclairée, par une façon de penser noble et élevée, par des moeurs douces et une conduite irréprochable. »

et à peine est‑il besoin de rappeler que la Règle Maçonnique consacre à la bienfaisance les cinq paragraphes de son article V


I' Ordre est bienfaisant, disais‑je. Il l'est par nature. C'est, est‑ il dit au Chevalier nouvellement armé, un « Ordre de bienfaisance et de lumière ». Pour l'Ordre, ne pas pratiquer la bienfaisance, c'est se dénaturer, s enfoncer dans la voie ténébreuse du reniement de soi‑même.

Le Chevalier, lui, est bienfaisant par état. Pour lui, ne pas pratiquer la bienfaisance, c'est déroger, c'est perdre la noblesse d'âme qui qualifie son état.

Le Franc‑Maçon, enfin, est bienfaisant par devoir d'apprentissage : il apprend la bienfaisance comme le reste. Pour lui, ne pas le faire, c'est comme redevenir profane.

Mais qu'est‑ce donc que la bienfaisance, pour être à ce point essentielle à l'Ordre et à ses membres ?

Au Convent de Wilhelmsbad, en sa deuxième séance, celle du 29 juillet 1782, Henri de Virieu présenta, sur l'ordre du prince Ferdinand de Brunswick, un Mémoire sur les idées que l'Ordre doit attacher au terme de bienfaisance. On sait qu'Henri de Virieu, en dépit de son jeune âge (28 ans à l'époque), était un des collaborateurs les plus actifset les plus dévoués de Willermoz et un de ses hommes de confiance.

Son mémoire reçut le meilleur accueil du Convent, qui l'adopta, ordonna qu'il fût joint aux Actes, en même temps que le Projet de Chapitre pour le nouveau Code maçonnique qui en reprenait la substance. Ces deux documents constituent les pièces 95 et 96 des Actes du Convent.

Ecoutons donc Virieu :

« Il s'agit de fixer invariablement le véritable sens que l'Ordre doit attacher au terme de bienfaisance, qui est le cri universel et le point de ralliement de tous les Francs‑Maçons. Tous en effet s'en servent également, tous en font la base de leurs systèmes, tous veulent qu'elle dirige également et les formes et les actes de notre institution. Mais faute de s'être entendu sur la véritable signification de cette expression, quoique tous aient en apparence le même objet, tous varient dans, les applications, et presque tous, se bornant à des points de vue particuliers d'une chose qui ne devait être considérée que dans son ensemble le plus vaste, se sont renfermés dans des sphères trop rétrécies, d'où il est résulté une multitude de systèmes différents sur la manière dont l'Ordre doit diriger ses travaux. Tous ces systèmes, occupés uniquement à propager les branches particulières de la bienfaisance qu'ils prennent pour son véritable tronc, sont susceptibles d'être conciliés facilement lorsqu'on cessera de particulariser ce qui doit être général, lorsqu'on ne bornera plus le sens d'un mot destiné à exprimer une vertu dont l'essence est d'être sans bornes, comme l'amour de l' Être éternel pour toutes les créatures, qui en est le principe. »

Retenons d'emblée ceci la bienfaisance est illimitée, parce qu'elle procède de l'amour divin, qui est lui‑ même illimité.

Poursuivons :

« Ce n'est point dans des discussions académiques ni grammaticales que nous devons chercher la; solution qui nous occupe. C'est au fond du coeur que doit exister l'image qu'il s'agit d'exprimer. Lui seul doit juger si le tableau est conforme au modèle, et si, après avoir entendu ce mémoire, le coeur, satisfait des idées qu'il renferme, se sent entraîné, leur donne son approbation, il ne faut pas aller plus loin : la question est décidée, et un Ordre aussi complètement voué à faire le bien ne peut hésiter à adopter un sens qui lui ouvre la carrière la plus vaste pour remplir de la manière la plus étendue qu'on puisse concevoir son objet sacré. »

Retenons encore ceci : la vocation de l'Ordre est de faire le bien, et cette vocation est sacrée.

Poursuivons encore :

« La vertu qu'on nomme bienfaisance est cette disposition de l'âme qui fait opérer sans relâche en faveur des autres le bien, de quelque nature qu'il puisse être. Cette vertu embrasse donc nécessairement un champ immense, car son essence étant d'opérer le bien en général, tout ce que l'esprit peut concevoir de bien dans l'univers est de son ressort et doit être soumis à son action. C'est de cette manière que l'homme doit envisager et pratiquer la vertu par laquelle il se rend le plus semblable à son principe infini dont il est l'image, ce principe de bonté qui, voulant sans cesse le bonheur de toutes ses productions sans exception, agissant sans cesse pour le procurer, est ainsi éternellement et infiniment bienfaisant.

Telle est donc l'idée que l'on doit se former de la bienfaisance, qu'elle doit s'étendre sans exception à tout ce qui peut être véritablement bon et utile aux autres, qu'elle ne doit négliger aucun des moyens possibles de l'opérer. Celui qui se borne à donner des secours pécuniaires à l'indigence fait à la vérité un acte de bienfaisance, mais ne peut légitimement obtenir le titre de bienfaisant ; non plus que celui qui croit avoir satisfait à tout en protégeant l'innocence, ou celui qui se réduit à soulager ses Frères souffrants, ou même celui qui dans un ordre bien supérieur ferait consister toute sa bienfaisance à éclairer et instruire ses semblables.

Car tous ces biens pris séparément ne sont que des rameaux divers du même arbre, qu'on ne peut isoler sans les priver de leur vie. Mais celui‑là seul mérite véritablement le titre de bienfaisant, qui, pénétré de la sublimité de son essence, considérant la grandeur de sa nature formée à l'image et à la ressemblance du principe éternel de toute perfection, l'oeil fixé sur cette source infinie de toute lumière, de tout bien, pour l'imiter et accomplir ainsi les devoirs sacrés qui lui sont imposés par sa nature, sent que, de même que la bonté éternelle embrasse tous les êtres, tous les temps, tous les lieux, de même la bienfaisance, qui n'est que la manifestation de la bonté, doit être sans bornes ; que créé à l'image et à la ressemblance divine, il viole sa propre loi lorsqu'il oublie le devoir d'imiter sans relâche son modèle et qu'il ne manifeste son existence à tous les êtres que par ses bienfaits. »

Voilà. I' essentiel est dit, cet essentiel qui est l'essence de notre Ordre parce qu'elle est l'essence de notre être.

Nous sommes, tout un chacun, créés à l'image et à la ressemblance divine. L' image perdure en chacun de nous en dépit de la chute, mais nous avons à ré‑acquérir, à reconquérir la ressemblance à l'image, la déiconformité. Tel est l'objet et le but que l'Ordre s'assigne : nous en procurer, le Christ aidant, et en coopération avec son Église, les moyens, par les secours que la Divine Providence nous a elle‑même ménagés : l'initiation maçonnique chrétienne, l'action chevaleresque chrétienne.

Dieu est amour. La bienfaisance est la modalité pratique de la charité, cette vertu divine, la plus sublime de toutes, et qui subsisterait seule si toutes les autres disparaissaient ‑ comme nous l'enseigne l'apôtre Paul (au chapitre XIII de la première épître aux Corinthiens). La charité est le canal de toutes les grâces, pour celui qui la pratique comme pour ceux envers qui il la pratique. Oui, la charité, cette disposition du coeur spirituel, et la bienfaisance, qui en est le bras armé, sont le seul vrai moyen de nous faire les imitateurs de notre Divin Maître et Seigneur, auteur de toutes grâces. Elle est un moyen de déification. Voilà pourquoi la bienfaisance restaure notre nature essentielle, et que ne pas la pratiquer est un crime contre nous‑mêmes.

« Charité bien ordonnée commence par soi‑même ». je dirai que l'Ordre, dans son action, doit être cette charité bien ordonnée qui commence par soi‑même, se répand abondamment sur autrui, et retourne à Dieu qui en est la source, en nous amenant ‑ ou nous ramenant ‑ dans son intimité dont nous nous sommes nous‑mêmes chassés.

La bienfaisance ne doit donc pas être désordonnée, « particularisée », comme dit Virieu, ni circonstancielle, elle doit être générale, permanente et coordonnée. Elle doit être conduite en ordre, dans l'Ordre et par l'Ordre. C'est ce qu'exprime Virieu avec une grande fermeté :

« C'est donc s'abuser profondément que d'accorder le titre général de bienfaisance à des actes particuliers de cette vertu dont l'essence est d'embrasser sans exception tous ceux qui peuvent tendre à faire le bien de l'humanité.

Notre Ordre respectable ayant pour objet la manifestation de cette vertu, n'en doit pas plus borner les applications que le sens : rien de ce qui peut être utile à l'humanité, sans en excepter ses propres membres, qui sont les premiers appelés à recueillir les fruits précieux de l'institution qui les unit, ne doit lui être étranger, et sa devise générale devrait être : Boni nihil a me alienum puto ‑ « j'estime que rien de ce qui est bien ne m'est étranger ».

Cessant donc de morceler la bienfaisance, ainsi qu'on l'a presque toujours fait, de la diviser en une infinité de branches isolées, et par conséquent de l'affaiblir, de la dégrader, réunissons au contraire toutes celles qu'il est possible de concevoir pour en former la bienfaisance générale de l'Ordre. Répandu ou destiné à se répandre sur toute la surface de la terre, possédant dans son sein des membres de tous les rangs, de tous les états, de tous les pays, réunissant ainsi ou susceptible de réunir au plus haut degré tous les genres de connaissances, de talents et de moyens, gardons‑nous d'atténuer les résultats qu'on doit attendre d'une si grande combinaison de forces ; que la bienfaisance universelle de l'Ordre, uniforme dans son principe, c'est‑à‑dire active, éclairée et fondée sur l'amour le plus ardent de l'humanité et le respect le plus profond pour les lois du Grand Architecte de l'Univers, soit dans ses applications aussi variée que les besoins de l'humanité. Que toutes les parties de l'Ordre et tous ses membres s'accordent simplement à donner sans cesse l'exemple pratique de la vertu, de l'attachement et du respect pour la divinité et ses lois, du patriotisme, de la soumission au Souverain et aux lois, en un mot : de toutes les vertus religieuses, morales et civiles, parce que cette manière d'être utile à l'humanité, en même temps qu'elle est la" plus efficace, est universelle et n'admet aucune exception ni pour les temps, ni pour les lieux, ni pour les circonstances. Quant aux biens particuliers que notre institution peut répandre sur lai famille humaine, qu'ils dépendent des moyens, des facultés, des circonstances, des localités de' chaque établissement et de chaque individu.

Que dans un lieu nos établissements fondent des moyens de soulager les pauvres et les malades, que dans un autre ils ouvrent des asiles à l'indigence et à la vieillesse, qu'ici l'on élève des orphelins, que là on établisse des écoles où chacun puisse apprendre ce qu'il doit à Dieu, à son Souverain, à sa patrie, à ses frères, à lui‑même ; où l'on puisse cultiver et favoriser tous les genres de connaissances~ utiles au bonheur de l'humanité et capables de porter les hommes au bien et à la vertu ; que chaque: établissement, chaque individu soit certain d'avoir rempli les vues de l'Ordre lorsque, suivant sa. situation et ses moyens, il aura accompli dans sa sphère le genre de bien qui aura pu y être de la, plus grande utilité. En un mot, je le répète, qu'aucun genre de bienfaisance ne nous soit étranger , que ce soit là le lien commun qui réunisse toutes les parties de l'Ordre, que quels que soient les. systèmes que l'on pourra adopter ailleurs, ils aient tous ces principes pour base immuable, et pour, objet premier fondamental inaltérable de faire à l'humanité le plus de bien possible, dans le sens le, plus étendu que l'esprit peut concevoir. »

Beau programme, me dira‑t‑on, mais comment faire, démunis comme nous sommes ?

Eh bien, démunis, nous ne le sommes que relativement à notre société qui, même si, hélas, elle compte un nombre croissant de pauvres, dans son ensemble est riche.

Mais je rentre d'un voyage en Afrique, et là on est témoin de ce qu'est la misère totale. Or la différence de niveau de vie est telle que 10 de nos francs produisent là‑bas un effet équivalent à 1.000 francs, que leur capacité est centuplée, ce qui nous met à même d'agir avec une efficacité réelle.

Je veux donc vous donner une consigne : tous ceux qui en ont la possibilité, qu'ils recensent les établissements tenus ‑ ceci est important ‑ par des congrégations religieuses, de quelque confession qu'elles soient : dispensaires, écoles, maternités, orphelinats, etc., qu'ils communiquent ces adresses au Grand Porte‑Bannière (qui est en charge, comme vous savez, des actions de bienfaisance), ainsi qu'à moi-même, afin qu'ensuite, en Conseil National, nous fassions une sélection de ceux que nous pourrions aider d'une façon permanente. C'est un objectif que nous devons avoir rempli d'ici l'année prochaine.

J'ai ici le programme d'action d'une Grande Loge étrangère qui vient en aide de cette façon permanente à quatre institutions : un centre de soins pour enfants et adolescents souffrant de maladies chroniques graves ; un foyer d'enfants victimes de maltraitance ; un service hospitalier d'oncologie pédiatrique (c'est -à‑dire pour enfants cancéreux) ; enfin un home d'enfants dont la santé et la moralité sont en danger à la suite de carences parentales. je vous l'avoue, lorsque j'ai reçu ce prospectus, J'ai admiré ‑ et j'ai eu honte ! Nous devons agir ; il est temps, il est grand temps !

Autre chose : je ne pense pas être désavoué par le Grand Maître et le Député Maître Général en vous donnant consigne d'appliquer effectivement et à la lettre ce que dit le rituel de banquet concernant la dîme, c'est‑à‑dire que la dixième partie des frais de banquet doit être mise de côté pour les pauvres. je sais que des Loges le font déjà, mais désormais toutes doivent le faire. et nous les solliciterons pour aider à financer les actions dont j'ai parlé plus haut.

Bien entendu, il y a aussi les quêtes lors des tenues et des chapitres recueillies dans ce qu'on appelle, justement, le tronc de bienfaisance. Toutes additionnées, elles peuvent constituer un moyen d'action efficace : les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Enfin ‑ et ceci est de l'ordre du symbole, mais j'y tiens ‑ je demande aux chefs de l'Ordre d'accepter que, dans le Livre d'Or de notre Ordre qui va être constitué à partir du Code des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte et du Code Maçonnique, soit inclus en annexe, conformément à la décision du Convent de Wilhelmsbad, ce chapitre supplémentaire sur la bienfaisance approuvé par lui ‑ décision que les malheurs des temps ne permirent pas d'exécuter. je souhaite aussi que ce chapitre soit lu une fois l'an dans les Loges .et fasse l'objet des réflexions des Frères ‑ et les incite à agir.

Comme l'apôtre Paul aux Corinthiens, j'ai envie de vous dire :

« De même que vous excellez en toutes choses, en foi, en parole, en connaissance, en zèle à tous égards, et dans votre amour pour nous, faites en sorte d'exceller aussi dans cette oeuvre de bienfaisance. je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour éprouver, par l'exemple du zèle des autres, la sincérité de votre charité ». (2 Corinthiens 8/7‑8)

Quant à ma conclusion, je l'emprunterai elle aussi à Henri de Virieu, Eques a Circulis

« C'est ainsi que l'Ordre doit envisager le sens du terme de bienfaisance. C'est ainsi qu'en l'adoptant dans la plus grande étendue dont il soit susceptible, cet Ordre si répandu, si éclairé doit se tracer une carrière de bienfaisance, aussi vaste que le principe vivant dans lequel cette vertu prend sa source, principe qui n'est, je le répète, que cette bonté, cet amour infini du Grand Architecte de l'Univers pour toutes ses créatures, que tout homme, né à l'image et ressemblance divine, est tenu d'imiter, et dont il trouve au fond de son coeur de si délicieuses récompenses lorsqu'il est fidèle à cette loi imprimée si profondément dans tout son être. »


Johannes Franciscus a Tribus Liliis , G.C.C.S.

Philarethe
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Message par Philarethe » lun. 04 oct. 2004 17:38

Dans ses ordres le GPDG pratique

L' Ordre du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes & Malte pratique des degrés de Chevalier du Temple (Knight Templar) et Chevalier de Malte (Knight of Malta).comme l'indique le site web www.gpdg.org

Un orthodoxe, de surcroit prêtre, croisé et templier.........?!!!!

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