Carême 2003

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ascèse

Messagepar Antoine » Sam 09 Août 2003 20:45

Sujet : ascèse
Date : 15.03 11h34
auteur : Une Niçoise dans l'âme



Un frère assez négligent habitait avec un certain grand
ancien et, voyant l'ancien manger une fois la semaine, il lui dit:
«Abba, il en est qui disent que trop d'ascèse porte à l'orgueil».
L'ancien lui dit:
«Dans ce cas, mon enfant, si c'est par la négligence que vient
l'humilité, allons nous aussi prendre femme, mangeons de la viande
et buvons du vin.
Malheur à nous, mon enfant, quel objet de dérision nous sommes sans
le savoir.
N'entendons-nous pas David qui dit: "Vois mon humiliation et ma peine et
remets tous mes péchés"?
Car quiconque a péché contre Dieu doit se
séparer de tout amour humain, jusqu'à ce qu'il ait la
certitude que Dieu lui est devenu ami; car l'amour humain souvent nous
sépare de l'amour de Dieu.»
Antoine
 
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Ascèse

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:18

Sujet : ascèse
Date : 15.03 17h21
auteur : Athanase



Il y a un certain Jean qui a écrit : "Celui qui dit aimer Dieu et qui
n'aime pas son frère est un menteur".
Vous allez me dire qu'il n'était que le fils d'un
pécheur , mais enfin , il était "celui que le seigneur aimait". Il
l'aimait même assez pour lui confier sa Mère (ce qui , entre parenthèse , devrait
suffire à démontrer que Jésus n'avait pas de "frères" -au sens de
"adelphos" , quoique nous serinent les prétendus théologiens foireux qui polluent la
pastorale des église d'occident depuis plus de 40 ans...).
Donc , jusqu'à plus ample informé , je tiens l'enseignement de ce
"théologien" là plus sérieux et plus digne de confiance que celui
d'un queconque moine déviant de l'Antiquité égyptienne...
Méfions nous de tomber dans le défaut inverse des église
d'occident , qui , dans l'ensemble , ne connaissent que les Ecritures (plus Luther
ou Calvin , pour les Réformés) , plus St Augustin et st Thomas d'Aquin , pour les
"cathos" , à savoir , ne nous référer qu'aux Pères (d'ailleurs , lesquels?). Ils
ont dit beaucoup de choses justes , utiles , inspirées , mais quelques
conneries aussi.
Dois-je rappeler que St Jean Chrysostome a fait dans
l'antijudaîsme le plus abject ?
Antoine
 
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Ascèse

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:19

Sujet : ascèse
Date : 16.03 12h22
auteur : Catherine



Cher Athanase, avez-vous été moine ?
Avez-vous fait des années d'ascèse "dans le désert" pour
apprendre à aimer Dieu ?
Qui vous a établi juge de la Tradition orthodoxe ?
Antoine
 
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Ascèse

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:19

Sujet : ascèse
Date : 16.03 16h40
auteur : Athanase



Et vous , moniale ? n'aurait-on le droit de se servir de son
jugement propre que si on est moine ? Cette condition serait-elle le gage d'une plus
grande proximité d'avec Dieu ? S'il en est ainsi , que penser du
"brigandage d'Ephèse ?". Par exemple.

Tous les chrétiens ne sont pas appelés au témoignage
monastique. A chacun son témoignage. Blanc. Ou rouge.Le premier "signe" par lequel le
Seigneur manifesta Qui il était fut celui de Cana. A un mariage. Attention à l'encratisme,
je le sens pas très loin.

Ensuite , un petit détail , il n'y a pas de "tradition orthodoxe". Il y a
une foi orthodoxe , vécue , puis formalisée tout au long des sept
Conciles oecuméniques.
La Tradition , qui , au sens large , comprend les
Ecritures se contente d'être. Point.Lorsque le Christ enseigne l'amour du
prochain , ou le pardon des offenses , ou la nécessité du repentir , cela n'est ni
orthodoxe , ni hétérodoxe. Cela constitue le dépôt. Ce qui nous est transmis. Par
les évangélistes , et les apôtres. L'orthodoxie , le juste chemin , la
juste réponse, surgit lorsqu'une question de fond se pose. Jésus était-il vrai Dieu
et vrai homme , ou seulement de nature divine , avec une apparence
d'homme , ou seulement homme , avec l'esprit de Dieu ? ou encore Marie est-
elle restée vierge ou pas ? faut-il croire en la "résurrection de la chair" ? Etc... Toutes
ces questions se sont posées , et les réponses qui ont été apportées
lors des Conciles oecuméniques , où les pères conciliaires étaient inspirés
par l'Esprit Saint , ont , au cours des siècles , construit le contenu de la foi
"orthodoxe".
Si on l'accepte , on est en "communion" avec l'Eglise , si on ne
l'accepte pas , ne fût-ce que sur un iota , on n'est pas en communion . Cette
construction , c'est ce que Vladimir Soloviev appellait l'évolution dogmatique de
l'Eglise.

Par conséquent , moi , simple chrétien , qui adhère en mon coeur
et avec ma raison , à la Foi orthodoxe , malgré le pitoyable spectacle des
pécheurs que nous sommes tous , j'applique le conseil de st Paul : "Ne rejetez
rien , mais examinez tout!" je ne rejette pas l'ascèse , au contraire , mais
j'examine si celle-ci ou celle-là , sous couvert de conduire à l'amour de Dieu ,
ne conduit pas à la détestation ou au mépris du prochain. C'est pourquoi , je
persiste et signe , l'enseignement de cet "abba" , sur ce point , est une ânerie,
pis , une ânerie dangereuse.

P.S.: comme vous le savez tous , quand on veut tuer sion chien ,
on dit qu'il a la rage.. Aussi , au risque de me répéter , j'adhère à la foi
chrétienne orthodoxe , dans son intégralité. Les questions que j'ai évoquées ,
ce n'est pas moi qui les pose. C'est une formule de rhéthorique , si on veut .
Antoine
 
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Ascèse

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:21

Sujet : ascèse
Date : 17.03 18h16
Ecrire à l'auteur : Catherine

Message 05:

Athanase, vous écrivez :
— N'aurait-on le droit de se servir de son jugement propre que si
on est moine ?

• Vous m'avez mal comprise.
Je voulais dire simplement que vous n'avez pas à vous
prononcer sur ce texte en dehors du contexte monastique ou ascétique orthodoxe.
Or, il est évident que non seulement vous ne connaissez pas ce
contexte d'expérience, mais qu'il vous est étranger même en tant que
connaissance purement livresque, sinon vous n'auriez pas dit ce
que vous en avez dit. Et vous verriez qu'il n'y a aucune contradiction
entre ce que dit saint Jean le Théologien et ce que dit cet abba : tout
simplement, il s'agit de contextes différents.
— "…j'examine si celle-ci ou celle-là, sous couvert de conduire à
l'amour de Dieu , ne conduit pas à la détestation ou au mépris du
prochain."

• Je me demande comment vous avez pu avoir la possibilité de
l'examiner… l'ascèse en question est par définition une pratique
de longue haleine.
Mais il y a pire : non seulement ce contexte ascétique ne vous
est pas connu, mais même pas la foi orthodoxe dans son intégralité — à
laquelle vous dites pourtant adhérer — et vous osez cependant juger de
grandes et saintes figures de l'orthodoxie, comme saint Jean
Chrysostome !
Pourquoi ne pas le taxer d'antisémitisme, tant que vous y êtes ?
N'importe quoi…
D'autre part, saint Paul n'a jamais dit d'examiner le dépôt, mais
de le garder. Le garder pieusement, avec respect, sans en omettre ou
y ajouter un iota.
Ce qu'il faut examiner, c'est ce qui ne fait pas partie de ce dépôt,
en l'occurence nos propres pensées, pour voir si elles sont
compatibles avec l'orthodoxie. C'est comme cela que l'on devient orthodoxe,
et non en nous servant de notre petite jugeotte personnelle pour critiquer le
contenu de la foi transmise de génération en génération, confirmée par
l'expérience et portant le sceau de l'Esprit saint.
Et puis, surtout, quand nos pensées sont devenues orthodoxes,
"il faut vivre comme on pense, sinon on finit par penser comme on vit ".
Mais si cela vous plaît d'interpréter les textes sacrés à votre
façon, allez plutôt chez les protestants, vous vous régalerez.
Je me dispense d'énumérer les contradictions dans vos posts,
mais je vous recommanderais chaleureusement de tâcher d'abord d'être
en accord avec vous-même, avant de vous aventurer à confronter
vos idées à la sainte foi orthodoxe.
— Tous les chrétiens ne sont pas appelés au témoignage
monastique.

• Le but d'un orthodoxe laïc est le même que celui d'un moine,
seul le contexte est différent. Et nos affections humaines peuvent, oui,
croyez-moi, nous séparer de l'amour de Dieu, tant qu'elles ne
sont que charnelles.
Saint Jean et la toute sainte Mère de Dieu avaient déjà atteint
l'amour spirituel par leur ascèse, leur virginité, et ne risquaient pas d'être
séparés de Dieu.
L'abba qui parle dans "mon" texte s'adresse à un jeune moine
négligent qui se fourvoie encore dans les affections terrestres, et risque d'y
rester à cause de sa négligence justement. L'amour du prochain doit
devenir aussi un amour spirituel.
J'espère que j'ai été claire et pardonnez-moi le ton sévère.
Antoine
 
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Premier dimanche du grand carême: Dimanche de l'Orthodoxie

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:22

Sujet : Premier dimanche du grand carême:Dimanche de l'orthodoxie - quelques réflexions
Date : 16.03 11h57
auteur : Catherine



L'orthodoxie commémorée en ce premier dimanche
du carême rappelle
sa victoire sur l'hérésie de l'iconoclasme.
Tout orthodoxe digne de ce nom sait quelle est
l'importance des icônes
dans la théologie de l'Incarnation.
De toutes les images, l'icône seule nous permet de
pénétrer au-delà de
l'aspect visible des personnes représentées.
Depuis le portrait photographque, en passant par la
peinture réaliste
jusqu'aux images pieuses kto, seule l'enveloppe
charnelle de l'homme
est représentée. (dans l'acception patristique du mot,
"charnel" n'est pas
seulement ce qui est corporel, physique, mais englobe
le composant
psycho-somatique de l'homme) L'icône fait voir
l'essentiel, l'invisible, le
spirituel, l'éternel et non les apparences que nous
révèlent nos yeux
charnels dans une personne humaine.
Lorsque Nathanaël pose la question de savoir si le
Messie a pu venir de
Nazareth, il cherche à aller au-delà des apparences.
Nazareth est, en
effet, un endroit peu intéressant, mais l'important est
que le Messie en
viendrait.
Alors, Philippe, qui l'invite à rencontrer Dieu Lui-même
sous forme
humaine, lui dit : Viens et VOIS.
Il ne dit pas : Viens voir. Il y en a eu beaucoup qui
sont allés voir le Christ
et n'ont pas reconnu en Lui le Fils co-éternel du Père.
Parce qu'il est
parfaitement possible de ne pas VOIR tout en voyant,
comme Il le dit
Lui-même.
Viens et VOIS. VOIS au delà des apparences, aie une
vision juste, VOIS
l'essentiel, "VOIS la Majesté divine cachée aux
multitudes par
l'humble nature humaine", la Nature divine ne pouvant
être vue. VOIS avec des yeux spirituels, divins,
pénètre au delà de
l'aspect visible et VOIS l'invisible.
Pour nous, pécheurs, qui n'avons eu la chance ni de
voir, ni de VOIR le
Christ sur terre, ce que révèlent les icônes, c'est ce
qu'a VU Nathanaël,
lorsqu'il s'est écrié : Rabbi, Tu es le Fils de Dieu, Tu
es le Roi d'Israël.
Dernière édition par Antoine le Dim 10 Août 2003 0:27, édité 1 fois.
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Deuxième dimanche du Grand Carême

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:25

Sujet : Deuxième dimanche du Grand Carême
Date : 23.03 14h03
Ecrire à l'auteur : Catherine




QU'EST-CE QUE L'ORTHODOXIE ?
Par L'archevêque Averky
La vraie orthodoxie

Le premier dimanche du Grand Carême, notre
Église célèbre le
Triomphe de l'Orthodoxie, la victoire de la vraie
doctrine chrétienne sur
toutes ses corruptions et déviations — hérésies
et fausses croyances. Le
deuxième dimanche du Grand Carême c'est
comme une répétition et un
approfondissement de ce triomphe de
l'orthodoxie en rapport avec la
célébration de la mémoire d'un des plus grands
piliers de l'orthodoxie, le
hiérarque Grégoire Palamas, archevêque de
Thessalonique, qui, par son
éloquence porteuse de grâce et l'exemple de
sa vie personnelle
hautement ascétique, a confondu les
enseignants de l'erreur qui osèrent
rejeter l'essence même de l'Orthodoxie, c'est-à-
dire l'action de la prière
et du jeûne, qui illumine l'esprit humain de la
lumière de la grâce et le fait
communier à la Gloire divine.

Hélas ! Combien rares sont les personnes à
notre époque, même parmi
les gens instruits, et parfois même parmi les
"théologiens"
contemporains et ceux des rangs du clergé qui
comprennent
correctement ce qu'est l'orthodoxie et où réside
son essence. Ils
approchent cette question d'une manière
extrêmement formelle, tout
extérieure et la règlent de façon primitive,
même naïve, passant
complètement à côté de sa profondeur et ne
voyant pas du tout la
richesse, la plénitude de son contenu spirituel.

En dépit de l'opinion superficielle de la majorité,
l'orthodoxie n'est pas
simplement une des nombreuses "confessions
chrétiennes" qui existent
de nos jours, ou, comme on l'exprime ici en
Amérique, une des
"dénominations" chrétiennes. L'orthodoxie est
l'enseignement
authentique, véritable, incorrompu, inaltéré par
des sophismes ou
inventions humains, du Christ, dans toute sa
pureté et intégrité, —
l'enseignement de la foi ainsi que de la piété
qui est la vie même selon
cette foi.

L'orthodoxie n'est pas seulement la somme
totale des dogmes
acceptés comme vrais d'une manière purement
formelle. Elle n'est pas
qu'une théorie, mais bien une pratique; elle
n'est pas seulement la vraie
foi, mais une vie qui s'accorde en tout avec
cette foi. Le vrai chrétien
orthodoxe n'est pas seulement quelqu'un qui
pense de façon orthodoxe,
mais dont les sentiments sont également
conformes à l'orthodoxie et qui
vit l'orthodoxie, qui s'efforce d'incarner dans sa
vie l'authentique doctrine
orthodoxe du Christ.

"Les paroles que Je vous dis sont esprit et vie"
— dit le Seigneur Jésus
Christ à ses disciples au sujet de sa Doctrine
divine (Jn 6,63). Par
conséquent, la doctrine du Christ n'est pas
seulement une simple théorie
abstraite, coupée de la vie, mais esprit et vie.
Voilà pourquoi seul celui qui
pense de façon orthodoxe, sent de façon
orthodoxe et vit de façon
orthodoxe peut être considéré comme
réellement orthodoxe.

En même temps, on doit se rendre compte et
se souvenir que
l'orthodoxie n'est pas seulement et n'est pas
toujours ce qui est
officiellement appelé orthodoxe, car à notre
époque si remplie, hélas, de
fausseté et d'artifices, l'apparition partout d'une
pseudo-orthodoxie se
montrant au grand jour et s'établissant dans le
monde est un fait
malheureusement extrêmement grave mais
déjà incontestable. Cette
fausse orthodoxie s'efforce farouchement de se
substituer à la vraie,
comme en son temps l'Antichrist s'efforcera de
supplanter et de
remplacer le Christ.

L'Orthodoxie n'est pas simplement un
organisme quelconque purement
terrestre chapeauté par des patriarches,
évêques et prêtres tenant un
ministère dans l'Église appelée officiellement
"orthodoxe". L'Orthodoxie
est le Corps mystique du Christ, dont le Chef
est le Christ Lui-même (v.
Ep 1,22-23 et Col. 1,18,24 et ss.), et sa
constitution comprend non
seulement des prêtres mais tous ceux qui
croient véritablement en
Christ, qui sont entrés légalement par le saint
baptême dans l'Église
fondée par Lui, aussi bien ceux qui vivent sur
terre que ceux qui sont
morts dans la foi et la piété.

L'Église orthodoxe n'est pas une sorte de
"monopole" ou "affaire" du
clergé comme le pensent les ignorants et ceux
qui sont étrangers à
l'esprit de l'Église. Elle n'est pas le patrimoine
de tel ou tel hiérarque ou
prêtre. Elle est l'union étroite et spirituelle de
ceux qui croient
véritablement en Christ, qui s'efforcent d'une
manière sainte de garder
ses commandements, dans le seul but d'hériter
de cette béatitude
éternelle que le Sauveur Christ a préparée pour
nous, et s'ils pèchent par
faiblesse, ils se repentent sincèrement et
s'efforcent de "produire des
fruits dignes de la repentance" (Lc 3,8).

L'Église, il est vrai, ne saurait être
complètement retranchée du monde,
puisque les personnes qui y entrent vivent
encore sur terre; l'élément
"terrestre" est donc inévitable dans sa
composition et son organisation
extérieures; cependant moins il y a de cet
"élément" terrestre, mieux elle
saura réaliser ses buts éternels. Dans tous les
cas, cet "élément"
terrestre ne doit pas éclipser ou supprimer
"l'élément" purement spirituel
— la cause du rétablissement de l'âme pour la
vie éternelle — cause en
vue de laquelle l'Église fut fondée et à laquelle
elle doit son existence.

Le premier critère de base qui pourra nous
servir de guide pour
distinguer la Vraie Église du Christ des fausses
Églises (qui sont si
nombreuses de nos jours !), est le fait qu'elle a
préservé la Vérité intacte,
inaltérée par des sophismes humains, car
conformément à la Parole de
Dieu, "l'Église est le pilier et le fondement de la
Vérité" (1 Tm 3,15), et
donc il ne peut pas y avoir d'erreur en elle.
Celle qui officiellement
proclame ou confirme en son nom une erreur
quelconque n'est plus déjà
l'Église. Ce ne sont pas seulement les ministres
de haut rang de
l'Église, mais tous les laïcs croyants qui doivent
bannir toute erreur, se
souvenant de l'admonition de l'Apôtre : "C'est
pourquoi, renoncez au
mensonge, et que chacun de vous parle selon
la vérité à son prochain"
(Ep 4,25), ou "Ne mentez pas les uns aux
autres" (Col 3,9). Les chrétiens
doivent toujours se souvenir que selon les
paroles du Sauveur Christ, le
mensonge vient du diable qui "est un menteur,
et le père du mensonge"
(Jn 8,44). Ainsi donc, là où il y a erreur, il ne
peut s'agir de la vraie Église

orthodoxe du Christ ! Au lieu d'elle, il y a une
fausse Église que le saint
visionnaire dépeint de façon claire et vivante
dans son Apocalypse
comme une "grande prostituée qui est assise
sur les grandes eaux et
avec qui les rois de la terre se sont livrés à
l'impudicité" (Rév 17,1-2).

Même dans l'Ancien Testament nous voyons
que l'infidélité au Dieu
véritable fut souvent représentée par les
prophètes de Dieu par l'image
de l'adultère (v. par ex. Ez 16,8-58, ou 23,2-49).
Et il est terrifiant pour
nous, non seulement de parler, mais même de
penser que, à notre
époque dépravée, nous pouvons remarquer de
nombreuses tentatives
de changer la vraie Église du Christ en une
maison de prostitution, — et
cela non seulement au sens figuré susdit, mais
aussi au sens propre,
littéral, de ce mot, quand il est si facile de se
justifier, alors que ni la
fornication ni toute espèce d'impureté ne sont
considérés comme étant
des péchés ! Nous voyons un exemple de cela
chez les soi-disant
"ecclésiastiques vivants" et "rénovationnistes"
dans notre malheureux
pays après la Révolution, et aujourd'hui chez
les "modernistes"
contemporains qui s'efforcent d'alléger le joug
léger du Christ (Mt 11,30)
pour eux-mêmes et trahissent toute la structure
ascétique de notre sainte
Église, en légalisant toutes transgressions et
impuretés morales. Parler
d'orthodoxie dans ce cas n'est propre, bien sûr,
en aucun cas, en dépit
du fait que les dogmes de la foi demeurent
intacts et inaltérés !

La vraie orthodoxie, d'autre part, est étrangère
à tout formalisme stérile.
En elle il n'y a pas d'adhésion aveugle à la
"lettre de la loi", car elle est
"esprit et vie". Là où, d'un point de vue extérieur
et purement formel, tout
semble parfaitement correct et strictement
légal, cela ne veut pas dire
qu'il en soit ainsi en réalité. Dans l'orthodoxie, il
ne peut pas y avoir de
place pour la casuistique des jésuites; le dicton
préféré des juristes du
monde ne peut être appliqué : "On ne peut
piétiner la loi — on doit la
contourner."

L'orthodoxie est la seule et unique Vérité, la
pure Vérité, sans mélange et
sans la moindre ombre d'une erreur, d'un
mensonge, d'une malice ou
d'une fraude.

La chose la plus essentielle dans l'orthodoxie
est la pratique de la prière
et du jeûne que l'Église prêche tout
particulièrement durant la deuxième
semaine du Grand Carême comme une
"merveilleuse épée" à deux
tranchants avec laquelle nous frappons les
ennemis de notre salut — les
ténébreuses puissances démoniaques. C'est
grâce à cette ascèse que
notre âme est illuminée par la divine Lumière
porteuse de grâce, comme
l'enseigne saint Grégoire Palamas, qui est
honoré triomphalement par la
sainte Église le deuxième dimanche du Grand
Carême. Glorifiant sa
mémoire sacrée, l'Église appelle ce merveilleux
hiérarque "le prédicateur
de la grâce ", "le phare de la Lumière," "le
prédicateur de la Lumière
divine", "le pilier inébranlable de l'Église".

Le Sauveur Christ Lui-même soulignait
l'importance de la pratique de la
prière et du jeûne lorsque ses disciples
s'avérèrent incapables de
chasser les démons d'un malheureux garçon
qui était possédé. Il leur dit
clairement : "Mais cette sorte de démon ne sort
que par la prière et par le
jeûne." (Mt 17,21). Interprétant ce passage de
l'évangile, notre grand
ascète et théologien patristique, le hiérarque
Théophane le Reclus
s'interroge : "Sommes-nous autorisés à penser
que là où la prière et le
jeûne font défaut, il y a déjà un démon ?" Et il
répond : "Oui, nous le
sommes. Les démons, lorsqu'ils entrent en une
personne ne révèlent
pas toujours leur présence, mais se cachent et
agissent en secret en
inculquant à leur hôte le mal et en les incitant à
négliger le bien. La
personne en question peut être convaincue
qu'elle fait tout d'elle-même,
tandis qu'elle ne fait qu'accomplir simplement la
volonté de son ennemi.
Qu'elle vaque seulement à la prière et au jeûne
et l'ennemi va partir
immédiatement et attendra ailleurs une
nouvelle occasion de revenir; et il
reviendra sans faute dès que la prière et le
jeûne seront abandonnés.
(Pensées pour chaque jour de l'année, pp. 245-
246).

De cela, une conclusion immédiate peut être
atteinte : là où la prière et le
jeûne sont indifférents, négligés ou
complètement mis de côté, il n'y a
pas, il n'y a plus trace d'orthodoxie — mais bien
le domaine des démons
qui traitent l'homme comme un pitoyable jouet.

Voici donc où mène tout "modernisme"
contemporain exigeant une
"réforme" dans notre Église orthodoxe ! Tous
ces libres-penseurs
libéraux et leurs suppôts, qui s'efforcent de
sous-estimer l'importance de
la prière et du jeûne, quelle que soit la force
avec laquelle ils crient et
proclament leur soi-disant fidélité à
l'enseignement dogmatique de notre
Église orthodoxe, ne sauraient être considérés
comme réellement
orthodoxes, s'étant révélés être des apostats
de l'orthodoxie.

Nous nous souviendrons toujours que par elle-
même, une Orthodoxie
totalement formelle n'a pas de but si elle n'a
pas "esprit et vie" — et
l'esprit et la vie de l'Orthodoxie consistent en
premier lieu en l'ascèse de
la prière et du jeûne; de plus, le jeûne
authentique qu'enseigne l'Église
est entendu au sens d'abstinence de tout
genre, et non uniquement le
refus de goûter des aliments non-carêmiques.

Sans ascèse, il n'y a pas de vrai christianisme
du tout, c'est-à-dire,
orthodoxie. Voyez ce que le Christ, le premier
Ascète, dit clairement
Lui-même : "Quiconque veut venir après Moi,
qu'il se renonce à
lui-même, et qu'il prenne sa croix, et Me suive"
(Mc 8,34). Le vrai chrétien,
le chrétien orthodoxe, est seulement celui qui
s'efforce d'être émule du
Christ en portant sa croix et qui est prêt à se
crucifier au Nom du Christ.
Les saints apôtres enseignaient cela
clairement. Ainsi le saint apôtre
Pierre écrit : "Si, en faisant le bien, vous
souffrez, et que vous l'enduriez,
cela est digne de louange devant Dieu, car
c'est à cela que vous avez été
appelés; car aussi Christ a souffert pour vous,
vous laissant un modèle,
afin que vous suiviez ses traces" (1 Pi 2,20-21).
C'est exactement de la
même façon que le saint apôtre Paul dit de
façon réitérée dans ses
épîtres que tout vrai chrétien doit être ascète, et
que le travail ascétique du
chrétien consiste à se crucifier pour le Christ :
"Ceux qui sont chrétiens
ont crucifié la chair ensemble avec les passions
et les convoitises" (Ga
5,24). Une expression chère à saint Paul est
que nous devons être
crucifiés avec le Christ pour que nous puissions
ressusciter avec Lui. Il
avance cette pensée en bon nombre de ses
propos dans beaucoup de
ses épîtres.

Vous voyez donc que quelqu'un qui n'aime que
passer son temps à
s'amuser et ne pense pas à se renier ni à se
sacrifier, mais se vautre
continuellement dans tous les plaisirs et délices
charnels possibles est
complètement anti-orthodoxe, anti-chrétien. À
ce propos, le grand ascète
de l'antiquité chrétienne, le vénérable Isaac le
Syrien, enseignait bien :
"La voie de Dieu est une croix de tous les jours.
Personne ne monte au
ciel en vivant dans la fraîcheur (c'est-à-dire
confortablement, sans souci,
dans le plaisir, sans lutte). De cette voie de la
fraîcheur, nous savons où
elle mène" (Œuvres spirituelles, p. 158). C'est
cette voie "large et
spacieuse" qui, selon les mots du Seigneur Lui-
même, "mène à la
perdition" (Mt 7,13).

Voilà ce qu'est l'orthodoxie, ou le vrai
christianisme !
Antoine
 
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Troisième dimanche du Grand Carême

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:29

Sujet : Troisième dimanche du Grand Carême
Date : 30.03 10h56
auteur : Catherine


LE MESSAGE DE LA CROIX

Extrait d'une homélie de sa Béatitude
l'archevêque André d'Athènes, le
Dimanche de la Vénération de la Sainte Croix —
3e Dimanche du Grand
Carême — 1995


Le Seigneur nous commande : "Si quelqu'un
veut venir après Moi, qu'il
renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour
de sa croix, et qu'il Me
suive." (Luc 9,23).
Donc, après nous avoir exhortés à Le suivre
avec libre volonté et
empressement de l'âme, le Seigneur nous
montre ce que nous devons
faire pour pouvoir Le suivre.
D'abord, Il nous demande de renoncer à nous-
mêmes : "qu'il renonce à
lui-même". Mais qu'est-ce que ce renoncement à
soi-même, que vise-t-il
et comment pouvons-nous y parvenir ?
"Je renonce à moi-même" signifie : je dis NON à
moi-même. C'est-à-dire
que je n'accepte pas d'obéir à tout ce que me
demande ma personne,
puisque cela est, bien sûr, contraire à la Volonté
de Dieu.
"Je renonce à moi-même" signifie : je cesse
d'exiger de la vie et du
monde la satisfaction de mon égoïsme.
"Je renonce à moi-même" signifie : je cesse de
rechercher la satisfaction
de mes désirs pécheurs. Je cesse de voir ma
personne comme le centre
de la vie et de tous les autres autour de moi. Je
sacrifie ma personne et
tous mes intérêts pour la Gloire de Dieu et
l'amour de tous les hommes.
Mais l'expression "qu'il renonce à lui-même", le
Seigneur l'associe avec
l'expression "qu'il se charge de sa croix". Mais
quelle est la croix que
nous devons porter ? C'est la croix des
tentations, la croix des afflictions,
la croix des épreuves. "Entrez par la porte
étroite, car large est la porte,
spacieux est le chemin qui mènent à la perdition
et il y en a beaucoup qui
entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré
le chemin qui mènent à la
vie et il y en a peu qui les trouvent." (Mt 7,13-14).
Aucun homme n'ayant pas subi des afflictions et
des épreuves ne pourra
être reçu dans le Royaume de Dieu, disait saint
Antoine le Grand. Et
encore : "Enlève les épreuves et personne n'est
sauvé." Celui qui évite les
épreuves s'éloigne de la vie céleste.
Chaque affliction selon Dieu est une véritable
œuvre de piété. Et cela
parce que l'amour véritable est éprouvé, s'il est
sincère ou pas, par des
événements contraires. C'est pourquoi ne dis
jamais que tu as acquis
une vertu, sans avoir éprouvé une affliction, car
"la vertu n'est pas
compatible avec le confort". St Isaac le Syrien dit
que "la vertu qui se fait
avec facilité n'est pas une vertu".
Pense toujours quel sera le résultat d'une
affliction qui t'arrive sans ta
volonté et alors tu découvriras assurément que
par cette affliction le
péché s'efface et disparaît.
L'homme jouit des biens réels à travers les
afflictions, alors qu'au
contraire, il obtient les maux à travers la vaine
gloire et le plaisir. "C'est
par beaucoup de tribulations qu'il nous faut
entrer dans le royaume de
Dieu". (Ac 14,22)
Antoine
 
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Proverbes

Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:31

Sujet : Proverbes 11-19 - 12-6 (Lundi 18/ 31mars)
Date : 31.03 23h56
auteur : Olia


http://www.days.ru/Bible/Z272.htm#Z
(pour ceux qui lisent en russe : admirez la poésie du
langage ; la perception du
texte russe n'est pas tout à fait la même, à mon sens,
que celle que nous avons
de la version française qui suit)

En français :
Proverbes 11-19 12-6

Le texte peut être comparer à celui mis en ligne par le
Cerf:"

Pr 11:19- Qui établit la justice va à la vie, qui poursuit le
mal, à la mort.
Pr 11:20- Abomination pour Yahvé : les cœurs tortueux;
il aime ceux dont la
conduite est honnête.
Pr 11:21- A coup sûr, le méchant ne restera pas impuni,
mais la race des justes
sera sauve.
Pr 11:22- Un anneau d'or au groin d'un pourceau : une
femme belle mais dépourvue
de sens.
Pr 11:23- Le souhait des justes, ce n'est que le bien,
l'espoir des méchants,
c'est la colère.
Pr 11:24- Tel est prodigue et sa richesse s'accroît, tel
amasse sans mesure et
ne fait que s'appauvrir.
Pr 11:25- L'âme qui bénit prospérera, et qui abreuve
sera abreuvé.
Pr 11:26- Le peuple maudit l'accapareur de blé,
bénédiction sur la tête de celui
qui le vend.
Pr 11:27- Qui vise le bien obtient la faveur, qui poursuit
le mal, celui-ci
l'atteindra.
Pr 11:28- Qui se fie en la richesse tombera, mais les
justes pousseront comme le
feuillage.
Pr 11:29- Qui laisse sa maison en désordre hérite le
vent, et le fou devient
esclave du sage.
Pr 11:30- Le fruit du juste est un arbre de vie; le sage
captive les âmes.
Pr 11:31- Si le juste ici-bas reçoit son salaire, combien
plus le méchant et le
pécheur.
Pr 12:1- Qui aime la discipline aime le savoir, qui hait la
réprimande est
stupide.
Pr 12:2- L'homme de bien attire la faveur de Yahvé, mais
l'homme malintentionné,
celui-ci le condamne.
Pr 12:3- On ne s'affermit pas par la méchanceté, mais
rien n'ébranle la racine
des justes.
Pr 12:4- Une maîtresse femme est la couronne de son
mari, mais une femme indigne
est comme une carie dans ses os.
Pr 12:5- Les desseins du juste sont équité, les
machinations du méchant,
tromperie.
Pr 12:6- Les paroles des méchants sont des pièges de
sang, mais la bouche des
hommes droits les délivre.


http://www.biblia-cerf.com/bj.php3?type=orthodoxe#at
Proverbes 11-19 - 12-6
Antoine
 
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Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:40

Sujet : Mc 14 : le reniement de Pierre
Date : 17.04 20h26
Ecrire à l'auteur : luc


Marc 14,
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre. Ils s'assemblent tous, les grands prêtres, les anciens et les scribes.
54 Pierre, de loin, l'avait suivi jusqu'à l'intérieur du palais du Grand Prêtre. Il était assis avec les serviteurs et se chauffait près du feu.
55 Or les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient
contre Jésus un
témoignage pour le faire condamner à mort et ils n'en
trouvaient pas.
56 Car beaucoup portaient de faux témoignages contre lui, mais
les témoignages ne concordaient pas.
57Quelques-uns se levaient pour donner un faux témoignage
contre lui en disant :
58 « Nous l'avons entendu dire : Moi, je détruirai ce sanctuaire fait de main d'homme et, en trois jours, j'en bâtirai un autre, qui ne sera pas fait de main d'homme. »
59 Mais, même de cette façon, ils n'étaient pas d'accord dans leur témoignage.
60 Le Grand Prêtre, se levant au milieu de l'assemblée, interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien aux témoignages que ceux-ci portent contre toi ? »
61Mais lui gardait le silence ; il ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l'interrogeait ; il lui dit : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? »
62 Jésus dit : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel ».
63 Le Grand Prêtre déchira ses habits et dit : « Qu'avons-nous
encore besoin de témoins !
64 Vous avez entendu le blasphème. Qu'en pensez-vous ? » Et tous le
condamnèrent comme méritant la mort.
65 Quelques-uns se mirent à cracher sur lui,
à lui couvrir le visage, à lui donner des coups et à lui dire: « Fais le
prophète ! » Et les serviteurs le reçurent avec des gifles.
66 Tandis que Pierre était en bas, dans la cour, l'une des servantes du Grand Prêtre arrive.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarde et lui dit :« Toi aussi, tu étais avec le Nazaréen, avec Jésus ! »
68 Mais il nia en disant : « Je ne sais pas et je ne comprends pas ce que tu veux dire. » Et il s'en alla dehors dans le vestibule.
69 La servante le vit et se mit à redire à ceux qui étaient là : « Celui-là, il est des leurs ! »
70Mais de nouveau il niait. Peu après, ceux qui étaient là disaient une fois de plus à Pierre : « A coup sûr, tu es des leurs ! et puis, tu es galiléen. »
71 Mais lui se mit à jurer avec des imprécations : « Je ne connais pas l'homme dont vous me parlez ! »
72 Aussitôt, pour la deuxième fois, un coq chanta. Et Pierre se
rappela la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit précipitamment ; il pleurait.

COMMENTAIRE :

Chronique d'un reniement annoncé

Cadre, notation temporelle, déplacements des
personnages, tout concourt à faire
de cette scène apparemment banale un récit spirituel.
C'est la nuit, dans la
maison du Grand Prêtre. Jésus a été jugé, sa mort a été
décidée, il reçoit
crachats, injures, gifles. Le reniement de Pierre doit-il être
compté parmi ces
outrages ? Il semble bien. Lorsque Jésus a été arrêté,
Pierre a été l'unique
disciple à le suivre (pour cela il mérite notre admiration) ;
il tient ainsi la
promesse faite après le repas pascal. Il est là, dans la
cour, assis avec
d'autres près du feu. Cherche-t-il à savoir ce qui se passe
? Nous l'ignorons,
mais nous attendons le moment de la ''chute''. Elle va se
produire
inéluctablement, en trois étapes.

D'abord une servante arrive, voit, regarde, identifie :
Pierre nie et s'éloigne.
Puis la servante prend à témoin ceux qui se trouvent là :
nouvelle dénégation.
Enfin, ces derniers prennent le relais : la servante avait
parlé d'un compagnon
du Nazaréen, eux le reconnaissent pour un ''galiléen''.
Acculé, Pierre se défend,
jure. C'est alors que le coq chante pour la deuxième fois.
Le chant réveille la
mémoire : ce qui arrive, Jésus l'avait dit. Le texte
s'achève sur l'image de
Pierre en larmes.

Le disciple a renié son maître. Si proches, ils se
séparent. Proximité de lieu
et de situation : Jésus est interrogé par les autorités
religieuses dans le
palais, Pierre doit répondre à la servante et aux autres
dans le vestibule et la
cour. Et pourtant séparation : le Nazaréen révèle son
identité messianique, le
galiléen nie connaître Jésus. Est-il donc impossible d'être
disciple jusqu'au
bout, de ''renoncer à soi-même'', de prendre sa croix et
de suivre Jésus (Mc 8,
34) ? Il faudra attendre le message de Pâques pour que
la relation soit renouée…
en Galilée ! (Mc 15,7).

La part du quotidien

Éric Auerbach ( Mimésis, la représentation de la réalité
dans la littérature
occidentale, 1946, chap. 2) a montré combien le style de
l'évangéliste s'oppose
ici à celui d'écrivains de la fin du 1er siècle comme
Pétrone ou Tacite. Les
personnages populaires mis en scène (Pierre, servante,
serviteurs), loin d'être
caricaturés, soumis au moralisme ou à la rhétorique,
prennent une dimension
tragique. Ce qui pourrait être seulement une anecdote
devient un épisode sublime,
digne de l'ensemble du texte évangélique ''[qui]
représente quelque chose que
ni la poésie antique ni l'historiographie antique n'ont
jamais représenté : la
naissance d'un mouvement spirituel dans les profondeurs
du peuple, au sein des
circonstances quotidiennes de l'existence du temps, ce
qui confère à celles-ci
une importance qu'elles n'ont jamais eu chez les
écrivains antiques.''

Rien de plus banal que ce qui se passe ici autour du feu.
Le tragique naît du
rapport avec le drame qui se déroule dans le palais du
Grand Prêtre. Dans la
cour, servante et serviteurs ignorent sans doute que
Jésus vient de reconnaître
qu'il est le ''Christ, le Fils du Béni'' (Mc 14,61). Leurs
interventions
rappellent néanmoins, malgré eux, l'autre face de Jésus,
la face terrienne,
galiléenne. Comme galiléen et compagnon de la
première heure, Pierre serait le
mieux placé pour affirmer que ce Nazaréen est le Christ :
ne l'a-t-il pas déjà
fait (Mc 8,29) ? Ses dénégations successives ne
signifient pas pour autant
l'échec de la prédication de l'Évangile.

Auparavant, sur le chemin du mont des Oliviers, Jésus
avait annoncé le reniement.
Il avait dit également : ''Ressuscité, je vous précéderai en
Galilée'' ( Mc 14,
28). Le lecteur découvre que, du quotidien, naît ce qui
transcende le quotidien.
Le dessein de Dieu se réalise en prenant acte de
l'infidélité du disciple et en
la situant sur un horizon d'espérance. La rencontre avec
le Ressuscité se fera
en Galilée, sur le lieu du premier appel, dans la terre des
paraboles et de la
prédication du Royaume. Comment Pierre ne serait-il pas
bouleversé, et nous avec
lui ? Larmes de repentir ? Peut-être. Larmes de joie ?
Pourquoi pas ?
=================== ======================
A bientôt !
Dernière édition par Antoine le Dim 10 Août 2003 16:30, édité 1 fois.
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Messagepar Antoine » Dim 10 Août 2003 0:41

Sujet : Jeudi Saint
Date : 24.04 23h21
auteur : Olia


N'oublions pas la Semaine Sainte.

http://monastere-orthodoxe.chez.tiscali ... jeudi.html
Antoine
 
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Christ est réssuscité

Messagepar Antoine » Mer 13 Août 2003 4:08

Christ est réssuscité en "langue d'extra-terrestre" et en d'autres langues terrestres.

Sujet : KRISZTUS FELTÁMADT ! Catherine...
Date : 04.05 17h02
auteur : Éliazar


Christos anesti!
Chère Catherine,

Après quelques jours d'absence, je suis heureux de
vous retrouver sur ce Foorum,
brunie au soleil grec!

Je constate avec émerveillement que tous et toutes
ont poursuivi avec un
acharnement digne des causes les plus hautes des
discussions enflammées et fort
documentées. A me donner honte d'avoir joui du
Saint repos du Renouveau...

Mais comme il faut bien que les enfants s'amusent,
je collectionne les formules
multilingues du "CHRIST EST RESSUSCITÉ ! - EN
VÉRITÉ IL EST RESSUSCITÉ!"

Avis à tous ceux qui peuvent compléter mon début
de collecte (débile, j'avoue :
helléno-franco-russe uniquement!).

Mais déjà, Catherine, si vous pouviez compléter la
version magyare ?

Merci mille fois, à tous et à toutes: "En Vérité, Il est
ressuscité!"
Antoine
 
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KRISZTUS FELTÁMADT

Messagepar Antoine » Mer 13 Août 2003 4:10

Sujet : KRISZTUS FELTÁMADT ! Catherine...
Date : 04.05 23h19
auteur : Catherine


VALÓBAN FELTÁMADT ! — Voilà, cher Éliazar,
et j'ai quelque part un
morceau de papier jaune où la salutation pascale et la réponse sont
notées en 12 langues, mais je ne sais si je le
retrouverai dans mon bazar.
En attendant, vous devez vous contenter de
cette "langue d'extra-terrestre"
(selon une de mes amies qui est allée à
Budapest et a été complètement
déconcertée par les affiches, enseignes etc.) qui
est le hongrois.
Heureusement que ce ne soit pas pour bronzer
que nous sommes allés
en Grèce, car le jour de notre arrivée, de même
que le jour de notre
départ, temps splendide et chaud — pour le
reste : grisaille, pluie, froid,
vent… Comme si le ciel avait pleuré aussi durant
la semaine sainte,
comme les chants des offices de la passion.
Antoine
 
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KRISZTUS FELTÁMADT !

Messagepar Antoine » Mer 13 Août 2003 4:11

Date : 05.05 18h53
auteur : Éliazar



Merci, chère Catherine ! Il me reste plus qu'à
apprendre à le prononcer
correctement – et ensuite à le mémoriser…
Je ne sais si je dois vous faire une confidence très
personnelle ( et même
hérétique) qui risque de vous choquer
affreusement… mais tant pis : après tout,
à défaut de bronzage, n'êtes vous pas revenue de
Grèce revêtue de toute la force
de la Sainte et Joyeuse Pâque ? Je me risque donc :
Il n'y a pas que dans les saintes et très orthodoxes
îles helléniques que le
ciel pleure à l'unisson de la Passion de son
Créateur. Dans mon enfance niçoise,
j'ai été élevé par une marraine italienne, très
papiste évidemment : c'est à
elle que le fils d'agnostiques que j'étais doit entre
autres d'avoir été baptisé
– catholique romain bien sûr, mais par un moine
capucin, ce qui me prédisposait
à reconnaître plus tard la valeur sacrée du port de
la barbe par les hommes de
Dieu – et donc à me sentir immédiatement de
plain-pied avec notre vénérable
clergé.
Rien de vraiment hérétique jusqu'ici, simplement
schismatique. Enfin, passons…
Là où cela se corse, c'est que ma pieuse Marraine
m'a élevé dans l'absolue
certitude que tous les Vendredi Saint, dans l'après-
midi, il y avait (sur Nice
au moins !) soit un orage, soit une forte pluie.
Certitude que j'ai partagée
d'autant plus facilement que depuis ma petite
enfance jusqu'à mon exil loin de
Nissa la Bella (c'est à dire à mon entrée « en
France » et dans le partage de
l'incroyance de mes géniteurs) j'ai en effet pu
vérifier chaque année la réalité
de ce que l'on appelle (à Nice au moins !) « un
temps de Vendredi Saint ».
Après, je n'y attachais plus aucune importance
puisque je ne croyais plus en
l'existence de Dieu. Et puis j'étais en France, et
puis, et puis…

Alors, chère Catherine ? De toute évidence, mes
Vendredi Saint étaient néo-
calendaristes - en plus, direz-vous ! Et sans doute
direz-vous aussi que cela ne
prouve (ni n'infirme) l'existence de Dieu… Mais
avouez que c'était troublant
pour l'enfant, puis l'adolescent que j'étais : cela me
permettait en tout cas de
semer le doute (pensais-je) dans l'incrédulité
invétérée de ma mère.

Pour moi, encore aujourd'hui, je ne vois qu'une
explication à cela : Nice a été
fondée par les Grecs ! Et sous l'invocation de la «
Nikaia » (qui à cette époque
était pour eux Athéna « qui procure la victoire » -
sur l'ennemi et non sur la
mort, bien sûr), qui ne pouvait que préfigurer, avant
l'Incarnation, la future
Theotokos qui nous procurerait en son Fils le
Vainqueur de la mort.
Et essayez donc, ô vétéro calendariste !, de me
prouver le contraire ?

Tout au plus me suis-je demandé parfois si le ciel
pluvieux respectait déjà le
Vendredi Saint lorsque toute la Provence était
orthodoxe, et à l'ancien
calendrier ? Mais je n'ai jamais pu trouver un
ouvrage sérieux recensant le
temps qu'il a fait à Nice le Saint et Grand Vendredi
de toutes les années
séparant l'année de la mort de Jésus de celle de la
réforme grégorienne du
calendrier !

Peut-être notre cher et vénérable Lecteur Claude
pourra-t-il nous tirer du
doute qui me taraude ?! Je ne vois que lui….

Sainte continuation du beau temps de Pâques!
Antoine
 
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KRISZTUS FELTÁMADT ! et en d'autres langues...

Messagepar Antoine » Mer 13 Août 2003 4:13

Sujet : KRISZTUS FELTÁMADT ! Catherine...
Date : 06.05 02h03
Ecrire à l'auteur : lecteur Claude

Hélas, trois fois hélas, mon cher Eliazar, j'avoue
ma totale incompétence dans
ce domaine, mais tout n'est pas perdu, car un
homme peut encore satisfaire votre
curiosité!

Pourquoi ne poseriez-vous pas cette question à
notre Mesrop Machtots à nous,
notre Cyrille et Méthode en un seul homme, j'ai
nommé le hiéromoine Denis
Guillaume le Traducteur, natif de Nissa la Bella
comme vous et exilé chez les
Languedociens?

Pour répondre à votre première question, voilà
une liste de salutations pascales
telle qu'elle fut publiée dans le numéro 32 de la
revue Foi transmise et Sainte
Tradition (Lavardac, mai 1987), p. 6 (N.B.: j'ai
juste corrigé les textes
roumain et italien oû il y avait des fautes
d'orthographe):

En français Christ est ressuscité! En vérité Il est
ressuscité!

En allemand Christus ist auferstanden!
Wahrlich ist Er auferstanden! (NdL: on
répond aussi: Er ist wahrlich auferstanden!)

En italien Cristo è risorto! E veramente risorto!

En hébreu Ha Meshiah kham! Ha Meshiah kham
kham!

En grec Christos anesti! Alithos anesti!

En latin Surrexit Christus! Surrexit vere!

En russe Christos vôskrecie! Vôistinu vôskrecie!

En roumain Hristos a înviat! Adevarat a înviat!

En serbe Khristos vaskrece! Vâvstinu vâskrece!

En arménien Christos hariav(e) y mérélotz!
Artnalié haroutioun Christosi!

En arabe Massiah kham! Hakhan kham! (NdL: là,
je crois que c'est faux, et que la
translittération correcte est Al Massiah kham!)

En anglais Christ is risen! Verily He is risen! (NdL:
là, je ne suis pas
d'accord; la vraie forme est Christ is risen! Indeed
He is risen!)

En breton Christ a zo dasorc'het! Egwirionez
dasorc'het eo!

En espagnol Christo resucito! En verdad resucito!

En néerlandais Christus is opgestaan! Waarly
opgestaan!

En suédois Christ air upstanden! Vôrglig air
upstanden!
Antoine
 
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