Re: Recension: «L'ivrogne et la marchande de fleurs »
Publié : jeu. 26 sept. 2019 1:04
Il me paraît dès lors intéressant de comparer les chiffres auxquels arrivent Nicolas Werth en 2009, et le métropolite Mitrophane en 2018.
Werth, que j'ai des raisons objectives de considérer comme quelqu'un qui évalue toujours à la baisse le chiffre des victimes du communisme depuis son interview à L'Immonde où il se désolidarisait de ses co-auteurs du Livre noir du communisme, se base sur un chiffre donné par Iejov à Staline en décembre 1937 : 166 évêques arrêtés (81 condamnés à mort), 9'116 prêtres arrêtés (4'629 condamnés à mort), 2'173 moines et moniales arrêtés (934 condamnés à mort), 19'904 "activistes cléricaux" arrêtés (7'004 condamnés à mort). Soit, pour une période de quatre mois, 12'648 condamnations à mort.
Pour Monseigneur Mitrophane, ce chiffre est de 85'300 pour 1937 (ou plus exactement il y eut exécution de 85'300 "clercs et serviteurs de l'Eglise" arrêtés en 1937) et de 21'500 en 1938.
En effet, il ne dit pas que les personnes arrêtées en 1937 ont toutes été exécutées en 1937.
On voit toutefois qu'il y a une énorme divergence entre les deux chiffres.
Werth estime toutefois que 90% du clergé orthodoxe furent exécutés en 1937-1938. Si on s'arrête aux prêtres, cela veut dire environ 40'000 exécutions. Pas 4'269, ni même 16'000, si l'on se base sur une moyenne mensuelle de 1'000.
Il est probable que la différence entre les 106'800 avancés par Monseigneur Mitrophane et les 40'000 qui correspondent à la catégorie des prêtres provient des moines et moniales (exécutés au rythme de 200 par mois si l'on s'en tient au rapport de Iejov, soit 5'600 environ pour les deux années 1937 et 1938, ou 3'200 sur les seize mois de la Grande Terreur) et surtout à la catégorie mystérieuse des "activistes cléricaux" évoqués par Iejov, et dont on voit qu'ils ont été encore plus réprimés que les prêtres. Le rapport Iejov évoque une moyenne mensuelle de 1'750 exécutions pour cette catégorie, soit 42'000 sur deux ans, ou 28'000 sur seize mois. Je pense que par "activistes cléricaux", il faut surtout entendre le clergé mineur, les sous-diacres, les lecteurs, les chantres, etc.
J'approche donc des chiffres de Monseigneur Mitrophane en extrapolant l'estimation de Werth de 90% de tués parmi les prêtres et en extrapolant le rapport de Iejov pour les autres catégories du clergé.
Toutefois, le peu de crédit que j'accorde aux archives soviétiques, aux rapports du NKVD, à tout ce qui a été plus ou moins donné en pâture aux historiens depuis la chute de l'Union soviétique mais contredit les statistiques basées sur les recensements soviétiques (cf. les travaux de Rummel dans Lethal Politics) fait que j'ai plus tendance à croire les statistiques du métropolite de Mourmansk, qui sont basées sur les archives de l'Eglise.
Werth, que j'ai des raisons objectives de considérer comme quelqu'un qui évalue toujours à la baisse le chiffre des victimes du communisme depuis son interview à L'Immonde où il se désolidarisait de ses co-auteurs du Livre noir du communisme, se base sur un chiffre donné par Iejov à Staline en décembre 1937 : 166 évêques arrêtés (81 condamnés à mort), 9'116 prêtres arrêtés (4'629 condamnés à mort), 2'173 moines et moniales arrêtés (934 condamnés à mort), 19'904 "activistes cléricaux" arrêtés (7'004 condamnés à mort). Soit, pour une période de quatre mois, 12'648 condamnations à mort.
Pour Monseigneur Mitrophane, ce chiffre est de 85'300 pour 1937 (ou plus exactement il y eut exécution de 85'300 "clercs et serviteurs de l'Eglise" arrêtés en 1937) et de 21'500 en 1938.
En effet, il ne dit pas que les personnes arrêtées en 1937 ont toutes été exécutées en 1937.
On voit toutefois qu'il y a une énorme divergence entre les deux chiffres.
Werth estime toutefois que 90% du clergé orthodoxe furent exécutés en 1937-1938. Si on s'arrête aux prêtres, cela veut dire environ 40'000 exécutions. Pas 4'269, ni même 16'000, si l'on se base sur une moyenne mensuelle de 1'000.
Il est probable que la différence entre les 106'800 avancés par Monseigneur Mitrophane et les 40'000 qui correspondent à la catégorie des prêtres provient des moines et moniales (exécutés au rythme de 200 par mois si l'on s'en tient au rapport de Iejov, soit 5'600 environ pour les deux années 1937 et 1938, ou 3'200 sur les seize mois de la Grande Terreur) et surtout à la catégorie mystérieuse des "activistes cléricaux" évoqués par Iejov, et dont on voit qu'ils ont été encore plus réprimés que les prêtres. Le rapport Iejov évoque une moyenne mensuelle de 1'750 exécutions pour cette catégorie, soit 42'000 sur deux ans, ou 28'000 sur seize mois. Je pense que par "activistes cléricaux", il faut surtout entendre le clergé mineur, les sous-diacres, les lecteurs, les chantres, etc.
J'approche donc des chiffres de Monseigneur Mitrophane en extrapolant l'estimation de Werth de 90% de tués parmi les prêtres et en extrapolant le rapport de Iejov pour les autres catégories du clergé.
Toutefois, le peu de crédit que j'accorde aux archives soviétiques, aux rapports du NKVD, à tout ce qui a été plus ou moins donné en pâture aux historiens depuis la chute de l'Union soviétique mais contredit les statistiques basées sur les recensements soviétiques (cf. les travaux de Rummel dans Lethal Politics) fait que j'ai plus tendance à croire les statistiques du métropolite de Mourmansk, qui sont basées sur les archives de l'Eglise.